19 : 03 : 20

Anesthésie générale et Résistance Culturelle

Une intoxication planétaire est en cours. Cette vague virale foudroyante nait d'un doute généralisé. La claustration s'étend.

Et beaucoup de petites musiques se répandent. Les plus positives sont la mise de contenus et d'échanges en ligne développant de facto des médias intermédiaires dont nous avons besoin. Dans un nouveau système où le virtuel a pris le pas sur le réel, le réel dépend du virtuel et des solidarités du virtuel. De surcroît, tout le monde paraît fragile au même titre.

La mise en valeur concurrente des scientifiques est aussi une manière d'affirmer ce que je dis depuis longtemps : au-delà de la liberté de pensées et de croyances individuelles, les sciences critiques et expérimentales sont le seul dénominateur commun. Au temps des fake news ou des deep news (des faits intangibles affirmés en dehors de toute vérification et même en dépit de toutes les preuves contraires, c'est-à-dire dans un au-delà de la raison), la nécessité d'un référent commun est très pédagogique et indispensable.

Mais un tel arrêt prépare des lendemains difficiles et sûrement contrastés, avec les survivantes et survivants économiques, les gagnantes et gagnants d'un côté, et les désespérés ou les oubliés de l'autre. Parallèlement, se dessine une tendance localo-localiste d'égoïsmes concurrents sources de conflits.

Le retour au local, j'y appelle depuis des années, les circuits courts, les fonctionnements au plus près de la vision directe. Mais un retour au local dans des solidarités globales indispensables, que nécessitent nos urgences environnementales planétaires. Un local-globalisme, un terrisme (une défense collective de notre lieu de vie, de ce globe si singulier et si fascinant) ici et ailleurs.

Voilà ce qui doit nous guider. Et, tandis que les urgences sont là pour sauver d'abord des vies mais également des personnes et des entreprises en faillite, il importe de garder à l'esprit que résistance culturelle et résistance des savoirs sont aussi essentiels. Je pense à tout ce tissu associatif --souvent bénévole avec de petites subventions-- qui oeuvre considérablement au lien social.

Alors, la résistance culturelle s'organise avec des contenus en ligne. Et il faut poursuivre. A Nuage Vert, nous avons commencé une micro-action symbolique en plaçant tous les jours des petites chroniques courtes pour interpeler et notamment valoriser à distance les expos (à Nuage Vert et à la médiathèque Xaintrie Val'Dordogne) "Boris Vian, de la 'Pataphysique à la science-fiction". La SF, on y est en direct. Faisons vivre alors un tout petit peu ces expos fantôme de pièces rares (rubrique "ça bouge / vidéos"). C'est minuscule, c'est poisson-pilote comme tout ce que le musée mobile a réalisé (lancer des initiatives et des idées, souvent sans moyens, mais avec de l'imagination, pour que d'autres s'en emparent et développent). Des magazines, des petites fictions à l'arrache, des MOOC, des cours en ligne, des modules de découverte environnementale ou d'analyse des images, il y a tant à inventer...

Décidément, cet exceptionnel Boris Vian, à l'humour et à la poésie décapantes dans tous les domaines, mort brutalement à 39 ans, trinque encore (il a ramé...), non pas aux cocktails sur des solos de jazz ou de rock, mais à la cigüe médiatique obligatoire (le centenaire annoncé, tout est annulé)... Pauvre Boris ! On ne va pas le lâcher et on continuera à faire des événements quand cela ira mieux (tous nos intervenantes et intervenants veulent absolument venir). 

Et puis, méfions-nous, organisons la Résistance Culturelle (ReCult), car dans notre système du news market, nous vivons des polarisations exclusives et successives. C'est dangereux. Là aussi, la diversité est essentielle : on peut se mobiliser et apprendre ou se divertir. Les savoirs et les cultures au sens large d'expressions culturelles (qui vont aussi vers la gastronomie ou le sport) doivent innerver le corps social comme des valeurs collectives. Puisse cette mobilisation générale apporter une réévaluation de ce qui nous est indispensable à vivre, bien au-delà de l'argent et surtout de son accumulation irraisonnée. 

