06 : 10 : 13

[DECRYPTCULT] VIDEOMAG MENSUEL CULTUREL INDEPENDANT !

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Allez sur www.decryptimages.net    !

Allez, voilà un nouvel espace de liberté, de défense du savoir et de la création, et d'exigence avec des invités et des collaboratrices et collaborateurs de qualité ! Work in progress ! Le numéro deux de ce mensuel est en ligne et toujours un éloge de la diversité et du mouvement: les toiles de Mayenne et l'écologie, ORLAN et Jean-Hubert Martin, le cinéma par François Albera, la bd avec Alter Comics et les monnaies alternatives, Anne van der Linden et ses tableaux et revues, Michel Dintrich à la guitare à 10 cordes ou la musique chauve de Jean Dubuffet...

Bref, un festin de l'esprit dans un cadre volontairement antispectaculaire (une bibliothèque historique) mais pour des pratiques nouvelles : l'internaute picore les séquences suivant ses envies et tout reste en ligne longtemps. Oui, "Knowledge is Beautiful !" et nous commençons notre K-Pride (K pour Knowledge), notre Résistance des savoirs, avec cet éloge régulier de ce qui bouge partout ! Faites connaître, soutenez, proposez, diffusez !

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20 : 09 : 13

L'écologie culturelle contre le Front national

L’écologie culturelle

contre

le Front national

Le texte qui suit circule depuis quelque temps sous diverses formes. Il part d’un constat très stupéfiant : droite comme gauche en France semblent avoir pris comme fait acquis et irrémédiable la sociologie vieillissante du pays conduisant à une pensée majoritaire réactionnaire et au réveil d’un nationalisme sécuritaire : la panne française, la peur du présent dangereux, la paralysie face à toute possibilité de réinventer le futur. C’est pourtant une partie seulement de la vérité, quand il existe des générations conjuguées ayant pleinement conscience de nos réalités stratifiées du local au global, s’auto-organisant sur le terrain en réseau, inventant et ayant complètement décroché de la strate dirigeante vue comme impuissante, oligarchie auto-reproduite.

Pourquoi accepter ainsi de perdre le combat idéologique face à un parti attrape-tout, le Front national, qui défend un modèle totalement irréaliste (barricader les frontières ? trier les vrais Français et les faux Français ? faire une économie dirigiste ?) ? Le texte suivant porte haut les couleurs de citoyennes et de citoyens qui ne confondent pas la République et l’amour de là où on vit avec un nationalisme étroit et sanglant qui a montré ses errements. Oui, être Français, c’est porter un discours d’empathie qui dépasse les frontières et se soucier du devenir commun de notre planète. Oui, être Français, c’est choisir ce qu’on veut garder, défendre et protéger, et innover. Oui, être Français, c’est tenir un discours généreux, digne des meilleurs moments de notre histoire, qui imagine et porte haut les valeurs universelles de la justice et de la qualité de l’environnement commun.

L. G., septembre 2013

La culture n’est plus à la mode. En temps de crise, elle fait figure d’élément décoratif, premier financement supprimé, car il existe plus grave, plus urgent. Effectivement, pour un élu, entre une facture d’aide sociale et une compagnie théâtrale supplémentaire, il est difficile de trancher pour la seconde quels que soient ses mérites.

La culture a pourtant son ministère, elle est identifiée, elle s’est professionnalisée, draine des foules (festivals, spectacles de rue, jardins, journées portes ouvertes, cinémas…). L’ère des loisirs a multiplié les pratiques artistiques. Le vieillissement de la population nourrit les lieux de tous les apprentissages. Des clubs de marche, de visites patrimoniales, ou des activités caritatives rassemblent ainsi un troisième âge décidé à rester actif. Les jeunes scolaires connaissent des initiations aux pratiques artistiques. Chacune et chacun rêve devant les écrans de devenir chanteuse ou chanteur célèbre du jour au lendemain, rêves de stars. Bref, même si souvent les mêmes vecteurs attirent toujours les mêmes couches de la société, nous sommes entrés dans une ère du tout culturel.

Ce tout culturel a des effets désastreux, car personne n’en tire vraiment les conséquences. Il provoque une ghettoïsation de la notion (chaque lobby défendant ses intérêts sectorisés, faisant la queue au guichet, en ayant peur d’être inclus dans un plus vaste ensemble). Parallèlement, la rupture est très grande entre la multiplication des pratiques culturelles et un secteur professionnalisé très restreint et spécialisé (voir l’art contemporain). Cela conduit à un ministère affaibli, paralysé, harcelé par les lobbies, qui pare au plus urgent, et à la marginalisation de la question culturelle dans les politiques locales, quand il ne s’agit pas de pratiques agressives (coupures de crédit, choix de ce qui est « vraiment » de la culture, demande de retour immédiat en terme de notoriété auprès des électeurs…).

Le paradoxe se révèle patent : extension des pratiques culturelles mais marginalisation de la notion dans la vie publique. La culture est partout mais la culture est devenue très fragile.

Défendre la culturodiversité, vitrine politique et économique

La question fondamentale aujourd’hui demeure d’abord la définition du mot culture. En effet, on peut en avoir des visions très diverses. Certains, mettant un grand « C » au mot Culture, en appellent aux catégories européennes héritées du berceau gréco-latin. Cela conduit, non seulement à une vision élitiste qui touche une partie minoritaire de la population, mais à ne pas prendre en compte l’élargissement du champ aujourd’hui. D’autres sont résolument entrés dans le tout-culturel qui pose, lui, le problème de la sélection et de l’excellence. A ce premier dilemme, s’en ajoute un second. Le mot culture est parallèlement écartelé entre une économie culturelle, des industries culturelles, et des millions de pratiques individuelles, désormais souvent diffusées sur la toile.

