13 : 07 : 08

malaises : Betancourt show et hystérie monastique

Comment oser parler à contre-courant ? Inaudible face aux bonnes consciences --qui penseront le contraire dans 6 mois. J'ai déjà écrit il y a des semaines, ici même, contre la "photogénie des otages". Le show Betancourt récent écoeure et laisse dubitatif. De même en est-il pour nos pleureurs des droits de l'homme, amoureux de la théocratie des moines et ignorants de la Chine en mouvement d'aujourd'hui. Spécialistes du marketing émotionnel, de la pensée congelée. Abolissons donc la pensée réflexe !

Alerte emballement ! Stop, prenons le temps de réfléchir, de sortir des rabâchages, des fausses évidences. Pas sur la complexité (tout est complexe, même les droits de l'homme) mais la complétude. Nous avançons sans tête. Entendre les arguments divergents.

A feuilleter pourtant de jeunes dessinateurs chinois, on découvre l'incroyable aspiration à s'ouvrir vers l'extérieur. La vitalité créatrice hybride également du "manhua", entre peinture traditionnelle et numérique. La précarité aussi de ce grand pays composite où un Pékinois ne comprend pas un Cantonais, où on détruit aussi vite qu'on bâtit. Le danger planétaire enfin d'une explosion éventuelle, désorganisant l'économie et jetant des millions d'émigrés sur les routes et les mers.

Alors, j'aime les Miaos et veut leur préservation mais souhaite, pour ce faire, une Chine ouverte, parlant d'écologie, corrigeant ses catastrophes naturelles, ou industrielles, ou humaines.

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12 : 07 : 08

Fourier à la plage

L'année dernière, incubant et récupérant d'une naissance, je lisais, atone, "Les milieux libres" à la plage, en emplissant aussi des nuits de coton fébrile sans sommeil. Ce fut prémonitoire. Depuis, je retrouve à travers la manifestation "Utopies et innovations" (2010), dont j'ai accepté le commissariat général sur l'axe Rhin-Rhône, Fourier, Proudhon, et tout un mouvement coopératif visant à "inventer la société". Ce sera une rude tâche, mais passionnante, permettant de croiser des amis beaux esprits en France et en Suisse, réveillant des utopies locales concrètes que le rapport local-global vient nourrir à l'heure des "développements diversifiés". Réinspirer un peu le XXIe siècle en enjambant les échecs sanglants du XXe.

Alors, quand d'autres partent se mettre au vert ou au sable, je relis Proudhon et sa mutuellisation, tout en travaillant au choc des images entre peintures de batailles à Versailles et photographie, et en attendant qu'enfin le site dédié à la documentation et au patrimoine culturel d'AgroParisTech (avec le Musée du Vivant, vision pluridisciplinaire et critique sur l'écologie) s'ouvre. Ouf, mon histoire mondiale des images est partie chez l'imprimeur. En avant pour des utopies concrètes... avant Fourier à la plage.

 

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29 : 06 : 08

Dintrich fabrique des icebergs

Hier, il fit beau, miracle parisien du déréglement climatique. Nous fîmes terrasse et eurent une soirée douce d'intelligence avec Karina et Michel. Voilà de beaux esprits, souriants en glissando de la mort. Elégants. Michel (Dintrich)eut une belle rétrospective à Agen. Ils oeuvrent désormais tous les deux sur les Nouvelles-Hébrides et Michel est invité par les Navajos. Comme le fait Honeybee en Inde qui recueille des savoirs traditionnels, il est temps en effet d'imposer le relatif à la planète, cette imbrication de cultures où l'économie du plus fort n'a raison ni sur les milliers de micro-économies locales ni sur leurs manières de penser. Michel, musicien, artiste, voyageur, subtil, fait de l'écologie culturelle et j'ai trouvé le prétexte à réaliser un reportage sur lui. Voilà qui réconforte face à la bêtise bétonnée au quotidien.

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26 : 06 : 08

tv public ?

