2025

LES TRACES D'UNE INTERNATIONALE TERRISTE

LES TRACES D'UNE INTERNATIONALE TERRISTE

25:04:2025

Laurent Gervereau / Mister Local-Global a posé symboliquement le 25 avril 2025 (jour de la Fête de la Libération en Italie) à Cosio di Arroscia devant la maison de Piero Simondo et dans le petit bar où fut fondée le 28 juillet 1957 l’Internationale Situationniste :

- Vous pouvez appeler votre planète comme vous voulez, Pachamama ou autre. J’ai choisi la lettre T pour TERRA, la Terre. Quel autre but pouvons-nous avoir que de protéger les conditions évolutives de notre environnement, nous humains qui déréglons notre climat et multiplions les pollutions ? Affirmons donc d’abord notre attachement premier qui conditionne tout : notre NATRIE TERRISTE. A partir de cela, pensons comment vivre dans notre environnement direct et comment les humains doivent se comporter sur la planète. Oui T TIME, un temps pour s’occuper de l’essentiel ici et partout.

- Nous subissons des comportements erratiques de retardeurs criminels qui s’occupent d’intérêts à court terme de pouvoir et d’argent. Qu’en avons-nous à faire ? Arrêtons de subir pour partir des conditions de vie générales et de la diversité des solutions individuelles. Oui T TIME, un temps pour s’occuper de l’essentiel ici et partout.

- Rendons-nous compte que nous nous organisons en pays et en entreprises multinationales. Est-ce cohérent que seul le commerce traverse les frontières et que les nations continuent à s’entretuer ? Il est temps de penser du local au terrestre. Nous vivons de fait de façon stratifiée sans que nos organisations le soient dans un fédéralisme planétaire entre local-régional-national-continental-terrestre. Oui T TIME, un temps pour s’occuper de l’essentiel ici et partout.

- Arrêtons l’assignation identitaire en enfermant chacune et chacun dans des stéréotypes. La vraie richesse des humains est leur diversité individuelle. Nous vivons des identités imbriquées dans des aspirations cumulées par-delà les questions de sexes, de classes sociales, de croyances, de nationalités, de goûts, d’apparences… La guerre des sexes, la guerre des classes, la guerre des croyances, la guerre du fric, la guerre de la « beauté », ne font que des esclaves de ces guerres quand chacune et chacun gagne à la curiosité, l’expérimentation et la solidarité. Être individuel dans son environnement, ce n’est pas être individualiste se servant de son environnement, mais une personne qui comprend les gains multiplicateurs et VITAUX de l’échange. Oui T TIME, un temps pour s’occuper de l’essentiel ici et partout.

- Arrêtons de penser un Progrès qui est l’imposition d’une façon de penser et de se comporter souvent pour des raisons commerciales. L’épanouissement individuel est conditionné par les conditions environnementales (d’où une solidarité planétaire des humains indispensable) et par le lien aux autres dans notre vision directe. Il est temps donc d’arrêter d’imposer un technologisme idéologique pour défendre un tri rétro-futuro évolutif : choisir ce qu’on veut garder ou rétablir et là où on veut innover. Oui T TIME, un temps pour s’occuper de l’essentiel ici et partout.

- Nous ne réparerons pas les erreurs et les crimes de l’Histoire quand nous sommes incapables de nous occuper des guerres impériales actuelles et des autodestructions environnementales. Donc adoptons une vraie philosophie de la relativité dans une conscience historique. Nous avons besoin d’Histoire quand nous nous déchirons sur des guerres de mémoires absolues, excluantes. Les donneurs de leçons rétrospectifs sont insupportables, d’autant que les mêmes construisent les erreurs de maintenant et l’impensé de demain. Regardons nos situations aujourd’hui et leurs conséquences demain. Pensons nos organisations et la relativité de nos situations. Oui T TIME, un temps pour s’occuper de l’essentiel ici et partout.

- Les humains doivent parler un langage commun, celui critique, évolutif et expérimental des sciences. Sinon nous vivons dans les guerres de croyances et d’idéologies ou d’intérêts. Voilà pourquoi les fédérations de scientifiques comme le GIEC sont indispensables. Elles devraient se développer en GIEP pour les pollutions ou s’adjoindre des labels fédérés pour défendre des systèmes éducatifs pluralistes (EDUCRITIC) et des médias voulant apporter des informations diverses (PLURI). Oui T TIME, un temps pour s’occuper de l’essentiel ici et partout.

- Nous sommes passées et passés (pour schématiser) de sociétés migrantes à des sociétés pyramidales. Aujourd’hui, les dystopies à l’œuvre brouillent les modèles avec un technicisme normalisant, le KONTROL de type orwellien censé imposer le BIEN et le PROGRES partout sur la planète alors que les insatisfactions sont partout et qu’en plus des sociétés qui réussissent dans leur écosystème à une forme d’harmonie environnementale et sociale sont détruites dans des crimes écologiques. Ce KONTROL modélisant et normatif abolit aussi très dangereusement la différence entre vie privée et vie publique. L’autre dystopie est celle du KAOS, du sauve-qui-peut des retardeurs criminels qui se foutent des conséquences de leurs actes, qui intègrent les catastrophes en marchant sur les autres : une planète éclatée, des pensées confetti, des solutions à courte vue égoïstes sans se rendre compte que l’ici dépend de l’ailleurs. Oui T TIME, un temps pour s’occuper de l’essentiel ici et partout.

- Après le temps du papier lancé en Europe et Amérique du Nord au milieu du XIXe siècle et qui s’est répandu sur tous les continents, la Première Guerre mondiale a favorisé le temps de la projection (cinéma) puis l’après Deuxième Guerre mondiale le spectacle à domicile : la télévision. Aujourd’hui, nous vivons le temps du cumul avec les sociétés des spectateurs/trices – actrices/teurs. Chacun et chacun réagit plus par ses visions à distances que par sa vision directe, au point qu’une inexistence médiatique est une INEXISTENCE matérielle. L’obsolescence programmée dans la confusion des émissions et des propagandes et publicités détournent des réalités essentielles, celles de nos vies ici et de la situation des humains sur leur planète. Un tri rétro-futuro doit permettre de choisir et des dévirtualisations sélectives : DEVIRT. Oui T TIME, un temps pour s’occuper de l’essentiel ici et partout.

- Comment propager ces idées ? Comment s’organiser ? Faire gagner les principes et les idées est difficile quand on refuse l’enfermement des idéologies, la coercition des organisations de masse, quand on veut permettre la diversité des façons de vivre dans un souci commun de préservation de l’environnement terrestre ? Une Internationale Terriste ? Les médias traditionnels ou les réseaux sociaux fonctionnent de façon très déséquilibrée où ce ne sont pas les idées qui comptent mais la façon de les vendre dans un système où des milliards d’émissions d’infos s’émettent à chaque instant tandis que 10 news circulent massivement jusqu’à être remplacées. NEWS MARKET. Cette vente des nouvelles de plus induit la déformation médiatique où la vente des news oblige à un emballage qui souvent oriente la compréhension vers le scandale, les catastrophes. Il n’est jamais temps de partir de l’essentiel, LES VIES DES HUMAINS SUR TERRA, la planète Terre, pour organiser les agissements humains avec l’aide partagée des connaissances scientifiques comparées. Oui T TIME, un temps pour s’occuper de l’essentiel ici et partout.

- Pour toutes ces raisons, il faut multiplier les médias-relais, les médias intermédiaires pour faire circuler les priorités T TIME, pour faire remonter les informations, pour penser ici, aujourd’hui et ses conséquences sur demain. Les humains, entre KONTROL et KAOS, doivent s’organiser autrement. Il n’y a plus à attendre : rassemblons dans le refus des retardeurs criminels qui polluent tout (même l’espace), détruisent les cultures et les humains. Des économies diversifiées, la recherche de l’éthique et de l’impact environnemental et humain, voilà les grands buts collectifs à venir pour l’intérêt de chacune et chacun. Pas pour l’accumulation d’un argent virtuel qui n’a aucun sens hormis ce qu’il permet : renversons le raisonnement en choisissant les buts évolutifs et tirons-en les conséquences pratiques. De toute façon, nous vivons et vivrons dans la relativité de nos situations, la volonté de nos choix et la nécessité de peser sur les devenirs ici et sur la planète. Oui T TIME, un temps pour s’occuper de l’essentiel ici et partout.

VITE !

Les traces d'une Internationale Terriste

Les traces d'une Internationale Terriste

25:04:2025

Le vendredi 25 avril 2025 (Fête de la Libération en Italie), dans le petit village de montagne Cosio di Arroscia, Laurent Gervereau / Mister Local-Global sur les traces d'une Internationale Terriste : ici dans le bar où le 28 juillet 1957 au matin après des dérives oenologiques de cave en cave Simondo, Debord, Jorn, Berstein, Pinot-Gallizio, Olmo fondèrent l'Internationale Situationniste (et n'oublions pas Elena Verrone, dont le mariage avec Piero Simondo eut lieu juste avant en juin 1957 à Alba, et Ralph Rumney avec Pegeen Guggenheim, Ralph qui prit les 38 photos aujourd'hui célèbres conservées désormais à Columbia University à New York).

Laurent Gervereau / Mister Local-Global :

"J'ai posé pour l'Histoire sur les traces d'une Internationale Terriste dans ce petit village devant la maison de Piero Simondi et aussi à l'intérieur du minuscule bar sur la place de l'église où fut créée l'Internationale Situationniste. Après avoir diffusé mon film T TIME, il est vraiment temps de lutter contre les retardeurs criminels, de se donner des buts terristes ici et pour les humains sur leur planète vitale".

CONTRE LES RETARDEURS CRIMINELS : T TIME
film

CONTRE LES RETARDEURS CRIMINELS : T TIME

03/03/2025

Je ne peux accepter la folie criminelle de certains humains

T TIME. Un film (et 17 vidéos) de Laurent Gervereau / Mister Local-Global réalisé début 2025 pour partir de la priorité des humains, notre espace de vie : « T », TERRA, la Terre, notre planète commune unique. Alors que de différents continents s’agitent des « retardeurs criminels » occupés de guerres matérielles, commerciales, médiatiques, il faut s’occuper de l’essentiel, notre environnement commun, ici et partout. Cela veut dire agir autrement pour notre directement visible, ce qui nous entoure, et peser sur l’objectif central collectif : le devenir de notre biosphère et donc les agissements humains. Un film atypique. Un film pratique. Un film pour se secouer. T TIME !

T TIME. A film (and 17 videos) by Laurent Gervereau / Mister Local-Global produced in early 2025 to start from the priority of humans, our living space: “T”, TERRA, the Earth, our unique common planet. While on different continents there are « criminal delayers » busy with material, commercial and media wars, we must take care of the essential, our common environment, here and everywhere. This means acting differently for what is directly visible, what surrounds us, and weighing on the central collective concern: the future of our biosphere and therefore human actions. An atypical film. A practical film. A film to shake you up. T TIME!

(32 :42 – voir / see : nuage-vert.com / citoyliens.fr)

(image arrêtée jointe : dessin de G. Segard, que je remercie pour ses créations dans les 17 séquences. Et un grand merci à Citoyliens pour le partenariat)
T TIME
Appel terriste

T TIME

jj:mm:aa

J'ai beaucoup de retard et dans le parcours de ce site et dans ces traces, tant j'ai réalisé de choses. Ma notice wikipedia est actualisée au moins sur les publications et bien sûr le site nuage-vert.com

Fin 2024, j'ai tenu à réagir aux nationalismes et au technicismes commerciaux non choisis, destructeurs de nos conditions de vie. J'ai appelé en janvier 2025 à un T TIME, un temps d'initiatives terristes fédérées. C'EST URGENT !Arrêtons de perdre du temps de façon criminelle

Lisez : https://nuage-vert.com/category/petition-visuelle-pour-le-climat/appel-pour-ne-plus-separer-nature-et-culture-t-time

2021

Réconcilier nature et culture
livre

Réconcilier nature et culture

avril 2021

Un livre important.

Voici un livre qui ose aborder toutes ces thématiques en dessinant les pistes de sociétés de l’échange et du respect des différences. Il est plus que temps de travailler, non pas contre, mais ensemble pour s’adapter aux défis de l’époque en changeant l’échelle de nos pensées et de nos actes.

Ce livre très riche par deux auteurs à la compétence indiscutable vous offre des repères sur beaucoup de questions, dont une histoire longue de l’écologie. Il vous explique aussi en quoi, en temps de pandémie ou en temps « normal », nous devons devenir Terristes.

226 pages (18 euros en version papier et 10 euros en version électronique sur lulu.com)

2020

Arbres & Plantigrades
livre

Arbres & Plantigrades

janvier 2020

A vrai dire, je suis un peu dépassé par tout ce que je fais. La programmation de Nuage Vert - musée mobile Vallée de la Dordogne m'occupe beaucoup. C'est un bébé dont il faut prendre soin pour qu'il vive et se fortifie. C'est le cas. Il a belle allure et l'audience se démultiplie.

Dans cette rubrique, j'aurais donc dû intégrer les très nombreuses réalisations, événements et expositions. Je pense à janvier 2019 et l'exposition de Lorena Canottiere, prix Artemisia de la bande dessinée créée par des femmes, avec la partie guerres de propagande et fake news durant la guerre d'Espagne ou l'émouvante matinée sur les réfugiés espagnols en Limousin. Je pense à "Jardins du monde" avec l'exceptionnelle collection de maquettes de jardins de Jacques Hennequin. Je pense à "Lumière d'été, Prévert et le cinéma" qui a même été présentée au barrage de l'Aigle ou partagée avec l'association locale des travailleurs immigrés résistants présents durant le tournage du film. Je pense aux humains qui se végétalisent de Christelle Westphal et à ses cérémonies. Je pense à Jean Clottes ou Jean-Paul Demoule qui viennent échanger dans le cadre de "L'Art dans les villages". Je pense à la magnifique expo de Gg dans la chapelle Jeanne d'Arc. Je pense à janvier 2020 avec Claire Malary, grand prix Artemisia, et le loup. Je pense au soutien de l'Atlas de Biodiversité Communale, aux conférences et balades et projections de films (avec notamment Nathalie, la fille de Michel Serrault). Je pense aux incroyables 4 jours d'"Histoires de Passages..." sur le "Réveil des villages", avec parmi les moments extraordinaires, cette soirée de potlatch à Neuville menée tambour et coeur battants par Erro et Speedy Graphito !

Oui, je pense et puis j'oublie... Je suis un mauvais scribe de moi-même. Et j'ai la flemme de l'auto-célébration, quand cela reste surtout des moments de partage où je songe aux autres. Ceci dit, tout disparaît tellement vite et personne ne se souvient. Si l'on ne se fait pas un peu l'historien de son ego, on est gommé --sans avoir jamais existé publiquement d'ailleurs-- tandis que des matamores multiplient la pub incessante de leurs faits et gestes insignifiants...

Bon, mettons en valeur le premier livre de la collection "Les couleurs du Nuage". Il est consacré à "Arbres & Plantigrades. Les arbres poussent, les humains aussi". Vaste programme... C'est un délicat assemblage entre un très beau texte de Pierre Bergounioux et un autre du spécialiste des forêts Marc Deconchat, avec des photos de Jean-Claude Bouyat et des dessins de Gg. Il est achetable sur lulu.com pour 15 euros par carte bancaire (ou 5 euros pour récupérer la version électronique).

J'ai beaucoup de tendresse pour ce livre. Faites savoir, car dans le déséquilibre et la distorsion médiatique actuels, songez, par exemple, qu'en 15 ans aucune des expositions (avec livres conséquents) réalisées au Musée du Vivant à Paris à AgroParisTech, où je dirigeais ce premier musée international sur l'écologie, n'a fait l'objet d'un seul article ou reportage. L'écologie n'intéressait pas ou suscitait le rejet et l'ironie --quand tout le monde s'y précipite maintenant...-- et faire un musée dans une école d'ingénieurs n'était forcément pas sérieux.

Alors, il faut protéger ses petits bébés. Heureusement la presse régionale --moins noyée sous la surabondance d'informations qu'à Paris-- rend compte des événements locaux. Continuons donc à parler de ce livre quand d'autres se préparent, notamment avec Michelle Perrot ou Marc Dufumier.

Et ne nous faisons aucune illusion (est-ce utile et souhaitable d'ailleurs ?), d'ici à ce que des médias nationaux ouvrent les yeux... il faudrait qu'ils comprennent le "Réveil des villages"... Mais la conversion rurale ne s'est pas encore opérée. Il faudra l'exode urbain pour pareille prise de conscience.



2019

BIOCULT
série d'oeuvres artistiques

BIOCULT

juin 2019

Ayant dû travailler à compléter ma fiche wikipedia devenue très réduite, je me suis confronté au cauchemar de ma vie : me définir et me résumer. Voulant poursuivre un mouvement expérimental d'explorations successives, bref m'amuser et découvrir comme l'ont fait des personnes que j'apprécie comme Vian ou Jorn ou Topor, j'ai brouillé les pistes en étant assez indéfinissable. Insaisissable, j'espère, au temps du contrôle et de la robotisation.

C'est une fierté. C'est aussi un handicap, quand l'univers médiatique actuel nécessite la simplification marketing. Chacune et chacun construit l'emblème de soi-même, son auto-caricature.

Ce long préambule pour vous dire que j'ai mis en avant les images et l'écologie (au sens large des rapports des humains avec leur environnement) comme piliers de mes travaux dans ce fameux résumé wiki. Heureusement, d'autres aspects sont évoqués.

Cette polarisation se traduit aujourd'hui musicalement (muziK botaniK avec le CD "BOTAziK" et le futur en préparation "Veg Vibes") et plastiquement.

