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décrypter les images en ligne
Type de trace : site internet
date de parution : 2000

Voilà le premier site internet que j'ai construit (avec toute une équipe). Préparé depuis 1998, il a été aidé par le ministère de l'Education nationale. Ce fut un travail important pour le grand public, les enseignants, les musées, sur le décryptage d'images. Bilingue, j'y ai reçu des analyses juste après le 11 septembre 2001 de l'Etat de New York. Il y avait une étude en images sur un tableau de Nicolas Poussin avec le Louvre, des références internationales, des animations sur la photo, des analyses d'actualité, des interviews de créateurs... J'aurais voulu le développer et y rassembler tous mes sites sur l'image. Mais la funeste phynance tuèrent net ce travail gigantesque.



Crepax
Type de trace : dessin/poster
date de parution : 1999

Je ne sais plus quand. Je vais voir Enrico Baj, exposé en 1992 et ami fidèle depuis. Rencontre Schwarz sur Duchamp. Erre dans Milan et vais voir Guido Crepax, alors oublié et assimilé à un illustrateur érotique de bas étage. Crepax fut un des dynamiteurs du récit et de l'organisation graphique en bande dessinée (comme Druillet, lui aussi exposé au Musée d'histoire contemporaine). C'est un des plus subtils peintres du désir. Homme simple, à vie de famille en appartement classique, passionné des batailles de l'Empire napoléonien, je voulais travailler à valoriser son formidable imaginaire. Généreusement, il me donne les premiers numéros de la revue Linus, des publications diverses et me dédicace cette composition. Il mourra trop tôt. Tous les soirs, tous les matins, je vois cette femme qui s'offre en face de mon lit. Chaque instant se brouille de sensations croisées, dans le temps et dans la perception. Et j'oublie tellement.



EUROCLIO
Type de trace : action européenne
date de parution : 1999

J'ai créé en 1999 le Conseil européen des musées d'histoire pour inciter des pays, isolés dans l'Union européenne, à travailler ensembles et à reconsidérer leurs collections sous l'angle de l'histoire collective. Ce fut une belle aventure. Il n'en reste rien mais des habitudes ont été prises. Nous avons été soutenus pour ce travail gigantesque à partir de 1999 par la Commission européenne et ensuite renouvelés sur trois ans, jusqu'en 2003. Souvent, tout n'a tenu qu'à un fil, tant les chicaneries et jalousies furent importantes. Mais nous avons bâti un grand site Internet, des expositions réelles et en ligne, une revue d'histoire comparatiste... Ce ne fut pas renouvelé malheureusement en 2004, malgré un dossier avec plus d'une quarantaine d'institutions majeures de tous pays. Nous avons néanmoins avancé sur de l'histoire européenne pluraliste, par l'objet ou l'image, avec une expo dans le Parlement européen et en ligne. Nous avons monté en 2002 une manifestation itinérante (avec Marie-Paule Jungblut) sur "Votre histoire est notre histoire" et en 2003 (avec Hermann Schäfer) "Chacun est un étranger quelque part". Fabienne Dumont et Claudia Fonseca ont beaucoup aidé à toute cette construction.



Palais de l'Image
Type de trace : projet, rapport
date de parution : février 1999

Voilà une autre baleine échouée. A la demande de Catherine Trautman, ministre de la Culture, j'ai phosphoré. Dès cette époque, je défendais un lieu sans collections, en réseau, pluridisciplinaire. Dès cette époque, en plein repli de "l'exception culturelle", je voulais promouvoir la défense de la diversité dans un monde multipolaire. J'écrivais aussi --toujours pour rien et sans être payé-- une note pour transformer le palais de la porte Dorée en Maison des cultures métisses, liant colonisation et immigration. La Cité de l'Immigration finira par y entrer et y parlera de colonisation. Je ferai partie de son conseil scientifique et aiderai à son développement, jusqu'à faillir y prendre un poste de responsabilité, se dérobant au dernier moment. Il ne faut pas avoir d'idées dans ce pays, cela terrorise les médiocres. Pour le Grand Palais, j'eus droit dans Le Figaro à un article truffé d'assertions erronnées, calomniateur, destiné à couler mon initiative parce qu'elle faisait peur à des fonctionnaires de la culture. J'hésitais à faire un procès. Je me tus, comme je le ferai toujours. J'eus sûrement tord.



Musées et politique
Type de trace : congrès et livre
date de parution : 1998

Voilà le temps de reconsidérer la fonction des musées pour cette 4e édition de nos rencontres au Musée de la Civilisation à Québec. Je posais en ouverture une question impertinente : "Les sociétés ont-ils besoin de musées ?". Patrimoine en partage, globalisation et rapport local-mondial, aspect social et moral, histoire et mémoire, besoin de repères, nous avons débroussaillé avec passion et générosité. Visites très intéressantes au Canada sur des exemples divers (et parfois critiquables). Amitiés durables, acquises déjà sur le terrain des arts.



Peut-on apprendre à voir ?
Type de trace : colloque et livre
date de parution : juin 1998

Colloque important où je lance cette formule : "apprendre à voir". Il y a pas moins de 75 spécialistes différents rassemblés. Souvent, ils ne se sont jamais rencontrés. Voilà une leçon d'humilité pour chacun. Pas d'OPA gouroumachique dans ce pays fasciné par les sémiologues ou les psychanalystes à vérité révélée. Chris Marker en couverture. Pierre Encrevé, conseiller de Catherine Trautmann, m'aide au ministère de la Culture pour imposer la manifestation, contre toutes les fâcheuses et les fâcheux occupés d'empêcher pour masquer leur inutilité. Alfred Pacquement nous accueille aux Beaux-Arts. Michael Baxandall me confie un texte qu'il ne peut lire. Impossible de citer chacune, chacun. Daniel Arasse brille et nous manque désormais. Un final terrible où Jean-Luc Godard m'annonce une heure avant son absence, alors qu'il doit dialoguer avec Pierre Soulages sous mon arbitrage. Pierre Soulages, soutenu par son épouse, décide de rester finalement. C'est un très bel esprit. J'appelle Philippe Dagen et affronte, seul, la bronca naissante. Nous dialoguons dans le calme revenu. J'écrirai à Godard pour lui dire sa grossièreté vis-à-vis de Soulages. Il me répondra, gêné, et ira voir le peintre dans son atelier pendant l'été.



