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Matériaux affiches
Type de trace : revue
date de parution : avril 1985

J'ai co-fondé cette revue dirigée par Stéphane Courtois au sein de l'association présidée par Daniel Mayer. Là, je rendais hommage à l'affichiste Paul Colin, rencontré à Nogent, et interviewais Villemot --même sur sa production pétainiste. Peinture ("cadrages") et écriture clandestines d'un côté et mise en valeur de l'affiche politique et des musées d'histoire de l'autre, le programme était chargé. En plus, un enfant était né et dormait dans la baignoire les soirs où les cigares envahissaient des nuits bruyantes et alcoolisées d'ami(e)s cinéastes, vidéastes, écrivains, peintres, ou menuisiers et magasiniers.



expo intégrale
Type de trace : livre
date de parution : juin 1984

L'initiative est de Véronique Blum, relayée par Joseph Hue. Mon ami Philippe Buton la mène, mais j'interviens lourdement pour que l'iconographie soit très présente et qu'elle puisse être analysée. Je commets un article timide sur la production culturelle. A côté des grandes manifestations comparatistes lancées par Pontus Hulten au Centre Beaubourg (Paris-Berlin, Paris-Moscou...) et avec des moyens sans comparaison, voici le début d'une autre conception de l'exposition d'histoire où l'image n'est pas juste l'illustration d'un discours historique. Comme au Centre, nous faisons des livres et pas des catalogues, dont j'accompagne toute la maquette. Je me bats pour montrer des affiches en nombre (comme des dessins de presse ou des photos), car elles ont un sens dans la propagande et occupent l'espace public et les mémoires. Mon petit Antoine nait cette année-là, l'année d'Orwell. Ses deux autres prénoms sont un hommage à Victor Serge.



Intersigne
Type de trace : revue
date de parution : décembre 1982

Tout le travail de cette revue éphémère est dû à François Leperlier (qui a depuis redécouvert la photographe Claude Cahun). J'ai écrit un grand article sur la BD ("La bande dessinée, bulles, bangs et cases en question") et un petit papier de fin sur le musée d'Ennery, qui se terminait par "N'allez pas au musée d'Ennery", car je voulais en protéger la muséographie totalement désuette qui était une oeuvre en elle-même.J'ai beaucoup apprécié François, ses frères (spécialistes de la pâte de verre) et Karina. Il y avait des surréalistes très honorables comme Péret ou Benoit, même si ce n'était pas ma tradition (j'allais quand même chez Losfeld dans les années 1970, rue de Verneuil et aidais parfois un clochard céleste qui habitait en face, Serge Gainsbourg). J'ai rencontré alors le punk rocker-cinéaste Ossang (et nous continuons à nous voir), Jimmy Gladiator et Le Goff (nous avons dérivé avec sa fille Alice, ma compagne Nathalie enceinte et les surréalistes tchèques dans la bière et dans Prague tenue par les communistes, où Kafka était banni).



Russie
Type de trace : livre
date de parution : 1982

C'est vers 1981-82 que j'ai compris qu'il était impossible de passer tant d'heures dans ce qui était nommé "travail", sans tenter d'en faire quelque chose d'intéressant. Prendre la formule de Guy Debord au sens propre (lui qui travaillait tant pour faire la revue de l'Internationale situationniste) : ne plus avoir le sentiment de travailler, même dans une activité salariée. Les musées ont été ma passion. J'ai, dès mon entrée le 1er octobre 1978, été fasciné par les collections de ce "Musée des deux guerres mondiales" dépendant de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, qui débordaient largement les deux guerres. J'ai compris aussi combien souvent les petits documents largement diffusés avaient autant sinon davantage d'importance que des peintures vues par personne à l'époque. Là, pour ce fonds d'affiches russes, l'initiative est dûe à Stéphane Courtois et Véronique Blum et tout le commissariat à Wladimir Bérélowitch. J'ai oeuvré matériellement et intellectuellement avec Wladimir pour sélectionner et tout encadrer. C'est, après diverses expositions et manifestations personnelles ou collectives artistiques, la première exposition historique que je montais après celle sur les gravures chinoises de Laure Barbizet.