Nous avons évoqué la série artistique "NA (New Anonymity". Parallèlement, je vous présente donc BIOCULT. Cette série plastique s'inscrit dans mes marottes depuis en gros 2005 où j'ai créé le Musée du Vivant, à vouloir réconcilier nature et culture, à faire de l'écologie culturelle. Cela s'est théorisé en juillet 2017 par le lancement de Nuage Vert - musée mobile Vallée de la Dordogne et en novembre 2017 par le colloque "Biodiversité et culturodiversité".

Déjà, enfant, je constituais des herbiers avec ma grand-mère. Je continue mes pérégrinations en fréquentant des botanistes. Bon, je bouffe de l'herbe mentalement et respectueusement.

Alors, BIOCULT, en différents formats (petits ou très grands), consiste à jouer sur des agencements visuels entre nature et culture. J'aimerais bien compléter cela par des bouts filmés, combiner images fixes et mobiles sur ce terrain. Et musique.


N A (NEW ANONYMITY)
série de créations plastiques

N A (NEW ANONYMITY)

mars 2019

La série de 8 figures intitulée "NA (New Anonymity)" vient de l'idée de prolonger en images ma lutte contre l'acculturation et l'inculturation ("Résistances des savoirs / Knowledge is beautiful"), commencée à Hong Kong le 3 novembre 2012.

Des personnes sont représentées en noir et blanc, tramées, telles des vues passées, et elles subissent l'agression d'un geste iconoclaste, comme il s'en fit déjà à l'époque antique.

Mes images peuvent circuler sans paiement de droits, juste en notifiant mon nom de créateur : Mister Local-Global. D'autres peuvent en inventer sur le même modèle.

Par cette série d'oeuvres, je suis revenu à des formes de représentations. Pour moi, c'est l'agrandissement très grand format de la série en intérieur ou en extérieur qui a du sens.

Je deviens une sorte de laboratoire (comme avec les "moving signs") pour des multiplications ou des déclinaisons de mes propositions. Je prépare ma disparition.


2018

TOMES I-IV
livres

TOMES I-IV

avril 2018

NOUS VIVONS L'OBSOLESCENCE ACCELEREE... RESISTONS PAR DES PRODUITS DURABLES !

J'ai tenté de résumer une vie de créations écrites en 4 tomes. Le premier est le grand roman en 3 parties "Humain planétaire" ; le second rassemble des textes de la philosophie de la relativité ; le troisième offre quelques synthèses sur l'histoire du visuel et le décryptage des images ; le quatrième est consacré à l'écologie culturelle et à la bioculturodiversité.

Vaste programme... C'est disponible en version électronique ou papier sur lulu.com

Comme disait le chanteur "pour moi, ça veut dire beaucoup..." (et c'est si difficile de se résumer) mais, dans nos temps de hurlements médiatiques incessants, cela s'apparente à l'errance des poissons de très grands fonds...

2017

BOTAziK
album musical

BOTAziK

juillet 2017

2014-2017 Mata-Utu / Paris / Hautefage. Tout est dit : 3 ans pour arriver à force d'obstination à réaliser cet album. Sans argent et avec des connaissances des milieux musicaux nulles au départ, ce fut très difficile. On est vu comme pas crédible. Et pourtant Stan Refet, Catherine Le Forestier, Areski Yanne Molenat, Gaétan Neuville, Vincent Pateau m'ont fait confiance.

Et cet album est unique, fort, très bien reçu. Il est original, cohérent. Il joue sur des collages musicaux, ma voix faisant lien. Il porte des messages clairs tout en étant poétique et séduisant. C'est un OVNI et j'en suis très fier.

Il est le premier du studio installé à Hautefage : maronne Oceans muzik (mOm). Un partenariat a été établi localement avec Des lendemains qui chantent. Les musiciens et groupes qui sont venus enregistrer sont très très contents du résultat (grande qualité sonore dans un lieu magique). Cela fait plaisir. Tout cela va se développer avec mon installation sur place et nous jouerons sur l'ici et l'ailleurs avec des juxtapositions musicales qui ont du sens.

Et ce sera diffusé sur multiterratv.net où est achetable déjà le premier album BOTAziK.

Rallumons les Lumières !
Rencontres-Promenades

Rallumons les Lumières !

juillet 2017

Troisième édition des Rencontres-Promenades. Déjà... C'est tout sauf une routine. Un rendez-vous précieux, étonnant et précaire. Plus de 50 événements en 4 jours : histoiresdepassages.com. Cette année Pétillon a fait une formidable affiche sur le thème Rallumons les Lumières !, tandis que la bêtise est érigée en modèle et le terrorisme accapare l'actualité. 

Et tant de générosités se sont conjuguées malgré une météo très capricieuse. Speedy Graphito et Emilie ont fait une fresque dans l'échange avec le public qui marque les mémoires. Et tant de moments magiques, comme lorsque nous avons écouté Anna Pravdova venue de Prague nous parler aux cabanes de Krizek ou Edouard Launet évoquer "Sorbonne Plage" entre les gouttes au barrage du Chastang, près de Raphaël Minnesota qui venait de collaborer avec Agnès Varda. Et la monumentale mique et le petit salé pour démarrer la journée avec Prince Roro et Philippe Di Folco à la manoeuvre, avant de tenter de noyer Pierre Bergougnioux qui s'est merveilleusement prêté aux joutes poétiques sur gabareaux...

Naja Bendix nous protégeant sous la pluie et entretenant de plantes, vite mises en scène par Sinono, avant Bouvard et Pécuchet. Et, moment très touchant, Hélène d'Almeida évoquant pour la première fois en public son frère Roland Topor (mis à l'honneur par une avenue Roland Topor). Monceaux et le "Chemin de pensées" avec Jean-Michel Teulière, puis le spectacle autour de Marcelle Delpastre et Rollinde faisant kiosque au marché et Albéra, les frères Lumière et Claire Angelini. Ou Sallard père et fils et les accordéons Maugein après la physique quantique et la forêt... Bon, il faudrait répéter tout le programme pour sentir la magie de ces moments successifs, malgré les retards et l'annulation d'un spectacle à cause de la météo. La saveur ne vient pas juste d'un événement mais de la promenade de l'un à l'autre. Il faut goûter cela par demi-journées. En participants et non en consommateurs.

C'est unique. A vivre. Fatiguant mais fascinant.

Label "Earth-Village / Village-Terre"

Label "Earth-Village / Village-Terre"

3 juin 2017

Le 2 juin 2017, le Président des Etats-Unis Donald Trump décidait de quitter l'accord de Paris sur le climat. Le 3 juin 2017, je créais un label "Earth Village / Village-Terre" destiné à défendre la biodiversité et la culturodiversité. Il est temps enfin que les populations à la base se remettent en question et se mobilisent sur des objectifs clairs. J'ai écrit un article synthétique expliquant la chose. C'est par la base que nous arriverons à structurer les processus de décision globaux sur cette planète.

Décidément, cette année aura été mon année de la biodiversité et de la culturodiversité avec les expositions et le livre de juin et le colloque des 15 et 16 novembre.

J'espère qu'un grand mouvement va commencer et qu'on va enfin parler des questions qui sont centrales à la vie sur Terre.

JOSEP BAQUE ET LA BIODIVERSITE
livre et expositions

JOSEP BAQUE ET LA BIODIVERSITE

juin 2017

Les choses se sont faites étrangement pour ce livre. Il est original parce qu'inattendu. D'abord on y parle de Josep Baqué et de son exceptionnelle biodiversité imaginaire dessinée. Ensuite un texte scientifique explique les origines de la classification de la flore par les scientifiques Européens. Enfin un ensemble d'images évoquent les enjeux de la biodiversité aujourd'hui. Trois façons d'envisager la question.

Aurélie (Utzeri) et Dominique (Cornille) sont à l'origine de l'idée de faire une exposition sur les murs de la rue Claude Bernard autour de Josep Baqué. Au château de Grignon, nous avons réalisé une grande exposition montrant les herbiers anciens et précieux, les planches de botanique et celles des naturalistes-voyageurs, les extraordinaires gouaches pédagogiques de botanique de Boisgontier de plus de 2 mètres de haut. Jean-Pierre Henry, prof à AgroParisTech a suivi la chose scientifiquement (un champion du retard des textes...).

Je suis très content de cette approche diversifiée. Elle aurait été complète si nous avions eu un témoignage de Wayana, par exemple, expliquant sa conception de la biodiversité. Mais tout cela s'est fait dans une telle contrainte de temps... Et puis j'évoque cet aspect dans ma préface et les tableaux d'Alika font des passerelles vers cette question ou les affiches de Guyane publiée à la fin de l'ouvrage.

C'est sur lulu.com et fait 218 pages avec de très belles et rares images en couleur !



La Maison John et Eugénie Bost
musée

La Maison John et Eugénie Bost

mars 2017

Je suis très heureux d'avoir pu mener ce projet de musée original. "Un musée pour comprendre la différence" est la carte d'un territoire, réalisé pour être nourri par la présence physique des résidents de la Fondation John Bost et leurs oeuvres qui occupent la position centrale du parcours dans toutes les salles.

Allez-y. Allez voir sinon le site maisonbost.com. Je préside le comité scientifique et ce musée va inventer des manifestations originales et pluridisciplinaires. Une belle aventure commence. Aventure collective, c'est une très belle réalisation. Elle a mobilisé une centaine de personnes qui n'ont pas ménagé leur peine. Je remercie particulièrement l'équipe scénographique (François Payet et Anne Bourdais), la conservatrice (Ariane Dahan) et le staff de direction de la Fondation avec Olivier Pigeaud, Christian Feuillette et Christian Galtier, ainsi qu'Arnaud Bigex pour le site Internet.

Topor, le dictionnaire
livre

Topor, le dictionnaire

mars 2017

Je n'ai jamais imaginé que Roland ait pu disparaître il y a 20 ans. Sans faire tourner les tables, il me parle et je lui parle, comme Jean (Cabu) ou d'autres. Une partie de notre vie est faite de morts, parfois même de morts que nous n'avons pas connu, comme Asger Jorn par exemple dans mon cas.

A l'occasion de l'exposition de mars 2017 à la Bibliothèque nationale de France, une nouvelle édition complétée de Topor, le dictionnaire sort. J'en suis heureux. En juillet, il y aura une avenue Roland Topor à Argentat sur Dordogne pour les Rencontres-Promenades "Histoires de passages..."

Roland aurait été heureux de cela mais pourquoi faut-il que la France soit un pays aussi constipé et ingrat qui ne sait reconnaître et dire merci à ses créateurs qu'après leur disparition ou quand ils sont près de décaniller, c'est-à-dire TROP TARD ?

Je t'embrasse Roland.

La Saga Bost
livre

La Saga Bost

mars 2017

Gros gros gros travail que cette somme sur une famille, codirigée avec Patrick Cabanel grand historien du protestantisme en France (je lui ai demandé tout de suite de participer, car je voulais un vrai point de vue historique et pas une commémoration subjective et partiale).

Nous nous sommes merveilleusement complétés avec Patrick. Et d'excellentes chercheuses et chercheurs ont bien voulu apporter des éclairages très neufs sur des personnalités fortes issues d'une famille réprimée pour ses convictions sous Louis XIV et qui dut fuir à Genève. La résistance intellectuelle, l'indépendance d'esprit et l'originalité de la démarche marqua des personnages comme Pierre Bost ou Jacques-Laurent ou le chanteur Renaud, mais aussi avant John Bost ou Théodore aux Etats-Unis avec Sophie Bonjour ou Augustin l'abolitionniste échangeant avec Victor Hugo.

J'ai donné à cette occasion toutes les archives familiales à la Maison John et Eugénie Bost. Elles sont reproduites (photos, oeuvres, objets...) en partie dans le livre, complétées par des pièces de la MJEB et les collections de Jérôme Bost, mon cousin, que je remercie chaleureusement.

Francis Masson, le Calger de La Force
livre

Francis Masson, le Calger de La Force

mars 2017

J'ai connu Francis (Francis Masson mais on l'appelait Francis). Je lui ai rendu visite de nombreuses fois avec mon grand-père Gaston Bost au pavillon Bellevue dirigé par "Zébu". Mon grand-père avait beaucoup de tendresse pour l'un et l'autre, qui étaient des personnages mettant la "différence" en jeu tous les jours.

A notre époque de "mainstream", de normes, de bureaucratie cancérigène, de conformité et de commission de sécurité pour tout empêcher, ces "outsiders" qui n'en portaient pas du tout le nom faisaient du bien.

Voilà pourquoi en partie j'ai été très heureux de consacrer enfin une exposition à Francis Masson, qui depuis l'après-guerre très jeune a créé une oeuvre en fil de fer, jusqu'à son suicide avec des fils électriques. Jean-François Monnier a apporté un témoignage extrêmement précieux. Nicolas Surlapierre, directeur des musées de Besançon et ancien responsable de la collection d'art brut du musée d'art moderne de Villeneuve d'Ascq, m'a fait l'amitié d'écrire dans le livre un texte brillant.

François Payet a mis en scène ces pièces avec le même brio et le même respect qu'il avait porté à celles d'Alexandre Calder.

Le livre est une trace précieuse pour pérenniser une trajectoire humaine et des sculptures talentueuses et singulières. La partie droite de sa représentation du pavillon La Famille est devenue (sur ma demande) le dessin situé en permanence sur le logo de la Maison John et Eugénie Bost.

2016

Fauteuil points de vue
meuble philosophique

Fauteuil points de vue

juillet 2016

Voilà le premier "meuble philosophique" que j'ai conçu, des meubles qui donnent à penser, des meubles à idées. A vrai dire, le précurseur fut la "Check Point Charlie Chair" imaginée le soir de l'ouverture du mur de Berlin en 1989, réalisée avec Louis Rollinde et exposée au Kubus à Hanovre.

Mais ce Fauteuil points de vue constitue le début d'un travail personnel sur le mobilier à côté des sculptures dans l'espace public. Il est en cuir blanc et peut être tiré. C'est utile ; cela a du sens ; la forme en est esthétique.

Il a fait forte impression avec le fauteuil inventé par Speedy Graphito aux Rencontres-Promenades d'Argentat sur Dordogne 2016 (première présentation publique devant 100 personnes).

Je tiens à ce qu'il circule et soit édité.

Le Progrès est une erreur
livre

Le Progrès est une erreur

juillet 2016

Ceci est mon dernier livre, au sens d'ultime. J'ai construit une oeuvre littéraire avec L'Homme planétaire. J'ai construit une oeuvre philosophique et politique, depuis Pour une philosophie de la relativité. Elle s'est développée comme une arborescence à partir d'une base solide, d'un tronc de pensée.

"Le progrès est une erreur" reprend beaucoup de mes concepts (le local-global, l'histoire stratifiée, le tri rétrofuturo...). Il innove en faisant comprendre la notion de "limites dynamiques". C'est peut-être en fin de vie que l'on saisit plus facilement cette aberration dangereuse du "toujours plus", assortie de la notion que tout ce qui est nouveau est un progrès.

J'ai eu beaucoup de mal à écrire ce livre un peu foutraque. On pourrait penser qu'il est jeté et ludique. Il fut repris et repris et repris. Pénible à composer : je savais trop ce que je voulais dire.

Il n'empêche qu'il clôt un ensemble de réflexions semées tout au long de mon existence avec un résumé : les 16 engagements des Multiterriennes et Multiterriens. Il fait ainsi face au terme de ma vie, de la vie. Comme Gilgamesh refusant de mourir pour devenir un dieu éternel, mais qui finit par se faire voler la plante d'éternité (par un serpent) et comprend alors la nécessité de la fin. Elle assurera d'ailleurs la pérennité de sa trace.

On se plaint souvent des difficultés que l'on a eues à vouloir innover. D'aucuns ont dû lutter contre la répression, la torture ou la mort. Personnellement, ce fut plus doux et insidieux : j'ai eu maille à partir avec la médiocrité, une médiocrité insondable de petits esprits technocratiques à courte vue se foutant complètement de l'intérêt collectif et chassant en bande. Mais, à regarder hier, ce n'est probablement pas original, quand Denis Diderot écrivait : "L'homme précoce vit, boit, mange avec les stupides qui l'environnent, mais converse avec l'avenir." Les femmes précoces aussi.

Plus ludiquement, je me tournerai vers webtv (multiterratv), musik botanik ou expressions courtes.

Vous aurez encore de quoi découvrir... Du moins, peut-on l'espérer, pour quelque temps.


LE GRAND TOURNANT DE L'ECOLOGIE (1969-1975)

LE GRAND TOURNANT DE L'ECOLOGIE (1969-1975)

juin 2016

LE GRAND TOURNANT DE L'ECOLOGIE
1969-1975

Voilà une période passionnante et peu connue : le basculement de l'écologie scientifique à l'écologie politique. Toutes les grandes problématiques de notre planète actuelle apparaissent à ce moment-là. Voilà donc un livre très important qui rassemble les travaux neufs des meilleurs spécialistes. J'ai oeuvré sympathiquement avec Cécile Blatrix et nous avons su rassembler en effet des personnes travaillant souvent chacune dans son cercle respectif.

Vu l'aspect crucial de ces questions, cet ouvrage pionnier amorce une relecture de l'Histoire.

Alors, à une époque d'obsolescence programmée où les livres ne durent pas plus longtemps que les articles, ce travail se révèlera durablement utile. Il bénéficie de plus de l'iconographie exceptionnelle tirée des collections du Musée du Vivant et de son centre de recherches (avec les archives) : le Centre Interdisciplinaire de Recherches sur l'Ecologie (CIRE), dont Cabu a aussi réalisé le logo.