Yougoslavie et Moebius
Type de trace : livre et exposition
date de parution : 1998

100 ans d'histoire de l'espace yougoslave. L'idée était de Joseph Hue. Il a fallu crapahuter en voiture dans les cinq pays pour glaner des pièces historiques ou artistiques. Les massacres cachés par les uns, nous les montrions grâce aux autres. Sujet tellement difficile, alors que l'éclatement venait d'intervenir dans le sang. J'ai encore sur mon bureau un obus tombé dans le musée de Sarajevo. J'ai demandé à Moebius (que j'avais vu peu avant répondant à un journaliste pour un débat public, seul sous une tente déserte à la Bastille) de faire l'image sur le thème de la frontière. Il était sensible à ces événements et a créé une image exceptionnelle. Nous avons beaucoup parlé, chez lui, dans sa maison de banlieue, pour préparer, et puis il est venu signer très gentiment au vernissage. Vernissage où toutes les représentations diplomatiques étaient présentes : j'appréhendais. Mais en fait le catalogue épais et fort illustré comme toujours, s'est mieux vendu là-bas qu'en France, car cela permettait à chaque pays de retrouver des pièces disparues. Yves Tomic a beaucoup travaillé. Jean-Hugues Berrou a fait des reportages. J'ai essayé de montrer combien ces pays n'étaient pas des "barbares", mais étaient liés à toutes les avant-gardes européennes.



Histoire de l'immigration
Type de trace : livre et exposition
date de parution : 1998

Voilà encore un sujet à hauts risques : 100 ans d'immigration en France. Il a fallu se battre. Pierre Milza trouvait l'image de Savignac "enfantine". J'avais passé du temps à Trouville avec ce grand monsieur. J'ai poussé à montrer sur 100 ans pour faire comprendre que le phénomène est ancien. J'ai refusé le misérabilisme utilisé par la Villette dans une sorte de jeu de rôles pour faire semblant d'être un immigré. J'ai voulu montrer les apports de l'immigration dans tous les domaines, par des gens célèbres ou inconnus, dans le sport, l'économie, la cuisine, la musique ou la littérature. Pour chaque manifestation, il faut ainsi se poser la question d'un message simple, premier. Ici, pas une immigration-problème, mais une immigration-chance. L'ouverture de l'exposition donnait à lire des mots de notre quotidien et leur étymologie étrangère. Des personnalités m'ont confié des objets sensibles et je les ai interviewées : la subtile Marina Vlady, Moustaki, Arias, Arrabal, Cavanna, Annie Cordy, Dibango, Khaled, Jazy, Lemarque, Uderzo, Manoukian, Rego, Velickovic, Bridgewater... Il y eut un comité de parrainage prestigieux avec aussi bien Edgar Morin que Robert Badinter (visiteur fidèle du musée). La France gagna la coupe du monde de football et Jacques Chirac m'envoya une lettre personnelle pour me féliciter.



Lettre Chirac
Type de trace : correspondance
date de parution : février 1997

Jacques Chirac, Président de la République, soutient le projet de Musée du XXe siècle. Législatives. Cohabitation. Tout à recommencer. Mais Chirac soutient toujours, Jospin aussi, Trautman à la Culture également (malgré la Direction des musées de France qui rechigne), et enfin Allègre à l'Education. Le dossier est mis dans les mains de Claude Allègre, un conseiller est nommé pour le suivre, je le rencontre, ma lettre de mission est prête. Elle ne sera jamais signée. Je ne serai pas non plus nommé à la tête de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, tutelle du Musée d'histoire contemporaine. Je passe alors à autre chose et rassemble tous mes travaux pour écrire un gros ouvrage : Les Images qui mentent. Histoire du visuel au XXe siècle.



Histoire de la télévision
Type de trace : exposition et livre
date de parution : 1997

J'ai réussi à convaincre Francis Denel à l'INA. Jean-Noël Jeanneney nous a accompagnés. Il fallait vraiment défricher pour cette somme sur la télévision française. J'ai rencontré et fait des entretiens avec tant de personnalités fortes : Guy Lux avec sa gouaille (jadis aussi célèbre que le général de Gaulle), la merveilleuse intelligence de Pierre Dumayet, Tchernia, Averty bien sûr pour des séances épiques, Bluwal, Marcillac, Jacques Martin dans son théâtre de l'Empire désert, Georges de Caunes et Jacqueline Joubert qui se revoyaient grâce à moi, Pierre Bellemare, Collaro sur sa péniche au pied de TF1 pour ses marionnettes du Bébête-Show, et les premiers techniciens, décorateurs... Ce fut passionnant de suivre les débuts et l'invention de personnages qui bricolaient un nouveau medium. J'ai écrit particulièrement sur les variétés, qui me semblaient, avec le sport, un genre fondamental. C'est très français, mais c'est très affectif. Il était temps (après la destruction des Buttes Chaumont) de valoriser un temps particulier, qui disparaît dans l'ouragan du Net.



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