04 : 05 : 08

Les jolies couleurs des collabos

En contemplant à Vienne l'incomparable collection d'armures de la Hofburg, je songe aux multiples niveaux de regards dans une exposition. Peu après, à Paris, je suis sidéré à rebours par la légèreté initiale dans la présentation des vues de Zucca (travaillant sous l'occupation en France pour le magazine allemand Signal). J'aurais aimé défendre la liberté de tout montrer (ce que je pense nécessaire), le refus des visions trop directives pour laisser le spectateur juger par lui-même, la liberté esthétique... Mais là, j'accepte finalement d'intervenir (à la radio, sur France Inter) et sanctionne comme les autres : trop c'est trop et il faut vraiment décoder ce joli Paris insouciant. Tous les photographes ne furent pas Zucca, n'en déplaisent aux héritiers. Heureusement.

Twitter Facebook MySpace Digg


04 : 05 : 08

Hitler a tué les Führer

Tout se brouille. S'asseoir sur le Néant et apercevoir un obélisque à Martinvaast dans le Cotentin. Je lis Peillet par Gayot, le seul livre intéressant en ce moment. La décoction, le paysage modifie la perception. Pour Peillet (ou Drieu la Rochelle ou Malraux), il existe une vraie crise d'Idéal, dernier jours ou premiers jours. Sa quête signifie son absurdité : Dieu est mort, et le sacré nous hante. Hitler a tué tous les Führer. Il nous reste la pantomime. Le Vide succède à tant de Pleins. Et nous devons néanmoins reprendre la route. Avec des éclaireurs. Pas des maîtres à penser. Des cactus. Sans Foi. Mais avec des repères.

Twitter Facebook MySpace Digg


15 : 04 : 08

Egypte, klaxons, tombes

Ce pays possède de beaux esprits. Des femmes brillantes parlent à l'université ou fouillent, jaugent les médias et les réserves du Musée du Caire. J'ai marché, rencontré, pénétré une tombe de Sakarah avec Athor majestueuse protégeant un ambassadeur de Pharaon, erré dans les studios Masr avec une directrice passionnée, entre stucs et numérique, vu la baie bleue d'Alexandrie à faire oublier les déchets. Le savoir est là, encore respecté, l'énergie aussi. Il faut aider à l'excellence ce palmier d'eau sur désert, pour que la fertilité triomphe.

Twitter Facebook MySpace Digg


29 : 03 : 08

Ici et partout

La zapping devient permanent. J'ai raté une rencontre jeudi avec Patti Smith pour rejoindre Kenneth White à Trebeurden, avec un soleil d'eau. Tout avance. Mais il faut aussi recevoir des claques comme à 18 ans par des personnes certes sans importance mais qui importent encore pour bloquer le quotidien. Personne ne peut imaginer ce poids du vide. Désespoir et révolte. Qui n'avance pas recule. J'avance encore, balaie le panurgisme à travers des petites tempêtes matinales. Qui comprend ? Il faut se blinder contre la bêtise de beaucoup, la non-lucidité, les tartes épanouies. Il faut payer d'être non markété, atypique, pas formaté, difficile à saisir. Et refuser de péter en public ou d'apitoyer. Rien. De la dignité. Je ne changerai rien. La résistance. Guérilla de la marge, du regard de travers, du monstre. Je filme alors les écarts de pensée. A moins de 40 ans, on se fout de 68 et on entre naturellement dans ces bas-côtés variés, ces tapas recherchés.

Twitter Facebook MySpace Digg


16 : 03 : 08

codex ou cale-buffet

Tout se mêle en moi. Je reviens d'un reportage vidéo à Gaillac. L'exposition fine et pointue est conçue à partir d'un livre du Marquis de Camarasa La Brouette (développant ses "causeries brouettiques" en 1925). Voilà de l'écologie culturelle, de la défense de la diversité. Ce sont ces "fous" littéraires et artistiques (disons-le, je dirige par ailleurs le comité scientifique de l'Institut sur ces personnages) qui me réconcilient avec le livre.