Vous pouvez vous procurer le livre sur museeduvivant.fr ou lulu.com (vous payez en ligne par carte bancaire et le livre est envoyé à votre domicile). Il est cher mais il a été impossible de baisser le prix malgré nos multiples efforts...

L'HISTOIRE MONDIALE DES IMAGES
livre et exposition

L'HISTOIRE MONDIALE DES IMAGES

mai 2016

Il n'est rien de plus difficile que de résumer. Je viens de le faire avec radicalité : trouver 10 étapes dans l'histoire de la production visuelle humaine. J'avais commencé par le Dictionnaire mondial des images, puis par la synthèse : "Images, une histoire mondiale". Là, la tâche était impossible.

Pourtant, plus que jamais au temps de l'accumulaton/circulation généralisées, il devient essentiel de donner des bases, des repères dans le temps, dans l'espace et par support d'images. De plus, ayant commencé par oeuvrer très large, j'avais légitimité à réaliser pareil résumé. Il faudrait maintenant une diffusion planétaire et que beaucoup imaginent autant de développements à partir de ces synthèses permettant d'apprendre à voir comme on apprend à lire.

Là encore, j'ai pris date. Merci à Eric Mouton pour sa superbe maquette. Le site decryptimages.net a reçu beaucoup de demandes d'expositions. Ces impératifs se répandent comme des évidences. J'étais si seul au début des années 1990... Les mutations incroyables du numérique m'ont donné raison. Cela fait plaisir. Il ne reste plus qu'aux décideurs à se réveiller, en retard comme toujours d'une génération...

Une série d'expositions Espace ECART
expositions

Une série d'expositions Espace ECART

novembre 1015-juillet 2016

L'espace ECART au 18 rue Jacob à Paris a été ouvert par Andrée Putman. C'est un espace de meubles qui appartient désormais aux Sièges d'Argentat. Le Directeur m'a demandé en 2015 d'y organiser des expositions. J'ai accepté à condition de mettre en relation la programmation avec celle des Rencontres-Promenades "Histoires de Passages...".

En novembre 2015, au moment de la COP21 à Paris, j'ai donc commencé avec Michel Granger, artiste et graphiste écologiste. Puis ce fut en janvier 2016 la photographe Marie-Hélène Le Ny et ses "petites madeleines" (avec une autre série ambitieuse, plastique et critique autour des vues aériennes de Google). L'artiste franco-togolais Yao Metsoko a joué en peintures et sculptures fortes sur les liens humains-animaux. Puis ce fut la bédéaste et illustratrice Chantal Montellier avec un ensemble sur Kafka, ses "mots sans mâles" et les stations de métro au féminin : un univers plein d'imagination et au scalpel sur notre monde orwellien. La saison se termine en beauté (juin-juillet 2016) : Speedy Graphito crée son premier fauteuil --splendide, sobre, géométrique, avec un tissu exceptionnel d'originalité, de couleurs et de dynamisme : le fauteuil "bouge" grâce à son décor-- tout en proposant un ensemble passionnant de peintures aux formes multiples avec précision et rigueur, montrant combien cet artiste important sait explorer des voies diverses au lieu de se figer comme beaucoup sur ce qui devient un gimmick, une image de marque facile.

Je suis donc très heureux d'avoir assuré cette programmation et ces accrochages variés. Ce n'était pas évident en fait car il ne fallait pas que les oeuvres au mur ou posées sur les meubles apparaissent comme des faire-valoir --genre peintures de restaurant. A l'inverse, il aurait été contre-productif que l'occupation des murs écrase le mobilier. Car, bizarrement, il n'est pas fréquent de confronter du mobilier avec des dessins, peintures, sculptures ou photographies dans des galeries. Mais ça marche. Je suis très fier de ces ensembles qui ont beaucoup de force par confrontation et complémentarité.


2015

BE MULTI !
livre

BE MULTI !

décembre 2015

Ce livre résume beaucoup de choses fin 2015. Il est le premier qui montre le logo "multiterra", tandis qu'apparaît la page MULTI sur Facebook. Il insiste sur cette notion assez provocatrice  de "nécessaire dépérissement des nations", alors que le Front national est à son plus haut et tous les médias obnubilés par lui et les penseurs "nationaux" (des vieux gauchistes racornis comme Regis Debray qui se recyclent ou des libertaires comme Michel Onfray en mal de "scoop" médiatique)... Bref, une vision du monde locale-globale me semblant essentielle avec un retour au local prioritaire. Elle s'accompagne de considérations indispensables en 2015 sur le média-terrorisme et la pratique du leurre médiatique. Elle insiste enfin sur la rupture fondamentale entre tolérance contre intolérance, pluralisme et dogme, science critique ou croyance figée.

Comme d'hab, cela aurait dû faire les "unes" pour être approuvé ou critiqué, mais il faudra attendre du temps avant que ces évidences ne deviennent évidentes. J'aurai dit, écrit, d'autres auront sûrement récupéré (vous savez ces ramasse-miettes de la pensée pondant des livres qu'ils n'écrivent pas pour tourner sans cesse en boucle dans les médias...)

La trace est là. Place aux archéologues de la pensée !

Rencontres-Promenades
Rencontres-Promenades

Rencontres-Promenades

juillet 2015

Il ne s'agit pas d'un festival, vous savez ces lieux prétextes où quelques snobinards viennent goûter l'été à la couleur locale. Il s'agit de Rencontres-Promenades. Rencontres entre des personnes du pays d'Argentat sur Dordogne et d'ailleurs (tous les invités logent chez des particuliers), rencontres entres les âges et les goûts, rencontres de curiosités bien placées réciproques. Et des promenades où on découvre ce pays magnifique de sud-Corrèze avec ses forêts et ses rivières, ses barrages, son architecture et surtout ses habitants à l'esprit vif, à l'humour décapant, qui aiment là où ils habitent.

Respect mutuel et sens de la découverte irriguent cette manifestation. Je suis infiniment heureux d'avoir pu organiser cela en moins d'un an. C'est grâce à France Chastaingt et Muriel Paucard qui, sur place, ont su remuer les montagnes avec ténacité. C'est grâce à l'appui des élus (avec Jean-Claude Leygnac en tête, le maire d'Argentat) et des acteurs de terrain (les Sièges d'Argentat, les Jardins Sothys, les Ruchers de la Maronne, la scierie Duclaux, la pâtisserie de Saint Privat ou la ferme bio de Merle...). et puis bien sûr tous les invités venant de France et de l'étranger, qui m'ont fait confiance, Diadji Diop en premier. Il nous construit un Coulobre (serpent-monstre mythique de la Dordogne) géant sur le vieux pont d'Argentat et a pensé un meuble élaboré et présenté aux Sièges d'Argentat. Mon complice de longue date, Eric Mouton, a une fois de plus assuré bénévolement la qualité graphique pour le site Internet et les affiches. Sylvain Golvet assure la couverture vidéo.

Une conjugaison de générosités donc pour cette manifestation où tout est gratuit et tout le monde bénévole. Cabu a donné le ton, lui qui avait généreusement créé l'image (sa dernière affiche) de ces Rencontres-Promenades pour aider l'association et lancer la manifestation. Il n'y a pas de jour où je ne pense à lui.

A n'en pas douter, voilà un moment collectif qui restera dans nos mémoires, avec des échanges et des complicités actives, là, sur le terrain, où chacune et chacun peut transformer la vie pour que le quotidien soit inventif, novateur, tout en défendant des points forts locaux (le rétrofuturo).

Le Conseil général fait un affichage dans tout le département. L'aventure commence et la convivialité sera la récompense de toutes et de tous.

Pour tout savoir : www.histoiresdepassages.com

L'étrange multiplication des MULTI
courant d'idées

L'étrange multiplication des MULTI

juin 2015

Je vais vous raconter une histoire bizarre qui ne cesse de m'amuser.

Au début du XXIe siècle, j'ai fait l'erreur stratégique de rester dans le pays qui m'a vu naître : la France. Par attachement et paresse sûrement. J'ai eu tort. En effet, ce pays a connu alors un temps de forte constipation, de vieillissement généralisé, comme si tout ne devait être que nostalgie tandis que les actifs sont déconnectés : la "rétro attitude". Symptôme : ce pays oligarchique à ascenseur social bloqué sacralise de vieux penseurs sclérosés qui ne veulent pas dételer, laissant le terrain libre aux râleurs réactionnaires rances. Bref, pas étonnant mais pas brillant.

Comme d'autres, j'ai dû entrer dans la résistance et la clandestinité, défendant toujours ce que j'estime être la qualité scientifique et de création ("Résistance des savoirs" avec notamment l'émission [decryptcult]). Un principe : ne jamais rien céder à la médiocrité ambiante et à la veulerie --qui salissent ; ne jamais se résoudre à l'absurde et à l'inacceptable.

Cela se fait avec des réseaux souterrains. J'ai poussé l'exercice jusqu'à l'aspect le plus minimal. En inventant, depuis mon atelier en sud-Corrèze à Hautefage, les Rencontres-Promenades "Histoires de passages..." J'y ai développé quelques principes qui me sont chers et ce fut très sympathique, sans chercher à communiquer hors du niveau local.

Mais ne vlati pas que le 7 août le magazine national Marianne fait un dossier en "une" sur le réveil des villages de France. Et qu'Argentat sur Dordogne est l'exemple de base avec 6 pages (et la repro de l'affiche de Cabu pour les Rencontres-Promenades). Le microscopique devient le signifiant car la qualité est là, la liberté, la mobilité. Chacune et chacun, partout, devient le centre du monde, le centre du "faire" possible dans les sociétés des spectateurs-acteurs. Inversion : les campagnes perdues innovantes inspirent les micro-quartiers des villes à totalement repenser.

C'est ce qu'exprime ce petit logo des multiterriennes et des multiterriens (les "MULTI"), qui défendent biodiversité et culturodiversité, le local-global et le rétrofuturo sur une planète occupée depuis l'origine de mutations et de migrations. Bref, plein de notions que je promeus depuis des années et qui émergent aujourd'hui. Un singulier-pluriel, du micro-macro montrant que nulle part est partout. Cela fait plaisir. Il a fallu que j'aille dans mon Guernesey pour que se confirment mes pressentiments... J'y suis bien.

BE MULTI !



PARTI DE RIEN, JE SUIS ARRIVE NULLE PART
livre papier et numérique

PARTI DE RIEN, JE SUIS ARRIVE NULLE PART

juin 2015

Voilà un livre qui pourrait être maudit et que je protège et chérit.

En effet, mes proches le détestent, attristés devant ce qu'ils ressentent comme un dernier râle ou une justification qui n'a pas lieu d'être. Les autres s'en foutent ou le trouvent digne d'un personnage-baudruche infatué. Bref, il n'y en a pas beaucoup pour le défendre.

Si : moi, donc. Je crois que chacune ou chacun a besoin, à certaines étapes de vie, de tirer des bilans. Ce livre est une façon pour moi d'agir face à des événements sur lesquels je ne peux rien. Donc, ce livre, contrairement à celles et ceux qui y voient la longue plainte morbide d'un créateur, respire la volonté de faire, l'espoir de celui qui est heureux de ce qu'il a réalisé, qui pense ne pas avoir à en rougir et peut ainsi regarder avec une certaine confiance les choses à venir comme du "bonus". D'ailleurs le "pays de nulle part" est l'étymologie de l'utopie, mais j'aime les utopies réalisées, concrètes, et m'ennuie avec les utopies-songes, qui tourneraient vite au cauchemar ou à la calembredaine irréalisable.

Pas de masochisme donc, pas de flagellation, pas de déprime. Un essai de lucidité et l'affirmation d'une pensée qui se développe, se continue, s'épanouit au-delà de tous les obstacles et d'un certain déni public (on est immanquablement banalisé par celles et ceux qui vous connaissent, sous-évalué ou évalué pour d'autres choses, et inexistant ou adulé par celles et ceux qui sont à distance : jamais un rapport sain et clair). Il est toujours difficile de résister aux clairons de l'époque et tenir sa route en tâchant de garder lucidité et audace, malgré le silence ou la sale tendance à rabaisser ceux qui pourraient vous faire de l'ombre, attitude typique des coteries parisianistes très provinciales désormais au temps des échanges planétaires. Et il n'y a ainsi aucun respect à avoir pour des politiques, des hauts fonctionnaires parasites ou des journalistes qui ne vous respectent pas, qui ne cherchent même pas à savoir qui vous êtes.

Infatuation ? Allons-y dans le plaidoyer pro domo : mes intuitions ayant été fortement corroborées par les événements, je crois que je suis moins infatué que tous ces guignols des plateaux télé passant leur temps à se tromper, à proférer du vide de café du commerce en éructant des colères feintes, à mentir ou à récupérer les idées des autres sans vergogne, dans la célébration perpétuelle de leur misère intellectuelle. Des boites de sardines sans sardine : tout dans le marketing.

Oui, ce livre est personnel. Oui, c'est une forme de testament provisoire. Oui, j'y mets à nu mon parcours et mes idées sans jamais d'anecdotes croustillantes sur ma vie intime --c'est-à-dire la matière même de la quasi totalité déprimante de ce qu'il y a à lire aujourd'hui (le récit personnel et ses banalités de base : le degré zéro de la pensée). Oui, je suis heureux de l'avoir écrit et qu'il soit publié. Oui, je prend date.

Un grand artiste, un être humain d'exception : René Moreu
exposition et livre

Un grand artiste, un être humain d'exception : René Moreu

juin 2015

René Moreu est un artiste quasi inconnu. Pourtant, ce fut un illustrateur pionnier avec son ami André François (que j'ai si bien connu : il a fait notamment l'image de mon premier livre sur l'affiche politique). René a participé à l'invention de Vaillant et de Pif gadget. Il est aussi un grand créateur autour des thèmes de nature, avec des périodes différentes et des oeuvres puissantes. Cela en luttant depuis 1943 contre la cécité.

C'est un personnage modeste, délicieux et subtil. Résistant, il s'est caché toute sa vie, alors que tant braillent leur absence de talent à tue-tête... Je suis heureux d'avoir réalisé une expo et un livre de référence sur son travail. Cela risque encore de passer à l'as du dégorgement d'opérations culturelles tous azimuts... Eh oui, ce n'est pas marketé. On n'a pas mis en avant son handicap pour faire pleurer dans les chaumières...

Mais, REGARDEZ, REGARDEZ sans à priori ses peintures, et vous comprendrez l'importance de cet artiste. Bientôt, le public verra enfin cet invisible, alors que les ténèbres l'ont gagné.

Vagabondages à Wallis et Futuna et Alofi
exposition

Vagabondages à Wallis et Futuna et Alofi

juin 2015

Au cours d'une mission dans ces îles, j'ai pris 2300 photographies sur tous leurs aspects, malgré une santé difficile où je souffrais beaucoup de la chaleur --ce qui était la première fois sous ces latitudes. Peut-être d'ailleurs un signe annonciateur de mes futurs déboires cardiaques.

Il en résulte une exposition que j'ai écrite en grande partie sur place. Cela s'est fait grâce à l'accueil d'une population ouverte et généreuse. Le Musée du Vivant  a reçu de plus une donation importante de l'artiste Rebecca Kulimoetoke (RBK).

Voilà donc une synthèse rare et précieuse. Je pense que c'est une de mes expositions les plus intéressantes, pour laquelle j'ai une tendresse particulière. Car j'y fais une vraie démonstration d'écologie culturelle appliquée à ce territoire, en combinant tous les types d'interrogations, historiques, géographiques, économiques, institutionnelles...

Montrée lors des Rendez-Vous aux jardins 2015 rue Claude Bernard, elle sera diffusée par le Musée du Vivant et la Ligue de l'Enseignement et j'ai l'intention de la présenter lors des Rencontres-Promenades 2016 à Argentat.


TU ES PLUROFUTURO ? / ARE YOU PLUROFUTURO ?
livre

TU ES PLUROFUTURO ? / ARE YOU PLUROFUTURO ?

mai 2015
Après un infarctus, quand le ciboulot a résisté, vaut mieux s'occuper du fondamental. Voilà ce qui me semble l'être : un petit bouquin en 4 langues (anglais, français, chinois, arabe) qui résume mes idées, ma vision, ma Weltanshauung comme disent les Allemands, bref ce qui définit les raisons de mes choix et de mon comportement. Ajouté à cela, ma bio, telle qu'elle apparaît dans la partie "life / parcours" de ce site. Du perso qui peut servir aux autres à considérer leur environnement autrement. C'est 19 euros en version papier dans toutes les bonnes librairies (éditeur : www.bod.fr). En plus, il y a sur ce site une version anglaise gratuite (free readings). Après le catalogue raisonné de mes oeuvres plastiques, une étape.
PAYSANS
exposition

PAYSANS

mai 2015

Un événement. Voici la première exposition sur l’histoire longue de l’agriculture et de l’élevage depuis la Préhistoire. Elle a été permise grâce aux riches collections internationales du Musée du Vivant et à la collaboration d’une équipe d’enseignants-chercheurs pluridisciplinaires d’AgroParisTech. Il en résulte deux présentations : une réduite en grands formats et en images rue Claude Bernard à Paris et une autre qui peut être téléchargée massivement soit sur le site du Musée du Vivant, soit auprès de la Ligue de l’Enseignement.

Alors que ces questions forment l’axe central de l’Exposition Universelle de Milan ("Nourrir la planète, Energie pour la vie"), voilà une synthèse historique mondiale donnant du recul et des repères, tout en permettant de comprendre les enjeux contemporains. Elle pourra être déclinée et accompagnée par les institutions d’accueil.

L'image générique est le résultat d'un concours organisé dans la classe de Michel Bouvet à l'ESAG (merci Michel, dont j'avais préfacé la fête du graphisme en janvier 2015 !).

