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cadrage : les restes, hommage à Spoerri
Type de trace : photo
date de parution : 1980

J'ai connu Spoerri par Roland Topor. Bien avant, depuis les années 1970, je faisais des photos du rien quotidien, des plans ou gros plans de l'intime. Je continuerai jusqu'au milieu des années 1990, quand cela deviendra trop commun (ne parlons pas d'Internet aujourd'hui). Ces cadrages devaient aussi à l'objet chez Hitchcock, toute l'étrangeté plastique du commun. J'kiffais Erro (délicieux). Comme Alain Weill ou Orson Welles, que j'eus la chance de rencontrer avec son cigare et sa faconde brillante, j'aime déguster des plats et, dans ces années-là, inventer des recettes, passer des heures en dégustations pantagruéliques arrosées de vins, d'alcools et de trouvailles verbales. Mais pas de systématisme. Je hais les addictions. De l'eau tous les jours. Et de la fatigue. Mélanger les cuisines de tous les continents. Des visitrices/teurs venant de partout pour hanter une planète de quelques mètres carrés.



semainier
Type de trace : agenda
date de parution : 1980

Voilà des traces écrites (un carnet de 1989, je les ai jetés avant). J'écrivais beaucoup : un gros roman intitulé alors (commencé en 1974) L'Homme relatif et qui, fini, sera publié partiellement en 2001 sous le titre Ce livre n'est pas à lire (L'Homme planétaire dans sa version complète). J'écrivais d'abord à la main, comme ces griffures de carnet, puis je tapais sur une vieille machine. Dans les années 1990, j'ai basculé sur un Mac. En 1980, je rencontrais souvent Michel Lebrun (auteur de L'Almanach du crime), lisais Manchette et Philippe K. Dick. Pour moi, il n'y a jamais eu ni d'art parallèle, ni de littératures parallèles. Je regardais vers les autres continents, d'autres regards.



Poubelles 13
Type de trace : revue
date de parution : décembre 1979

Dernier numéro de la revue. J'y lançais rien moins qu'un texte "où il est TRAITE DE LA VIE" et y plaçais une vue de la petite chambre de vie à deux avec un grand tableau qui inaugurait la série des "cadrages" en couleur après les "apparitions" en noir et blanc. Il était ésotérique. Un autre fut volé dans un déménagement. Je stigmatisais la colonisation muée en "très habile colonisation économique" et m'occupais aussi du devenir individuel : "Le mort-vivant voit la vie avec son charme de réalité éphémère". Chacun partit de son côté. Des années de transition difficiles, sous l'édredon, en résistance, dans l'anonymat total.



Poubelles 11 et 12
Type de trace : revue
date de parution : juillet 1979

La "Destruction de Paris" était pointée dans ce numéro, alors que nous habitions dans des quartiers périphériques. On rasait pour cher et pour des tours du style international (Montparnasse). On liquidait les marchandes de quatre saisons rue du Faubourg du Temple où j'avais travaillé comme guichetier (ouvrant une agence en face du Prisunic devenu Monoprix). On cassait les cafés pour faire des MacDo. On fermait Bercy et son vin où avait travaillé Dubuffet. Habitant rue Taine, faisant de la cuisine à l'époque dans un studio pas cher loué à une famille chaleureuse, je réalisais des reportages sur ces traces perdues, tout en m'intéressant à Constant, Archigram, le revue Utopie de Tonka. Pas de condamnation de la "modernité" en tant que telle, mais cette modernité mortifère qui supprime et monte des uniformes pour une société de la rentabilité.



Poubelles 10 (et fin)
Type de trace : revue
date de parution : mars 1979

"L'honnête homme de l'ère de la radioactivité". J'ai conçu ce dernier numéro amovible avec nos hantises dans l'ère nucléaire française. Je faisais mon travail épisodique de musée, précaire, devenant gardien pour survivre. "N'ayant jamais rien eu à dire et n'ayant plus envie de le dire, nous nous tairons" ponctuait, désespérément, sur papier noir le coeur de ce numéro à couverture intérieure. Jamais je n'ai été aussi fatigué, vide, que lorsque j'attendais dans mes salles de surveillance le passage d'un temps qui ne passait pas. Il est chic d'en parler quand on en est sorti, mais on n'est pas sûr d'en sortir. Glauque. Néant.



