18 : 12 : 08

Salon des Indépendants 2008

Le Grand Palais a un petit air rétro. Le Salon des Indépendants vient d'y rouvrir. Souvenez-vous, vous passiez en revue des centaines de croûtes, à n'y plus pouvoir repérer un Vermeer, même pour l'oeil le plus exercé. Pataphysique en diable : du n'importe quoi, le confusionisme abouti. Eh bien, c'est pareil aujourd'hui, en version projections, pour faire mode et beaucoup plus cher. Notre nouvel artiste officiel n'est plus Yves Brayer mais Alain Fleischer, créateur d'Etat subventionné à vie, comme certains théâtreux.

Je propose le retour de Staline pour parfaire le décor.

Furieusement Fifties !

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17 : 12 : 08

Economie-croyance et drôle-de-paix

Je reviens (-17) du Canada et rapporte l'urne funéraire de René Dumont, avec des archives précieuses. Ce retour des cendres (sans cendres, déjà dispersées) fut, au matin glauque à Roissy, assez différent de celui réservé à Napoléon. L'époque est à la panique. Et pourtant.

Chaque jour apporte des chiffres irréels, tandis que les uns et les autres courbent la tête en attendant que la mitraille redescende, fauche les masses. Drôle de paix. L'économie est décidément une croyance. Croyance, par psychologie collective, dans un fonctionnement qui n'est qu'un choix convenu. Croyance dans son caractère inéluctable.

Le retour non seulement au local mais à l'individuel montrera que chacun peut peser sur le cours global, comme pour l'information. La confiscation par quelques-uns du destin de milliards d'individus n'est qu'une acceptation par ces milliards d'individus de ce diktat. Cela dessine une organisation qui refuse certes l'accumulation injuste et inefficace de l'argent (sans aucun sens et menant de plus à des périls écologiques), mais aussi le retour des vieilles conceptions étatiques et bureaucratiques. Nous n'en sortirons pas par plus d'Etat, mais par plus d'initiatives locales fédérées.

A chacun de reprendre en mains son destin à portée de vue, pour parler au monde. Une ère micro-macro s'ouvre.

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03 : 12 : 08

Nouvel économiste

A la demande générale, l'analyse parue dans Le Nouvel économiste du 30 octobre 2008, ou comment la crise financière pousse à oser publier des pensées différentes :

Pendant des siècles, des croyances successives ont voulu figer l’humanité dans un système clos, arrêté, prosélyte. Pourtant, nos sociétés sont hybrides. Les identités de chacun sont imbriquées. Il importe d’en tirer les conséquences en entrant dans une philosophie de la relativité, c’est-à-dire en concevant un devenir commun à cette planète, mais avec une infinité de modes de vie et de pensées : écologie culturelle. Cela signe le retour du local, des individus en réseau, fédérés, du global-éclaté, du politique au sens du choix de vie, et des savoirs.

 

 

 

La nouvelle organisation planétaire peut résulter de deux mouvements en apparence opposés : des périls obligeant à une gouvernance commune, à un pacte terrien évolutif ; le retour vers le local, les micro-marchés. Voilà bien d’ailleurs la dimension inédite d’Internet : surgissement d’un forum planétaire et mise en évidence de l’hyper-local pour tous. Cela signe la crise des intermédiaires avec une mise en cause des systèmes d’information, incitant non seulement à des échanges équitables mais aussi à des éthiques d’entreprises.

 

 

 

Alors, contre la double erreur d’une vision standardisée de l’économie globale pour toute la planète dans une hyper-consommation suicidaire et celle de la décroissance, il existe une autre vision pragmatique : des croissances diversifiées pour des modes de vie variés. Voulons-nous vivre à Paris, comme à Rambouillet, à Sidney comme à Dakar ? Pour réinventer le futur, la diversité devient un concept à inventer.

 

 

 

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24 : 11 : 08

réalité de la fiction

Nulle part ailleurs dans Paris humide. Au coin de la bibliothèque de l'Arsenal, lumière noire derrière les travaux, et une affichette pour Gaston Leroux. Mais c'est plus loin qu'il faut montrer chandelle blanche pour monter les escaliers d'une messe sombre. Quelques repris de littérature viennent toucher les pièces du mythe. Une fugitive exposition Lautréamont. Tout doit disparaître à minuit comme Cendrillon. Les Lefrère reçoivent. Jean-Jacques a réussit l'exploit de concevoir un album illustré (chez Flammarion) sur l'auteur le plus fugitif, caché, de la littérature : Isidore Ducasse. Sous le signe de Leroux. Trace après trace.