MON JARDIN EST UNE PLANETE !
exposition

MON JARDIN EST UNE PLANETE !

mai 2015

Voilà la première exposition réalisée en partenariat avec le Musée du Vivant à la Médiathèque d'Argentat. Elle vient en avant-première des Rencontres-Promenades "Histoires de passages...". Muriel Paucard fut décisive pour la création des Rencontres-Promenades. Sans son aide au tout début, je n'aurais pas persévéré. Sans l'aide spontanée de France Chastaingt, rien ne se serait construit. Deux personnes exceptionnelles.

Travailler avec Muriel pour cette expo fut évidemment un plaisir. Mais si Dominique (une complicité de 25 ans nous lie) n'avait pas aidé et Raoul, on n'y serait pas arrivé. L'expo n'est pas immense (une salle), complexe néanmoins.Tout cela forme une aventure culturelle, humaine aussi.

L'expo est ouverte par une maquette de potager utopique aux Etats-Unis, son coeur raconte l'histoire des jardins dans les villes avec une scénographie un peu agreste. Autour, viennent des oeuvres qui apportent des regards particuliers sur le sujet. Je pense que cette dichotomie complémentaire est la bonne solution dans ce lieu. Mon rêve réside dans le fait un jour de faire dégorger une exposition vers la rue, de créer un appel, de n'avoir pas une scénographie fermée.

Marinette Cueco, native d'Argentat et qui y a toujours sa maison de famille, viendra aux Rencontres-Promenades. Ses herbiers artistiques m'enchantent. Quel plaisir de la revoir. Je pense également très fort à Henri (qui va mal). Nous montrons ses merveilleuses pomme de terre germées. Je connais Henri depuis le Salon de la Jeune peinture du début des années 1970. Il était du côté des communistes, moi des libertaires. Nous nous sommes revus à de multiples reprises. J'apprécie beaucoup toute la famille.

Et puis j'ai ajouté le pataphysicien argentin Ricardo Mosner avec une très grande toile, René Moreu qui est là en voisin de Vayrac, le merveilleux photographe Guy Hersant et son image subtile qui fait l'affiche. Ivanne Gribé, originaire d'Argentat (elle finit ses études à l'Ecole du paysage) a monté une installation passionnante sur la mondialisation dans les jardins d'Argentat. Cela vient compléter l'ensemble de façon idoine.

Exposition modeste mais qui a beaucoup de charme. Oui, les jardins sont toujours des planètes. Au même moment, je démarrais mon potager à étages à Hautefage. Gare à la tomate cet été !



2014

UNIK : 45 years of paintings, sculptures, videos
livre

UNIK : 45 years of paintings, sculptures, videos

novembre 2014

Voilà un livre qui est en ligne gratuitement sur ce site et achetable en version papier. Très illustré, il s'adresse aussi à un public anglophone. Il fut le résultat d'un an de travail de toute une équipe pour  retrouver et rassembler physiquement les oeuvres, les photographier, organiser et maquetter. Le résultat est là : toutes mes oeuvres plastiques UNIK, ces objets visuels que j'ai voulu continuer à faire au temps de la multiplication industrielle des images et de leur circulation planétaire : comment et pourquoi continuer à interpréter plastiquement notre monde des images ?

Il s'agit évidemment d'un bilan important. Chacune ou chacun peut désormais juger sur pièces des productions de "Mister Local-Global" ! Avec la version quadrilingue de la nouvelle version complétée de Tu es plurofuturo ? dans le domaine des idées (qui va paraître bientôt) et mes 8 films longs-métrages ou le roman L'Homme planétaire ou Images, une histoire mondiale dans le domaine scientifico-pédagogique (ou d'ailleurs Une histoire générale de l'écologie en images et Les Images mentent ? Manipuler les images ou manipuler le public ?), je dispose désormais d'émanations diffusées de ma vision du monde. A près de 60 ans, je ne me serai pas agité pour rien. La balle est dans le camp des autres...


SPECTATEUR
film long-métrage

SPECTATEUR

septembre 2015

Le plus long zapping de l’histoire du cinéma


Mon 8e film long-métrage fut une longue aventure pour du "cinéma espresso". Dans mon esprit, il clôt un cycle. Résultat d'un tournage de 3 jours chez moi enfermé devant la télévision, c'est un film historique qui consacre le décès de la télévision.

Je l'avais annoncé depuis longtemps. Ce décès transparaissait dans la longue enquête du film L'info est-elle comestible ?, dont il est le complément évident : le premier était un road movie sur les vecteurs télévisuels, celui-ci est un enfermement pour décrypter la nature des contenus. 

Je souffle, je suffoque. Mon état de fatigue correspond parfaitement au sujet et il n'est pas joué... Ce film a été coréalisé avec Raphaël Girault, qui a fait un travail subtil dans un dispositif sombre et glauque, minimal, avec un  capharnaüm de livres. Minimal mais avec une vraie qualité d'image et de son. Merci à lui pour ces beaux noirs.

Belle conclusion pour les 8 essais documentaires du "cinéma espresso" (désormais les petites vidéos artistiques ou des films de fiction m'occuperont), grâce à un film-métaphore sur la mort de la télévision et son histoire : pavane pour une Infante défunte.

durée : 1h25

Cabu : 60 ans de dessins !
livre

Cabu : 60 ans de dessins !

mai 2014

Je connais Cabu depuis les années 1980 et l'apprécie artistiquement et personnellement. A tel point que nous avons travaillé pendant un an ensemble sur le livre Le Monde des images, livre dont je suis très fier --et si heureux de cette année de rapports complices (ils n'ont pas cessé). L'aventure s'est continuée, après avoir exposé ses dessins au Musée d'histoire contemporaine (même pour des périodes délicates comme la guerre d'Algérie), quand j'ai pris la direction du Musée du Vivant. Cabu, défenseur de la nature depuis toujours et écologiste pionnier, s'imposait comme contributeur à ce musée. Il fut d'une formidable générosité. Et le temps vint alors de lui rendre honneur. Ce fut fait en 2014, pour ses 60 ans de dessins, avec une magnifique exposition mise en scène par Francis Guerrier (des dessins flottant dans l'espace) dans la bibliothèque historique d'AgroParisTech rue Claude Bernard. Voici aussi le livre que j'ai commis, accompagnant de façon pérenne cet anniversaire, maquetté avec l’amitié si fidèle de Serge Jouanny.

Cabu est en effet un dessinateur exceptionnel --comme l'était Jean Giraud/Moebius dans la bande dessinée--, capable d'adapter son style à tous les propos, du croquis sur le vif, du reportage à la caricature. Il s'agit d'ailleurs peut-être du plus grand portraitiste contemporain, ayant un talent unique pour saisir les visages et les expressions en pouvant passer de la description fine des caractères à la déformation la plus violente mais souvent aussi la plus vraie. Bref, c'est un artiste complet, majeur, chroniqueur en images de son temps, ayant porté très haut l'art du dessin (et amoureux des grands anciens de Dürer à Gus Bofa ou Dubout).

Il a heureusement été honoré récemment avec son exposition à la Mairie de Paris (très grand succès) ou de magnifiques albums reflétant vraiment son talent comme Cabu swing.

Voici enfin un hommage en 102 pages couleur pour 28 euros qui fête (depuis 1954) les 60 ans de dessins de l'artiste : Cabu à la ville, Cabu aux champs. Il s'agit d'une sélection de l'exceptionnelle donation de plus de 500 originaux offerts aux collections du Musée du Vivant-AgroParisTech. Ce faisant, nous nous promenons dans les grandes mutations de la planète depuis les années 1950 à travers des situations drôles et la jouissance d'un trait unique.

On t'embrasse Cabu !


Pour se procurer cet album exceptionnel sur 60 ans de dessins, achat en ligne (avec album livré à domicile) sur : http://www.lulu.com/shop/laurent-gervereau-ss-dir/cabu-à-la-ville-cabu-aux-champs/paperback/product-21629274.html

HUMAIN-ANIMAL
exposition

HUMAIN-ANIMAL

mai 2014
Dans la série de ces expositions thématiques sur de grands sujets faites avec les collections du Musée du Vivant et diffusées en ligne avec la Ligue de l'Enseignement, voici "Humain-Animal". Je l'ai conçue, découpée et en ai organisé les thématiques. Les textes ont été faits en grande partie par une équipe de scientifiques. La perspective, comme d\'habitude, est sur la longue durée, depuis la Préhistoire. Cela donne à ces manifestations une double caractéristique : des repères chronologiques et anthropologiques et la mise en oeuvre d'une iconographie très diverse de nature (aussi bien art, science que vie quotidienne) et mondiale. L'expo, dans sa version résumée, reste presque un an sur les murs de la rue Claude Bernard. Surtout, le grand graphiste Claude Baillargeon malade a accepté de créer l'image générique. Elle est forte. Je t'embrasse Claude.

2013

Artkronik localglobal
vidéo et pièce unique sur papier

Artkronik localglobal

19 octobre 2013

J'ai décidé fin 2013 d'installer un micro-atelier chez moi à Paris pour reprendre des activités plastiques traditionnelles. Je veux les mêler à de la vidéo avec des paroles ou des chansons, petites chroniques balancées sur Dailymotion : artkronik localglobal. Elles mêlent humeurs, humour, gratouillis visuels sur papier, résidus d'images, musiques parfois, ready-made chantés... Ces produits hybrides sont volontairement minimaux, maladroits. Ils luttent contre la surabondance de l'expression spectaculaire, le déversement tous azimuts, l'écoeurement et la perte du sens.

C'est aussi ma manière personnelle de préparer cette "Cité des points de vue" --associant d'autres et avec une fondation sur les images-- que je voudrais bâtir dans le sud avec un PPLG (Phalanstère de Productions Locales-Globales) entre autres, où je poursuivrai des travaux plastiques grand format dans l'esprit de ceux-ci en liaison avec la vidéo. Je prépare ainsi, pour le temps qui me reste, des allers-retours et une expression hybride, pièces uniques et images de diffusion massive. Un travail solitaire, un travail en lien avec les autres, comme toujours.

Accessoirement, ces travaux circonstanciels pourront être exposés dans le monde dans deux caissons carrés métal accolés, vidéo à gauche et résidu papier à droite. Plus tard, ce sera l'équivalent en très grand format.

En clin d'oeil, une image de l'ami Kiki Picasso.

Tu es plurofuturo ?
livre

Tu es plurofuturo ?

novembre 2013

A l'époque du news market, de l'obsolescence généralisée des infos spectaculaires qui se succèdent, de l'asservissement d'individus robotisés, décervelés, surveillés, rendus addictifs aux médicaments et à la consommation, normés et dont les statistiques sont devenues la seule liberté d'expression dans le monde de l'apparence, il est temps de faire circuler des antidotes. Partout sur notre planète, dans l'unité nécessaire et dans la diversité à défendre, nous avons besoin de repères. Le livre Tu es plurofuturo ? est destiné à décrire nos grands enjeux actuels pour que chacune et chacun puisse construire sa vision du monde. Il résume 40 ans de réflexions, d'ouvrages et de créations. Dans sa version française, il est complété par un court texte : "L'écologie culturelle contre les peurs et les populismes". 

C'est un plaidoyer pour le savoir et la réflexion individuelle. C'est un appel pour fédérer en réseau au niveau planétaire toute cette immense "base" des énergies locales écrasées par le pouvoir financier de quelques-uns. Tout cela s'opère avec un large sentiment d'impuissance qui n'est pourtant qu'un consentement au pire, comme l'aurait décrit La Boétie : fonctionnement absurde et délétère autour d'une accumulation d'argent sans aucun sens au détriment de l'épanouissement individuel et du devenir environnemental de notre planète commune. Il ne suffit plus de le dire mais il importe de multiplier les signes, les initiatives dans des portails intermédiaires qui aident à structurer la multitude (des milliards sans organisation pèsent moins que des milliers organisés). Nous appartenons en effet à la périphérie, aux invisibles, mais la périphérie est le centre : nous sommes l'immense majorité et --nous le proclamons-- "nous sommes le réel".

Faîtes donc circuler ce livre pour inciter à un autre regard sur le monde, en comprenant nos vrais clivages idéologiques : "plurofuturos" contre "monoretros". Sachez que des traductions pour une version internationale sont en cours au Caire en arabe, à Hong Kong (en anglais et chinois) et au Brésil.


[DECRYPTCULT] VIDEOMAG MENSUEL CULTUREL INDEPENDANT !
videomag 2

[DECRYPTCULT] VIDEOMAG MENSUEL CULTUREL INDEPENDANT !

10/2013

[DECRYPTCULT] VIDEOMAG MENSUEL CULTUREL INDEPENDANT !

Allez, voilà un nouvel espace de liberté, de défense du savoir et de la création, et d'exigence avec des invités et des collaboratrices et collaborateurs de qualité ! Work in progress ! Le numéro deux de ce mensuel (Une Renaissance retrofuturo ?) est en ligne avec toujours un éloge de la diversité et du mouvement : les toiles de Mayenne et l'écologie, ORLAN et Jean-Hubert Martin, le cinéma par François Albera, la bd avec Alter Comics et les monnaies alternatives, Anne van der Linden et ses tableaux et revues, Michel Dintrich à la guitare à 10 cordes ou la musique chauve de Jean Dubuffet...

Bref, un festin de l'esprit dans un cadre volontairement antispectaculaire (une bibliothèque historique) mais pour des pratiques nouvelles : l'internaute picore les séquences suivant ses envies et tout reste en ligne longtemps. Oui, "Knowledge is Beautiful !" et nous commençons notre K-Pride (K pour Knowledge), notre Résistance des savoirs, avec cet éloge régulier de ce qui bouge partout ! Faites connaître, soutenez, proposez, diffusez !

Allez sur www.decryptimages.net    !

De Buckminster Fuller et Pink Floyd ou Soft Machine à Blue Green : Graham Stevens
rencontre

De Buckminster Fuller et Pink Floyd ou Soft Machine à Blue Green : Graham Stevens

13/09/2013

Oui, Graham Stevens boit de l'eau ! Vous ne le connaissez pas et vous avez tort. Architecte de formation à Sheffield, il est assistant de Buckminster Fuller en 1964 à Paris pour le Congrès International d'Architecture. En 1965, s'apprêtant à traverser une rue de Londres, il a l'idée qui orientera tout son travail : grâce à des structures gonflables, faire décoller des architectures dans l'espace à significations multiples. Ainsi, dès 1965, il conçoit "Spacefield", environnement gonflable et multimedia. Dans la foulée, il participe en 1966 au "Destruction in Art Symposium".

Cet élégant et subtil personnage pourrait se la jouer... En effet, il est alors totalement associé au bouillonnant Swinging London, participant à des scénographies expérimentales et sensorielles à la Roundhouse pour le Pink Floyd de Syd Barrett et ses amis de Soft Machine avec les light shows de Mark Boyle ou lors de l'intervention de Bob Dylan à l'ïle de Wight. Tout cela dans une atmosphère d'imagination complice transdisciplinaire où les arts se croisent pour submerger la société dominante. Et chacun connaît chacun : il est présent naturellement chez son copain galeriste pour l'inauguration de l'exposition de Yoko Ono --qu'il connaît déjà-- lorsque vient John Lennon sévère d'abord puis, étant monté sur un escalier pour lire une petite inscription, séduit par un humour proche du sien et commençant une nouvelle phase de sa vie affective --et de sa vie tout court.

Mais cessons de faire les groupies avec quelqu'un qui ne se la pète pas. Il y eut un moment magique à Londres à ce moment-là, dont j'ai pu rendre compte en 1996 dans l'exposition sur les Sixties. Graham Stevens a eu le mérite de poursuivre sa route poétique, installant un nuage solaire dans le désert en 1972 et désormais travaillant pour le mouvement Blue Green (www.bluegreenuk.com), écologistes voulant transformer les villes en intervenant notamment sur les questions d'eau.

Tout cela pour dire qu'il est venu à la maison avec Jacqueline Stanic (que je fréquente depuis les grandes expositions Paris-Berlin et Paris-Moscou au Centre Pompidou de Pontus Hulten) et que nous avons passé un moment sobre mais délicieux, la conversation roulant de l'un à l'autre dans le plaisir d'évoquer des amis communs et des événements, sans nostalgie, comme une force pour continuer à faire. Blue Green est d'ailleurs sur www.see-socioecolo.com.  J'irai bientôt à Londres et Graham passe dans le mag vidéo sur www.decryptimages.net  en janvier.

Un des plus grands plaisir de la vie est d'avancer en découvrant des oeuvres généreuses et des personnages délicieux qui nous donnent réellement envie de poursuivre contre toutes les médiocrités.
Mag vidéo culturel : [decryptcult]
émission tv/Internet

Mag vidéo culturel : [decryptcult]

19 juin 2013

C'est une date. En juillet 2013 (tournage le 19 juin), est apparu sur le site decryptimages.net le premier magazine culturel indépendant. Nous serons sûrement copiés. C'est brut de décoffrage, en apparence artisanal et volontairement ringard (décor de vieille bibliothèque, succession d'interventions autour d'une table comme la Sainte Scène...), mais nous explorons de nouveaux espaces de mise en valeur avec des participants de grande qualité. La structure est chapitrée, ce qui permet une approche tout à fait différente de la télévision traditionnelle : plus d'obligation de rythme forcené pour maintenir l'attention et éviter le zapping, au contraire, du temps pour chacune et chacun avec des sujets forts.

Voilà le moyen de mettre en valeur les savants et les créateurs. Voilà une façon de maintenir des pratiques exigeantes, de cesser de se désespérer mais de louer l'énergie et la qualité d'initiatives foisonnantes intergénérationnelles et trans-spécialités (de la culture au sens traditionnel à l'économie écologique, du don, sociale et solidaire). Voilà une résistance décidée à la bêtise, à la vulgarité commerciale, à la déqualification et à l'ignorance fière telle qu'elle ose s'exposer partout.

