03 : 01 : 15

SE REVEILLER




PAS DE DEFAITISME ET DE VISIONS PASSEISTES RABOUGRIES !...

REVEILLONS-NOUS LOCALEMENT ET GLOBALEMENT !



LES 17-18-19 JUILLET 2015
PROMENONS-NOUS AU PAYS D’ARGENTAT SUR DORDOGNE !


HERBORISONS DES PLANTES, DES PLAISIRS, DES
RENCONTRES ET DES IDÉES !


ALLEZ VOIR LE PROGRAMME SUR : www.histoiresdepassages.com

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25 : 11 : 14

UNIK : 45 years of paintings, sculptures, videos

This book is the result of a work during one year by a complete team: all pictures in colour, 182 pages. It was very difficult to find everything and some have disapeared, are lost or destroyed.

This book shows all the paintings and sculptures (and videos) made by Laurent Gervereau/Mister Local-Global during 45 years (1969-2014). A crucial work about the world of images.

HAVE A LOOK FREE OR BUY THE PAPER BOOK (sent to your address): www.gervereau.com  / arts plastiques, diffusion d'images, shopping et PPLG 

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Ce livre est le résultat du travail pendant une année de toute une équipe. Il a été très difficile de répertorier toutes les oeuvres retrouvées. Certaines ont disparu, sont perdues ou détruites.

Ce livre montre ainsi toutes les oeuvres picturales uniques retrouvées de Laurent Gervereau/Mister Local-Global durant 45 ans (1969-2014). Un travail considérable sur le monde des images :

"Depuis les premiers balbutiements brouillons, tous ces restes posent la question : comment et pourquoi, à l’ère de la multiplication industrielle des images, continuer à donner des bribes d’interprétations visuelles de notre univers ubique ?"

ALLEZ JETER UN OEIL GRATUITEMENT OU ACHETER EN LIGNE LA VERSION PAPIER DU LIVRE (qui sera livré à votre adresse) : www.gervereau.com  / arts plastiques, diffusion d'images, shopping et PPLG 

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02 : 11 : 14

Hong Kong Stories / moustique

A new ALTERACTU LOCAL-GLOBAL: umbrella / mosquito.

Video Dailymotion:  http://www.dailymotion.com/video/x296d42_alteractu-localglobal-hong-kong-stories-moustique_creation

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09 : 10 : 14

La France bipolaire

Je reviens d'un congrès international au Kosovo. Et j'ai pu constater deux choses frappantes, moi qui ai sillonné tous les continents depuis de nombreuses années. La France est discréditée, moquée, ridiculisée comme un pays ringard et prétentieux. Cela a commencé il y a longtemps du côté des anglo-saxons, mais là le consensus mondial est total. Discrédit des dirigeants et des opposants, discrédit du fonctionnement même du pays. Non seulement elle ne fait plus modèle mais fait rire de façon pitoyable : coq déplumé qui se hausse du col.

Le second phénomène clair réside dans l'aspect linguistique. L'anglais est la langue mondiale, point. La langue des affaires et la langue des idées. Tout ce qui n'est pas en anglais n'existe pas, c'est le plus petit dénominateur commun. Donc, soit nos élèves et nos dirigeants bossent l'anglais dès le plus jeune âge, soit ils sont totalement marginalisés. Il est temps que les ministères de la Culture et de l'Education débloquent massivement des fonds de traduction pour faire connaître nos créations et nos recherches ailleurs, sinon nous mourrons comme une petite province charmante muséographiée dans le mauvais sens du terme : l'Andorre de la planète. Nos amis québécois ont entamé une utile résistance linguistique --celle qui est indispensable partout pour vivifier la diversité des cultures-- mais chez les Inuit du Nunavik ou à Montréal le bilinguisme est un fait, c'est même un fait pour continuer à faire exister sur la scène nord-américaine et mondiale les acteurs francophones.