Sollicité à la va-vite ce matin par l'AFP (Agence France Presse) sur la suppression de la publicité pour le service public télévisé, j'apporte ici quelques réflexions. Quel étrange impôt que cette "redevance", panier percé à exonérations diverses, fraudé largement, très inégalitaire ? Personne n'en parle. Et pourquoi un service public ? Pour voir quoi ? Et quel publics ? Il doit sortir d'un club fermé pour quelques journalistes et producteurs. En faisant agir des spécialistes divers de la société, il pourra lutter contre la crise de modèles. Dans le même temps, en quoi reflète-t-il la France en mouvement dans le monde ? En quoi de plus, par exemple, la musique télévisée a-t-elle un rapport avec la musique écoutée partout ? Des milliers de micro-télévisions vont bousculer le paysage. Modèles et reflets.

J'en profite pour faire une signe amical à l'Etna d'Othello Vilgard et Raphaël Girault, à l'Usinagaz, revue croisée au Marché des poètes, et à ma fille primée pour un court-métrage projeté au cinéma Le Méliès de Montreuil...

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17 : 06 : 08

L'image Obama (2)

En avant-première pour les visiteurs réguliers de ce site, notamment chinois, égyptiens et américains (merci aussi aux autres, partie 2) :

Le savoir est un enjeu. Une nouvelle mode aux Etats-Unis (et ailleurs) consiste à le stigmatiser comme néfaste. En effet, pour suivre des prescriptions, nul besoin de les questionner, d’enquêter, de comparer. La science (par exemple la théorie de l’évolution) devient ainsi un danger. Parallèlement, nous vivons clairement une crise de modèles : un faux égalitarisme aujourd’hui érige ainsi l’inculture comme objet de fascination. Tout cela ne se produit pas par hasard. Le rapport au savoir conditionne la vision de la société. Indispensable dans un cas pour effectuer des choix évolutifs conscients, il est néfaste dans un autre quand il s’agit de se conformer à des principes intangibles --religieux ou non, car il peut s’agir de multiplier les consommateurs passifs. Obama, à cet égard, incarne clairement l’homme issu d’un milieu hors establishment qui avance grâce à une intelligence brillante. Il réhabilite de fait le savoir et la réflexion, comme d’ailleurs l’art de l’éloquence, le verbe.

De plus --cela est souligné partout-- il est l’exemple même de nos identités imbriquées. Je puis être barcelonaise, juive, socialiste, mais espagnole aussi, passionnée d’échecs, végétarienne et adorant le Japon tout en pratiquant la samba, travaillant dans les assurances... Individus planétaires. Nous évoluons ainsi, suivant les moments (mes identités sont toutes fortes), dans un transculturalisme qui devient une école du goût, de la réflexion, de la fantaisie. Un au-delà du racisme. Un au-delà des culpabilités du XXe siècle (et d’avant). Un monde croisé. Alors, mon rapport physique et mental au monde me construit et construit le monde, parce qu’il bâtit des environnements immédiats différenciés. L’altérité est ma richesse.

Alors, Obama, le métis (descendant de Jefferson Davis et Cherokee et Kenyan d’un père musulman non religieux), ne va pas abolir le racisme. Il ne va pas abattre le capitalisme aveugle, le communautarisme autoritaire, l’intégrisme religieux, le nationalisme agressif. Mais il porte en lui les valeurs d’un monde nouveau. Saura-t-il triompher sans se renier ? Saura-t-il n’être pas qu’une image ? Saura-t-il ouvrir la voie d’une planète autre qui correspond à la vie « ubique » de milliards d’individus ?