La culture, c’est donc tout cela à la fois. On pourrait imaginer d’y répondre par un laisser-faire. Mais, au pays d’André Malraux et de Jack Lang, on passerait à côté de ce que peut être encore une politique culturelle ambitieuse.

Porter la bannière de la diversité au plan international : une éthique du pluralisme

Une politique culturelle volontariste passe par l’énoncé de quelques principes clairs. D’abord, comme il y a une défense de la biodiversité, il doit exister une défense de la culturodiversité. C’est un message humaniste à porter partout sur la planète : nous ne voulons pas d’une Terre uniforme dans ses comportements, son habillement, ses langues, ses goûts alimentaires, ses modes de pensée. L’uniformisation commerciale de la planète est nocive, comme l’eugénisme ou l’exclusivité religieuse, idéologique, philosophique. La culture est un élément essentiel du vivre en commun, du choix dans ce vivre en commun. La culture rassemble quand elle est tolérante et permet la variété et l’évolution. Cette culturodiversité, défense de la liberté de conscience et de comportement, reste une valeur essentielle du message républicain auquel nous sommes attachés.

Il ne faut pas laisser son drapeau dans sa poche sur ce terrain, de la même manière que désormais il est temps de réconcilier le High et le Low. Nous n’apprécions pas de la même manière et nous n’organisons pas la confusion pourtant. Je suis fasciné par Vermeer et ai beaucoup de tendresse pour le rugby des campagnes. Sur des plans différents bien sûr. Alors, s’émerveiller avec J.S. Bach n’interdit pas d’aimer Theolonius Monk, trouver Watteau un grand dessinateur n’enlève rien aux qualités de Moebius. De même, la force du cinéma américain a toujours été de pouvoir conjuguer Titanic et Cassavetes. Aujourd’hui, le fromage de brebis au lait cru fabriqué en campagnes françaises est un vrai plus culturel à défendre, comme le travail de Michel Pastoureau sur les couleurs. Sans tout mélanger.

Indispensable alors : l’offensive contre la standardisation de la planète en érigeant la culturodiversité comme valeur essentielle de notre vision du futur et l’ouverture de la notion de Culture vers « les » cultures, les formes culturelles complémentaires qui nous touchent toutes et tous. Au niveau de l’Etat, il convient pour cela d’élargir le champ culturel en lui agrégeant les nouvelles technologies, le tourisme et la diffusion culturelle dans le monde. Cessons l’inefficacité par la séparation au temps du Net. Le ministère de la Culture doit disparaître ou devenir un vrai ministère vitrine des expressions culturelles nationales, relai entre les régions et l’international. Un ministère d’expertises, de conseils et de passeurs.

La culture est une vitrine. Elle fait image pour la France. Les Américains l’ont bien compris quand, depuis la Première Guerre mondiale, leur industrie du cinéma est une formidable vitrine de l’American Way of Life. La France peut montrer la vigueur de ses expressions régionales, porter des industries et des penseurs au plan international, soutenir partout la culturodiversité.

Faire image en valorisant la France et ses régions

La puissance des images n’a pas encore été suffisamment prise en compte. Il faut des gestions de crise dans les entreprises pour qu’elles découvrent l’importance du capital-confiance lié à la marque et à sa notoriété ancienne. Il faut des personnalités politiques effondrées par une réforme avortée, car descendue en flèche sur un point de détail tandis que le cœur vertueux du programme est resté invisible, pour qu’ils comprennent l’importance de l’accompagnement, du geste symbolique, du mot synthétisant l’enjeu.

Si les nouvelles se vendent (news market), l’action politique aussi comme le développement commercial. Inutile de tergiverser, de chercher des boucs émissaires ou de s’en désespérer, c’est ainsi désormais. Voilà pourquoi l’Etat a un rôle citoyen à jouer. Il peut devenir à la fois un média-relai et une vitrine.

Un média-relais d’abord. En effet, il existe de plus en plus de contenus sur le Net. Le nombre tue le choix. Ils sont épars et l’internaute a besoin de médias-relais, de portails qui valorisent ce qui se fait. Voilà ce qu’il faut instituer au niveau régional. Voilà ce qu’il faut structurer au niveau national. C’est du portage d’information et de l’organisation du paysage.

C’est aussi une aide aux contenus. Car relayer permet d’aider à faire émerger les sources complémentaires, les pôles d’excellence en réseau. Relayer permet de porter des grands programmes au niveau national et international. Il est temps en effet de valoriser nos scientifiques et nos créateurs, de leur donner une visibilité publique égale à des chanteurs, des chefs d’entreprises innovants ou des sportifs. Il est temps aussi de réaliser une œuvre de salut public : comme savoir lire est un impératif citoyen dans nos sociétés (grand combat du XIXe siècle), éduquer au visuel constitue le défi du XXIe siècle. Pour ce faire, l’analyse des images fixes ou mobiles et la connaissance de l’histoire de tout ce que les humains ont produit visuellement (arts, comme médias) constituent des nécessités de base pour un apprentissage à tout âge. Connaître, c’est choisir de façon éclairée, c’est éviter l’abrutissement par l’ignorance qui fabrique des consommateurs addictifs, zombies politiques prêts à se jeter dans n’importe quelle entreprise démagogique.

