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Vous connaissez Guernica ?
Type de trace : livre
date de parution : 1996

Ce livre, je l'ai vu en solde avant sa diffusion en librairie : ça vous met le moral. Il y avait une exposition Picasso au Grand Palais et il n'était même pas à la librairie. Voilà l'ère des bouquins kleenex. Ils ne sont pas lus. Seul compte le titre, l'auteur et la puissance marketing de l'éditeur. J'avais décidé d'appliquer scrupuleusement la grille d'analyse de Voir, comprendre, analyser les images. Ce livre est l'étude d'un cas particulier célèbre. Il le saisit différemment et dérangea les "picassiens". Pierre Daix, que je connaissais, ne daigna pas répondre. Ce fut d'ailleurs aussi le crime que je commis lors du colloque Picasso monté par mon amie Laurence Bertrand Dorléac. J'insistais sur le "conservatisme" de Picasso (refus de l'abstraction, du ready-made, des autres civilisations...) Que n'avais-je avancé. Là, le "bain visuel" de Guernica est scrupuleusement décrit (et reproduit) et je montre toute la construction progressive, jusqu'après la Deuxième Guerre mondiale, pour rendre célèbre ce tableau aux USA et dans le monde communiste, tableau qui alors immortalise ce qui ne fut qu'un épisode controversé de la guerre civile espagnole. Mais ce livre utile n'a pas été vendu. Il faudra lui donner une nouvelle vie.



Face à l'histoire
Type de trace : livre et exposition
date de parution : 1996

Je dirigeais le Musée d'histoire contemporaine et refusais tous les ostracismes, notamment le mépris des historiens pour l'art. Je sortais de mes travaux sur Picasso, pistant toutes ces années 1930, où j'eus la chance notamment d'être en contact direct avec Dora Maar. Jean-Paul Ameline vint me voir et j'acceptais d'être conseiller sur cette opération. Elle était courageuse et montra des oeuvres fortes. Belle équipe, Ameline bien-sûr, mais la très scrupuleuse Brigitte Léal, Michel Frizot, Chris Dercon (et David Elliott d'Oxford, que je suggérais). Harry Bellet fit un boulot formidable sur le livre. Au temps où l'histoire revenait, ce fut une étape qui compta (bien plus que Les années trente au Musée d'art moderne de la ville de Paris).



Ost-West
Type de trace : livre objet trilingue
date de parution : juin 1996

Mon ami Hans-Joachim Neyer à Hanovre nous aida pour cette opération au Kubus. Le directeur du Musée d'art moderne vint ouvrir la manifestation. Le livre-catalogue était un boitier de cartes. Ce fut l'ultime manifestation des Peintres d'histoire. Les derniers numéros de la revue-affiche, sur les frontières ou le son, sortirent alors : 1988-89 jusqu'à 1996. L'histoire et la vie quotidienne (l'intimité) devenaient des tartes à la crème pour tous les artistes. Il était temps d'arrêter. Chacun repartit sur sa route. J'entamais alors une longue période de repli sur l'écriture.



Affiches politiques mondiales
Type de trace : livre
date de parution : octobre 1996

Ce fut une commande. Il y eut même une édition France Loisirs. J'étais très réticent, car je déteste revenir sur des sujets anciens. Pour écrire, j'aime être en danger et découvrir. Répéter m'use et peut me laisser totalement paralysé. Mais j'ai trouvé des pièces de tous les continents et j'aime bien un résultat qui n'a pas d'équivalent. Encore une fois, aucune traduction.



Les Sixties
Type de trace : livre et expo, France et Grande-Bretagne
date de parution : 1996

J'étais en pleine campagne pour le musée du XXe siècle. La semaine avant le vernissage, le British Council m'annonce qu'il ne donne plus ses subventions. Il a fallu porter cette opération à bout de bras. Les Sixties n'étaient pas encore à la mode (considérées comme baba-cool ridicules). Je défendais le Pop Art anglais et particulièrement Hamilton, qui est un grand monsieur. Je défendais la figuration narrative française (Erro, Rancillac, Cueco, Klasen, Raysse, Fromanger, Monory...) Je défendais la bande dessinée française, Fred, Pellaert, Forest, Giraud-Moebius, Bretécher, Gotlib, Wolinski, Gébé, Reiser... Plossu me passait des photos de ses errances. Il y avait la moitié de spécialistes anglais, un livre en anglais, un festival à Londres et l'expo allait au Musée d'art moderne de Brighton. Je mêlais la musique, les Shadoks, Steadman, le mobilier de Panton, le feuilleton Le Prisonnier, Archigram, les happenings, Godard ou les photos de Blow-Up d'Antonioni. Il y eut une grande fête avec les artistes dans l'atelier de Belleville et à Brighton. Depuis, j'aime toujours ces personnages mais vomis la sous-sauce commerciale sixto-seventies qu'on nous sert. le Centre Pompidou se penchera avec retard sur le sujet.



Où va l'histoire de l'art contemporain ?
Type de trace : colloque international et livre
date de parution : février 1995

Yves Michaud aux Beaux-Arts nous accueille. Laurence Bertrand Dorléac et Gérard Monnier ont l'idée de cette réflexion internationale. Serge Guilbaut à Vancouver nous aide. L'Image assure le suivi. Je me réjouis de montrer aux Nord-Américains des Africains qu'ils découvrent. Installation La Ronde de Nuit de Lewis Baltz en couverture. Des femmes, des Blacks, des Indiens, Pierre Restany et Michel Thevoz, Marcia Tucker ou Tomas Crow, Werner Hofmann ou Rosalind Krauss, Jorge Coli ou Yacouba Konate... Un sacré bilan à l'heure où la planète art explose.