Nous, les foules, aimons croire un peu. Un temps

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17 : 06 : 08

L'image Obama (1)

Voilà, déjà en ligne (avant le papier ?), ce texte pour les visiteurs chinois, égyptiens et américains réguliers de ce site (et les autres), merci :

Dans notre monde d’images, nous aspirons constamment aux contes de fées. Rien d’étonnant à ce qu’aujourd’hui Barack Obama ne soit lancé comme un nouveau parfum. Dans la guerre mondiale médiatique, les Etats-Unis avaient perdu leur leadership de l’imaginaire avec un Bush contre-modèle. Obama incarne le passage à un monde nouveau en ayant la jeunesse d’un Kennedy, mais avec l’intellectualisme d’un Kissinger. Trop bien. Il est Africain, tout en étant métis et citoyen des Etats-Unis. Il est croyant, tout en ayant pris ses distances avec son église locale trop radicale. Il a fait Harvard, tout en venant d’une famille modeste qui peut comprendre la précarité. Il incarne ce XXIe siècle que les peuples du monde ne voient pas arriver et pour lequel nous manquons de modèles. Ce n’est pas la Chine, pour l’instant, ni l’Inde, qui peuvent rivaliser en imaginaire dans ce monde multipolaire. Le Brésil ? L’Australie ?

 

Il ne s’agit pas de construire des contes, des histoires à rêver. Il s’agit, à travers elles, de donner des impulsions à l’organisation générale du monde et aux valeurs de la planète. Le capitalisme a probablement chu --malgré les apparences-- après le communisme car il a perdu la bataille morale, qui est désormais un dysfonctionnement économique. Les religions pâtissent de leurs ultras. Le nationalisme devient un attachement local parmi des identités qui sont, pour tout le monde, imbriquées. Obama intervient sur ces terrains et fait image exemplaire sur ces terrains. Chacun alors le regarde comme un sportif proche de l’exploit ou comme un héros de film catastrophe : tiendra-t-il ? Et s’il tient, réalisera-t-il tout ce pour quoi l’affection des foules le porte ? Ne sera-t-il pas un leurre, un « character » mis en exergue ?

 

Le lieu du clivage est dans l’espace social, quand religions ou idéologies cherchent à régir totalement –c'est-à-dire sans contradiction—l’ordre social. Avec les intégrismes montants, la chose est claire. Avec les totalitarismes du XXe siècle voulant une société à l’histoire arrêtée du bonheur absolu, ce le fut aussi (dans le sang), comme d’ailleurs pour toutes les volontés de conquêtes religieuses par la force dans le passé. La morale, c'est-à-dire le choix des règles de relation à l’autre et aux autres, devient alors le terrain d’expérimentations central. Le XXIe siècle ainsi ne sera pas religieux, il sera moral. A cet égard, il est hautement significatif, par exemple, que les critiques concernant le fonctionnement des entreprises, leur finalité, la répartition des richesses de plus en plus inégalitaire et n’ayant rien à voir avec le mérite, jaillissent de tous bords. Cela s’amplifiera : Internet devient le lieu, certes des rumeurs, mais aussi d’une démocratie directe en ligne. C’est bien l’organisation planétaire de l’économie qui est nécessaire mais pour permettre des développements pas seulement durables, mais diversifiés. Veut-on vivre au Mali comme à New York ? Doit-on vivre au Mali comme à New York ?

Soulignons dans ce domaine qu’il est un danger subreptice peu souligné. Il s’avance masqué par les plus louables sentiments : le dogme de la norme, le « bien » pour toutes et tous. C’est lui qui rétablit la censure, c’est lui qui prototype nos comportements. Les meilleurs principes l’épaulent : médecine, actions caritatives, droits de l’homme, écologie. Le dogme de la norme est à nos portes par ces voies-là --même celles du mythe de la durée, de la santé, de la « normalité » mentale et physique. Quand nous parlons d’écologie, par exemple, ou de développement durable, nouvelle sainte notion désormais si floue et galvaudée, il importe que cela reste un objet de discussions, d’expérimentations, de débats, de travaux scientifiques, pas une nouvelle idéologie totalitaire (en parlant d’ailleurs de développements diversifiés). Autre exemple : caritatif et droit-de-l’hommisme ne doivent en aucun cas devenir les voies massives d’une uniformisation néo-colonialiste de la planète, abrasant toutes les cultures en détruisant des éco-systèmes mentaux, des micro-climats économiques. Oui, l’écologie culturelle est aussi importante pour préserver nos diversités et les multiplier en autant de choix possibles, que la défense de la biodiversité de la flore et de la faune. L’univers forme –nous le comprenons désormais-- un tout, un tout de l’unité et de la diversité. Unité du devenir global et diversité des parcours singuliers.   (à suivre)

 

 

 

 

 

 

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06 : 06 : 08

Sur papier ou sur le Net, faire des livres durables

Image : mon collier de la forêt sur almanach du crime.