En effet, le volontarisme culturel peut seul porter le pluralisme quand le laisser-faire impose le matraquage massif des mêmes choses. L’Etat y retrouve son rôle essentiel. Il doit le faire en liaison avec les régions, suivant une conception stratifiée des niveaux d’action. Municipalités, régions et Etat ont à réfléchir ensemble. Ils sélectionnent les points forts à valoriser (qui peuvent évoluer), de manière à devenir des étendards locaux, régionaux, nationaux. Tous ces niveaux d’action ont à choisir, de façon concertée, ce qui va faire image et porter culture comme économie localement et mondialement. Réfléchir aux images régionales et nationales est devenu fondamental, comme d’ailleurs une conscience européenne positive (qui ne soit pas juste floue ou de culpabilité historique), car leur absence ou des images subies deviennent un lourd préjudice aux conséquences politiques et financières incalculables.

Enfin, la conscience et la défense des diversités planétaires sont une manière d’établir des passerelles entre les Français issus de tous les continents et les populations variées de chaque pays. C’est le moyen de créer une solidarité planétaire fière de ses richesses culturelles et, incidemment, d’aider aux exportations et aux échanges.

La culture c’est donc aussi le volontarisme médiatique.

La Local Pride, moyen de contrer le développement de la pensée réactionnaire

Qu’est-ce donc que la Local Pride ? Décalage de la Gay Pride, comme l’est la K Pride (K pour Knowledge, défense de l’éducation à tout âge et de la connaissance), il s’agit d’affirmer sa fierté d’habiter quelque part, sa fierté locale : j’aime où je vis (un slogan qui pourrait inspirer nombre de concours locaux auprès des jeunes ou des adultes). Cet exercice se distingue tout à fait de ce que Georges Brassens brocardait : l’esprit de clocher. Il est une appropriation du territoire par les habitants (récents comme anciens). Il provient d’une réflexion concernant ce qu’on apprécie en mettant à égalité les traditions choisies et les innovations. Voyons ces deux aspects.

Face aux peurs, la réappropriation du local

Le combat semble perdu. Et pourtant, les faits sont têtus. Répétons-le, l’enjeu politique principal de demain consiste dans la réappropriation du local. Sur ce terrain comme dans d’autres, la volonté obstinée de tenter d’agir sur son époque au nom de ce que l’on considère comme le bien public incite à sans cesse réaffirmer ce qui devrait sembler des évidences.

Peut-on continuer ainsi à laisser le terrain fondamental du vivre-en-commun aux réactionnaires ? Comme si eux seuls avaient le droit de défendre des traditions. En France, le succès du journal télévisé de Jean-Pierre Pernaud (mis en scène d’ailleurs par Michel Houellebecq dans La Carte et le territoire), célébrant à l’envi l’artisanat d’autrefois et le folklore pour des téléspectateurs vieillissants, indique bien la force des idées conservatrices. C’est d’ailleurs un des indicateurs sur un pays structurellement à droite.

Comment l’écologie culturelle peut-elle alors contrer ce glissement droitier basé sur un principe simple : hier idéalisé est mieux qu’aujourd’hui ? En affirmant la nécessité de faire un tri rétrofuturo : choisir les traditions qu’on veut défendre et là où on veut innover. Cela conduira d’ailleurs les écologistes des campagnes à se poser la question de la chasse raisonnée, comme ceux des villes se frottent avec l’urgence sociale.

Mais le propos est plus large, plus ambitieux. La pensée écologiste (dans son sens premier généraliste d’étude sur le long terme des rapports des humains avec leur environnement) peut vraiment servir d’avant-garde idéologique pour la reconquête des esprits. En effet, l’écologie, par son histoire, a œuvré dans le sens de la défense des langues régionales, des patrimoines, des arts et traditions populaires. Au risque d’ailleurs de dérives (assimilation à la pensée pétainiste). Désormais, ce qui sépare les traditionnalistes et l’écologie culturelle réside dans le « mix rétrofuturo » de l’écologie culturelle. L’écologie culturelle affirme la nécessité de défendre des traditions choisies, pas forcément toutes les traditions (comme l’excision, par exemple). L’écologie culturelle mêle ces traditions à l’innovation, au mouvement perpétuel dans un sens darwiniste : le savoir-faire des couteliers n’empêche pas de penser de nouvelles créations à côté des modèles traditionnels et d’exporter (le local-global). L’écologie culturelle n’est pas le repli sur un pré carré (hier est mieux que demain) mais un principe dynamique. Elle nourrit la nouvelle tendance des productions de proximité et des circuits courts, facteurs de solidarité.

L’écologie culturelle, de surcroît, ne consiste pas dans une simple nostalgie rurale (le mythe du petit village autour de son clocher). Elle est une défense des attachements locaux partout (« j’aime où je vis ! »), aussi bien dans les fameuses « cités » que dans les quartiers des mégalopoles. Guy Debord avait d’ailleurs théorisé la psychogéographie urbaine, car nos attachements se font souvent par zones avec des micro-histoires changeantes. L’écologie culturelle est une façon de préserver, de conserver, et d’inventer dans les villes, dans les banlieues, dans les nouvelles réalités rurbaines.

Elle accompagne puissamment ainsi trois enjeux décisifs : la revitalisation de la démocratie locale et son tissu économique choisi ; la conjugaison des générations dans des métiers qui fondent les identités multiples de chacun au sein d’un ancrage territorial (« là où je vis », « là où est ma base ») ; le fait de faire image pour chacun des territoires, ce qui est un atout, un liant du vivre en commun ainsi qu’un argument à l’exportation.