Tout cela va évoluer mois après mois. Nul doute que nous ne devenions un refuge de paroles libres et de créations diverses au temps des initiatives de terrain en réseau et de l'effondrement des superstructures qui ne font pas ou plus modèle.


Portraits d'arbres
exposition de photographies anciennes

Portraits d'arbres

mai 2013

Cette exposition vise à faire connaître un photographe et professeur d'agronomie (Pierre Mouillefert) ainsi que les collections d'échantillons de bois de la planète avec leurs archives photographiques du centre AgroParisTech de Nancy. Rassemblées pour des raisons d'inventaire scientifique vers 1880, ces pièces nous racontent à la fois l'histoire des arbres, des lieux, des migrations végétales, et constituent désormais des traces précieuses et poétiques.

Quand se multipliaient les portraits d'humains, ces portraits d'arbres (à côté desquels pose un petit individu-étalon) inversent en effet les priorités. L'arbre n'est plus un décor de fond, parfois peint, pour montrer la famille ou la célébrité locale, mais le centre des préoccupations avec un personnage alibi, relégué à jouer les unités de grandeur. Ecrite avec des scientifiques qui nous racontent les pérégrinations de ces végétaux issus de tous les continents, cette exposition, largement diffusée avec le Musée du Vivant et la Ligue de l'Enseignement, nous plonge dans des vues oniriques bistres, grises et sépia. Science et art se rencontrent ainsi comme chez Marey ou Blossfeldt, avec ces passages entre les genres que j'affectionne.

C'est réalisé pour la manifestation Arbres, Artistes, Jardins des Rendez-vous aux Jardins 2013 (31 mai-1er juin-2 juin). Jean-Luc Moulène et Marc Touitou y participent avec une installation autour de Fénautrigues, ainsi que George Orrimbe de l'OuPeinPo et sa Forêt de mots. Succès populaire garanti par la visite guidée avec les chercheurs du potager-verger-ruches sur le toit d'AgroParisTech, rue Claude Bernard. Vous avez dit mélange des publics ? Oui, c'est exemplaire et j'en suis fier.

La Coopcultu
banque de données participative

La Coopcultu

avril 2013
J'ai proposé à Gilles Luneau de créer sur www.globalmagazine.info la Coopcultu. Réaction enthousiaste. De quoi s'agit-il ? Il s'agit de mettre en place un repérage par région de tout ce qui bouge le vivre ensemble, des initiatives culturelles au sens traditionnel aux économies de la gratuité, solidaires, écologiques... Bref, tout ce qui permet de refonder en réseau des solution de vie et d'échanges innovantes, variées, expérimentales. Face à la panne nationale, faire que les consommateurs-acteurs bougent au quotidien et imposent en réseau un gouvernement de régulation planétaire pour la justice et la durabilité. L'info c'est de l'action: inscrivez-vous et signalez les micro-initiatives qui vous semblent intéressantes.
Politically InKorect !
film long-métrage

Politically InKorect !

avril 2013

Après un premier tournage en 1997 et une présentation dans l'exposition sur Noël Arnaud Prises de Terre au musée d'art moderne de Toulouse (dans une version beaucoup plus réduite et sous un autre titre), voilà enfin cette dette de mémoire personnelle. Elle met en lumière un personnage, Noël Arnaud, toujours secret, en racontant l'histoire des avant-gardes artistiques de Dada aux situationnistes cherchant à faire de nos vies des oeuvres d'art totales. Vaste programme dans nos temps de médiocrité pesante. Mais plus que jamais d'actualité. Résistons !

Première projection le mercredi 17 avril à 18h30 à la Bibliothèque nationale de France


Politically InKorect !

Noël Arnaud

et Dada, Jarry, Picasso, Jorn, Duchamp, Debord, Vian, l'Oulipo...

Un film (1h10) de Laurent Gervereau avec la complicité de Jean-Hugues Berrou et Emmanuel Chirache

Histoire d'un invisible : voilà le chaînon manquant --et longtemps caché-- entre Dada et les situationnistes ou Fluxus, en passant par le surréalisme clandestin pendant la guerre et Cobra. Il s'agit du seul film où cet homme secret parle de son parcours incroyable, à la fois acteur et passeur des avant-gardes, ayant côtoyé tous les personnages essentiels cherchant à changer la vie, à sortir des frontières de la peinture de chevalet, bousculant la littérature. Entre jazz, dérives, toiles provocations, fêtes-happenings, rires et absurde, une existence-oeuvre d'art totale.

Y sont notamment insérés : le manuscrit original de Liberté de Paul Eluard; un entretien inédit de Constant sur Cobra et les débuts de l'Internationale situationniste avec New Babylon; des extraits sonores de la conférence de Guy Debord et Noël Arnaud en 1957.



Histoires et déboires d'eau
exposition à diffusion gratuite

Histoires et déboires d'eau

avril 2013

Cette exposition est présentée à partir du 12 avril 2013 à Montpellier. Elle a l'originalité --sur un sujet maintenant battu et rebattu-- de parler avec des images très variées des rapports des humains avec l'eau depuis la préhistoire jusqu'à aujourd'hui. Je tiens à cette profondeur de champ. Elle modifie notre perception des choses et incite à réfléchir. Pour autant, les textes écrits sous la houlette de la chercheuse Sophie Richard apportent le dernier état des connaissances et des débats.

L'expo est téléchargeable en ligne gratuitement, diffusée massivement avec la Ligue de l'Enseignement. Merci pour l'aide icono et la maquette à Aurélie Utzeri et Dominique Cornille. La belle photo de une sur Paris inondé (à la suite du réchauffement climatique ?) est de Hervé Bernard.

ECOLUDO
jeux vidéo écolos

ECOLUDO

mars 2013
Ce fut une longue aventure : arriver à faire se croiser les collections du Musée du Vivant, les programmes de seconde en Sciences et vie de la Terre (SVT) avec l'enseignant Frédéric Ledru, et des animations ludiques au graphisme innovant (Eric Mouton), ne fut pas une mince affaire. J'ai créé l'architecture générale et inventé les premiers jeux basiques. Après des déboires et des départs (Emmanuel Chirache), il faut le dire, la coordination de Jean-Hugues Berrou fut décisive. C'est beau, c'est sympa et utile (je l'espère).

2012

LE LOCAL-GLOBAL. Changer soi pour changer la planète
livre

LE LOCAL-GLOBAL. Changer soi pour changer la planète

octobre 2012

Depuis les années 1970, j'ai toujours eu le souci du comparatisme, des multi-points de vue, marqué par les séjours que j'ai fait très tôt dans des pays étrangers. Mes groupes de création furent internationaux, les revues bilingues (plus tard les sites Internet multilingues). Voilà d'où est née ma conviction de la nécessité d'une histoire stratifiée (Laminated History), prenant en compte les niveaux locaux, régionaux, nationaux, continentaux et planétaires. Voilà l'origine du fait que mes amis m'appellent "Mister Local-Global".

La philosophie de la relativité ou le "crossmedialisme" littéraire sont nés grâce à cette conscience d'une ubiquité nouvelle pour nos identités imbriquées. La sortie de l'ouvrage LE LOCAL-GLOBAL --simultanée avec l'action artistique planétaire "Résistance des savoirs/Knowledge is beautiful" (voir la rubrique de ce site où clignote un petit signe)-- est donc l'aboutissement d'un long processus. Il rassemble des textes anciens et récents en proposant une vision philosophique et politique. A traduire.

MANGER
exposition

MANGER

10/12
Cette grande exposition historique sur les rapports entre les humains et la nourriture replace les marottes actuelles (la cuisine de l'ère du cocooning) dans une réflexion longue qui traverse les civilisations. Elle permet, ce faisant, de donner une histoire en images de la gastronomie jusqu'aux questions des plus actuelles (malbouffe, bio, alicaments, commerce équitable...) Ce fut un long travail qui m'a permis de compléter les collections du Musée du Vivant au château de Grignon, dans ces lieux qui abritèrent le premier Musée de la gastronomie ouvert par Jack Lang en 1989 avec Robuchon et Senderens et animé par le pâtissier Wayntraub. L'expo est en partenariat avec la Ligue de l'Enseignement. Elle est gratuite pour une diffusion très large grâce au téléchargement en ligne.
Jardins dans la ville
exposition

Jardins dans la ville

juin 2012

Quand je viens de tailler l'eucalyptus dans ma cour et de feuilleter le dictionnaire Botanica, tapi au creux de ma cabane, tandis qu'embaume le jasmin blanc épanoui grimpant le long des tuyaux, se prépare une opération Jardins dans la ville. Le sous-titre en est : Vagabondages entre cités-jardins, potagers urbains et jardins ouvriers. Il s'agit d'une exposition (que j'ai conçue) du Musée du Vivant avec la Ligue de l'Enseignement, diffusée gratuitement et lancée le 1er juin à l'occasion des Rendez-vous aux jardins. Gilbert Shelton a amicalement accepté qu'une de ses images en soit l'affiche, comme Luc Schuiten permet de la conclure, mais il y a tant de vues formidables et anciennes. Elle s'accompagne du dévoilement au public de la banque de données "Images de jardins" avec l'Ecole nationale supérieure de paysage/Potager du Roi, première banque de données de ce genre historique et internationale. Une animation à cette occasion : la visite rue Claude Bernard à Paris du potager expérimental d'AgroParisTech de 1000m2 sur une terrasse dominant tout le quartier Mouffetard. Les jardins, c'est à la mode, bon, mais quel plaisir. Même les paresseux font du Guerilla Gardening. Partons à la reconquête végétale des villes ! Allez, il faut tailler le rosier et foutre la paix à l'olivier, si heureux.

LE LOCAL-GLOBAL. Changer soi pour changer la planète
livre

LE LOCAL-GLOBAL. Changer soi pour changer la planète

janvier 2012

En fait, ce livre a été réalisé pour les Québécois en 2011. Il a rassemblé un ensemble d'écrits théoriques dispersés et repris cette idée du local-global que j'avais mise en place il y a plusieurs années. J'ai fini par l'offrir en ligne début 2012 en le complétant ensuite par deux textes qui avaient eu un certain succès, publiés sur le site du journal Le Monde (concernant la question des "civilisations", où d'ailleurs je m'oppose à Edgar Morin qui continue à ne pas accepter un point de vue relatif et pense une "politique de civilisation" sans accepter des  civilisations plurielles ; et relatif à l'échec du nationalisme face à l'idéal républicain). Voilà un petit opuscule politique --au sens propre, permettant de s'occuper des affaires de la cité-- qui furète entre les aspects culturels et économiques, qui prend des exemples français en pleine campagne électorale et élargit le propos au mondial. Il est théorique et pratique. Il est généraliste et spécialisé. A diffuser massivement, tant les doutes sont grands et les gourous avides pour fournir de fausses solutions liberticides.

En couverture, du très local baigné de beaucoup de vent global (mon nez en plein hiver sur l'île de Molène).

2011

GOUVERNER. Les invisibles prennent la parole

GOUVERNER. Les invisibles prennent la parole

12/11

Voilà le deuxième petit livre de SEE, les socio-écologistes nés au Brésil et au Canada. Il est lisible intégralement sur le site SEE, téléchargeable dans "idées, philo, politique" sur ce site. Diffusez au maximum: les politiques n'ont plus d'idées, ils se font enfumer par les crises, secouons-les ! Les nouveaux rapports locaux-globaux, les consommateurs-acteurs, les spectateurs-acteurs, peuvent changer radicalement l'organisation du monde. Pour cela, il importe d'avoir une vision claire : GOUVERNER incite à réfléchir à l'organisation de la planète ; GOUVERNER définit des objectifs ; GOUVERNER décrit une stratégie pouvant s'appliquer dès maintenant.

Notre planète relative a besoin d'une confrontation d'expériences et d'un minimum de consensus pour sa perpétuation matérielle et pour les choix de ses valeurs morales.

Les images mentent ?
exposition et livre

Les images mentent ?

09/2011

Depuis l'année 2000 où mon livre Un siècle de manipulations par l'image a été épuisé en 15 jours, le livre ou l'exposition (faite de pièces originales difficiles à déplacer) ou des conférences sur le sujet me sont demandés partout.

Plus de 10 ans après, je me suis décidé à tout reprendre, réécrire, réactualiser: Les images mentent ? Manipuler les images ou manipuler le public. A l'aide d'images du Musée du Vivant et de collections particulières, en partenariat avec la Ligue de l'Enseignement et l'Institut des images, une exposition est proposée gratuitement sur le site www.decryptimages.net.  Elle est une entreprise citoyenne destinée à une diffusion massive, car chaque organisme, même sans argent, peut la présenter. Un livre l'accompagne, achetable sur ce site (rubrique "livres"). Je suis très heureux que cette réflexion sur une question centrale de notre époque puisse ainsi toucher largement.

Il faudra s'occuper des traductions.

Une histoire mondiale de l'écologie en images
livre et expo virtuelle en ligne

Une histoire mondiale de l'écologie en images

09/2011

Ce fut un travail de plusieurs années pour le Musée du Vivant (premier musée international sur l'écologie et le développement durable), que j'ai fondé en 2005. L'histoire de l'écologie est très mal connue, généralement de façon nationale et sur un plan politique. Il s'agit donc d'un plaidoyer pionnier pour une prise en compte large de l'écologie dans l'histoire des idées.

Mon propos fut d'inscrire cette histoire dans une réflexion générale sur les rapports des humains avec leur environnement, donc sur la longue durée. J'ai voulu aussi que ce soit une histoire globale, internationale. Enfin, le fait de la réaliser en images, avec de courts textes, vise à la rendre vivante, accessible, et à faire découvrir des aspects et documents insoupçonnés.

L'exposition virtuelle qui en résulte est d'accès gratuit sur le site du Musée du Vivant (signalez, faites circuler). Le livre est vendu ici (rubrique "livres").

Des traductions se préparent.

Sauver la forêt laotienne
exposition

Sauver la forêt laotienne

09/2011

Voilà. C'est un partenariat de la Mairie de Paris et du Musée du Vivant. C'est aussi une sélection que j'ai réalisée dans le travail photographique de Jean-Hugues Berrou lorsque nous sommes allés ensemble dans la forêt laotienne avec Marc Dufumier. A l'extrême-Nord, avec des autorisations spéciales, dans le Triangle d'Or, près de la frontière chinoise. En territoire yao. C'est la première exposition de ce partenariat dans l'ancien parc tropical devenu  parc René Dumont, au sein du pavillon de l'Indochine rénové, en lisière du bois de Vincennes. Un bel endroit.

Amazonies
exposition

Amazonies

09/2011

AMAZONIES. La forêt guyanaise entre mythes et réalités est la première exposition sur bannières présentée rue Claude Bernard, au siège d'AgroParisTech. Ce fut compliqué à monter mais j'ai eu l'aide vraiment très amicale et sympathique de l'association des anciens (avec René Dussautois et Henri Fernandez), Marie-Pierre Quessette à la communication, Sophie Ravailhe pour l'aspect technique et Dominique Cornille avec Aurélie Utzeri pour la réalisation. Voilà le générique : je ne le fais pas toujours mais c'est vraiment cette conjugaison de bonnes volontés qui nous a permis de finaliser l'opération.

L'idée générale est de ne pas faire de la propagande institutionnelle bébête que les gens ne regardent plus, mais de poser des questions, de mettre en valeur le patrimoine,  même en quelques panneaux. Bref, d'être exigeant pour ces expositions publiques (qu'on aperçoit en voiture ou à pied), autant que pour des expos payantes.

Le Goût du monde
exposition et livre

Le Goût du monde

juin 2011

L'exposition "Le Goût du monde" a ouvert. C'est la grande manifestation annuelle de la Saline d'Arc et Senans construite par Claude Nicolas Ledoux au XVIIIe siècle,  lieu vraiment exceptionnel. L'exposition montre la collection des gouaches originales botaniques du Musée du Vivant (2,50 m de haut...) peintes en 1890 par Henri Boisgontier, artiste de l'école de Barbizon. Impressionnant : des plantes surréelles et surdimensionnées aux sexes béants...

Quelle étrangeté. Il y a aussi un charmant festival de jardins sur la circulation des espèces dans le monde. Vous apprendrez beaucoup.  "Que du bonheur!", comme disent les crétins à la télévision. En vérité : des moments d'exception.

L'exposition dure jusqu'en octobre 2011. Elle fut le résultat d'un travail en collaboration avec le très élégant et très délicieux Michel Pierre (et Isabelle Sallé et toutes les équipes). Un bel esprit indépendant. Un livre est publié qui restera, dans lequel les origines et migrations des plantes sont racontées. J'y ai travaillé à une étude sur l'histoire des représentations de la flore. Les curieux trouveront de plus la brochure SEE (socio-écolo-évolutionnistes) à la librairie.

En attendant l'hiver...
film long-métrage

En attendant l'hiver...

05/2011

Voilà mon 6e long-métrage fini (1h17). Il a été tourné au Nunavik. J'ai beaucoup de tendresse pour cette méditation critique sur la forme documentaire et la vie quotidienne chez les Inuit : de l'écologie culturelle. Emmanuel Chirache (montage) et son ami musicien ont fait un travail très respectueux sur cette attente antonionienne de l'hiver au temps des dérèglements climatiques.

C'est une lente dérive immobile. Partir loin pour se comprendre. Je suis toujours en contact avec mes hôtes si chaleureux et solidaires. Ils secouent nos idées reçues. Nous habitons partout dans des villages Inuit.

Je m'occupe de sa sortie en salles et de sa distribution.