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15 : 03 : 20

RESISTANCE CULTURELLE

RESISTANCE CULTURELLE, RESISTANCE DES SAVOIRS

Des informations nous parviennent et des directives pour fermer tous les "lieux non indispensables". Le sous-entendu est que les lieux de culture et d'éducation ne sont pas indispensables. La formulation est maladroite mais significative.

Je l'écris depuis des années, nous avançons vers des sociétés de la norme dans un grand hôpital planétaire. Au nom du "Bien", chacune et chacun est pisté et régulé et mis sous anesthésie. C'est très dangereux et liberticide.

Loin de moi l'idée de juger de la matérialité de la pandémie actuelle et d'ailleurs je respecterai les consignes individuellement et pour la vie collective. Mais il faut aussi réagir dans ce cadre et appeler à une Résistance culturelle et une Résistance des savoirs.

Si nous ne pouvons plus accueillir de personnes et faire des événements, utilisons les moyens vidéos à notre disposition, multiplions les propositions en ligne. Certes, ce triomphe du virtuel sur le réel nécessitera de toujours rappeler le côté tangible et irremplaçable de la situation vécue réellement et du caractère unique des objets (dont les livres). Mais c'est le moyen de continuer à diffuser cultures et savoirs, à ne pas se laisser confiner dans le menu hôpital avec quelques pas journaliers sous camisole chimique et visuelle.

Profitons-en pour multiplier les propositions et l'imagination ! Créons ces médias intermédiaires qui manquent tant ! Oui faisons de la Résistance culturelle et de la Résistance des savoirs !

(dessin de Gg, Larmes végétales, coll. Nuage Vert - musée mobile Vallée de la Dordogne)

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25 : 02 : 20

TERRISTES ET ATERRISTES

TERRISTES ET ATERRISTES

Je suis surpris de la confusion mentale à l'oeuvre aujourd'hui partout. Pourtant les enjeux me semblent clairs et décisifs pour longtemps. Alors répétons inlassablement...

Notre échelle est locale-globale partout. Nous devons revenir à la vision directe, au souci de la proximité, mais dans des solidarités planétaires car pollutions, dérèglements climatiques, épidémies, mouvements de populations ignorent les frontières.

Notre réflexion individuelle dans ce cadre ne peut être que singulière-plurielle. Singulière dans des convictions issues de notre histoire propre et de choix que l'on peut souhaiter éclairés, plurielle car nous échappons difficilement à une existence en réseau dans des sociabilités ici et ailleurs ayant des conséquences directes sur notre devenir.

Sur ce plan individuel-collectif, deux points apparaissent discriminants : la question de la défense de la diversité biologique pour une planète évolutive où les humains devraient vivre en harmonie avec leur environnement (un équilibre toujours à repenser) ; celle de la tolérance et de l'intolérance, c'est-à-dire la différence entre des volontés d'uniformisation des fonctionnements et des conceptions du monde d'une part, et la défense de la diversité dans des choix rétro-futuro (traditions choisies et innovations) en acceptant comme base commune la démarche critique et expérimentale des sciences.

Les terristes défendant l'environnement, la diversité de modes de vie et de pensée, le dialogue dans l'acceptation de connaissances toujours en évolution. Les aterristes, dont les actions peuvent prendre de multiples formes, puisque l'utilisation à court terme des ressources environnementales pour le profit financier, les guerres nationalistes (qui sont des guerres civiles terrestres) ou communautaristes, les sociétés du contrôle au nom de la sécurité et de la rationalité sanitaire, les pouvoirs autoritaires sur un dogme arrêté --religieux ou non-- ignorant des faits et des savoirs, alternent et se conjuguent.