Il est temps donc que politiquement les écologistes et les socialistes (et la droite ? et le centre ?) se saisissent de cette Local Pride. Sans elle, il y aura éclatement du pacte républicain tiraillé entre des replis sécuritaires, des exclusions communautaristes et le laisser-faire de la standardisation commerciale planétaire. A travers ce concept, il faut reconquérir la démocratie de proximité, lutter contre les peurs et offrir des perspectives à des habitants se sentant abandonnés, jetés en pâture à l’uniformisation industrielle de la mondialisation et dont les repères disparaissent.

Le pari rétrofuturo pour des croissances diversifiées

L’écologie aujourd’hui est considérée comme majeure en terme d’environnement mais déconsidérée au plan politique, comme étant élitiste : un système sectaire qui ne peut pas marcher pour le plus grand nombre, un retour à la « préhistoire », répète-t-on en utilisant le terme de « bobos » pour désigner des snobinards parisianistes honnis. Il est temps que l’écologie ne se serve pas seulement du levier du catastrophisme mais qu’elle pose les questions de santé publique et s’adresse aux masses. Il est temps aussi qu’elle montre comment elle est une source d’emplois, de croissances diversifiées, de respect des territoires. L’écologie, ce devrait être la recherche du savoir pour orienter le bien commun en ville ou à la campagne.

Le discours sur la croissance négative ou la croissance zéro est à peu près inaudible pour des personnes perclues de dettes et menacées par le chômage. En plus, il n’est pas exact car ce qui va se passer sera plutôt des croissances diversifiées : on ne vit pas dans le Cantal comme à Paris et on ne veut pas vivre dans le Cantal comme à Paris. L’écologie culturelle impose le respect des spécificités locales (histoire, géographie, mentalités) pour chaque projet de développement. D’essence darwiniste (Haeckel, inventeur du mot « écologie », était un disciple de Darwin), l’écologie est un principe d’expérimentation et d’évolution. Variée dans ses effets, elle permet aux exigences éthiques des consommateurs-acteurs de s’instiller ou de s’imposer.

C’est une revivification indispensable à la base des processus démocratiques. L’écologie culturelle permet ainsi de parler aux foules à la fois de leur santé et des enjeux planétaires (local-global). Elle milite d’ailleurs pour l’introduction dans le droit universel de la notion de crime financier (au nom d’intérêts financiers, tuer des populations à cause de la nourriture ou des pollutions, supprimer des civilisations par destructions brutales de l’environnement). Elle inscrit l’action politique dans une pensée de la diversité, des choix rétrofuturos où chacun reprend la main sur son destin local en réseau. L’écologie culturelle sert à appréhender des territoires à portée de vue directe sur lesquels chacune et chacun développe des projets individuels et collectifs en pratiquant l’innovation sociale. L’écologie culturelle parle ainsi du présent et du futur.

Aux élus de se saisir de cet outil. C’est urgent, sous peine de laisser le terrain idéologique à une pensée conservatrice ou réactionnaire triomphante, heureuse de dire qu’elle est la seule à protéger contre la dépossession d’un destin individuel broyé dans les mâchoires impitoyables de l’économie mondialisée guidée par la seule multiplication des profits financiers.

La culture ne consiste en effet pas seulement dans la consommation de produits. Il s’agit du grand enjeu de notre vivre ensemble : ce lien spirituel tolérant se félicitant des différences, qui meut les sociétés et poursuit les longues lignées de biens immatériels et matériels admirables, contribution humaine à une planète forte de son exceptionnel environnement.

Laurent Gervereau

(SEE-socioecolo Network, www.see-socioecolo.com)

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15 : 09 : 13

De Buckminster Fuller et Pink Floyd ou Soft Machine à Blue Green : Graham Stevens

Oui, Graham Stevens boit de l'eau ! Vous ne le connaissez pas et vous avez tort. Architecte de formation à Sheffield, il est assistant de Buckminster Fuller en 1964 à Paris pour le Congrès International d'Architecture. En 1965, s'apprêtant à traverser une rue de Londres, il a l'idée qui orientera tout son travail : grâce à des structures gonflables, faire décoller des architectures dans l'espace à significations multiples. Ainsi, dès 1965, il conçoit "Spacefield", environnement gonflable et multimedia. Dans la foulée, il participe en 1966 au "Destruction in Art Symposium".

Cet élégant et subtil personnage pourrait se la jouer... En effet, il est alors totalement associé au bouillonnant Swinging London, participant à des scénographies expérimentales et sensorielles à la Roundhouse pour le Pink Floyd de Syd Barrett et ses amis de Soft Machine avec les light shows de Mark Boyle ou lors de l'intervention de Bob Dylan à l'ïle de Wight. Tout cela dans une atmosphère d'imagination complice transdisciplinaire où les arts se croisent pour submerger la société dominante. Et chacun connaît chacun : il est présent naturellement chez son copain galeriste pour l'inauguration de l'exposition de Yoko Ono --qu'il connaît déjà-- lorsque vient John Lennon sévère d'abord puis, étant monté sur un escalier pour lire une petite inscription, séduit par un humour proche du sien et commençant une nouvelle phase de sa vie affective --et de sa vie tout court.

Mais cessons de faire les groupies avec quelqu'un qui ne se la pète pas. Il y eut un moment magique à Londres à ce moment-là, dont j'ai pu rendre compte en 1996 dans l'exposition sur les Sixties. Graham Stevens a eu le mérite de poursuivre sa route poétique, installant un nuage solaire dans le désert en 1972 et désormais travaillant pour le mouvement Blue Green (www.bluegreenuk.com), écologistes voulant transformer les villes en intervenant notamment sur les questions d'eau.