 

Alors, ce n’est pas parce que cela s’envoie, cela s’électrise, cela s’écrase sur écran, qu’il faut concevoir le Net comme un dico automatisé ou une poubelle à pets éphémères. Il devient un lieu de résistance et de création pour d’autres horizons, d’autres façons de faire. Voilà donc un nouveau livre en ligne Vers une écologie culturelle. Ecrit depuis des mois, il est réclamé alors que je prépare la télévision en ligne ecolibtv et que la Fondation Chirac, par exemple, entame une action de défense des langues autochtones. Ma perspective d'"écologie culturelle" est plus large, car je considère qu'il faut diversifier la diversité, c'est-à-dire à la fois préserver mais aussi évoluer, inventer, faire vivre. Ou quand les Wayanas envahissent le numérique.

 

Nous sommes tous des peuples autochtones. J'en profite pour faire un petit coucou à mon amie Barbara Glowczewski, si active, courageuse et passionnée. Sans tomber dans le mythe du bon sauvage et de la dernière tribu isolée (voir photos récentes en Amazonie) le "droit à l'isolement" constitue probablement le pendant d'une coordination globale. N'uniformisons pas la planète. N'imposons pas des règles et des médecines qui ont montré leur relativité. Ne soyons pas des néo-colonialistes en blouses blanches. Tolérons aussi des formes de retraits dans nos propres sociétés.

Alors, un nouveau livre, dense et à plusieurs voix sur le Net ? Par là, je ne deviens pas pour autant un absolutiste de la toile et crois à la nécessité du papier, pour les médias intermédiaires de contenu et les livres durables. Il faut en effet désormais défendre cette notion de "livres durables", contre l'obsolescence du n'importe quoi. J'aime le papier et commence d'ailleurs une bande dessinée. Mais bousculons la pensée marketée et les bouquins kleenex.  

Tiens, un "vrai" livre. Ami de Michel Lebrun au temps de la littérature policière encore ghettoïsée (années 1970), j’ai « raté » Jean-Patrick Manchette, bien qu’appréciant ses polars. Je me trompais sur son succès en apparence facile. Je le découvre vraiment aujourd’hui en lisant le début de son journal, un traité de vie. Une exigence pour tous. A rebours, quand je me promène sur les écrans télévisés, je songe à cette nouvelle égalité par le bas. Nous sommes noyés dans le rien. Il faut restituer la haine. Manchette dis des conneries (à mon avis), traitant Sunset Boulevard de « soufflé », mais il cherche le rare, l’intense, se met en jeu. Katerine parodie notre robotisation pendant ce temps, acide. Nous allons visiter Carmontelle, l’illusion XVIIIe siècle. Tirons la chasse pour y voir plus clair.

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29 : 05 : 08

Orlan, tout à l'heure

J'ai marché pour revoir Orlan. Jadis déjà, j'allais lui parler à l'école des Beaux-Arts (en 1995 au moment du colloque Où va l'histoire de l'art contemporain ?), alors qu'elle était délaissée dans un coin comme un phénomène bizarre. Je ne suis pourtant pas un fanatique de l'automutilation, ni de la transformation chirurgicale (trop douloureusement subie jadis). Mais je ne me suis déplacé que pour elle, alors que tout le Saint-Germain bruissait de gros replets aveugles et de jeunes greluches plus hautes que hautes. Son travail sur l'hybridation m'intéresse profondément. Je la vois comme un personnage de "transplanet". J'aimerais la faire figurer dans le film Regarder ailleurs. Nous ne nous sommes rien dit. J'irai la visiter.