Mixplanet
bande dessinée

Mixplanet

février

Ca y est, elle est superbe et elle est en vente en ligne. Ce fut une longue histoire. J'avais écrit tout un découpage classique et étais même en contact avec Moebius. Xin Ye, artiste chinois ayant étudié aux Beaux-Arts de Pékin, professeur de calligraphie en France et ayant publié des critiques de BD pour une revue spécialisée chinoise, a interprété. Nous avons fait plusieurs versions pendant deux ans, dans un échange constant.

 Le résultat est ce bel album en couleur. Il joue sur le rapport texte-image, comme Töpffer, créateur de la BD. C'est une projection dans le futur dont l'humour et le drame ne sont pas absents. Avec des images dans les images, les pluralistes s'opposent aux "klons" (des monorétros figés et intolérants).

 Nous changeons de monde.


Expo Inuit
expositions de photographies

Expo Inuit

janvier 2011

Après mon voyage au Nunavik fin 2010, j'ai rapporté la matière d'un film sur le climat et la vie quotidienne chez les Inuit. J'ai également réalisé un important reportage photographique déposé au Musée du Vivant-AgroParisTech (premier musée international sur l'écologie et le développement durable). Cela permet à ce musée de proposer aujourd'hui deux expositions temporaires itinérantes sur cette question. L'une, plus courte, est en 27 images et peut se décliner sous forme de bannières de différents formats (même juste quelques très grandes images choisies dans la ville ou des villages). La seconde, en 70 images, est destinée à être présentée en installation artistique avec différents tirages et formats conçus en fonction des lieux. Merci à Dominique Cornille pour la maquette (et Emmanuel Chirache planche sur le montage film...).

L'image générique correspond à une vision incroyable lors d'une expédition dans le parc des Pingualuit : le cratère rond avec de l'eau non gelé formé par une météorite, surplombé par un nuage foncé exactement du format du cratère...

 Tout cela nous apprend beaucoup sur l'ailleurs et ses mutations mais nous fait réfléchir aussi sur nous-mêmes.

Halte aux voleurs d'avenir !
livre

Halte aux voleurs d'avenir !

janvier 2011

Cela fait des années que je dénonce un phénomène très français et qui explique la morosité de ce pays : le renonciation à toute perspective pour le futur. Déjà, interviewé par France Inter en 2005 au moment de l'émission de Jacques Chirac avec les jeunes, je parlais de "fracture générationnelle". Dans la foulée, j'écrivais un petit texte d'humeur Bas les pattes sur l'avenir ! publié chez Sens & Tonka (2005). J'y stigmatisais cette France vieillissante, grand hôpital geignard, où en plus les mêmes s'accrochent pathétiquement à leur pouvoir et à leur fric (planqué). Au pays de la combine généralisée et du mensonge, "ascenseur" social est devenu un gros mot incongru.

Je décrivais également un phénomène totalement inédit dans l'histoire : la privation de perspectives. Les gestionnaires de droite nous expliquent que le système marche mal, est très inégalitaire, mais que c'est le moins mauvais et qu'il n'y a pas d'autre mode de vie que cette consommation passive. Et les  gens de gauche, convertis au pouvoir, nous disent qu'ils ont tenté toutes les révolutions, que cela s'est toujours mal terminé et donc qu'il faut se satisfaire du système en place avec un peu de saupoudrage social pour amortir.

Le rêve, c'est fini. Il s'agit pour ma génération --qui n'a entendu que le mot "crise" pendant que certains ne cessaient de se goberger en petits cercles-- d'un déni d'avenir scandaleux. Seuls les écologistes incitaient à repenser les fonctionnements personnels et collectifs à cause des périls globaux. C'est juste. Mais a-t-on besoin de périls pour bouger ? Le retour au local, à notre univers "visible" directement, montre le pouvoir que nous avons  en fait sur notre quoridien et nos organisations sociales. Il est temps de forger des consommateurs-acteurs, comme des spectateurs-acteurs.

Après le mot "crise" agité depuis 1973 (donc depuis plus de 30 ans), c'est celui de "mondialisation" qui devient le nouveau hochet pour faire peur à nos consommateurs passifs et décervelés en "insécurité". Le livre Halte aux voleurs d'avenir ! (écrit à l'été 2010 pour le site jeune participatif www.fauteuiltronik.com)  rompt heureusement (très téléchargé) avec ces pièges mentaux. Il remet en route la machine à imaginer. Il affirme que la mondialisation n'est un danger que si elle est subie, parce que chacun ne s'occupe pas de son univers proche et, dans un dialogue en réseau, ne demande pas des règles minimales réciproques internationales. La solution est le retour au local et les échanges locaux-globaux.

A "insécurité, crise, peur", répondons donc résolument "justice, proximité, durabilité". Nous attendons que les candidats de la prochaine élection sortent le pays de sa frilosité et de ses illusions perverses d'une protection nationale (la théorie du bunker) pour remettre en marche la responsabilité individuelle, les solidarités collectives de base (acheter c'est décider : j'achète pour défendre les produits de proximité, je boycotte les entreprises non-éthiques), et la machine à imaginer soi, sa vie, son quotidien, son espace social. Une citoyenneté dynamique et pas l'assistanat généralisé.

Fauteuiltronik a contacté des éditeurs pour diffuser aussi sur papier pas cher ce livre roboratif. Faites savoir et circuler. Ne nous laissons pas voler une fois de plus la parole par les ratiocineurs patentés, qui rabâchent à longueur de médias, alors qu'ils se sont trompés depuis 30 ans. Assez des baveux aigris, des "c'est pas la peine". La crise c'est eux et leur incapacité à penser, leur gâtisme profond, leur perpétuel torticolis rétro. Faites circuler les films, achetez ou envoyez le livre. Bougeons.

Halte aux voleurs d'avenir !

(ce livre est désormais en lecture gratuite ici. Cliquez sur le titre dans "lire plurofuturo (SEE)". Cela permet d'éviter les vicissitudes éventuelles du site fauteuiltronik.com)


Planète juste et durable (SEE)
brochure

Planète juste et durable (SEE)

février 2011

La question de la politique revient à trouver la bonne distance : réfléchir trop loin risque de n'avoir aucune incidence pratique ; être trop près, incite à se broyer dans le picrocholin, à ne plus décider que l'anecdote emporté par le torrent des pressions quotidiennes. 

Sollicité par les Brésiliens et les Canadiens, j'ai laissé reproduire un de mes textes sur l'écologie culturelle. Politiquement, face à la déliquescence française, au foutoir d'un orchestre sans public au chef criant des ordres dans tous les sens sans aucune lisibilité, il est temps de s'occuper des deux questions centrales : la justice et la durabilité. 

Un site s'est ouvert aussi : www.see-socioecolo.com.  Il faut peser sur notre monde actuel et préparer le futur dans une dimension locale-globale, rétro-futuro et évolutionniste.

cinéma espresso en salle
5 films longs-métrages

cinéma espresso en salle

janvier 2011

12 janvier 2011 : le premier film du "cinéma espresso" (voir la rubrique "films") L'Info est-elle comestible ? est sorti au Reflet Médicis (rue Champollion, Paris 5e). 4 des 5 films vont être projetés les 21 et 22 janvier en ouverture du FIPA à Biarritz. Bref, ils vont bouger (me contacter par le biais de ce site).

Réalisés avec 5 collaborateurs différents, ils ont été possibles grâce à la Métropole Rhin-Rhône et à l'année Utopies & Innovations. Chaque film traite un grand thème et ils sont volontairement très différents. Le but est d'éviter le formatage.

Qu'ils vivent désormais !


2010

Dictionnaire mondial des images
livre papier

Dictionnaire mondial des images

novembre 2010


"Réflexion sur un nouvel objet de la culture humaine, le visuel", selon l'expression de Jacques Le Goff, cette somme rassemblant 275 spécialistes du monde entier sort en libraire version poche (diffusé par SODIS-Gallimard). Elle coûte 35 euros. J'aurais préféré moins cher encore. Mais c'est une référence sur le long terme qui devient largement accessible. Cela fait plaisir et d'autres prendraient leur retraite...

Voilà en effet une ouverture concernant un aspect fondamental des connaissances aujourd'hui : l'univers visuel. Dans un temps où civilisations, supports et époques se catapultent avec la même actualité sur écran pour tous, des repères larges sont indispensables. Il s'agit d'un enjeu essentiel du futur. Mais quand cessera l'aveuglement sur ce terrain ?

Là encore, allons de l'avant et exportons nos savoirs.

cinema espresso et fauteuiltronik
conférence de presse

cinema espresso et fauteuiltronik

14 octobre 2010

Voilà une photo prise par Jean-Hugues Berrou lors de ma conférence de presse au cinéma Reflet Médicis. J'avais mis mon bonnet dogon pour bien montrer l'ubiquité qui est désormais la nôtre. Malgré la grève, il y avait du monde. J'y lançais beaucoup de choses. D'abord, le cinéma espresso et les 5 films de cette "nouvelle Nouvelle vague", réalisés pour l'année Utopies & Innovations organisée par la Métropole Rhin-Rhône. Ensuite, les 5 livres mis en vente sur le site gervereau.com. Enfin, le lancement du site jeune participatif www.fauteuiltronik.com avec mon livre gratuit en ligne Halte aux voleurs d'avenir ?Il ne pouvait pas venir plus à point nommé quand le pays gronde, qu'une oligarchie se crispe sur pouvoir et argent et qu'aucune perspective n'est offerte à la jeunesse.

 Le buzz va faire de vous aussi des pragmatiques idéalistes, des pessimistes dynamiques, prêts à réimaginer des futurs, depuis notre univers visible en alertant partout ! ATTENTION, sortie en salles des 5 films le 12 janvier  2011 (distribution Baba Yaga Films).

cinema espresso
coffret de films

cinema espresso

octobre 2010

Dans le cadre de l'année Utopies & Innovations de la Métropole Rhin-Rhône, est lancé pour les médias et quelques privilégiés un coffret élégant (rare) des 5 longs-métrages que j'ai réalisés. Ce sont des documentaires titrés "cinema espresso". Utilisant les techniques numériques maintenant à notre disposition, ce cinema espresso est une sorte de nouvelle Nouvelle vague, permettant de tourner pratiquement sans producteur, à équipe minimale (2 personnes) et dans des temps très courts (deux semaines) des films ambitieux (avec un long travail de montage et de préparation).

C'est un moyen d'échapper aux formatages imposés partout et de laisser s'exprimer des réalisateurs du monde entier, même dans des pays à très petits moyens. Nous avons en effet besoin de cette bouffée d'air pour régénérer le cinéma dans toutes ses formes et pour tous ses supports, de la projection sur grand écran (qui reste une part essentielle et constitutive) aux diffusions sur le Net.

Chacun des films traite d'un sujet important de notre monde contemporain (voir la rubrique "films"). Il le traite volontairement dans des styles variés et inhabituels. Par exemple, L'info est-elle comestible ? (souvent demandé) se refuse à être une lourde thèse avec commentaires insistants, musique et scandales (pour se vendre). Il donne en fait les éléments d'une vaste enquête à un public qui se fait son opinion comme il veut. En même, temps je ne cache ni les anomalies (les géo-caricatures, les copinages des médiateurs "multi-cartes" ou l'invisibilité, par exemple), ni la crise générale des supports, ni le basculement de la société du spectacle aux sociétés des spectateurs-acteurs. La transition est rude quand il faut à la fois encourager plus d'initiatives individuelles et collectives venant de partout et refuser le réflexe simpliste et poujadiste dangereux du "tous pourris", parce que les citoyens ont besoin de médiateurs concurrents qui trient et enquêtent.

Ce film forme un pendant avec la grande enquête --de Hiroshima à aujourd'hui-- sur le statut des images au Japon, du particularisme à la globalisation. Autre couple, le film sur l'Inde, volontairement très visuel, fondé uniquement sur images et sons, et celui sur le Mali, bâti à partir des paroles de Maliennes et de Maliens avec une critique de tous les néo-colonialismes de l'image (enfermer l'Afrique entre pittoresque et horreur).

A travers les utopies, qui fut le premier réalisé, est, lui, une réflexion à la fois personnelle, intime, philosophique et politique. Elle rejoint mes 5 ouvrages en ligne.

Voilà. Après ces exercices de confrontation avec le "réel" (du moins ses reflets), j'aimerais expérimenter les voies de la fiction. Continuons donc ainsi à découvrir, à prendre des risques, à être curieux, à apprendre, avant d'être ratatiné...

(si vous êtes intéressés par ces films, me joindre par la rubrique "contact")

L'info est-elle comestible ?
film long-métrage

L'info est-elle comestible ?

2009-2010

Voilà un film à voir et revoir. Etude critique du fonctionnement des médias, il se refuse aux mécanismes habituels : thèse accusatrice martelée avec force commentaires, musique et images destinées à "vendre" du scandale.

Il se présente comme une grande enquête sur la crise des médias. Il décrit le difficile passage d'une société du spectacle (à l'ère télévisuelle) à des sociétés des spectateurs-acteurs (à l'ère d'Internet). Ce faisant, il pointe discrètement nombre d'anomalies en refusant un poujadisme facile et dangereux ("tous pourris") quand les citoyens ont besoin de professionnels concurrents pour trier et enquêter --ce qu'ils ne peuvent souvent pas faire-- et que la précarisation des médiateurs constitue un danger patent pour la qualité de leur travail et leur indépendance.

Conçu et tourné en 10 jours à cause d'une interdiction subite de partir en Iran pour faire un autre film longuement préparé ("Planète verte ?"), ce fut une performance. Merci d'abord à Cyril Stern, délicieux et efficace compagnon d'aventure. Merci aussi à celles et ceux qui se sont immédiatement rendus disponibles pour cette introspection délicate (tandis que d'autres fuyaient, très paranoïaques...)

Constat avant évolutions : le marasme touchait en 2010 principalement en France la presse quotidienne et la télévision, alors que les possibilités d'Internet étaient totalement sous-utilisées. 

l'homme planétaire
roman

l'homme planétaire

septembre 2010

Le grand roman de nos mutations planétaires !

Ce livre épais (dans sa version papier) a été écrit des années 1970 aux années 2000. Il défend une littérature-monde exigeante en réseau : «l’univers est mon territoire, mon jardin une aventure». Dans nos temps d’ego-histoires, de littérature-marketing, d’écriture-confessionnal, il pousse à refuser la résignation, inventer, sourire dans un tissu spatial, une « Net-écriture » exigeante, pour inciter les êtres hybrides que nous sommes à choisir –et à évoluer.

Parlant bien sûr de « l’homme » au sens générique « d’ être humain », il décrit nos identités imbriquées en trois temps : la jeunesse et le passé à travers « Défaut d’identité » ; la construction toujours évolutive d’un «soi» pluriel à l’âge dit adulte dans « Où suis-je ? » (édité en 2001 sous le titre Ce livre n’est pas à lire chez Sens & Tonka et choisi dans les sept romans de la rentrée littéraire par Les Inrockuptibles et France-Culture); le futur à travers « mixplanet », qui fait actuellement l’objet d’adaptations sous forme de bande dessinée et de films (traductions).

Vous pouvez lire l’ensemble classiquement du début à la fin. Vous pouvez aussi cheminer, picorer suivant les humeurs, musarder, pratiquer une lecture discursive, erratique. Bref, ce roman vous appartient désormais. Notre monde a basculé. Nous sommes des mutants. Promenons-nous à la frontière du visible.

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pour une philosophie de la relativité
essai

pour une philosophie de la relativité

septembre 2010

Traité philosophique en plusieurs étapes de nos temps mutants !

Les habitants de notre planète commencent enfin à prendre conscience de l’interactivité, d’un devenir commun et de la relativité, dans le temps et dans l’espace. Finie la croyance prométhéenne d’uniformisation autour d’un personnage, d’une croyance ou d’une technique. Certains en déduisent alors la nécessité de construire des bastions radicalisés. D’autres se perdent au jour le jour dans la confusion, le marasme, la consommation addictive, les gourous et les poudres de perlimpinpin.

Voilà pourtant l’ère possible du choix individuel et collectif, et des évolutions : nous sommes des projets toujours à revoir. Voilà le temps aussi des savoirs pour analyser son univers visible –ce qui est autour de soi—et son univers projeté, ces reflets envoyés de partout, orientant notre compréhension du monde, donc nos actes.

Toutes ces questions sont abordées à travers des textes volontairement diversifiés : finis les corps de doctrine ou les tables uniques de la loi. A chacune et à chacun de s’en emparer pour avancer. Tentons les livres et les pensées durables au temps de l’obsolescence, de l’hystérie compulsive des modes éphémères, du jetable.

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ici et partout
essai

ici et partout

septembre 2010

Trois essais d'écologie culturelle !

Voici une réflexion en trois livres : Vers une écologie culturelle ; Un monde micro-macro ; Renverser le monde. Cette trilogie correspond à trois étapes de pensées sur les questions d’écologie. Outre le fait que l’auteur a fondé le premier musée international sur l’écologie et le développement durable (Musée du Vivant-AgroParisTech) et est vice-président de la Fondation René Dumont, elle s’est enrichie de déplacements successifs en Guyane, au Laos, en Mongolie, au Japon, au Mali ou en Inde.

Elle est basée sur la conviction profonde que l’écologie doit garder sa base scientifique, c’est-à-dire être un terrain expérimental, critique, objet de débats et évolutif. Ainsi, la dimension humaine et culturelle ne sera pas ignorée –pour les villes et les campagnes–, en bannissant toute normalisation de la planète. Elle illustre aussi la nécessité de sortir enfin d’une conception scandaleusement directive de quelques sources d’Europe et d’Amérique du Nord, pour s’ouvrir à la confrontation des points de vue décentrés planétaires.

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je suis pluriel
chroniques

je suis pluriel

septembre 2010

Chroniques intempestives du monde mutant !