Tout cela pour dire qu'il est venu à la maison avec Jacqueline Stanic (que je fréquente depuis les grandes expositions Paris-Berlin et Paris-Moscou au Centre Pompidou de Pontus Hulten) et que nous avons passé un moment sobre mais délicieux, la conversation roulant de l'un à l'autre dans le plaisir d'évoquer des amis communs et des événements, sans nostalgie, comme une force pour continuer à faire. Blue Green est d'ailleurs sur www.see-socioecolo.com.  J'irai bientôt à Londres et Graham passe dans le mag vidéo sur www.decryptimages.net  en janvier.

Un des plus grands plaisir de la vie est d'avancer en découvrant des oeuvres généreuses et des personnages délicieux qui nous donnent réellement envie de poursuivre contre toutes les médiocrités.

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21 : 08 : 13

Les grands enjeux planétaires

L'abêtissement est une stratégie. L'absence d'idées et de perspectives dans un pragmatisme inefficient forme le moyen de faire perdurer les monstruosités d'un système à bout de souffle.

Et les mêmes se plaignent d'un manque de buts et du décrochage des peuples !

Mais nous changeons d'époque !...

Allez lire "Contre la panne idéologique" sur www.globalmagazine.info  (qui a succédé à une contribution d'Edgar Morin, very chic !...). Faîtes circuler. Vous aurez nos grands débats d'aujourd'hui et de demain. Vous saurez où vous situez en dehors des nuages de fumée et du décervelage.

L'exigence et la résistance intellectuelle sont en effet les vraies nécessités de notre temps. Ce texte de synthèse philosophique est en cours de traduction (Brésil, Canada, Chine, Egypte). Diffusons.


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05 : 08 : 13

ART - A Real Trauma

Vous savez que circulent sur la planète des signes mobiles (à voir en cliquant sur le petit signe clignotant de ce site) destinés à vivre sous des formes diverses : du t-shirt et de l'autocollant au monument et à la toile signée dans des espaces d'expositions. C'est de la philosophie en kit, petites maximes de nos existences mouvantes au XXIe siècle. Il en existe 45 à ce jour.

Certaines sont arrivées facilement, tirées de la philosophie de la relativité ou de la socio-écologie. D'autres prirent davantage de temps. Comment, par exemple, parler de la finance qui est devenue le paragon du mal moral ? Dire que l'accumulation exponentielle est absurde ? Que l'argent corrompt ? Qu'il n'a que le sens de son utilisation ? Banalités inopérantes. Il a fallu des mois pour créer : Stop CRIMES financiers. C'est-à-dire l'idée qu'il faut introduire désormais une nouvelle catégorie de meurtres, les meurtres financiers. Au nom de l'intérêt financier, des personnes tuent physiquement ou psychologiquement des individus. C'est le cas des déforestations massives comme des ventes de produits dont on connait les effets dangereux.

Pour la question de l'art, dont je suis très proche depuis mon enfance, j'ai séché pendant plus d'un an. Sortir des banalités du genre "l'art c'est la vie" ? Parodier Duchamp en disant que le regardeur fait l'oeuvre ? Constater l'explosion de l'Art dans une multitude d'expressions artistiques (Moebius inférieur à Boltanski ?) ?

Bof. Pas terrible. L'idée, mon idée, est venue de ce qui m'arrive de plus en plus : le dégoût, l'écoeurement face au tout-artistique, ce phénomène fatiguant où tout le monde produit des formes artistiques et que n'importe quoi vient combler les paysages, les places publiques et les musées de plus en plus grands. Bref, on décore.

Contre l'art décoratif de mon temps, pléthorique, j'ai écrit : "ART - A Real Trauma" pour affirmer la rareté de la rencontre artistique, ces moments précieux qui vous bouleversent, ne sont pas plaisants et anodins mais traumatiques. L'Art, pour moi, est une conjonction momentanée (le goût individuel peut évoluer, comme le goût collectif), grave, d'ordre magique au sens des transes animistes les plus anciennes que j'ai pu observer, un instant où sa personne est traversée et remise en cause. Tant dans la perception que dans l'ambition de l'acte créatif, tentative vaine, désespérée mais parfois opérante sur un ou des millions, maintenant, demain, jamais.

ART - A Real Trauma va circuler, nous motiver, me motiver, affirmer l'exigence et la puissance du moment artistique. Eloge de la rareté, choix du précieux. Je vomis l'art décoratif, palanquée d'apparences au temps du confusionnisme généralisé.

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25 : 07 : 13

Aïe, Bernadette Lafont, saloperie de vie !

Ca pue parfois la vie quand c'est dégueulasse. Bien, sûr Bernadette Lafont a eu une existence riche, même si elle ne fut pas sans drames. Mais il y a tellement de médiocres qui prospèrent et de salauds qui perdurent, de zéros qui pèsent, emmerdent, coûtent à la collectivité. J'ai toujours un sentiment amer devant ces disparitions de personnes merveilleuses, jubilatoires, intelligentes, belles, décapantes, motivantes, éprises naturellement de liberté. Je salue au passage Nelly Kaplan pour sa merveilleuse fiancée.

Et je vous raconterai ma fierté : avoir fait l'intermédiaire entre Bernadette et Jonas Mekas. Nous étions en 2002 et je dirigeais le Musée du cinéma-Henri Langlois. Foire du livre de cinéma dans la cour de l'école des beaux-arts à Paris. L'affable Kiarostami dans un coin et le grognon Mocky dans un autre. Jonas Mekas dédicaçait un de ses derniers livres traduits. Je le connaissais et parlais avec lui en anglais. Nous badinions et nous promenions à travers les films. Puis un acheteur se présente pour une dédicace et je les laisse. A ce moment, une femme timide s'approche de moi et me demande, très hésitante, si je pourrais faire l'intermédiaire avec Jonas car elle parle très mal anglais.