Ma trombine
Type de trace : Carte orange métro
date de parution : 1980

C'est drôle. Je jetais mes carnets et toutes les vieilleries en ces années de "tortue", où il fallait résister à une morosité générale. Voici ma trombine je ne sais plus quand (entre 1977 et 84 probablement). Nous circulions beaucoup, marchions dans la ville, et puis le métro. Billets de train pas cher pour l'étranger (des heures sous la chaleur pour la Sicile). 2CV d'un ami pour l'Espagne et le Portugal. Et ma trombine que je n'aimais pas : trop jeune, trop tendre, fallait faire pousser la barbiche. Et ces cheveux abondants et fins qui faisaient des anglaises avec quelques reflets roux (d'un ancêtre irlandais cap-hornier). Mélange d'Anglais, Ecossais, Basque, Espagnol, Suisse, Béarnais, Charentais..., on m'appelait "le chinetoque" à l'école.



cadrage : danse métisse
Type de trace : peinture à l'huile sur panneau de bois
date de parution : 1980

Voilà, c'est la movida, Almodovar et Mariscal à Barcelone, le Palace d'Emaer à Paris, le nouvel Actuel de Bizot. Je fais des "cadrages" grand format peints sur cette société. Personne ne les voit. Je suis dans la rue à la Bastille le 10 mai 1981, après avoir peint et mangé de la glace orange-cannelle avec du mezcal et hurlé avec les voisins. Sans illusions mais de bon coeur. Je suis magasinier après avoir réussi brillamment le concours. Je pense encore que la vie se fait en dehors du travail. Je produis des oeuvres clandestines (tableaux, photos, écrits), des ratures de vie. J'aime Artaud, pas le fric factice des nouvelles apparences.



cadrage : les restes, hommage à Spoerri
Type de trace : photo
date de parution : 1980

J'ai connu Spoerri par Roland Topor. Bien avant, depuis les années 1970, je faisais des photos du rien quotidien, des plans ou gros plans de l'intime. Je continuerai jusqu'au milieu des années 1990, quand cela deviendra trop commun (ne parlons pas d'Internet aujourd'hui). Ces cadrages devaient aussi à l'objet chez Hitchcock, toute l'étrangeté plastique du commun. J'kiffais Erro (délicieux). Comme Alain Weill ou Orson Welles, que j'eus la chance de rencontrer avec son cigare et sa faconde brillante, j'aime déguster des plats et, dans ces années-là, inventer des recettes, passer des heures en dégustations pantagruéliques arrosées de vins, d'alcools et de trouvailles verbales. Mais pas de systématisme. Je hais les addictions. De l'eau tous les jours. Et de la fatigue. Mélanger les cuisines de tous les continents. Des visitrices/teurs venant de partout pour hanter une planète de quelques mètres carrés.



semainier
Type de trace : agenda
date de parution : 1980

Voilà des traces écrites (un carnet de 1989, je les ai jetés avant). J'écrivais beaucoup : un gros roman intitulé alors (commencé en 1974) L'Homme relatif et qui, fini, sera publié partiellement en 2001 sous le titre Ce livre n'est pas à lire (L'Homme planétaire dans sa version complète). J'écrivais d'abord à la main, comme ces griffures de carnet, puis je tapais sur une vieille machine. Dans les années 1990, j'ai basculé sur un Mac. En 1980, je rencontrais souvent Michel Lebrun (auteur de L'Almanach du crime), lisais Manchette et Philippe K. Dick. Pour moi, il n'y a jamais eu ni d'art parallèle, ni de littératures parallèles. Je regardais vers les autres continents, d'autres regards.



Poubelles 13
Type de trace : revue
date de parution : décembre 1979

Dernier numéro de la revue. J'y lançais rien moins qu'un texte "où il est TRAITE DE LA VIE" et y plaçais une vue de la petite chambre de vie à deux avec un grand tableau qui inaugurait la série des "cadrages" en couleur après les "apparitions" en noir et blanc. Il était ésotérique. Un autre fut volé dans un déménagement. Je stigmatisais la colonisation muée en "très habile colonisation économique" et m'occupais aussi du devenir individuel : "Le mort-vivant voit la vie avec son charme de réalité éphémère". Chacun partit de son côté. Des années de transition difficiles, sous l'édredon, en résistance, dans l'anonymat total.



Poubelles 11 et 12
Type de trace : revue
date de parution : juillet 1979

La "Destruction de Paris" était pointée dans ce numéro, alors que nous habitions dans des quartiers périphériques. On rasait pour cher et pour des tours du style international (Montparnasse). On liquidait les marchandes de quatre saisons rue du Faubourg du Temple où j'avais travaillé comme guichetier (ouvrant une agence en face du Prisunic devenu Monoprix). On cassait les cafés pour faire des MacDo. On fermait Bercy et son vin où avait travaillé Dubuffet. Habitant rue Taine, faisant de la cuisine à l'époque dans un studio pas cher loué à une famille chaleureuse, je réalisais des reportages sur ces traces perdues, tout en m'intéressant à Constant, Archigram, le revue Utopie de Tonka. Pas de condamnation de la "modernité" en tant que telle, mais cette modernité mortifère qui supprime et monte des uniformes pour une société de la rentabilité.



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