Toporanapoli
Type de trace : exposition et livre
date de parution : 1995

J'étais révolté contre la condescendance française vis-à-vis de Roland Topor, vu comme touche-à-tout mineur (mieux apprécié en Allemagne). Cette exposition napolitaine m'a permis de passer des nuits et des jours avec Roland en fouinant dans tous les tiroirs de la rue Boulainvilliers. J'ai conçu (voir l'esquisse de maquette au-dessus des photos de nous deux à Naples) le concept d'un dictionnaire, pour affirmer tous les aspects de son travail. Je voulais agir avec sérieux pour défendre un esprit subtil, un personnage exigeant, un écrivain précis comme Kafka. Nous avons déjeûné de crèpes fines à la peau de canard laqué et de vin. Nous avons fini des nuits près du Cirque d'Hiver. Nous avons pensé le désordre avec les carreaux froids d'un Mexicain à 4 heures du matin. Par hasard, au vernissage de Naples, il y avait Jorge Semprun invité par Jean-Noël Schifano et, avec Topor (et Christian qui avait scénographié l'expo), nous avons parlé longuement de Picasso sur lequel je travaillais et dont j'avais entretenu le rugueux Pierre Daix. De camps aussi (c'était ma grande manifestation de l'année au Musée d'histoire contemporaine). Je présenterai, mais après sa mort, le travail graphique de Topor à Lisbonne, en écrivant un catalogue jamais paru. Michel Pierre, venu au vernissage, me parle d'Hugo Pratt, que je n'aurai jamais la chance de rencontrer, à mon grand regret et malgré plusieurs occasions successives. Retour amer à Paris avec Christian, où nous perdons à jamais des tirages photographiques grand format de nos installations scénographiques antérieures pour les Peintres d'Histoire.



L'Image "Les foules"
Type de trace : revue livre bilingue
date de parution : novembre 1995

Pourquoi "l'image" et pas "les images" ? A cause probablement de la force magique contenue dans ce mot générique. Image anagramme de magie. La revue sera diffusée par la SODIS (Gallimard) en France et Harvard aux Etats-Unis. Je l'ai voulue bilingue. Nous avons de beaux noms en parrainage (Agulhon, Debray, Ferro, Haskell, Hofmann, Jeanneney, Melot, Pomian...) J'ai une tendresse particulière pour Francis Haskell avec qui j'errerai, seuls avec son épouse, dans le cimetière aux sculptures des écuries du château de Versailles. J'aimais tant ses approches subtiles sur les modes du goût. Dans le comité éditorial, les amis fidèles : d'Almeida, de Baecque, Bertrand Dorléac, Buton, Delporte, Dogliani, El Kenz, Krumeich, Scott... Fréchuret nous parlait de Giacometti et Hofmann de Duchamp. Je travaillais sur de l'analyse télévisuelle concernant la fonction du public dans les émissions trash des Etats-Unis et en France. Montanari nous parlait des territoires virtuels. Pour la première fois, toute la production visuelle était envisagée, de plus avec pluridisciplinarité. J'ouvrais avec "Les images contre les images", stigmatisant déjà la circulation indifférenciée des icônes. Belle oeuvre en regard de Louis Rollinde sur le pélerinage à La Mecque.



plage anglaise
Type de trace : photo
date de parution : 1995

Voilà une trace indéfinie. Plage anglaise probablement visitée avant ou après l'exposition sur les Sixties en 1996. Cela fait partie de ces très nombreux voyages entrepris depuis les années 1970, seul, en famille, avec Christian. Dérives dans de nombreux pays. Explorations proches ou lointaines, où le décalage peut être aussi brutal en faisant crisser du Stilton et des kippers entre les dents au breakfast à Whitby, que dans une fazenda brésilienne.



Déportation
Type de trace : livre et exposition
date de parution : 1995

Voilà un moment important. J'ai eu le privilège de travailler avec François Bédarida, de parler avec Geneviève de Gaulle et Germaine Tillon, de retrouver le général Saint-Macary. Nous sommes allés en Allemagne avec Bédarida, avons organisé la première manifestation franco-allemande sur ce thème, visité des camps. Les survivants nous ont dit que le meilleur moyen de combattre le révisionnisme était de dire tout : l'horreur fut suffisante pour n'avoir besoin de rien cacher, ni d'augmenter les chiffres. Le temps de l'histoire était venu. Ainsi, nous avons parlé de la correspondance entre camps, nous avons dit que tous n'étaient pas des camps d'extermination. J'ai travaillé longuement sur les représentations contemporaines ou postérieures. J'interrogerai mon ami Boris Taslitzky. Simone Veil inaugurera la manifestation. Nous parlerons et je ne l'oublierai pas. A sa demande, plus tard, je ferai partie du Conseil scientifique de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Avec François Bédarida, nous aurons des discussions passionnantes et conniventes sur les dangers de l'instrumentalisation de l'histoire. Autant toute trace d'antisémitisme doit alerter, car c'est de toute façon le signe avant-coureur d'autres exclusions, autant tout communautarisme exclusif se servant d'un drame de l'histoire risque de se retourner contre ceux-là même qui en jouent. Je garde un grand respect pour Simone Veil et la rigueur intellectuelle de François Bédarida me manque (et son exceptionnelle épouse aussi). Il fera preuve ensuite de gestes d'amitié courageux envers moi et mes recherches, jusqu'à sa mort brutale.



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