Arrêtons nos stupidités grandiloquentes, nos académies pour placer (à quelques minimes exceptions...) les plus ringards de nos penseurs et créateurs alors que les populations écrivent n'importe comment et que le décrochage culturel est considérable (même chez les dirigeants). Arrêtons de nous goberger de langue de bois sur notre éducation ou notre système de santé ou nos administrations, qui sont largement inefficaces malgré le courage de beaucoup d'agents (il y en a tant, à la base, qui "tiennent la boutique", font de leur mieux, mal payés et sans possibilité d'évoluer dans un système de castes). Cessons donc la nécrose étatique de ces "corps" générant des têtes au moule et nombre de crétins ineptes mais inamovibles : la haute fonction publique coûte très cher en emplois fictifs. Cessons d'aller voir les autres pays en voulant leur donner des leçons alors que nous avons des réformes profondes à entamer, à commencer par refonder une démocratie exsangue : peu de Français votent, sans choix, sans options, pour des candidats qui leur mentent et qui tournent en boucle jusqu'à la mort dans une petite oligarchie. Ce n'est pas juste que l'ascenseur social est mort, c'est que la France --qui clame partout sa devise et les vertus de la République--, n'est plus démocratique, tout simplement.

Voilà pour la leçon de modestie et les chantiers à lancer : encourager les initiatives des entreprises innovantes (notamment dans tout l'immense chantier de la durabilité) et du tissu associatif considérable de l'économie du lien et de la solidarité ; ne pas faire forcément moins d'Etat mais mieux d'Etat, dégraisser par le haut les superstructures, simplifier les mille-feuilles territoriaux (ce qui commence peut-être), clarifier la constitution --par exemple, un Président pour 7 ans non renouvelable, une assemblée nationale à la proportionnelle intégrale nationale et un Sénat au suffrage direct des territoires, avec des régions fortes, une intercommunalité, des référendums locaux et nationaux sur des questions d'intérêts communs n'impliquant aucune démission des dirigeants en cas d'échec (nous avons bien eu aussi la cohabitation pour des revers électoraux). Cet Etat décentralisé doit aussi assurer des fonctions de base qui le fasse reconnaître par tous. D'abord la justice, l'équité (notamment fiscale), la garantie d'une sécurité santé égale pour tous mais sans gabegies, une éducation à tout âge adaptées à nos changements de civilisation, la défense de nos savants et créateurs dans le monde comme de notre patrimoine qui fait image, faire passer le local à l'Européen et au global dans un esprit de rééquilibrages et de réseaux territoriaux.

A côté de ces chantiers primordiaux devant nous secouer et relancer l'espoir, notamment pour la jeunesse (prête évidemment à se mobiliser pour la justice, l'écologie, la défense de l'innovation et des savoirs locaux), en évitant un décrochage total, il faut raison garder. Pourquoi donc la France est-elle aussi bipolaire ? A cause de sa marginalisation mondiale ?

Autant les gonflages de poitrines avec cocoricos sont idiots, autant la morbidité et la dépression ambiantes sont terrifiantes et vraiment pénalisantes. Lançons un mouvement d'espoir (HOPE !). Ce pays n'est pas foutu : il gaspille ses chances et ne sait pas utiliser ses composantes les plus brillantes. L'intelligence, en France, doit toujours passer par les marges avant de s'imposer au centre.

La cécité est grande en effet alors que l'hexagone reste, par exemple, encore une destination touristique majeure avec une diversité de paysages et de cultures locales unique sur un si petit territoire. Oui, la France est un monde, enrichi par tous ses apports migratoires constituant des liens naturels vers tous les continents à l'heure de la circulation mondiale des images et des produits. Obama va à Hollywood pour affirmer que le cinéma est le fer de lance de l'économie américaine (et depuis longtemps de l'American Way of Life). Et nous, nous ne savons pas assez utiliser notre patrimoine avec ses richesses locales, nos créateurs, nos savants. Nous ne faisons pas totem, signal.

Il faut vite organiser des plate-formes vidéos régionales et sélectionner en anglais ce qui est envoyé dans le monde. Il faut encourager les initiatives. Il faut supprimer la télévision de "service public" qui copie le privé ou lui donner des missions différentes, arrêter le news market, la culture incessant du crime, des faits divers, des catastrophes. Parler de nos mutations et de nos atouts locaux. Tout peut repartir du local.

