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HALTE AUX VOLEURS D'AVENIR !
Type de trace : livre
date de parution : octobre 2005

Voilà une longue histoire. Ca mijotait depuis un bout de temps. Je me rendais bien compte que je faisais partie de la génération sacrifiée. Juste avant moi, il y avait eu les baby boomers triomphants des années 1960, qui avaient eu le fric, l'emploi, la croissance économique, la contestation, 68, puis les postes et le fric sous Mitterrand, qui tenaient la politique, les médias et l'économie, qui la ramenaient sans arrêt et qui n'en finissaient pas de finir, s'accrochant à tous leurs leviers de pouvoir, chassant en meute, écrasant tous les autres et ayant le culot d'imposer leur regard rétro, de nous bassiner de nostalgie, d'interdire tout futur en inventant cette notion pourrie de "post-modernisme" (du genre, on a tout fait, on a échoué, c'est pas la peine d'essayer autre chose, nous sommes nuls mais indépassables...).

Je ne me suis pas trompé. J'ai vécu L'ERE DE LA MEDIOCRITE, des incapables qui se perpétuent en ne comprenant rien, qui ne font rien (pas de vagues...) pour perpétuer les injustices et les mensonges qui les arrangent, qui déculturent les populations pour mieux les abreuver de publicités et de propagande massives appelées communication,  qui brandissent les mots "crise" ou "guerre" pour terroriser, qui vendent du gore et du sexe en jouant les déontologues effarouchés. Bref, on a beaucoup subi la concentration de l'argent, du pouvoir et des médias au détriment des habitants impuissants et décérébrés.

Mon mérite fut d'analyser très tôt ce vol du futur, de comprendre l'entourloupe en cours. Cela m'a conduit à parler publiquement de "fracture générationnelle" à la suite de l'incapable Jacques Chirac s'exprimant devant les "jeunes" à la télévision le 14 avril 2005. Cela m'a conduit à écrire le texte revigorant Bas les pattes sur l'avenir ! dans le livre-objet célébrant l'anniversaire des éditions Sens & Tonka, toujours en 2005.

Et puis, cette même année, j'ai poursuivi la réflexion à travers le livre Halte aux voleurs d'avenir ! J'y ai développé deux aspects : d'une part, suivant mon habitude constructive, quoi faire devant cette médiocrité injuste ; d'autre part, j'y ai étoffé une vision moins manichéenne d'un troisième âge uniformément égoïste et privilégié (il existe des précaires chez les retraités et aussi des solidaires intergénérationnels). Ce livre, qui avait circulé, a ensuite été publié gratuitement en 2010 sur le site www.fauteuiltronik.com de jeunes m'ayant contacté pour faire de l'édition en ligne (le site a fermé depuis). En 2015 enfin, sa dernière version est éditée sur papier et disponible sur gervereau.com. Le "signe" RARE est explicité et lancé dans ce livre. Il sert pour annoncer le 19 janvier 2016 mes 60 ans sur Facebook. Livre d'humeurs mais symbolique de mon parcours de résistance et de visions prémonitoires.

A partir donc de ce constat bouché de 2005, j'ai en effet décidé de contourner l'obstacle en développant des organisations à la base, de l'édition sans argent de livres ou de films, des solidarités qui agissent et se moquent des puissants, un respect nécessaire pour les créateurs et les savants comme modèles sociaux : la Résistance des savoirs et les Rencontres-Promenades "Histoires de Passages..." (elles apparaîtront 10 ans après, en 2015). Plutôt que de subir la marginalisation, je l'ai affirmée comme une force pour la liberté d'action. Et je n'ai cessé d'inventer, d'expérimenter.





Erro et Lebel
Type de trace : photos
date de parution : janvier 2004

Beaucoup de personnes sont venues (du facétieux Christophe Bourseiller à Alice Debord ou Marc Dachy). Ce furent de joyeuses conversations arrosées et ponctuées de cigares, au temps de résistance contre la norme (et avant que la police du corps --les médicos-- ne m'interdisent l'exercice). Jean-Jacques Lebel s'est bonifié avec le temps. Il est plus serein et s'impose moins un personnage. Nous évoquons happenings, joyeusetés et fantaisies de Yoko Ono jeune (je verrai une de ses actions au Ranelagh, se faisant dénuder progressivement par le public). Quant à Erro, il n'a jamais changé (c'est comme Willem). Je suis très content d'avoir parlé de lui avec Neyer à Hanovre, pour une exposition qui a circulé et provoqué celle du Jeu de Paume. Je suis heureux de l'avoir vu dans les années 1980 (et acheté une grande toile pour le Musée d'histoire contemporaine), quand c'était difficile. Il mérite son succès et le gère bien. J'aime Erro, tout Erro, personne et oeuvre. En 2000, lorsque mon livre Les Images qui mentent a été choisi pour faire la "une" du Monde des livres, une toile d'Erro reproduite en couleur l'a illustré. Fétiche Erro, longue vie à toi. A cette époque, comme dans les années 1970 avec les Stones en Belgique, Archie Shepp dans le Sud ou le Floyd au Marquee à Londres, je suis capable aussi (pour respirer et lutter contre la bêtise), de partir aux Vieilles Charrues en Bretagne sans billet avec ma fille voir Patti Smith et dormir sur un banc.