Face aux moutons de la production consumériste aveugle, aux néo-marxistes racornis, aux post-modernistes dépressifs, aux passifs vaguement réformistes et aux conservateurs de tous acabits et toutes croyances en passant par les communautaristes bunkerisés, les pluriels pensent l’exception comme nécessaire, la marge comme génératrice et même l’opposition comme inévitable et salutaire. Fin de l’uniforme, des blocs totalitaires, des mondes parfaits. Fin de la croyance : joies et souffrances de l’expérimentation. Je, tu, elle, il, nous, vous, ils...

Ce livre est né de petites chroniques en ligne : des micro-éclairs de quotidiens, basculant du détail aux principes, sujets aux humeurs et aux scories du temps, instinctifs plus que démonstratifs, répétitifs parfois, dans des styles alternant les genres, grumeleux, évolutifs. Ils tiennent fondamentalement à la certitude que chacune et chacun choisit à chaque moment, décide des petites et des grandes choses, se meut dans la masse tout en étant une singularité sans cesse recommencée.

Les pluros-futuros, les pluralistes, les pluriels, sont en effet des moteurs. Désespérés, fragiles, pessimistes, le réalisme sert à les passionner par amour de l’éphémère. Ce livre s’adresse à celles et ceux qui ont basculé, constaté leurs identités imbriquées, explorateurs du visible. A l’ère d’Internet, ils ont l’illusion heureuse que le cri d’une seule peut déchirer le silence lourd de milliards, que rien n’est acquis, que les pré-jugés nous engluent, que seule la multitude de regards secoue les réels. Voir dans un monde multipolaire, c’est comparer, avoir le sens de la relativité.

Voilà des chroniques pour pragmatiques visionnaires.

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rien à voir
polar

rien à voir

septembre 2010

Un polar philosophique, c'est pas dla tarte !

Voilà une balade comique dans le New York du troisième millénaire. Les Twin Towers ne demandent qu’à être détruites et des histoires de jumelles hantent une population bigarrée. Il s’en passe des choses : crime, sexe et photos… Un couple improbable s’aide pour enquêter. Mais qui donc a trucidé la Salmonara quand ces saloperies de tours ont été crashées ? Pourquoi ?


Une histoire de gratteurs d’images, quand tout est déjà à reconstruire avant même d’être détruit. Bouquin jauni et corné d'avoir été trop lu, qui sent la pisse de chatte et le hanneton écrasé. Oui, je sais, un polar peut être aussi un film, une bande dessinée, du théâtre... Bon, le paquet de pages lui convient bien, comme la boyard-maïs le bourbon, l'oeil dilaté le bas résille. C'est un genre sur tous supports, parfois un support trans-genre, et là quelque peu métaphysique, à s'en coincer la mandibule et gicler l'embolie, bref pas dla tarte...


L'envie m'a pris, genre bouée de glouglou panique, alors que je gardais un sale gosse censé être mon fils dans une localité de bord de mer qui a oublié avoir été hantée par Manchette. Le sable craquait sous la dent et le papier rêche poissait de sel (ou d’autre chose). J’y dévorais sur la plage –quand ce sucré et malin petit diablotin me laissait 4 secondes de liberté– des passages de l’Anthologie de la subversion carabinée où l’entarteur patenté a la gentillesse de me citer. Pareille activité me permettait de regarder autrement les gros ventres et les veines filasses, tout en formant antipoison à ce sale «politically correct» qui nous chloroforme jour après jour.

Neuf parties composent l’ouvrage et une certaine déraison l’habite, si ce n’est une rage. L’image arrive à la fin.

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Erro et la circulation planétaire des images
exposition et livre

Erro et la circulation planétaire des images

février-septembre 2010

Christian Briend du Centre Pompidou a fait du bon boulot. Cette exposition superbe présentait une donation majeure de collages d'Erro. J'ai déjà dit l'importance que j'accorde à cet homme généreux et à cet artiste essentiel. Voilà pourquoi j'ai accepté d'écrire pour le catalogue. L'exposition est allée à Dole en version augmentée (avec des toiles), inscrite dans l'année Utopies & Innovations.

C'est vraiment avec elle que s'est révélé le coeur quasi automatique du travail de découpages et d'accumulations d'Erro. Très intelligent et très indépendant à la fois (il ne se résume pas à la figuration narrative), il a exprimé des hantises (peur de la guerre, terreur des bombardements aériens...) et des dégoûts (surabondance de la marchandise et de ses représentations). Erro est un visionnaire de la circulation planétaire des images, de leur déqualification, de leur obscénité. Il est un moraliste.

Dans le même temps, son "méca-art" forme une contestation violente du statut de l'artiste, par l'acte radical de la récupération-création et une peinture qui se veut juste exécution anonyme faite par n'importe qui.

J'ai commencé à défendre son travail dans les années 1970 et acheté une oeuvre (à prix ridicule) dans les années 1980 pour le Musée d'histoire contemporaine, avant de parler de lui avec mon ami Neyer à Hanovre. Son travail restera comme un des plus importants de notre époque.

Je t'embrasse Erro...

La pauvreté, c'est quoi ?
film long-métrage

La pauvreté, c'est quoi ?

septembre 2010

 

Samedi 25 septembre, au Creusot a eu lieu la première mondiale du film "La pauvreté, c'est quoi ?". Tourné au Mali, ce film est pour moi l'inverse de ce que j'ai fait en Inde : film fondé sur images et sons d'un côté, film de paroles de l'autre. Seuls les Maliennes et les Maliens s'expriment.

C'est un film très doux, anodin en apparence. Il est fondé sur la pauvreté des images en refusant les clichés, le pittoresque ou le drame. Il contient d'ailleurs en son centre une partie contestant cette forme de caricature, ce néo-colonialisme par l'image (accompagnant un néo-colonialisme par les actes avec ces panneaux d'ONG tous les 3 mètres...). Et sa valeur vient alors des propos autochtones remettant en cause beaucoup de choses et notamment la dictature d'un "modèle" de développement à appliquer partout, alors qu'il échoue gravement chez ses promoteurs en termes d'environnement et de justice.

Mal signalé, il y eut très peu de monde mais des réactions très positives et passionnées de personnes connaissant de surcroît l'Afrique.

Où sont les déchets ?
Film (long-métrage)

Où sont les déchets ?

22/04/2010

Titre cru pour film poétique. Dans la série de ces cinq longs-métrages documentaires atypiques, celui-ci est volontairement le plus esthétique et allusif. Je me suis merveilleusement entendu avec Othello Vilgard, délicieux compagnon de voyage, cultivé, qui a une curiosité et un "oeil" --sens du cadrage et du son, sans avoir besoin de rien dire. Cela a permis de tenir la bride d'un parcours long, dense, parfois éprouvant, en Inde.

Pas de commentaire lourd, de leçon néo-colonialiste prétentieuse sur un pays aussi complexe, du genre tu viens 3 semaines, tu lis 2 guides et interviewes 10 spécialistes et tu expliques pendant 52 minutes aux habitants ce qu'il faut faire. Non, du temps, de la respiration, une construction en images et en sons, de la modestie. Tout est montré, du matériel au spirituel, pour inviter à réfléchir par soi-même, pour analyser et sentir par soi-même. L'inverse de ce que j'ai choisi au Mali : recueil de paroles croisées. Mais même volonté de respecter un territoire, la variété de ses peuplements, de ses situations : des films ouverts

Ce film est ainsi extrême, choix serré parmi des centaines d'heures fascinantes, décoction d'Inde. Je l'aime. Je l'assume.

La fabrique des images hybrides
Film (long-métrage)

La fabrique des images hybrides

07:03:2010

Voir la rubrique "Films". Entre Hiroshima et les créateurs récents, ce fut une difficile préparation, ne pouvant donner qu'un film complexe. Film sur les images d'un pays insulaire, volcanique, très tourné vers ses traditions protectrices et ouvert à toutes les technologies et aux mythes planétaires.

Ce premier film (parmi 5 pour l'année Utopies & Innovations) lance officiellement le cinéma espresso le 7 mars 2010 à 16h au musée international des utopies et de la science-fiction à Yverdon en Suisse. Le sujet est : images, censure, culture globale. Entre la préparation, le tournage difficile et le montage, quel travail...

Utopies & Innovations
année culturelle

Utopies & Innovations

janvier 2010

16 villes, trois pays (France, Suisse et Allemagne) et plus de 100 manifestations sur un an autour de notre capacité à réinventer des parcours individuels et collectifs en temps de crise, voilà de fait le plus important événement culturel en 2010. Allant du local au mondial, prenant les transformations dans toutes leurs dimensions, sortant du mythe sanglant du progrès unique, ouvert à l'inversion des regards et au rétro-futuro, c'est-à-dire à la possibilité de tri et de choix aussi bien dans les objets que dans les conceptions de vie, c'est un remue-méninges exceptionnel et festif.

J'avoue être très heureux de l'avoir conçu en tant que commissaire général. J'y ai retrouvé des personnes et des lieux formidables et découvert d'autres. J'ai pu oeuvrer librement grâce aux promoteurs de cette belle aventure qu'est la Métropole Rhin-Rhône, travail original de développement durable en réseau : Jean-Louis Fousseret, Jo Spiegel, Eric Anguenot, aidés de Carole Servin. Alors que je reviens de l'inauguration générale du 28 janvier à Besançon, souhaitons que cela relance la machine à imaginer et que les médias comprennent la richesse de ces propositions pluros-futuros...

2009

A travers les utopies
film long-métrage

A travers les utopies

novembre 2009

Le 22 novembre 2009 passe en avant-première de l'année Utopies & Innovations organisée par la Métropole Rhin-Rhône, le film long-métrage que j'ai réalisé avec la collaboration de Basile Remaury : A travers les utopies. A travers, c'est-à-dire, comment les traverser pour repenser notre vivre-en-commun basique, local, et l'organisation planétaire.

Il a été sélectionné à Paris pour clôturer le festival international du film d'écologie et fera l'objet d'un débat (avec notamment Thierry Paquot). Il irriguera l'opération de l'année prochaine. C'est un parcours subjectif. Il est écologiste au sens où je défends une remise en cause de nos comportements planétaires dans un esprit critique, d'évolution constante, typique de l'exigence de la démarche scientifique : une conception expérimentale.

Pour moi, c'est la continuité de 30 ans de réflexions singulières. Espérons qu'il sera vu largement et permettra de susciter des débats.

La guerre sans dentelles
livre et expo

La guerre sans dentelles

mai 2009
Le titre et l'idée sont de Jean-Jacques Aillagon : une confrontation peinture-photographie dans la Galerie des Batailles au château de Versailles. Ayant travaillé sur les peintures du château et sur la photo de guerre, j'ai accepté le commissariat (drôle de mot) de l'opération. Pour être sincère, à reculons car j'en ai un peu marre des représentations de la guerre et n'aime pas beaucoup revenir sur les sujets. Mais ce fut réjouissant, car la confrontation fonctionne dans le livre et l'expo. Elle est troublante, violente parfois, et même émouvante. Beaucoup de personnes me disent avoir redécouvert les peintures en les regardant autrement et compris certains aspects de la photographie de guerre. Nous saisissons ainsi, par rapport à la production culturelle ancienne (jusqu'au début du XXe siècle), combien la fracture est profonde et combien nécessaire d'acclimater le public par des figurations plus récentes et familières pour intégrer des réalités de jadis dont le sens est perdu. Parfois ainsi, je rejoins Georges Didi-Huberman sur la valeur heuristique de l'anachronisme.
Ouf
film

Ouf

03/09

Je suis très heureux de ce film infaisable. Il dure 12 minutes, est complètement atypique, volontairement hors normes. C'est une réflexion sur le thème de la folie en images. J'y prolonge avec plus de radicalité ce qui était présent dans La peur des images et entremêle textes, images fixes, mobiles, paroles (avec la compicité amicale de Thomas Coiffier).

Ce film n'est pas à voir, il est à revoir. En effet, beaucoup d'allusions sont disséminées qui ne se goûtent, à mon sens, qu'après être passé au-dessus de l'effet de surprise.

Projeté le 1er avril 2009 en ouverture de la journée sur les fous littéraires et artistiques à la Bibliothèque nationale de France, il est destiné à mettre en appétit. C'est en tout cas un baromètre. Quand ce genre de film ne sera plus possible, le cinéma sera bien mal en point

www.decryptimages.net
site Internet

www.decryptimages.net

03/09

Ouvert en mars 2009 : enfin un portail d'éducation aux images. Résultat d'une coopération entre la Ligue de l'Enseignement et l'Institut des Images, ce site rassemble 10 ans de travaux numériques qui avaient disparu par suite de cauchemars administrativo-financiers divers. Monté en trois mois d'efforts (bénévoles) intensifs, c'est vraiment un outil multimédia avec contenus lourds en ligne et multiples possibilités d'évolution.

Alors, qu'on ne vienne plus pleurnicher qu'il n'existe rien sur l'éducation aux images ! Entre les livres successifs réalisés et ces développements numériques (images, textes, animations, vidéos...), chacun a accès à des outils indispensables : repères dans le temps, histoire des supports et des civilisations, techniques d'analyse, témoignages de créateurs, corpus d'images libres de droits. Tout cela est conçu dans une perspective internationale, qui sera renforcée par nos correspondants et les apports des internautes dans leur langue d'origine.

Il me reste à tenter de vivre encore un peu.

posters écologie
affiches

posters écologie

01/09

Voilà une série de 6 posters et de 8 cartes postales tirés des collections du Musée du Vivant, premier musée international sur l'écologie et le développement durable (à AgroParisTech). Cela permet de valoriser ces collections exceptionnelles. Surtout, à une époque où tout le monde utilise des notions sans en connaître l'histoire, c'est un moyen d'apporter des repères. L'héritage scientifique de l'écologie --mot inventé par Ernst Haeckel en 1866, un disciple de Darwin-- reste fondamental. Il faut refuser toute religion ou toute idéologie écologiste, toute normalisation écologiste. Voilà, ce que je défends en parlant d'écologie culturelle : diversifier la diversité. Ces notions nécessitent de garder une approche pragmatique, expérimentale, évolutionniste, critique.

Merci, au passage, à Cabu qui nous a donné tous ses dessins originaux sur la nature et l'écologie (mais aussi à Plossu, Gilbert Shelton, Nicoulaud, Soulas, Nefzger, Chabot, Metsoko, Ye Xin, Cueco (Henri et Marinette), Speedy Graphito, Pedrosa, Sinono, André Stas... et tant d'autres).

ECO UNESCO et Fondation Dumont
organisations d'écologie critique

ECO UNESCO et Fondation Dumont

juin

 oJe rassemble ici plusieurs traces de création d'organismes autour de l'écologie. C'est en 2004 que j'ai commencé à travailler à la mise en place du Musée du Vivant, premier musée international sur l'écologie et le développement durable. Mes amis, plutôt libertaires et paillards riaient en pensant que je m'étais converti aux sectes de bouffeurs de graines et de buveurs de jus de pissenlit. Je ramais pour leur expliquer que l'écologie était née comme science, qu'elle supposait l'exercice critique et que les aspects environnementaux dépassaient philosophiquement et pratiquement petites querelles et comportements caricaturaux.

Bref, il fut ouvert en 2005 grâce au soutien éclairé de Remi Toussain, patron de l'Agro. Vite, m'apercevant de l'incroyable cécité dans les milieux patrimoniaux, j'ai créé deux réseaux : un français, le Réseau patrimoine du Vivant et écologie ; l'autre mondial au sein de l'UNESCO-ICOM, fondé au Te Papa Museum en Nouvelle-Zélande : Ecology and Sustainable Development Network.

En décembre 2008, je passais une semaine inoubliable au Québec avec Charlotte Paquet-Dumont pour trier toutes les archives et objets personnels de René Dumont (jusqu'à son urne funéraire). Avec la donation des Verts, cela forme la base du CIRE (Centre international de recherches sur l'écologie), dont le logo a été imaginé amicalement par Cabu. Charlotte --pour qui j'ai une grande admiration et tendresse-- est venue à Paris lors d'une après-midi historique qui permit la mise en place d'une association pour la Fondation René Dumont. Sous l'impulsion enthousiaste de Mireille Ferri, Marc Dufumier accepta d'en prendre la présidence et je me décidais alors à en devenir vice-président.

Croyez-le bien, tout cela se fait dans une grande liberté d'esprit, bien loin de toute religion écologiste ou de l'intéressement à courte-vue des convertis au green-business. Je n'ai aucune carte et conçois la relation à l'environnement comme toujours évolutive et expérimentale. Mais, à voyager dans le monde, il est indéniable que deux périls nous guettent : l'uniformisation dans un modèle de consommation passive de masse et son corrolaire, déjà visible partout sur et sous terre, dans les airs et les eaux : les pollutions gigantesques. Pratiquement et philosophiquement, nous ne pouvons alors qu'inciter à bousculer les points de vue dans des voies plurielles. Voilà pourquoi j'ai consacré un tryptique de trois essais à l'écologie critique, publiés symboliquement directement en ligne sur ce site (voir "livres on-line"). Voilà pourquoi cinq longs métrages sont lancés en 2010 autour de questions centrales de notre époque (voir www.utopinov.net / bonus en ligne / grand large).