La dépression généralisée a pourtant gagné les Françaises et les Français, aidée par des dirigeants incapables de parler du futur. Stop. Les enjeux véritables : dire l'aspect crucial et positif pour chacune et chacun des transformations pour un environnement réhabilité, et d'abord pour les plus modestes (air et eaux pollués, malbouffe, pesticides...) ; dire le big bang économique et en terme de communication --comme d'éducation-- du numérique et d'Internet... Droite comme gauche, parlons donc futur au lieu de ratiociner des débats éculés avec des réactionnaires rances et inopérants.

Oui, dans ce cadre rétrofuturo (traditions choisies et innovations), nous pouvons affirmer l'importance du vivre-ensemble local de tous les territoires, ainsi d'ailleurs que le lien linguistique et culturel à développer au sein de la francophonie : la France est un monde, la France est ouverte au monde (voir France-Monde sur facebook). Bref, des atouts et des énergies, il y en a, ne les laissons pas filer ou ne les écoeurons pas, mais encourageons, donnons des perspectives.

Sortir d'une attitude bipolaire, c'est tout remettre à plat, cesser l'hypocondrie d'un côté ou de faire les vieux beaux de l'autre. Un peu de mesure, un peu de langage de vérité et moins de défense égoïste des petits avantages mal acquis de toutes les corporations. Mais pour un allant, une société juste, durable, des savoirs.

Bon, ça me remonte comme une pendule décidément de sortir du territoire... Arrêtons de nous mentir. Une action concrète car jamais je n'arriverai à me résoudre à pareil gâchis, moi qui ai choisi de continuer à vivre en France : je prépare un petit ouvrage théorique en 4 langues (anglais, français, arabe, chinois). Il sera diffusé à la fin de l'année si tout se passe bien.





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01 : 10 : 14

Hong Kong Stories

Comment ne pas penser à nos ami(e)s de Hong Kong ? A cette effervescence sur ce petit territoire à chaleur humide où l'on s'active, pas seulement pour commercer mais aussi pour penser ? Voilà un vrai trésor de cultures hybrides à préserver. Quand la France voit une conjugaison d'égoïsmes se déchaîner à causes de mensonges grandissants, d'absences de perspectives et de refus de clarifications (justice fiscale, renouvellement du personnel politique et de sa constitution sociale, refondation des processus démocratiques quand une minorité des habitants décident de tout sans aucun choix du peuple...), la sage et massive position des jeunes de Hong Kong fait l'admiration de la planète.

En image, voilà une action artistique réalisée sur place avec un des 47 Moving Signs de ce site (cliquez sur le petit dessin qui clignote). Elle consistait à exposer dans un centre commercial du centre-ville de HK le signe "economy is a belief". La chose a du sens, précisément à cet endroit-là.

Mais ne désespérons pas de l'hexagone. Il y aura forcément un réveil. Tant de jeunes comme tant de grands-parents n'attendent que cela ("conjugaison des générations"). Le kidnapping de la pensée française par les néo-réactionnaires est une absurdité. Allons de l'avant. Soutenez France-Monde sur facebook. Continuons à inventer à la base et parlons à la planète. Ne gâchons pas les énergies. Merci Hong Kong !


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04 : 09 : 14

VU DE LA MARONNE

Je rentre d'un été de création dans l'atelier avec vue sur la Maronne. Ca bouge dans le Sud-Corrèze et de façon sympathique. Réservez les 17-18-19 juillet 2015 pour les Rencontres "Histoires de passages..." à Argentat-sur-Dordogne et alentour (magnifique...).

Sinon, nous sommes vraiment sur une planète où la question centrale est devenue celle de la définition du travail et de son organisation. Tout est déséquilibré et ne fait plus sens : la surproduction pour des consommations addictives et l'obsolesence des produits multipliant déchets et pollutions bien sûr. Mais aussi le rapport des salaires et du travail avec des distorsions énormes et la rémunération infiniment supérieure du capital, la nature même de ce qu'on appelle travail par rapport à celle d'utilité sociale, le rapport travail-loisirs vécu comme un enfer et un paradis --ce qui est absurde et nocif--, le couperet de la retraite sans travail à la carte avec modulation des horaires, le big bang nécessaire de l'économie sociale et solidaire comme celui de la proximité et du durable... Les petits boutiquiers qui nous gouvernent à courte vue nous parlent de chiffres au lieu de nous parler des transformations profondes en cours. Il leur faut des tsunamis pour se secouer un peu les méninges. C'est affligeant d'avoir une telle médiocrité de gouvernants et ne peut qu'inciter à s'organiser à la base dans des solidarités primordiales en réseau avec le reste d'une planète liée par des enjeux environnementaux et sociaux communs (voir, par exemple, les initiatives des Colibris ou d'Alternatiba actuellement, correspondant aux idées socioécologistes : www.see-socioecolo.com).