L'envers de notre temps : des petits signaux pour une oeuvre totale. Au temps des biographies surexposées pour des pensées minimales, voilà un joli guide. Nous, très particuliers, recommençons à penser général. Occupons-nous des affaires du monde. 

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19 : 11 : 08

la confusion des sentiments

Tout s'entrechoque. Pire que Castaneda en vol plané mycologique. Pellaert, encore un disparu anonyme. Discret, modeste, gentil (très gros défaut en France), pour un art du kitsch, de l'excès. Je le mettais en valeur dans Les Sixties en 1996. Il était surpris. Forest aussi : des originaux de leurs dessins dans un musée... Des couvertures de leurs albums en images génériques à admirer, avec Losfeld : Pravda, Barbarella, Jodelle.

D'une façon générale, il doit exister un masochisme inavoué à rester en France. Ce pays humilie, rabaisse, occulte systématiquement ses individualités brillantes, par conservatisme mandarinal ancré, esprit cire-bottes/pas de vagues, poigne de fer de petits potentats médiocres. Seuls le gâtisme ou la mort permettent de transfigurer le végétal désespéré en héros posthume. Certes, trop d'honneurs pourrit, mais trop d'ingratitude systématique use. Pays d'esprits sénescents.

Sinon, pour parler de plus intéressant que cet aveuglement général, le bonheur de découvrir Aline Kominsky Crumb, qui n'est pas juste Madame Crumb. Son livre Need more love. A Graphic Memoir est épatant, comme disait Renoir dans La Règle du jeu, mêlant textes, dessins, photos. Trouvable chez BD Spirit (69 rue Labat, 75018 Paris). Faut connaitre. C'est fait.

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16 : 11 : 08

Caradec passe

En 1956, je naissais et François Caradec publiait une biographie du père de la bande dessinée française : Christophe, préfacée par Raymond Queneau. Comme Noël Arnaud, son ami, François Caradec a toujours eu un goût sûr. C'était quelqu'un, au parcours sans compromission, l'exact envers des pipoles d'aujourd'hui. La télévision l'aura totalement oublié, alors qu'il aurait pu nous conduire musarder chez tant de personnages atypiques. Voilà vraiment le signe de l'échec patent de ce medium. Heureusement, la radio avait un peu ouvert ses micros.

Homme complet, Caradec n'est nullement un génie ombrageux ni un savant obsessionnel. Il est et restera pour ses proches celui qui a su choisir à toutes époques, dans une droite ligne à côté des chemins convenus. Pour moi, et pour longtemps, celui qui vint à la maison avec la merveilleuse Caroline et les Lefrère, pour se réchauffer autour d'un vieux whisky sur la butte, après avoir traversé tout Paris depuis Montsouris. Celui qui déboulait au Musée d'histoire contemporaine, enlevé par Noël et sa bouffarde, après quelques agapes et avant d'autres (et des nuits joyeuses). Caradec me parla aussi longuement chez lui des débuts du Collège de 'Pataphysique et de la pissotière en bas de son immeuble, fleurie et pleurée après son enlèvement.

Je ne pisserai plus sans penser à ce Monsieur occulté.

Post scriptum : un immense gag posthume involontaire, et qui en dit long, du journal Libération illustrant la nécrologie de Caradec par une photo de Noël Arnaud, créditée sur le côté du nom du photographe ayant pris le cliché de Caradec (Noël Arnaud). Tous deux auraient hurlé de rire de cette preuve ultime de l'inculture et de la crétinerie ambiantes. Ce ne serait certes pas arrivé à la nécro de Paris Hilton. Tout est dit.