Willem, Medi, Cabu, Bramsen
Type de trace : photo
date de parution : mars 2004

Voilà quelques non mondains en promenade près des vignes de Montmartre. Ce sont de grands artistes, des personnes de culture, des graphomanes (Cabu et Willem), de grands inventeurs visuels, des caricaturistes époustouflants. Bramsen a édité les lithographies de Jorn (notamment en 1968) et de tout le monde (dont Topor). C'est un géant généreux. Medi réalise des oeuvres personnelles originales. Nous avons beaucoup ri ensemble. Je l'ai raccompagnée parfois à son hôtel dans des festivals de dessinateurs. Willem, je l'ai défendu depuis longtemps. Il n'a plus besoin de moi mais je garde une très grande amitié pour lui et il est toujours présent quand je le sollicite. C'est un roc prolixe. Cabu, nous avons travaillé ensemble (pendant un an pour un livre) et c'est toujours un immense plaisir de parler dessin ou peinture avec lui, même politique.



Le réel au cinéma
Type de trace : livre
date de parution : juin 2004

La période la pire de ma vie. Le trou noir. Au lieu d'être récompensé de mes travaux scientifiques et muséologiques, j'ai trouvé pendant un an et demi des barrières partout dans tous les postes où je me suis présenté : Musée des Beaux-Arts de Nantes, Musée de Bordeaux, Monaco art et histoire, Inspection des musées d'histoire (DMF) avec une commission du ministère de la Culture osant me juger, moi, parce que venant de l'Education nationale et appartenant au "corps" des bibliothèques, inapte au métier muséologique, après des années de présidence d'une organisation mondiale de musées et tant d'expositions diverses. Un an et demi de chômage, pour finir sans droits et sans rémunération. Heureusement, je me suis battu, ai écrit, monté le projet européen imageduc, développé l'Association internationale des musées d'histoire et le Conseil européen. Il n'empêche que je décidais, en janvier 2004, de quitter la présidence (malgré des pressions en sens contraire). Je le faisais par souci de démocratie pour passer la main. Je laissais beaucoup d'argent dans les caisses pour une association internationale démarrée sans rien, que de l'énergie. Et le cauchemar commença. Aucun remerciement, de la suspicion. Il fallut plusieurs annnées et un audit pour s'en sortir. Je pris des kilos d'angoisse devant tant d'injustice. Voilà pourquoi je fus heureux de démarrer en mars 2004 un travail de direction des bibliothèques à l'Agro et de création du premier musée international sur l'écologie et le développement durable. Voilà pourquoi je suis si reconnaissant à Simone Blazy, directrice du Musée Gadagne, de m'avoir commandé une opération sur le "réel au cinéma", me permettant de toucher un peu d'argent, et me faisant confiance. Sur ce sujet important, en association avec l'Institut Lumière, et avant toute la mode documentariste postérieure, Ferro, Lindeperg, Bertin-Maghit, Véray, Abecassis, parlèrent et écrirent de façon passionnante et très amicale.



Photographier la guerre d'Algérie
Type de trace : livre et expo
date de parution : 2004

Très belle expo avec des pièces rares à l'Hôtel de Sully. Nous nous retrouvons avec Benjamin Stora. C'est la seule exposition qui traite de la guerre pour l'année de l'Algérie. L'éditeur est au bord de la faillite et le livre, absent au vernissage et après, est très mal diffusé, malgré l'intérêt du public et des médias. Je vais en Algérie, fais des recherches et des rencontres avec ma compagne mi-kabyle. Pays passionnant. Par Benjamin, je travaille avec Merdaci à Constantine, qui oeuvre pour le Baromètre européen des médias. J'invite les musées dans mes congrès pour les sortir de leur isolement.