Bon, ça fume et je devrais repartir en Xaintrie peindre et filmer. C'est du travail ? Catalogue raisonné des oeuvres en cours de publication !.... Et bientôt projection du film "Politically InKorect !" au festival Fifigrot à Toulouse (19 septembre, 14h). On vous tient au courant.

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07 : 07 : 14

Eté en images et musiques !

Michel Gondry sourit ! Voilà la dernière livraison de l'émission [decryptcult] (la 11ème...) sur www.decryptimages.net, consacrée à la musique. Outre Gondry --beau et subtil créateur multiformes--, séquences passionnantes avec la Cité de la musique, le Centre national du costume de scène et rien moins que Catherine Le Forestier et Fanchon Daemers venue de Belgique pour des chansons de Raoul Vaneigem, dont une nouvelle inédite ! La vraie richesse, elle est là ! Faites savoir !

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01 : 06 : 14

Cabu : 60 ans de dessins !

Cabu est un dessinateur exceptionnel --comme l'était Jean Giraud/Moebius dans la bande dessinée--, capable d'adapter son style à tous les propos, du croquis sur le vif, du reportage à la caricature. Il s'agit d'ailleurs peut-être du plus grand portraitiste contemporain, ayant un talent unique pour saisir les visages et les expressions en pouvant passer de la description fine des caractères à la déformation la plus violente mais souvent aussi la plus vraie. Bref, c'est un artiste complet, majeur, chroniqueur en images de son temps, ayant porté très haut l'art du dessin (et amoureux des grands anciens de Dürer à Gus Bofa ou Dubout).

Il a heureusement été honoré récemment avec son exposition à la Mairie de Paris (très grand succès) ou de magnifiques albums reflétant vraiment son talent comme Cabu swing.

Voici enfin un hommage en 102 pages couleur pour 28 euros qui fête (depuis 1954) les 60 ans de dessins de l'artiste : Cabu à la ville, Cabu aux champs. Il s'agit d'une sélection de l'exceptionnelle donation de plus de 500 originaux offerts aux collections du Musée du Vivant-AgroParisTech. Ce faisant, nous nous promenons dans les grandes mutations de la planète depuis les années 1950 à travers des situations drôles et la jouissance d'un trait unique.

On t'embrasse Cabu !

Pour se procurer cet album exceptionnel sur 60 ans de dessins, achat en ligne (avec album livré à domicile) sur : http://www.lulu.com/shop/laurent-gervereau-ss-dir/cabu-%C3%A0-la-ville-cabu-aux-champs/paperback/product-21629274.html

 

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07 : 05 : 14

Les déconnectés

Vu de Wallis et Futuna, l’hexagone apparaît beaucoup plus engagé dans un rapport local-global que la France frileuse et déprimée ne l’imagine. Ici, sur ces 3 îles (Wallis, Futuna, Alofi), c’est matériellement le haut débit qui est nécessaire pour des micro-entreprises innovantes collaboratives, autant pour la transformation des activités primaires (agriculture, pêche, élevage) et tertiaires, que pour les activités des nouvelles technologies en réseau régional et planétaire (voir l’exposition : Vagabondages à Wallis, Futuna et Alofi. Parcours d’écologie culturelle). Ces îles aux cultures hybrides ont en effet là autant de chances que la Xaintrie, des quartiers de New York, l’Equateur ou le Burkina Faso.