Oui, nous ne nous classons probablement pas ainsi pour le moment, mais nous verrons dans les temps à venir que les humains pensent et agissent en réalité suivant pareil clivage ici et partout : terristes ou aterristes.

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24 : 02 : 20

FAIRE IMAGE ?

A la seconde où je vous écris, j'aimerais réaliser une exposition plastique sur le thème : "Faire image ?". Il faut pour cela des moyens et de la place, de manière à ce que l'exposition dans les murs et hors les murs ait un impact et puisse utiliser une sélection de mes productions visuelles.

Dans un temps où chacune et chacun sont devenus des spectateurs-acteurs, l'interrogation parallèle du monde des images et de la manière dont on fait image individuellement, me semble essentielle. J'aimerais avoir les moyens de réaliser visuellement cette interrogation, qu'il faut bien appeler locale-globale.

Cela pourrait itinérer en adaptant l'ensemble en fonction des lieux.

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21 : 12 : 19

TERRISTE OU ATERRISTE ?


QUAND « TERRIST » EST ETOUFFE PAR « TERRORIST »

Devenir terriste, c’est occuper la planète Terre en en défendant l’aspect unique, unique de biodiversité et de culturodiversité. Les humains naissent Terriens. Ils deviennent « terristes » par réflexions et convictions.

Cela paraît simple et a des conséquences que j’expose depuis des années entre philosophie de la relativité et écologie culturelle. Et pourtant. Le mot « terrist » est parasité par un autre : « terrorist », alors que les attitudes terristes sont conceptuellement aux antipodes des actions terroristes.

Il nous faut donc réfléchir à la façon dont le terrorisme a pollué l’ensemble de la pensée contemporaine. Ce phénomène marginal et cruel est devenu primordial dans ce que j’avais caractérisé dans Le Monde au moment des événements de Madrid comme un « média-terrorisme », un terrorisme conçu pour et avec les médias. Depuis les Twin Towers, le choix des cibles et la construction d’une succession d’événements concomitants (le 13 novembre 2015 à Paris) sont là pour kidnapper l’attention des médias mondiaux en boucle 24h sur 24.

Dans la guerre mondiale médiatique, la plus-value spectaculaire de la violence est ainsi décisive. Elle est décisive pour surévaluer de micro-causes. Elle est décisive pour créer un monde du « Mal » qui justifie militarisations et répressions. Après la guerre froide avec l’opposition « communisme-capitalisme », est scénographié ainsi un nouvel affrontement entre les défenseurs de la liberté et les tenants d’une dictature de la violence.

LA VIOLENCE EST UNE ERREUR
La violence est une erreur quelle qu’en soit la cause. Elle est contre-productive. La seule violence compréhensible est celle d’une police planétaire agissant au nom d’un pacte commun de valeurs évolutives acceptées et luttant contre les violences collectives et individuelles.

La grossière erreur des mouvements anarchistes à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle fut cette sorte de romantisme de l’action par le fait qui a déconsidéré les libertaires comme étant des porteurs de bombes et des chantres de l’assassinat.

Et qu’on ne vienne pas brouiller les cartes en donnant des exemples de résistance en temps de guerre : les situations de guerre ne sont pas des situations de paix, quels que soient les enjeux et les tensions. Ce n’est nullement une utopie « bisounours ». C’est un calcul pragmatique sur des valeurs qui ont fait que les situationnistes, par exemple, ont refusé les dérives violentes du terrorisme de gauche italien des années 1970.

LA COURSE A L’AUDIENCE A CRIMINALISE TOUS LES GENRES MEDIATIQUES
Voilà pourquoi il importe de bannir toutes ces attitudes « black blocks » de destructions qui favorisent la répression. Voilà pourquoi il faut arrêter la prise d’otage des médias par quelques crétins hallucinés. J’ai plus de respect pour une agricultrice qui expérimente une autre façon de cultiver que pour un cinglé qui égorge et pose des bombes. Silence médiatique sur le terrorisme. Arrêtons d’en faire des vedettes comme avec cet Anders Behring Breivik. Arrêtons aussi de survaloriser le fait divers qui devient le fait premier. Arrêtons la fascination pour le monstre criminel, pour la violence superlative.