Elle me précise : "Je m'appelle Bernadette Lafont et je serais tellement heureuse de dîner lundi avec Jonas Mekas s'il est libre. Je viendrai avec une amie pour traduire. Pouvez-vous faire l'intermédiaire ? Je ne sais pas jusqu'à quand il reste à Paris, mais je change de jour s'il veut, je me rendrai disponible, cela fait si longtemps que je veux le rencontrer."

Très fier de ma mission, j'ai arrangé ce dîner du lundi entre ces deux symboles d'un cinéma aérien, ces deux symboles gentils, modestes, pleins d'humour. Et Bernadette, cette fois-là, m'a griffonné ses coordonnées sur deux papiers, l'un pour lui et l'autre pour moi, en me disant : "Oui, je suis Bernadette Lafont, une actrice. Je ne sais pas si vous voyez ?..."

Je vois tellement bien Bernadette que je suis à la fois triste et heureux de ton éternité.  Ta générosité m'inspire.


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02 : 07 : 13

Un mag tv culturel !

[decryptcult] est un nouveau magazine télévisé culturel. Il est diffusé sur le portail www.decryptimages.net. A une époque où la futilité et l'ignorance fière prévalent, il défend la création et le savoir en invitant des savants et des créateurs de toutes générations, en leur laissant le temps de parler de ce qu'ils connaissent. Cette émission est chapitrée et conçue pour Internet. Elle marie un aspect "rétro" (décor statique de vieille bibliothèque et tour de table des intervenants) et des sujets "futuros", dernières découvertes de la recherche, décryptages, économie innovante (de la gratuité, sociale et solidaire, écologique...), créateurs crossmedia...

Dans la première émission, vous trouverez : analyses critiques de la notion de "zoo humain" ou de la mort de la télévision, actualité du photographe suisse Christian Lutz, du cinéaste Ossang ou du dessinateur Nikita Mandryka, inventeur du célèbre "concombre masqué"... Thématique : Les basculements.

Les sujets seront toujours divers et valoriseront les initiatives locales. Prochain numéro le 1er octobre sur le thème : Une Renaissance rétrofuturo ? Face à la morosité et la médiocrité, il importe d'entrer dans la reconstruction planétaire, en France comme ailleurs. Jeunes et vieux s'y attellent sur le terrain et refusent de se résoudre au désespoir. Nouvelles images et nouvelles musiques au sommaire. Rythme mensuel ensuite. Suivez, recommandez, proposez !

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08 : 06 : 13

SUBITO !

Que ce soit à Notre-Dame-des-Landes ou en Turquie (merci à Daniel Colagrossi à Istanbul pour cette photo prise juste avant la répression) ou en Italie et désormais au Brésil, la placide détermination à s'auto-organiser à la base pour une conception différente des valeurs communes est patente. Inutile de tout mélanger ni de vouloir récupérer les uns et les autres, chaque groupe et mouvement a --heureusement-- ses caractéristiques. Mais la chape de plomb craque. Tout le monde a compris l'absurdité et l'hypocrisie ambiantes.

A Istanbul la répression frappe, comme ce fut le cas à Téhéran. Mais les lobbies étouffent aussi les expressions alternatives à Paris ou Rio ou New York. "Taisez-vous !" d'un côté, "Cause toujours..." de l'autre. Partout, ce sont des mouvements à la base malgré tout qui s'inventent. Dans ce cadre, nos petits signes pacifiques "Knowledge is Beautiful" se disséminent comme autant d'invitations à réfléchir, piqûres d'éveil critique. C'est désormais "ici et maintenant", dans cette exigence sereine où personne n'attend plus rien. On fait : SUBITO ! (allez voir l'article sur www.globalmagazine.info). Demain, j'enregistre le premier magazine culturel tv indépendant francophone : [decryptcult].

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22 : 04 : 13

FRANCE BOUGE !

Des textes, des appels divers et sans effet, vous en avez vu passer...

Pourtant, est-il possible de supporter encore l'ambiance délétère et autodestructrice qui s'est installée en France ?

Soutenez ce texte (here@see-socioecolo.com) et faites-le circuler, comme je le fais. Il insiste sur 6 axes d'actions prioritaires pour sortir du marasme actuel en redonnant des objectifs communs avec une lisibilité stratégique. Notons que parallèlement le malaise profond touche beaucoup de peuples engagés dans le mouvement SUBITO ! (voir l'article à ce sujet sur www.globalmagazine.info), c'est-à-dire qui n'espèrent plus rien des super-structures et des Etats dépassés ou corrompus mais s'organisent de façon alternative à la base en réseaux

France bouge !


Nous ne supportons plus le climat délétère qui s’est installé en France. La morosité règne en effet partout dans un esprit de dépréciation idiot et nocif. Ce pays a pourtant des atouts mais il se comporte de façon bipolaire comme un grand déprimé : des cocoricos hors de propos ou, au contraire, la morne résignation du pré-suicidé.

Il est temps d’ouvrir des perspectives grâce à une vision claire de la situation et du futur. L’actuel Président de la République a axé sa campagne électorale sur le changement et la jeunesse. Alors, parlons changement et donnons des perspectives à la jeunesse. Balayant la petite tambouille comptable qui occupe les écrans, parlons orientations stratégiques :

- La France est à la fois un grand et un petit pays. Elle est un grand pays par son histoire et le rôle de ses intellectuels dans une conception universaliste de la condition humaine. Elle est un grand pays par sa culture, son tourisme et certains aspects de son économie, ainsi que par la pratique de sa langue au-delà de ses frontières. Elle est un petit pays par l’étendue limitée de son territoire et de ses ressources. Elle dépend de l’Europe et s’inscrit sur une planète multipolaire interdépendante. Elle n’est plus le lieu central des arts et des idées. Voilà. Mais cela empêche-t-il d’inventer ? De proposer, avec d’autres, des solutions d’évolutions planétaires ?