Pfffff. La pauvreté du débat d’idées hexagonal ressort pourtant par contraste, martèlement créé par une tête d’épingle minoritaire, tandis que beaucoup s’activent ailleurs, déconnectés. Je ne parle pas de l’emprise du fait divers et des news lacrymales pour vendre de l’info, ce serait trop facile. Visons plus intello (parler aujourd’hui d’intelligence, de savoir et de création devient héroïque, quand chacun pleurniche sur son nombril en direct/live…). Prenons l’exemple d’un saint laïc actuel : Edgar Morin. La conjonction des médias traditionnels, très resserrés paradoxalement à l'heure de l'explosion du Net, provoque en effet des focalisations successives mettant en avant des personnages dont il devient commun de faire l'éloge, quand bien même et surtout lorsqu'on n'en sait rien et qu'en plus on n'en a pas lu une ligne. Aujourd'hui, qui se permettrait ainsi de critiquer Edgar Morin en France ? Avec les lignes qui suivent, mon bannissement est donc acté (cela ne changera pas grand-chose au pays des invisibles et, de toute façon, plus personne ne lit les textes de réflexion : il faut hurler ou péter dans des vidéos pour avoir un peu d'écho, c'est l'époque Cyril Hanouna...).

Edgar Morin est effectivement de toutes les conversations et de toutes les citations –précisons : en France, en 2014, et dans certains milieux, et peut-être pas pour longtemps. Lorsqu'il a fallu trouver un grand entretien genre philosophique en fin de campagne électorale de 2012, le journal Le Monde a fait dialoguer bien sûr François Hollande avec Edgar Morin. Le propre, depuis longtemps, de la pensée d'Edgar Morin est d'être une pensée généreuse, sympathique, mais "molle", peu heuristique et peu opérationnelle. Lisez son ouvrage à tendance gouroumachique : La Voie. Vous pouvez être d'accord sur ce qui est dit mais ce n'est ni nouveau ni très opérationnel, comme une compilation de bons sentiments dans l'air du temps. D'ailleurs François Hollande, qui est un pur pragmatique, se fiche complètement de ce que pense Edgar Morin dans la construction de sa politique. Cela dit, Edgar Morin serait un découvreur de nouveaux concepts pour la vie terrestre à venir que cela ne changerait probablement pas grand-chose.

Stéphane Hessel, que j'ai connu dans les années 1990 quand je montais l'exposition sur l'histoire de l'immigration en France  --c'est à dire bien avant que les projecteurs de Frédéric Taddéi ne l'aient brusquement sorti de l'ombre-- n'était pas un théoricien mais un acteur important et déterminé de l'Histoire, au demeurant humainement extrêmement sympathique, avenant, d'une grande élégance d'esprit et d'une grande dignité. Bref, quelqu'un qu'on aime admirer. Combattant de base au nom d'idées, résistant au cours des choses et au sens commun quand cela lui semblait dangereux, il peut être l'emblème d'une exigence à perpétuer pour l'organisation de sa vie quotidienne comme pour les choix théoriques de ses actes. Vu le succès insensé et inespéré de son cri de résistance, il a dû chercher une suite concrète et s'est rapproché ainsi à la fin d'Edgar Morin pour les propositions de sociétés futures.

Tout cela pour dire les défauts du débat d'idées aujourd'hui, l’inadéquation par rapport aux transformations profondes en cours et l'incapacité pour beaucoup à changer de paradigme. Crise des modèles. Nous avons ainsi une offre très décevante en France : une pensée inopérationnelle réactionnaire, du repli ; une pensée tout aussi inopérante de la révolution et des régimes étatiques autoritaires, dont on a constaté les désastres ; entre les deux, le marais majoritaire des gestionnaires sans idées véritables autre que le "pas de vagues, parons au plus pressé", avec un mot d’ordre « l’économie » (c’est fâcheux pour des politiques qui deviennent des techniciens), une idéologie « la croissance » (certes, mais quelle croissance, dans quel but, pour quelle organisation locale et planétaire, quel mode de vie individuel ici et ailleurs ?), et un horizon radieux « le plein emploi » (mais dans quelles entreprises et quelles administrations, avec quelles organisations internes, quel rapport entre travail et actions solidaires à tout âge, quels types de productions et de consommations, quel rapport entre travail et répartition de l’argent, entre économie monétaire et économie de la gratuité… ?).