Dans la course à l’audience, le news marketing, comme pour la fiction et le marché des séries, la violence est devenue une prime. Primauté à la terreur. Le gore s’est banalisé. On dissèque du cadavre à tout va.

LE COMBAT POUR LA TOLERANCE ET LA DIVERSITE : TERRIST VERSUS ATERRIST
Etre « terrist » est à l’opposé de cela. J’ai écrit depuis les années 1970 que la vraie lutte bipolaire qui se dessine sera entre les tolérants et les intolérants, entre les défenseuses et défenseurs de la diversité et les prosélytes d’une vision du monde unique et autoritaire. C’est bien de cela dont il s’agit : une pensée terriste ouverte et évolutive, acceptant l'éclairage expérimental des sciences, ou une conception monomaniaque, unique, exclusive, généralement basée sur un hier idéalisé et des vérités intangibles. Pluros contre monos.

TERRISTS VERSUS ATERRISTS. Prométhéens asservissants les autres et la nature contre tenants du partage, de l'échange et de l'évolution dans une conception environnementale globale.

Face aux terristes, les négationnistes de la diversité, dont les terroristes sont l’écume spectaculaire, sont entrés ainsi dans un affrontement vital. Alors oui, désormais, il faut que dans les moteurs de recherche le mot « terrist » arrive avant celui de « terrorist », car il est autrement plus important de penser le présent et le futur de notre planète commune que de s’appesantir sur les égarements calculés et instrumentalisés de quelques-uns.

Caractérisons l'aterrisme pour ce qu'il est : un égarement destructeur. D'aucuns considèreront que ce résumé facile de la pensée entre une cause du "bien" et une cause du "mal", entre le positif et le négatif, est un réflexe puéril. Il l'est en partie car la pensée générale de l'environnement conçoit l'utilité relative de tous les interlocuteurs. Il n'empêche que cette opposition pratique permet de mobiliser de façon simple pour une évolution qui tente d'éviter les écueils dangereux parallèles de l'uniformisation ou de l'éclatement égoïste des communautés, de l'instrumentalisation de la nature et des pollutions massives destructrices.

Face à cela, être « terrist » a le sens de choix éthiques et pratiques au quotidien ici et partout dans une réconciliation entre nature et culture.

Parlons désormais de ce qui importe vraiment !

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11 : 12 : 19

VU (Unité de Valeur Universelle)

UVU

UNITE DE VALEUR UNIVERSELLE

L'UVU (Unité de Valeur Universelle) peut prendre les formes que vous voulez (ce n'est pas l'aspect qui compte mais le principe). Son originalité en effet n'est pas d'être une xième monnaie. Elle est un système de cotation généralisé des actions et produits. C'est ainsi une bourse vivante et informelle. Chacune et chacun évalue ses actes ou ses produits et ceux des autres. Et on échange les infos.

L'UVU est de cette manière une façon de reconsidérer constamment ce qui est d'habitude jugé sans prix ou sans valeur ou ce qui est très cher ou peu cher. L'UVU est un regard neuf porté chaque instant sur nous et la planète !


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25 : 11 : 19

TERRIST CARD

LA CARTE TERRIST EST PRETE !

Voici, après moult échanges, la carte Terrist que chacune et chacun peut imprimer et traduire en diverses langues.

Il reste à s'en inspirer, à tirer les conséquences multiples et variées des principes de cette non-organisation...