Cabu / Le monde des images
Type de trace : bande dessinée
date de parution : 2004

Voilà une bande dessinée atypique qu'il faudrait ressortir en poche pour les enfants et les familles, à l'heure où tout le monde veut décrypter les images. Au départ, cela devait être une collection associant un auteur et un éditeur (Daniel Arasse travaillant avec Claire Bretécher, par exemple). Mais, comme souvent, l'éditeur s'est défilé après avoir été enthousiaste. Tous les autres aussi. Finalement, j'ai travaillé seul avec Cabu à l'ouvrage générique et Robert Laffont le prit. Ce furent pour moi des moments merveilleux et Cabu, toujours flatteur, me traita de "Goscinny", compliment suprême. C'est dire mon attachement à ce petit livre que mit en couleurs délicatement Tran-Lê, la soeur de Mézières (Valérian).



Inventer l'actualité
Type de trace : livre
date de parution : 2004

Je rencontre François Gèze au festival de Blois et lui parle du très gros programme européen d'e-learning que je mets en place (site Internet IMAGEDUC), avec notamment le Baromètre européen des médias. De là naît ce livre pionnier qui montre, chiffres à l'appui, la structure de l'information télévisée, comparée à la presse. Peu d'échos, car les médias n'aiment pas être critiqués, mais un livre qu'un journaliste m'avoue avoir vu traîner dans beaucoup de rédactions. Les géo-caricatures et beaucoup d'autres notions influenceront le comportement des journalistes, tout en donnant des idées à des producteurs pour mettre en place des concepts d'émission prenant en compte la notion de point de vue, la diversité des perceptions planétaires, les repères dans le temps.



premier site d'éducation aux images pour enfants
Type de trace : site internet
date de parution : 2004

Le site "primages" fut le premier site d'éducation aux images pour les enfants, aidé officiellement par le ministère de l'Education nationale. Travail énorme en amont avec des profs et des élèves. Il s'adressait aux enfants (5 à  8 ans, 8 à 12 ans et plus de 12 ans) et parents mais parallèlement aux enseignants. Nous fournissions des banques de données d'images et une panoplie d'animations sur tous les supports (tableaux, sculptures, films, photos, dessins, télévision, internet, jeux vidéos...) Des témoignages de créateurs complétaient le dispositif. Une totale interactivité (comme pour tous mes sites) permettait de valider réflexions et propositions des internautes. Le graphisme était gai et les réactions excellentes. Là encore, une aide seulement momentanée nous interdisit de continuer l'expérience. La perte de 3 gros sites internet --sans traces désormais-- reste pour moi une expérience très douloureuse et injuste. Il faudrait vraiment pouvoir rassembler toute cette formidable matière, ce que je tentais à nouveau avec "mondiovisio" (partenaires : ministère, google et association des maires de France).



Ce matin
Type de trace : journal philosophique
date de parution : 2003

Le matin, je discute des personnes à engager pour développer le musée avec de grands amis que je tutoie. Le soir, on m'apprend que je suis viré. Méthodes à l'américaine pour la Cinémathèque française. Devant tant d'injustice, je décide de mener un journal pendant un mois. J'y développe ce que je défends depuis toujours : une philosophie de la relativité (pas du relativisme). Plus tard, tout cela sera rassemblé dans Fin des croyances. Pour une philosophie de la relativité. Chez moi, l'abattement, le désespoir, précède toujours la révolte. Je ne me reconnais pas, depuis 30 ans, dans les idées communes. De moins en moins. Elles me semblent répétitives et inadaptées.



François Caradec
Type de trace : photo
date de parution : décembre 2003

François Caradec (derrière une bouteille d'eau) et son épouse à la maison, avec Jean-Jacques Lefrère (créateur notamment de la revue Histoires littéraires, dont j'ai soutenu l'apparition). A peine l'appartement enfin rangé, des amis sont venus aider à le baptiser. Il faisait froid. Caradec a pris un malt pour se réchauffer, arrivé sur la butte. Je le respecte infiniment. Il m'avait parlé de son parcours et de la création du Collège de 'Pataphysique, évoqués dans mon livre sur Jorn. Nous nous sommes retrouvés sur différents sujets, et malheureusement à la mort de Noël Arnaud avec Jacques Roubaud de l'Oulipo. Il venait du parc Montsouris où trônait une des dernières pissotières (vespasiennes) sous ses fenêtres, pleurée par toute une population lors de sa destruction. Je lui rappelais ses activités concernant Christophe,  l'auteur de La Famille Fenouillard.



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