Dans ce contexte de néant prospectif --cela ne durera pas, je pense, et un grand mouvement local-global pragmatique devrait émerger, mariant les alternatifs comme les collaboratifs, les solidaires et les environnementaux--, ce qui se détache devient toutes ces actions concrètes à la base de personnes qui refusent la privation de démocratie directe et montent des actions solidaires --hors idéologie-- en réseau. Cela peut être aussi bien sûr le fait d'entreprises innovantes. Tout cela forme une "toile" horizontale coupée du niveau supérieur traditionnel mais pouvant converser avec d'autres continents.

Ainsi des "basiques" locaux-globaux amorcent les sociétés de consommateurs-acteurs, de spectateurs-acteurs. Cela fait des années que je plaide pour un retour au local dans des réalités stratifiées. Voilà la seule façon de lutter contre le repli réactionnaire : faire comprendre aux populations qu'elles peuvent marier des traditions choisies --parfaitement légitimes et même indispensables comme ancrage-- avec des transformations voulues (le rétrofuturo). Dans ce sens, refusant la morosité générale et l'immobilisme étatique des notables gestionnaires, ces basiques s'inventent des modes de vie sur le terrain et échangent entre eux. Célébrons et encourageons donc l'ère des basiques. Ils ne préparent pas la révolution car ils n'ont plus rien à faire des substrats, indifférents, ils avancent solidaires entre eux, ce sont les DECONNECTES, connectés horizontalement.

Pensons alors la déconnexion douce.

On pourrait en rester là, car l'écoeurement est total en France avec une berlusconisation de la vie publique doublée du triomphe des administratifs gestionnaires sans idées, interchangeables et occupés avant tout de leur carrière. Le pire est encore la berlusconisation, dont la sphère Sarkozy ou Cahuzac sont les emblèmes.  Elle s'entretient par la judiciarisation de la vie politique qui permet le triomphe des avocats : Fin de l'ère de l'écrit, primat de l'oralité (twitter reste encore dans l'interjection et la petite phrase). Triomphe donc des grandes gueules professionnelles, spécialistes de la colère feinte et du mensonge claironné, pouvant changer d'avis tous les jours au gré de l'opinion. Même gravement en faute, avec opportunisme et culot d'acier, ils ne cessent d'attaquer et de proclamer leur innocence. C'est le règne de la péroraison sans principe (entretenant le news market) et du mensonge-roi : Bernard Tapie fut un guide.

Que faire ? Continuer à écrire, penser, agir éthiquement et refuser ce qui n'est pas acceptable, le coeur réchauffé dans cette société à deux vitesses parce que la générosité occupe encore beaucoup de concitoyennes et de concitoyens. La République des avocats ou des énarques n'est décidément pas une République pour l'ensemble de la population. Le décrochage ne pourra ainsi que s'amplifier, à moins d'un sérieux correctif.

Peut-on cependant se satisfaire de ce pourrissement et se réfugier sur son Aventin ? Qui a le sens profond de l'intérêt public ne le peut pas malgré l'envie de vômir face au cynisme des puissants coagulés en meute et en place depuis 30 ans et plus. A quoi servirait de crier : ça va péter ! Slogan de plus. Et si la cassure apporte un bordel liberticide, est-ce une solution ? Alors, devant l'affligeant spectacle actuel du néant programmatique (ce n'est pas le social-libéralisme qui va mobiliser les foules...) et des "affaires" en litanie, favorisant les conservatismes réactionnaires nationalistes (on va vers ce qu'on connaît), répétons encore une fois quelques convictions fortes.

Disons-le donc à nouveau, les seuls objectifs susceptibles de motiver la jeunesse pour la gauche sont la justice et la durabilité : une gauche socio-écologiste, un Mouvement solidaire (solidaire socialement et solidaire sur les questions environnementales). Une conception spirituelle du monde fini et de la défense de la diversité (biodiversité et culturodiversité).