- Le repli sur soi est de toute façon devenu impossible à l’ère d’Internet, quand la défense du local, elle, devient indispensable. Même les partisans du Front national croient-ils vraiment à la fermeture des frontières ou voient-ils leur attitude comme un baroud d’honneur pour défendre une vision du pays héritée du nationalisme version XIXe siècle ? Notre réalité est stratifiée entre le local, le régional, le continental et le terrestre. Il importe à cet égard de simplifier enfin dans l’hexagone les niveaux de décision. Surtout, avec ce nouveau contexte local-global, l’urgence réside dans la revivification de la démocratie du plus proche : consulter régulièrement les citoyens, soutenir les initiatives de terrain, laisser émerger les propositions. Cela se conçoit définitivement dans une perspective rétrofuturo, c’est-à-dire de choix entre des traditions que l’on veut perpétuer et là où la population souhaite innover. Dans ce cadre, la conception de l’économie s’ouvre, en prenant en compte tout ce qui fait le vivre-en-commun, économie de la gratuité, de l’échange, micro-marchés, coopératives et mutualisme, pratiques aidées publiques-privées, protection des productions locales…

- La crise politique et morale actuelle ne saurait se résoudre ni dans un « tous pourris », ni dans des réformes de façade. Disons-le, personne n’a intérêt à l’écroulement du pouvoir socialiste malgré son inertie coupable ne donnant aucune perspective réelle hors les restrictions budgétaires. Personne, ni la droite, ni la gauche, ni donc surtout le pays. Pourtant, la coupure de l’oligarchie avec l’immense majorité de la population est grave. Les notables se perpétuent en meute, volant un véritable choix démocratique. Nous avons donc majoritairement à craindre des désordres et des solutions radicales liberticides. La démocratie se reconstruit d’abord par la moralisation, la mise au jour des patrimoines (sans chasse aux sorcières) et surtout l’arrêt des possibilités de détournements d’argent, la justice fiscale, l’impossibilité des collusions d’intérêt, la lutte contre l’opacité et des lobbies identifiés, le bannissement des cumuls délétères (ou des postes à vie). L’usage du référendum local et national doit être revivifié, non comme une forme de plébiscite mais comme moyen d’obtenir sur certains points des arbitrages réguliers du peuple. Parallèlement, il est temps de diversifier l’origine des représentants à tous niveaux et de placer la mixité sociale comme un impératif premier.

- Cessons de stigmatiser d’un côté un Etat bureaucratique et inefficace, de l’autre des entreprises d’exploitation capitalistique. Réformons. L’Etat n’a de sens que s’il est efficace. Au temps d’Internet, il doit repenser son organisation et ses missions en limitant la part des administrations centrales pour valoriser celles et ceux qui oeuvrent en contact avec le public : décongestionnons et décentralisons l’Etat, clarifions le contenu de ses missions. Du côté des entreprises, la question n’est plus ni celle du profit ni celle du marché, mais celle de la répartition du profit et de l’usage du marché. Les entreprises apportent de l’innovation qu’il faut absolument encourager (notamment tout ce tissu si précieux des petites et moyennes entreprises), comme d’ailleurs l’économie sociale et solidaire. Aux citoyennes et citoyens de devenir des spectateurs-acteurs et des consommateurs-acteurs. Alors, nous verrons fleurir des entreprises éthiques par intérêt, éthiques par rapport aux fournisseurs, éthiques en fonctionnement interne et dans leurs relations avec les clients.

- Il importe de clairement s’engager vers la durabilité environnementale. L’électoralisme hypocrite à court terme a assez duré. Cessons de prendre les ouvriers et les employés pour des imbéciles en leur faisant croire à la pérennité d’industries polluantes ou de produits sans avenir. Cessons aussi de penser que la croissance verte va se mettre en place ipso-facto, mais affirmons la nécessité de tout penser en terme de transition verte. Cela permettra de réconcilier le monde paysan avec des pratiques durables et de changer le rapport campagnes-villes. Cela fera comprendre aussi –quand les pollutions, les catastrophes, la malbouffe ou les dérèglements climatiques excèdent les frontières en touchant les plus pauvres—que la mise en place d’instances terrestres de préservation de la planète, comme d’ailleurs de police planétaire sur des principes moraux communs, est indispensable. Tirons-en les conséquences chez nous, sachons anticiper. L’écologie expérimentale et évolutive –loin des oukases ou d’une nouvelle religion—est la seule solution de devenir collectif qui ne soit pas destructeur. Il ne s’agit pas de muséifier la planète mais de permettre d’avoir une conception globale d’environnements variés en mutation, en en tirant les leçons locales.

- Les cultures sont des visions du monde. Il faut faire accepter partout l’idée de la relativité des points de vue en cessant de propager des conceptions exclusives, sur le plan religieux, idéologique ou des modes de vie. Nous ne souhaitons ni une planète uniformisée dans la consommation addictive, ni le morcellement agressif de communautés en concurrence. Affirmer l’importance des cultures est pour nous affirmer l’importance de l’éducation qui doit donner des options de choix à l’être adulte et la tolérance nécessaire de toutes les visions du monde, à condition qu’elles ne tentent pas de s’imposer dans un espace public devant rester pluraliste. La diversité est pour nous toujours à défendre.