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11 : 11 : 08

Violence, piège absolu

L'envers du décor. Ouarzazate, studios en plein désert. Jean-Christophe Rufin (qui a participé au Dictionnaire mondial des images) a réfléchi au péril humanitaire, à son instrumentalisation politique. La médecine est en effet à l'origine de la déstabilisation d'un continent entier par explosion démographique : l'Afrique. Il faut donc sûrement corriger. Mais sans intégrisme vert (montré avec Le Parfum d'Adam). Nous avons débattu de tout cela sans fard au Musée international de la Croix rouge à Genève, la semaine dernière (ce fut passionnant). Aujourd'hui, dans l'évolution générale, des économies diversifiées, des micro-marchés, des développements adaptés et le droit à l'isolement doivent préserver et varier nos singularités. Sans néo-colonialisme de la pensée ni violence, qui sert toujours les mêmes.

Dans les sociétés européennes aussi, la violence est un piège récurrent. Depuis le XIXe siècle, les anarchistes ont payé très cher leur romantisme de l'action directe. Comme le pensait Debord, le terrorisme sert toutes les répressions. Quand les libertaires sauront-ils oublier Ravachol ou Mesrine, Bonnot ou Baader ? La lutte des idées et la transformation de la vie n'autorisent jamais de prendre les armes de l'adversaire. Pour combattre ton ennemi, ne le copie pas.

Il reste tant à faire, tant à imaginer pour préserver et transformer ce monde par d'autres voies, que la bêtise --s'il ne s'agit pas d'un montage opportun-- de quelques "anarchistes", "ultra-gauchistes", répugne de connerie stratégique patente. Je me souviendrai toujours de ma rencontre avec Nelson Mandela et de l'incroyable révolution pacifique alors en cours dans son pays. Regarder ailleurs.

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06 : 11 : 08

Obama, homme planétaire

Rabat, lever du jour sur les paraboles. Je reviens d'un tournage sur le Moyen Atlas, le Haut Atlas, jusqu'au désert, en régions berbères. Levé à 4h (5h à Paris), je suis la victoire large d'Obama. Large et Obama, deux paris gagnés facilement. J'écris une analyse sur les symboliques de ce nouvel homme planétaire, justement relatif et qui sait qu'il ne pourra pas tout faire mais décide de mobiliser pour réinventer le futur. Intelligent, brillant : enfin un signal contre la bêtise repue des ignares pipoles ?

En tout cas, au temps d'Internet, l'action individuelle bouge le paysage global. Les Chleuhs sont sur panneaux solaires et paraboles, en haut des montagnes, battus par la neige. Obama sourit et a peur. Saura-t-il parer à l'immédiat en tirant vers la novation ?

L'Afrique fut l'humanité, l'humanité repasse par l'Afrique.

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25 : 10 : 08

ERRO/PICSOU

Erro offre à ma compagne sa sérigraphie de Picsou 2002 ("Hara-Kiri de la banque de Tokyo"). Quel à-propos. C'est toujours un immense plaisir de le retrouver pour une soirée. Je l'ai défendu vers 1980 alors que la figuration narrative était au plus bas, ringardisée comme peinture et peinture politique de plus. Erro s'en foutait heureusement et a continué un travail très important sur notre monde visuel. Aujourd'hui, il est sollicité de toute part. Mais fidèle à quelques personnes comme Gunnar Kvaran à Oslo et Danielle, qui vient d'achever chez Hazan un très bel ouvrage biographique. Une de ses oeuvres va faire la couverture de "Quelle est la place des images en histoire ?" (bilan chez Nouveau monde), comme j'avais choisi un tableau de lui pour l'article "art" du Dictionnaire mondial des images. Périodiquement, il faut se replonger en Erro, l'artiste essentiel et ce sacré bonhomme généreux, avec AAA (admiration, amitié, affection).

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04 : 10 : 08

Monde et Bakounine

Suivant ces collisions mentales que je prise fort, le journal Le Monde daté du vendredi 3 octobre 2008 publiait un article sur l'"écologie culturelle" qui résume différentes réflexions théoriques mises en ligne sur ce site, et j'étais en repérages dans les montagnes sur les traces des utopistes du XIXe siècle entre France (Fourier, Proudhon à Besançon) et Suisse (phalanstère du manège à La Chaux-de-Fonds, hôtel de l'Internationale anti-autoritaire à Saint-Imier...). Ainsi, on m'appelait pour parler d'écologie culturelle, alors que je discutais avec un jeune paysan de Sonvillier, en pleine campagne, au sujet de la petite bâtisse derrière la ferme qui fut le refuge de Bakounine en 1871. Je ne pense pas que tout cela soit sans rapport : il faut, encore et toujours, réinventer le monde.

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