La droite républicaine, elle, se trouve désormais coincée entre un nationalisme souvent xénophobe et la droitisation libérale du Président de la République : un piège politique susceptible de la faire exploser. Elle devrait en fait se servir de ce que la gauche n'a pas utilisé : le local-global. La droite doit ainsi se localglobaliser dans son discours, c'est-à-dire défendre des traditions choisies et la proximité, tout en inscrivant cela dans l'innovation et les échanges planétaires : je suis d'autant plus d'Argentat que je commerce ou dialogue avec l'Indonésie. Il reste donc à la droite de devenir "tradinov", un Parti de la tradition et de l'innovation. Socioecolo et tradinov, Mouvement solidaire et Parti de la tradition et de l'innovation, avec ces nouveaux concepts idéologiques nous aurions des débats autrement plus intéressants et des perspectives pour l'ensemble de la société --dans une nécessaire conjugaison des générations en évitant l'actuelle fracture générationnelle très délétère.

Faute de quoi, ce localisme mondialisé décroché s'imposera sur le terrain, mais au risque de ruptures violentes et d'affrontements communautaristes et nationalistes dans des sociétés fracturées du chacun pour soi à la recherche de l’autarcie autoritaire. Il est urgent donc de se motiver sur le futur. Il est urgent de repenser les axes politiques, de renouveler l'offre et le personnel politique (notre classe politique est nécrosée). Une déconnexion douce et une reconnexion motivée.

Mister Local-Global

Futuna, le 27 avril 2014

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01 : 02 : 14

BESOIN D'HISTOIRE

Le numéro 6 du vidéomagazine |decryptcult] sur www.decryptimages.net  est consacré au thème d'une actualité brûlante : L'Histoire instrumentalisée?  Il le traite par une réflexion de fond sur le passage du "devoir de mémoire" au "besoin d'histoire", au temps des dangers de fracturation de la société par les querelles de mémoires et l'affrontement des communautés. Il pose des questions essentielles sur une vision prospective de la science historique, stratifiée entre l'histoire locale longue (indispensable pour savoir le passé de là où on vit), l'histoire régionale, nationale, continentale et terrestre. A voir et à écouter absolument dans son ensemble, notamment les entretiens structurants sur ces questions avec Benjamin Stora, Laurent Véray (indispensable au temps des commémorations tous azimuts de la Première Guerre mondiale) ou Pierre Laborie (sur la Deuxième Guerre mondiale, l'anachronisme et la question de l'extermination juive).

Sinon, à titre personnel, je considère pour différentes raisons que la vieillesse débute aujourd'hui samedi 1er février 2014. C'est ma troisième phase de vie, une nouvelle aventure que je commence à bâtir. Plus sereine probablement mais pas moins active, plus intransigeante sûrement par rapport à la cacophonie médiatique et l'imbécillité bureaucratique. Je peux mourir maintenant (même si je ne le désire pas et ferai tout pour continuer à créer) : j'ai laissé des traces dont je suis fier. Mais, ayant subi des injustices notoires que je n'oublierai jamais, ayant semé sans récolter, je demande désormais du respect et de la dignité. Mon retrait des agitations s'accompagnera ainsi d'un refus, dans le temps qui me reste à vivre, des médiocrités ambiantes, dont la société en général pâtit d'ailleurs gravement. De nature généreuse, positive et gentille, je vais apprendre à être désagréable et à bannir les importuns qui vous utilisent sans jamais rien vous apporter. A force d'attendre en gare et de voir passer des trains qui ne s'arrêtent pas, on finit par comprendre que la désaffection est organisée au profit des puissants et qu'il vaut mieux saisir sa valise et s'intéresser à la campagne.

Mes messages artistiques (catalogue raisonné des oeuvres depuis 1969 en ligne sur ce site bientôt ; sortie prochaine du 8e et dernier long-métrage du cycle cinéma-espresso : Spectateur), philosophiques et politiques sont visibles. Alors, mon seul regret n'est pas d'avoir à continuer de batailler avec l'argent et les dettes (j'ai passé ma vie à travailler bénévolement, ce qui m'a permis d'être libre et d'innover), mais de n'avoir pas pu peser davantage sur le cours général des agissements collectifs de mon époque : on parle, on montre dans l'indifférence et l'invisibilité. Rien n'est pourtant perdu sur ce terrain : souvent la périphérie devient le centre. Voilà donc un beau but pour vivre encore, alors que la planète subit une des mutations les plus importantes de son histoire humaine.

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