DEMANDE DE MODELE VECTORIEL POUR IMPRESSION SUR TOUS FORMATS : terrist.net / contact

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une de mes apparences :


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mes principes :

- je ne suis pas juste humaniste ou naturophile, mais terriste

- j'agis d'abord ici mais en pensant à l'ailleurs

- je veux perpétuer la diversité biologique et culturelle dans l'évolution

- je défends l'approche critique, pluraliste et expérimentale des sciences contre tout dogme établi et les sociétés du contrôle liberticides

- je pense le relatif dans la solidarité globale d'un monde en interactions, avec non-violence et tolérance, au-delà des frontières physiques ou mentales
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j'écris mon signe d'appartenance :


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cette carte d'adhésion volontaire à une non-organisation peut être traduite dans toutes les langues. Humains, animaux, plantes ou autres habitants terrestres s'inscrivent comme terristes dans notre aventure commune si éphémère et si longue !

Plus les crimes guerriers se multiplient stupidement et les crimes écologiques et les génocides culturels et cette concentration exponentielle de l'argent sur une planète où on veut nous faire croire que tout s'achète et se vend, plus les communautés se raidissent sur leurs égoïsmes concurrents, plus l'espèce humaine devient dangereusement proliférante, plus devenir terriste est essentiel. Oui, prenons conscience qu'il n'y a pas d'autre planète Terre ! Partout nous ne sommes rien, mais partout nous sommes aussi le centre du monde !

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29 : 08 : 19

ATLAS ET HUMAINS-BALANCES (HUMBAL)

Une vision diurne...

Désormais, chacune ou chacun d'entre nous devient Atlas : condamné-e à porter, non pas le monde ou la sphère céleste, mais plus simplement le globe terrestre. Nous devenons des humains-Terre, liés plus que jamais à notre planète, dont nous avons collectivement accéléré les évolutions et les périls. Nous portons une responsabilité collective, qui devient de facto individuelle aussi.

Notre figure mythologique serait ainsi Atlas, quand beaucoup nous voient comme des petits savants fous avec la déraison de la raison.

Moi, je nous pense plutôt comme des figures-balances, avec nos bras dépliés, sorte d'oiseaux mazoutés, en roulis perpétuel entre l'ici et l'ailleurs, la folie et la sagesse, la technique et le simple. Proies aimantées par les extrêmes. La philosophie de la relativité trouve là son emblème précaire : les humains dans leur environnement, aventuriers de la vie, ne cessent de balancer, en déséquilibre permanent.

La recherche expérimentale du choix éclairé est notre seule aiguille.

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29 : 08 : 19

ETRE TERRISTE

Nous autres, êtres humains, sommes Terriens, c’est-à-dire habitantes et habitants d’une planète que nous avons nommée Terre suivant une étymologie latine –et d’autres façons dans d’autres civilisations. Nous participons à un environnement global que nous ne subissons pas seulement mais sur lequel –fait récent dans l’histoire—nous agissons. La question du réchauffement climatique provoqué par l’action humaine est sous les feux de l’actualité mais les pollutions de l’air, de l’eau et de la terre ne sont pas moins graves. Par ailleurs, on ne peut nier que notre espèce est proliférante.

Il ne suffit donc plus d’être humaniste ou naturophile mais il importe désormais d’adopter une attitude « terriste » : défendre notre planète en défendant sa biodiversité et sa culturodiversité exceptionnelles –au sens propre d’exception dans l’univers. Aux destructions naturelles se sont pourtant ajoutés les génocides culturels dans une uniformisation consumériste des comportements : tout le monde pareil pour consommer de façon addictive des productions de masse.

Réagir en étant terriste, c’est affirmer un volontarisme : une défense environnementale globale. Et balayons tout de suite au passage la peur d’une proximité du mot « terriste » avec « terroriste » en affirmant que le terrisme est évidemment aux antipodes du terrorisme, des techniques de la « Terreur », et que le souci pacifique de la Terre bannit la violence du terrorisme et sa stupidité contre-productive (Guy Debord avait déjà démontré cela au sujet des Brigades rouges italiennes).

Mais comment agir ?