Spécial art (7)
Type de trace : revue, invitation, affiche
date de parution : juin 1978

Un détournement de lieu. Une exposition-fantôme avec invitations, affiches dans la rue, catalogue. "Avez-vous jamais vu une exposition où il était dit que "tout et n'importe quoi" était des chefs-d'oeuvre, parce que les chefs-d'oeuvre ne sont que les chefs-d'oeuvre que l'on fait ?" J'y stigmatisais violemment tous ces plasticiens résumés à leur image de marque, PME de l'art, se répétant pour un public de gogos. Voilà l'esprit de cette action : une critique de la surmatérialisation de l'art, de la surenchère des commentateurs, des excès du marché. Un air frais.



Poub 5 et 6
Type de trace : revue
date de parution : Mars 1978

Ca c'est du Guy Bodson (pour nous aider à souffler financièrement) : une parodie de numéro de l'Internationale situationniste. Je co-dirigeais avec lui la revue (et avais trouvé le titre). Nous avons été ivres morts au rhum blanc dans un grenier de la rue de l'Annonciation à l'annonce de l'échec de la gauche aux législatives. Sans illusions mais aussi sans espoir.



Poubelles 8 et 9
Type de trace : revue
date de parution : décembre 1978

A afficher dans toutes les rues. Voilà ce que je publiais contre la pollution touristique, alors que je quittais un bon salaire à la banque pour un emploi précaire de sous-bibliothécaire vacataire au Musée des Deux Guerres mondiales (aux Invalides à Paris). Mais le monde des musées m'a toujours fasciné. Et les touristes me font vomir. Ils arrivent à détruire les sites les plus fascinants, les populations les plus sereines. Bien sûr, j'abhorre le terrorisme et --faut-il le dire ?-- n'ait jamais touché un touriste. J'abhorre aussi profondément leur bêtise replète de crétins irrascibles, collages intempestifs, meute bêlante, exotique dans l'exotisme créé pour eux.



Aux poubelles de la Gloire 1
Type de trace : Revue
date de parution : mars 1977

Cette revue de 1977, au titre éloquent, était notre rejet punk à nous de l'ambiance délétère des années Giscard (crise, centrales atomiques, train-train après les espoirs post-68). Sous influence pataphysique (le côté volontairement éculé et désuet de la maquette) et situationniste, nous correspondions à la Chaumine (Nogent-sur-Marne) chez Jean-Pierre Hamon, sous les auspices de la Pelforth brune, du Braniff, de Watteau suicidé et des guinguettes. Les anarchistes espagnols de la CNT nous imprimaient à la Ruche ouvrière (rue de Montmorency, dans un Marais d'artisans parisiens), dont nous sortions avec de lourds sacs de clichés typographiques en métal montés sur bois.



Poubelles 4
Type de trace : revue
date de parution : Décembre 1977

Voyages, lectures, fêtes de la chandelle verte, plongée près des volcans, amours des sauvages. Nous rééditions le texte de Jorn sur l'aspect religieux de la pataphysique, lui qui participait à l'IS et au Collège. Nous parlions --je parlais-- de jeu et d'illusion, de n'importe quoi et de théorie. Je dessinais des cérémonies improbables, des apparences. Et je terminais ces bouteilles à la mer qui nous coûtaient cher par : "Tout cela en sorte, cher lecteur et en guise de conclusion à ce rapport qui se voulut sciemment sommaire et grossier, qu'étant bien évidemment le produit de notre époque, nous ne soyons décidément pas de notre temps". Un rejet de tout sauf du plaisir, un refus même de la punkitude et de ses uniformes. Un appel au divers. Je n'ai pas beaucoup changé et confirme mes intuitions de très petit enfant, développées là comme jeune adulte et rabâchées par le grisonnant que je suis devenu.



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