Sur ces bases, nous souhaitons que notre pays --que nous aimons--, qui a de formidables atouts, sorte de son gouffre actuel. Nous savons toutes les initiatives qui se multiplient sur le terrain, dans une conjugaison des générations, par des personnes refusant de se résigner et continuant à agir concrètement et à inventer. La paralysie et l’autodestruction doivent donc cesser. Oui, nous voulons une France qui bouge et regarde vraiment en face notre planète commune en transformations profondes.

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30 : 03 : 13

Le monde bouge !

Oulalala ! Il s'en passe des choses ! J'avais placé 2013 sous l'angle du réveil et de la générosité. Eh bien, ça bouge dans ce pays déprimé et technocratique qu'est la France.

Nous n'allons de toute façon pas nous laisser chloroformer dans le désespoir.

Bon, alors, qu'est-ce qui bouge ? D'abord, allez sur le plus grand portail d'éducation culturelle francophone : www.decryptimages.net. Vu son succès, il s'ouvre maintenant en version web 2.0 avec une équipe de rédaction augmentée, rajeunie et internationale. Un Réseau décryptimages et une newsletter se mettent en place. L'actualité sera davantage abordée et des ouvertures vers le spectacle vivant et la musique. Avec toujours nos ressources de base exclusives et gratuites en éducation aux images depuis le primaire. Nous allons bouger les conceptions éducatives, en réseau, par la base. La culture des jeunes change profondément, les demandes des éducateurs sont insistantes : agitons-nous en réseaux faisant se croiser les expériences pratiques.

Deuxième date : la Coopcultu s'ouvre sur www.globalmagazine.info.  J'ai imaginé cet outil indispensable aujourd'hui avec la complicité de Gilles Luneau et l'équipe de global : signaler et demander de se signaler gratuitement en ligne à tous les acteurs d'initiatives culturelles au sens traditionnel et de l'économie sociale et solidaire, écologique, de la gratuité... Bref, tout ce qui bouge, invente, fait du lien social : cultures de tous, cultures pour tous. Informer, c'est agir. En permettant d'abaisser les barrières des catégories, nous voulons permettre les échanges. Désormais, face aux crises, il nous faut un REVEIL DU LOCAL.

Troisième événement, l'article sur www.see-socioecolo.com  (en bas de la home page) : "Hep ! François Hollande, le monde bouge !". Il est temps en effet de stimuler non seulement le Président pour qu'il tombe le masque de sa shadow policy gestionnaire sans perspectives, mais inciter les socialistes et les écologistes à ouvrir d'urgence la boîte à idées. Cet article offre une vision de la planète et du futur claire. Les médias ne peuvent se désoler en effet du manque d'objectifs et d'imagination (rétablir la croissance et réduire le chômage, certes, mais quel type de croissance ? Quelles modalités de travail ? Quelle société ?), tout en relayant toujours les mêmes points de vue éculés depuis 30 ans. Il est temps de bâtir notre environnement socioécologiste dans ce que j'affirme depuis des années : un espace local-global de décisions avec des instances stratifiées ; des choix rétrofuturos, bannissant la notion de progrès et l'idée d'une société idéale, pour intégrer une philosophie de la relativité et la volonté de l'évolution, du mouvement perpétuel. Bougeons nos têtes ! Faîtes circuler !

Quatrième (et non des moindres, car c'est une joie particulière pour moi), voilà enfin la projection en avant-première de mon 7e film long-métrage (voir ci-dessous). Il permet de nous replonger dans ces mouvements du XXe siècle qui voulaient mélanger l'art et la vie en bousculant les normes. Plus que jamais nécessaire, non ? Un antidote à la médiocrité résignée des temps.

Je concluais en 2000 Les Images qui mentent. Histoire du visuel au XXe siècle, publié aux éditions du Seuil, par : Le XXIe siècle sera moral. Prémonitoire ? Il est temps d'ouvrir les yeux, de réinsuffler des idées novatrices dans le débat public (le local-global...) et de donner de l'air avec des personnes neuves, non seulement "propres" mais hors de l'oligarchie visible au pouvoir depuis 30 ans --non représentative de la société-- et de la panne technocratique.


C'est du lourd (des mois ou des années de préparation). Faites circuler ces 4 informations ! Faites savoir !


Première projection du film le mercredi 17 avril à 18h30 à la Bibliothèque nationale de France :

Politically InKorect !

Noël Arnaud

et Dada, Jarry, Picasso, Jorn, Duchamp, Debord, Vian, l'Oulipo...

Un film (1h10) de Laurent Gervereau avec la complicité de Jean-Hugues Berrou et Emmanuel Chirache

Histoire d'un invisible : voilà le chaînon manquant --et longtemps caché-- entre Dada et les situationnistes ou Fluxus, en passant par le surréalisme clandestin pendant la guerre et Cobra. Il s'agit du seul film où cet homme secret parle de son parcours incroyable, à la fois acteur et passeur des avant-gardes, ayant côtoyé tous les personnages essentiels cherchant à changer la vie, à sortir des frontières de la peinture de chevalet, bousculant la littérature. Entre jazz, dérives, toiles provocations, fêtes-happenings, rires et absurde, une existence-oeuvre d'art totale.

Y sont notamment insérés : le manuscrit original de Liberté de Paul Eluard; un entretien inédit de Constant sur Cobra et les débuts de l'Internationale situationniste avec New Babylon; des extraits sonores de la conférence de Guy Debord et Noël Arnaud en 1957.

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