Le retour au local dans une connexion globale

Le retour au local est essentiel. Dans un temps où l’ubiquité nous occupe par écran interposé, il faut se soucier de la vision directe, autour de nous, avant la vision indirecte. Ce retour au local, aux circuits courts, de décision au plus proche, n’est pas une mise en avant d’un « localisme » qui serait un émiettement général pouvant aboutir à des affrontements d’égoïsmes concurrents. De surcroit, comment vivre ici en ignorant de grandes évolutions planétaires, notamment climatiques, qui passent les frontières et ont des conséquences directes sur la vie ici ?

La dimension nécessaire aujourd’hui est donc clairement locale-globale : s’occuper de son univers directement visible mais avec un souci global. Voilà pourquoi, dans tous les domaines, il importe de sortir d’une pensée pyramidale pour concevoir les choses de façon stratifiée avec des niveaux de décision stratifiés : locaux-régionaux-nationaux-continentaux et terriens.

La pensée nationale est morte. Elle a soudé des projets collectifs passionnants ou criminels. Elle doit faire place à une dimension clairement locale-globale, qui sont les deux dimensions où nous pouvons agir efficacement. Cela se fait déjà au niveau local. En revanche, constatons qu’il manque une dimension globale. Malgré l’ONU ou la Déclaration universelle des droits de l’homme, il n’existe pas un consentement autour d’un Pacte commun évolutif concernant l’ensemble des comportements dans leur environnement et qui induirait une justice et une police planétaires. Les peuples, et notamment les jeunes, poussent, mais il est temps de formaliser. Etre terriste c’est exiger de soi, des autres.

Etre terriste c’est aussi défendre les savoirs, car comment décider de façon lucide sans éléments de connaissance, et comment avoir des éléments de connaissance sans sciences et éducation. L’obscurantisme gagne du terrain partout quand le mot « culture » suscite mépris et haine et quand des religions contestent les faits et les recherches. La guerre des « fake news » a commencé de très longue date car les pré-propagandes ont jalonné l’histoire humaine.

Défendre l’ici et l’ailleurs dans l’évolution

Pour accepter un Pacte commun planétaire, il faut être au clair sur les questions de diversité bioculturelle. L’environnement de notre planète est caractérisé par l’évolution. Cette planète n’a jamais été figée et elle ne le sera jamais. Il faut donc bannir l’idée d’une « nature » (mot inexistant dans de nombreuses langues) à garder dans un bocal. Nature et culture s’interpénètrent. Non, ce qui importe est d’arrêter les destructions et altérations massives du vivant par les actions humaines.

D’autre part, être terriste consiste aussi à défendre la culturodiversité, la diversité de conceptions du monde dans la tolérance pour l’altérité. Voilà le grand danger aujourd’hui qui apparaît de deux façons : l’uniformisation par la norme des comportements ; les idéologies --religieuses ou non-- qui veulent s’imposer partout de façon autoritaire en excluant autrui. Une philosophie de la relativité doit s’imposer pour défendre la tolérance et l’expérimentation.

Partout, c’est bien un tri rétro-futuro qui doit s’opérer : réfléchir à son histoire locale et choisir ce qu’on veut garder et défendre et là où on veut innover. Ce tri s’opère au niveau individuel comme au niveau collectif. C’est là où l’histoire environnementale doit se développer formidablement pour apporter des éléments de connaissance. Elle obligera d’ailleurs à reconsidérer de façon salutaire l’histoire globale sous d’autres critères.

Etre terriste est donc le défi qui nous attend. En 1970, a eu lieu le passage de l’écologie scientifique à une écologie politique qui fut visionnaire mais inefficace car peu écoutée. Aujourd’hui, notre dimension locale-globale doit s’affirmer pour s’atteler à ce qui devrait nous importer prioritairement ici et partout.

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02 : 08 : 19

Vive la "pouésie" !

il faut vivre maintenant en prenant chaque jour comme un bonus. Et s'organiser des moments privilégiés avec...

...un peu de pouésie !


-- mais c'est quoi la pouésie ????

-- c'est de la poésie qui gratte...

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