En tout cas pas le Salon du livre, vômissoire de vieux ringards et de jeunes écervelées qui pondent du papier en liasse. Il faut, au détour d'un stand, le canonique et délicieux Egyptien Albert Cossery, seul d'ailleurs comme je vis jadis le pauvre Pierre Desproges au Grand Palais, pour gommer en partie les queues des Nicoletta et des Pancol markettées. Ou le coin manga, assez sympathique avec des passionnés dédicaçant à l'encre de Chine, bras tatoués.

Comment cette parodie culturelle continue-t-elle ? Le déversement de l'égo à la petite semaine noie les 10% de travaux ambitieux, présentés soit par de petits éditeurs qui ferment, soit par de grands éditeurs dont cela devient le luxe. Quel devenir ? Cale-pied de buffet. Point de postérité. Voilà ce que nous deviendrons tous. Les grands discours --réactionnaires au sens propre, nostalgie d'un temps perdu-- sur la sacralité du livre sont balayés dans les faits. Le système se suicide lui-même par multiplication irraisonnée, qui, en plus, n'a même pas le mérite de permettre à des oeuvres ardues d'exister. Le n'importe quoi de la banalité de base balaie une édition française nulle à l'exportation. Le constat devient aigre.

Ne la sauvons surtout pas. Il faudra renaître du marasme.

 

 

Twitter Facebook MySpace Digg


24 : 02 : 08

traces visuelles

Ouf. Silence long sur ce site mais quel boulot... Fini aujourd'hui une histoire mondiale du visuel et toutes les images numérisées. Dantesque, un testament. Il faut regarder ailleurs maintenant. Respirer. Plus de tête. Hier, 19 heures d'écriture d'affilée, les scans aujourdhui.

Regarder ailleurs.

Twitter Facebook MySpace Digg


19 : 12 : 07

Photogénie victimaire

Désormais, la mort accompagne chacun de mes pas.

Je suis assourdi et griffé aux yeux par l'exposition victimaire. Photogénie des otages. S'intéresse-t-on à ceux qui ne sont pas beaux, n'ont pas un nom français, ne présentent aucun enfant charmant ? Après la libération espérée de cette dame, tout le monde crèvera dans les forêts.

Voilà ce que j'appelle une question "spouic". Elle est sans solution, car personne ne veut de mal à cette Bettencourt, sinistrement capturée (en tout cas pas moi). Mais le tri people de la souffrance est ignoble.

Twitter Facebook MySpace Digg


17 : 12 : 07

Chronique du monde souterrain

Des oiseaux de passage s'ébouriffent dans la lumière pour paraître. Nous, les rats de cave, achetons leurs miettes. Certains tentent des échappées sous les projecteurs. Mais les volatiles se reproduisent entre eux.

Ecoutons leurs cris, leurs cris sans cesse, pour exister, dans la pénombre.

Twitter Facebook MySpace Digg


15 : 12 : 07

Randonnée sur la planète Kenneth White

Hier, par temps de givre où les vaches se cachaient dans la brume, j'ai rendu visite à Kenneth et Marie-Claude White. Voilà des éclaireurs subtils de la géopoétique, ouvreurs de consciences dont nous avons besoin. A l'heure de l'écologie triomphante, ces pionniers font preuve d'indépendance d'esprit, de refus des sectes et des idéologies. Cela réjouit.

Je crois que la bêtise humaine et l'emballement quotidien, les vociférations sans intérêt (une visite d'un Kadhafi, dictateur parmi d'autres), ne se digèrent que par ces rencontres qui font prendre le large. Oui, j'ai aimé marcher sur la planète Kenneth White. Allez donc vous y promener.

Twitter Facebook MySpace Digg


12 : 12 : 07

En remontant le Maroni, de la terre au ciel

Drogué par le moteur de la pirogue, passant les "sauts", c'est une forme de voyage initiatique qui ouvre ces notes en textes et images. Je travaille sur la notion d'"écologie culturelle" et cherche à nourrir un livre de paroles et regards croisés.

Comme tous mes livres, il est tapé à un doigt, mais avec deux yeux. Remontez donc un peu l'eau en attendant.

Twitter Facebook MySpace Digg


1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24