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29 : 05 : 08

Pas lu, pas vu

Vous le lisez ici et nulle part ailleurs : 

 

 

Les choses se sont totalement inversées. Autrefois, vous écriviez pendant des années, pas à pas, développant éventuellement votre vision du monde et puis, souvent après votre mort, certaines ou certains tentaient éventuellement de mettre cette écriture en correspondance avec des éléments biographiques. De nos jours, la « bio » devient l’objet même du livre. Chacun découvre ses plaies ou statue sur les « media-people », énervés cathodiques qui pissent sur les tables et hurlent comme des chiens à la radio.

 

Aujourd’hui, des personnes connues pour des raisons diverses font des bouquins-alibis (souvent écrits par d’autres) ou des personnes inconnues sont vendues à cause d’un épisode biographique particulier. Freaks. La campagne marketing est organisée autour d’une « révélation ». Chaque livre devient un dossier de presse, un slogan pour bandeau. Une phrase fait article, un article fait ouvrage, un ouvrage fait œuvre.

 

La jactance codée militante nous gonflait dans les seventies marxisantes ; aujourd’hui, le degré zéro de l’intime nous afflige et pourrait nous plonger vers Kierkegaard, comme une bouffée d’air frais. Un zeste de dignité. Une haine ancrée du médiocre.

 

Le savoir devient en effet signe d’ennui, quand la crétinerie notoire amuse et rassure. La démocratisation n’est pas à l’œuvre --qui serait une possibilité générale de connaissance--, mais s’opère un décrochage intéressé dans la bêtise et la médiocrité. Elles rassurent tout le monde en confortant la consommation passive. Alors, l’interview perpétuelle multiplie les livres café du commerce, les confessions de fin de repas, la reality-loghorrée. Le rien de l’intime réduit à son paquet de poils remplace le quotidien universel.

 

Parallèlement, la vague sociologisante commente le commentaire avec nos psys. Elle érige l’air du temps en phénomène, ramasse quelques poncifs et les mêle avec les épices du paradoxal pour un brouet philosophique du ras du bitume. Le titre et la couverture résument tout. Les auteurs se font les perroquets d’eux-mêmes, répétant leur accroche clipée. Pensée gimmick, réflexion-riff. Oubliée dès le lendemain.

 

Chacun peut désormais parler partout. Les vidéos vont envahir le Net. Les blogs se déversent par millions. Il importe alors de défendre l’acte d’écriture, la confection du livre (sur papier ou en ligne) comme un rendez-vous grave qui engage, entre ratés et fulgurances. Baudelaire écrivait : « Le Sage ne rit qu’en tremblant ». Ne soyons pas sages, mais écrivons avec crainte. Et ne prenons plus les torchons pour des serviettes, car il n’y aura plus que des torchons.

 

 

Au bouquin cale-buffet, au codex pour 10 jours, songeons à ce qui nous bouleverse, nous apprend, demeure et parle au futur. Pas pour une perfection qui n’est nullement notre objet, mais pour continuer à tisser ce lien qui nous unit à quelques-uns de nos aînés et parlera peut-être à certains de nos enfants.

 

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21 : 05 : 08

Diversifier la diversité

Hong Kong. Jadis (en 1999), je m'élevais dans un rapport écrit contre l'"exception culturelle" (vision frileuse, protectrice) pour promouvoir la notion de "diversité culturelle". Aujourd'hui, où cette notion s'est banalisée, méfions-nous. Certes l'écologie culturelle incite à préserver des populations aux modes de pensée différents et à ne pas tout abraser avec les modes de vie globalisés dans la bonne conscience droit-de-l'hommiste. Mais il ne faut pas tomber dans des conservatoires figés concurrents, nouveaux cadenas pour les consciences. Affirmons donc la liberté de choix individuelle et d'évolution. Diversifier la diversité consiste à éviter de fabriquer des ghettos, hormis certaines zones de territoires où des populations (en Asie, en Amazonie, en Europe ?) souhaitent éviter les relations avec le reste du monde. Le droit à la diversité a en effet probablement son équilibre dans un droit à l'isolement (comme pour les communautés monastiques). Voilà une philosophie de la relativité en action.

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