2008

Bilan images et histoire
livre

Bilan images et histoire

2008

Ouf, enfin publié. Ce ne fut pas sans mal (merci Christian Delporte). Superbe couverture grâce à l'amitié d'Erro (et son tableau de 1974). Ce bilan est important (malheureusement vendu au prix du caviar ossiète). Il marque une date en affirmant les images comme source banalisée de recherche en histoire et en affirmant aussi la nécessité de travailler à des histoires du visuel qui englobent toutes les productions humaines, au-delà des seuls "arts". Nous espérons que cela va bousculer les habitudes, secouer les consciences et les corporatismes. Il n'est plus possible en effet de rester avec tant de distance entre des lieux de conservation au patrimoine iconographique exponentiel, une production et une circulation planétaires totalement nouvelles et massives, des habitudes et des demandes des étudiants débordantes, et un ronron des filières et des enseignements. En tout cas, nous avançons et, après l'histoire mondiale des images et les développements en ligne sur le site du CNDP, l'Institut des Images va travailler avec la Ligue de l'Enseignement pour remettre en ligne des décryptages d'images et inventer de l'e-learning. Bientôt tout le monde découvrira cette "évidence" (quand la revue Sciences humaines ignore encore, dans sa dernière livraison, tout de l'histoire du visuel et qu'on en reste juste à gloser sur histoire culturelle/cultural studies) : il existe des corpus immenses, des méthodes, des chercheuses/rs, des repères, une nécessité sociale pressante (nos enfants --et nous souvent-- vivent dans un bain iconographique indifférencié). En avant.

histoire des images
livre

histoire des images

09/08
Ceci est mon testament scientifique. Après le Dictionnaire, voici la première histoire mondiale des images. Elle a des extensions sur Internet pour les milieux scolaires (Scéren/CNDP) et, j'espère, bientôt des traductions. Cela permet de donner des repères simples sur toute la production visuelle humaine : civilisations, art et différents supports d'images. Cela doit inciter à aller au-delà et à avoir un regard critique. C'est fait. Pour moi, il y a un avant et un après.
rencontres de genève
livre collectif

rencontres de genève

juin 2008
Il y a quelque chose d'un peu SDN (Société des nations) à réfléchir depuis l'après 1945 au devenir de la planète, à Genève, chaque année, dans une atmosphère humaniste, tempérante, chaleureuse, au bord du lac. J'y traitais d'"Enjeux d'images à l'heure de la guerre mondiale médiatique" et développais beaucoup de concepts qui me tiennent à coeur : histoire du visuel, identités imbriquées, philosophie de la relativité... Je ne suis pas sûr que toutes les conséquences en furent perçues, car beaucoup sont ancrés dans des schémas anciens : pensées précaires obsédées de lendemains rétros. Je dus partir rapidement pour la Roumanie et le Parlement européen de la culture (Sibiu, Bucarest). J'y vis un pays à deux vitesses effrayant. Aujourd'hui, le malaise me vient de la mort brutale de Bronislaw Geremek. Il contribua à ma revue d'histoire comparatiste européenne Comparare. Je garde le souvenir de sa générosité, de sa chaleur, de sa passionnante culture. Des personnages d'exception s'arrêtent ainsi. Pour lui aussi, il faudrait écrire sur sa tombe : "Je mourrai en vous".
Photos d'Europe
expos et livre

Photos d'Europe

février 2008

Je suis entré dans cette opération au débotté, avec des pieds de plomb. Pour moi, l'Europe est un continent-monde dans le monde et je me méfie beaucoup des démarches identitaires à postériori. Là, il a fallu tenter de donner un peu de sens à des sélections effectuées par les représentations diplomatiques de tous les pays de l'Union européenne. Heureusement, la Fondation Alinari est sympathique. Big catalogue et expo ouverte le 4 février dans le gros gâteau à la crème Chantilly de Rome (monument à Victor-Emmanuel). Elle va tourner en Europe et hors d'Europe. Je vais essayer de la parfaire en cours de route.

Voilà. Le 2 juillet, elle ouvre dans l'Orangerie du Sénat à Paris, inaugurée par le Président. C'est une version complète que j'ai élargie (thématique, sélection par pays, histoire chronologique en une image de chaque membre, vintages). J'avais peur. Pas de langue de bois, tout y est, les conflits et les haines, comme les échanges sous les aspects les plus quotidiens. Gros catalogue (288 pages). Réactions excellentes et lieu de rêve, irréel en plein Paris. Grande gentillesse des personnes en charge du dossier au Sénat et compétence de l'équipe d'Alinari. Réception le soir à l'ambassade d'Italie où mon bambin Victor rampe sur les parquets face au parc, tandis que nous devisons avec l'ambassadeur et son épouse, d'une grande culture et réelle humanité. Temps moite et douce lumière sur pelouse incurvée devant petit théâtre sicilien du XVIIIe siècle. Ce fut un plaisir.

Fous littéraires et artistiques
revue

Fous littéraires et artistiques

juin 2008

Pour être honnête, ce premier numéro de revue (quelle idée préhistorique...) doit tout à nos deux Marc (Ways et Décimo), aidés d'André Stas et de Tanka G. Tremblay. Mais je préside --et figure parmi les co-fondateurs-- le conseil scientifique de cet Institut, qui tient à l'initiative et à la volonté première de Marc Ways. Voilà, dans nos temps de normalisation accélérée, une entreprise coopérative heureuse et salutaire (contactez-moi dans "vos réactions", sans forcément mettre d'image, si vous voulez acheter le numéro ou suivre nos activités). Elle aura des suites. Nous projetons des journées, expositions, films... La folie, la déviance et l'excentricité littéraires au sens de Queneau et Blavier nous occupe. Mais dans des perspectives élargies, tant du point de vue de l'acception "folie littéraire" que de l'ouverture vers toutes les expressions plastiques (dépassant juste la notion d'"art brut"), peinture, photo, cinéma, bande dessinée, musique... Il faut en effet ouvrir le prisme alors que les impératifs de rentabilité abrasent les différences. Nous sommes les fromages au lait cru,  face à l'industrie alimentaire ! Rejoignez-nous !

Pas de guerre de civilisation, une guerre de modèles
Conférences en Egypte

Pas de guerre de civilisation, une guerre de modèles

avril 2008
Me voilà parlant à Alexandrie et au Caire de "guerre mondiale médiatique". J'y explique l'histoire du visuel et les nouveaux circuits d'information. Je parle de rupture de modèles : dogme contre pluralisme. Voilà la césure. Partout. Sur tous les continents. Suis-je entendu ? En tout cas, les réactions sont passionnées. Emeutes de la faim dans le delta du Nil. Je ne vois rien bien sûr. Pauvres et paisibles. Souriants à l'éternité. Les immeubles naissent, vivent, et meurent. Regarde le sol, les trous, la poussière et en haut, les balcons tombés, les balcons qui tombent.
La peur des images
film

La peur des images

mars 2008

C'est le seul film que j'assume pour l'instant (en dehors de tous les reportages vidéos). Finalisé aujourd'hui, il date de 2005 et correspond à mon état d'esprit de cette année terrible. Totalement auto-produit, il bénéficie de beaucoup d'apports amicaux, volontaires (Othello Vilgard, Laurent Leveneur, Raphaël Girault...) et involontaires (Alain Resnais, Robert Wyatt, Lao Tseu ou Syd Barrett). Ce film est inclassable : poème philosophique et documentaire. Il dure 50 minutes. C'est une enquête sur les images, intérieures et extérieures, en descendant une rue de Paris, du chic Montmartre à la populaire et métissée Goutte d'Or. Il a été présenté en 2006, dans une première version, au centre d'art contemporain (Casino) du Luxembourg et à Liège, pour une expo d'art moderne (avec un entretien et un extrait pour la télévision belge). Nîmes a voulu le montrer dans ses animations d'art contemporain. J'en ai fait un tirage de 20 exemplaires pour les musées, car c'est une réflexion sur les images qui permet de développer à mon sens le concept d'installation vidéo sérielle. Je n'ai rien contre le fait, pour d'autres publics, de le projeter dans une soirée ou un festival, ou même ponctuellement sur une chaîne télévisée. Né, qu'il vive ! 

A la fin, Alain Resnais dit : "Bonjour, c'est Alain Resnais. J'ai entendu votre message..."

Un monde multipolaire
livre multilingue

Un monde multipolaire

février 2008
Enfin, les actes de ce colloque mondial sortent. Ce fut mon testament à la tête de l'Association internationale des musées d'histoire en 2004. Quand je parlais, pour le préparer dès 2002, de notion de "monde multipolaire", on me regardait avec des yeux ronds. L'ordre des States semblait inébranlable. J'avais pourtant voyagé et pensais à des pôles émergents en réseau. Je voulais d'ailleurs que mes sites internet soient en anglais, espagnol, mais aussi en chinois. Au Brésil, tous les continents étaient représentés. Heloisa Barbuy et le Musée Paulista de Sao Paulo ont fait un travail extraordinaire, avec une énergie constante malgré les difficultés. Les débats furent passionnants dans ce pays à la belle énergie et à la claire intelligence. Sao Paulo et autour, Rio, Petropolis, une grande claque de nouveau monde pour tous. Je suis toujours heureux au Brésil.

2007

Pas de Sainte Ecologie !
livre

Pas de Sainte Ecologie !

2007

D'après nature. Science et fantasmes depuis le XVIe siècle, Paris, Alternatives, 2007, 144 p.

Ce livre est constitué de très nombreuses illustrations inédites couleur venant du Musée du Vivant à l'AgroParisTech, premier musée international sur l'écologie et le développement durable. Sorti en plein Grenelle de l'environnement en France, il développe une étude critique pionnière sur les représentations de la nature et de l'écologie. Alors que les médias virent leur cutie sur la question, c'est en Suisse (Le Temps) qu'il est salué comme une contribution importante de l'ère post-Al Gore. En effet, il importe que nous n'entrions pas dans une nouvelle croyance totalitaire appuyée par des visées commerciales, mais que le souci de la préservation et du développement (diversifié) de la planète reste objet de débats et de recherches scientifiques. Il s'agit aussi de la mise en valeur des apports généreux de peintres (Cueco ou Speedy Graphito), de graphistes (Le Quernec ou Bouvet), de sérigraphes (Granger ou Van Malderen), de photographes (Plossu), architectes (l'éco-tourisme de Feher), sculpteurs-auteurs d'installations (Chabot ou Metsoko), de plasticiens (Stas ou Paella), dessinateurs (Cabu, Siné, Nicoulaud, Soulas)...

Fous
Expos, revue, spectacles...

Fous

septembre 2007
J'acceptais, après avoir visité Marc Ways et été incité par Roger Langlais, de prendre la présidence du conseil scientifique de l'Institut sur les fous littéraires et artistiques. Voilà la présentation du numéro 1 de la revue préparée par Marc Décimo. J'ai découvert à cette occasion André Stas et Fanchon Daemers, que j'avais juste croisés en dérive de belgitude (avec des néo-situationnistes d'Anvers, des daily-buliens de La Louvière, des surréalistico-Mariën et des humours d'arrêts de tram). Notre époque de normalisation m'est insupportable. Fous et excentriques nous sont nécessaires, au-delà encore de Queneau ou Blavier, Dubuffet et l'art brut. J'espère que cette conjuration amicale aura de fertiles suites dans tous les domaines.
Présidentielles
exposition

Présidentielles

mars 2007
Je n'ai jamais eu autant de couverture médiatique que pour cette exposition, certes sympathique mais qui ne représente ni mon testament scientifique, artistique ou philosophique. Jacqueline Frydman en a eu l'idée, soutenue par Bernard blistène. J'en ai assuré le commissariat. Constituant un utile contrepoint historique à une élection présidentielle mobilisant toute l'attention, j'ai retrouvé les affiches (vieille passion), à un moment où elles baissent en importance. Après l'ouverture du Monde, j'ai dû répéter la même chose aux radios et télévisions, au risque de devenir le perroquet de moi-même. A chaque fois que j'improvisais des analyses nouvelles, les journalistes me redemandaient en effet une vieille rengaine. Marketé, conformé. J'ai pu quand même glisser des éléments sur nos nouvelles identités imbriquées dans Libération.
Victor
photo

Victor

juillet 2007
Je l'ai voulu. J'assume. Voilà le tsunami Victor. Il rigole aux éclats. Il est vif et charmant, telle que la chance fit aussi mes autres enfants. Mais je veux être disponible. Je tombe malade, comme s'il fallait payer cette vie par la douleur dans ma chair. La précarité désormais me fait agir et considérer toutes choses autrement. Je ne sais comment équilibrer la chimie maniaque des médecins et la nécessité de respirer, d'inventer, même pour n'être compris qu'avec retard. Ce Victor est enjoué, rieur, farceur, serein, furieux quand il faut. Bref, vivant. Suivrai-je ?
La GMM
livre

La GMM

juin 2007
Un livre important très mal sorti (juin 2007), trop tard (il aurait fallu mars). Ce n'était pas vraiment un roman de plage. De plus, après l'incroyable campagne médiatique pour l'exposition sur les présidentielles, il devenait difficile de raccrocher les wagons avec du nouveau après-coup. Il met en avant des notions essentielles sur les nouveaux circuits de l'information à l'heure d'Internet. Il valorise aussi un travail qui a prolongé le Baromètre européen des médias en 2005 à la demande de la Commission européenne (alors que ses services, en parallèle, nous torturaient administrativement pendant cinq ans après IMAGEDUC, empêchant ainsi tout développement de ce travail). Ce livre envisage l'explosion de l'information centralisée et ses conséquences. Il dessine des pistes essentielles sur nos nouvelles identités de l'ubiquité, notre nature locale et planétaire.
Traduction Portugal / Brésil
livre

Traduction Portugal / Brésil

2007
J'ai publié à l'étranger, mais voici ma première traduction (enfin, pour moi qui n'ai écrit que des ouvrages internationaux et fait des revues et des sites Internet multilingues). Cela fait plaisir. Au Brésil, les universités s'intéressent fort à l'analyse des images. En France, ce livre de méthode est devenu un classique (5e édition). Bientôt, d'autres ? Encore un effort à l'exportation...

2006

F. J. Ossang
photo

F. J. Ossang

2006
J'ai rencontré Ossang il y a bien longtemps, à son époque néo-punk, avec François Leperlier (proche des surréalistes et redécouvreur de la photographe Claude Cahun). Je l'ai écouté rue Berryer (où j'avais vu les objets d'une femme de Colombes de Boltanski). Nous nous sommes perdus de vue. J'entends brutalement quelqu'un à la radio parler de Burroughs, de Cravan, et de tant d'autres. Je me dis, ce type à si bons goûts ne peut être foncièrement inintéressant : et c'est Ossang qui a une rétrospective au Jeu de Paume (j'y retrouve Nicole Brenez, que j'apprécie beaucoup). Le surlendemain, il est à la maison avec sa compagne très intéressante. Tous deux sont de jolies trajectoires avec qui il est heureux de converser. Absinthe. Voilà ceux que j'aime. Pas parfaits, inégaux peut-être, mais qui remuent la terre.
Images et histoire
colloque

Images et histoire

avril 2006
Voilà un bilan intéressant, une étape. Ce fut conçu avec mon ami Christian Delporte et en partenariat, outre nos institutions, avec la BNF au départ (Agnès Chauveau) puis l'INA (Denis Maréchal). Enfin, on y prenait en compte deux avancées majeures : la légitimité des images comme source historique, parmi d'autres ; la nécessité d'inscrire l'histoire spécifique de l'art dans une histoire plus large, celle de la production visuelle humaine. Que de chemin parcouru depuis 1978, où je travaillais sur les fonds du futur Musée d'histoire contemporaine et 1992, où nous créions L'Image, devenu l'Institut des Images. Le vent de l'histoire a passé. Une nouvelle génération sans complexes s'empare de tout cela. La circulation planétaire des images et leur accumulation nécessite, plus que jamais, des repères. 
Montrer la guerre ?
livre

Montrer la guerre ?

mai 2006
L'éditeur a eu des problèmes et il a disparu. Le livre, fait en partie avec la collection photo de l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, devait sortir pour le 11 novembre 2005. Il n'a même pas été promu à Péronne. Heureusement, le CNDP doit le diffuser pour les enseignants. Organisé thématiquement, il fait le point sur les représentations photographiques des guerres et les problèmes soulevés jusqu'à aujourd'hui. Reste malheureusement indispensable.
Musées
livre

Musées

2006
J'ai présidé des organisations mondiales de musées, conseillé sur tous les continents, musées, bibliothèques, médiathèques. Je préside toujours des réseaux, fais partie de conseils scientifiques divers, choisis de monter des manifestations ici ou là. Ce monde patrimonial me passionne. J'ai voulu rassembler des réflexions issues de 25 ans de publications diverses, au temps où les métiers changent. Ma position indépendante me permets, aussi bien dans le monde scientifique, d'innover sans entrer dans de stériles querelles de clans, dans le monde des institutions patrimoniales, de choisir les pratiques, les sujets et les lieux, sans dépendre de pouvoirs administratiifs ou politiques fréquemment autoritaires et ignares, d'autant plus autoritaires qu'ignares dans ce domaine. Voilà donc un peu de pédagogie pour toutes et tous. Et un signe amical à mes consoeurs et confrères, souvent tellement passionnés, remuant des montagnes.
Dictionnaire mondial des images
livre

Dictionnaire mondial des images

novembre 2006
Cela ne m'a rien rapporté. Le travail intellectuel ne rapporte plus rien. Fini le temps où, après une telle somme, le directeur d'ouvrage s'achetait sa maison à la campagne. Aujourd'hui, il ne rembourse même pas ses traites d'appartement. A part ce jeune éditeur courageux (Nouveau monde), aucune maison n'y a cru. Refusé partout, partout. Il en est ainsi chaque fois qu'on veut innover (j'ai connu cela de façon chronique, toujours l'incompréhension). Ce furent des milliers d'heures, des nuits de mails. 275 auteurs sur tous les continents. 800 illustrations à chercher. Un travail de cinglé pour quelque chose de totalement inédit : dessiner collectivement les contours de l'ensemble de la production visuelle humaine. Les contributions amicales des uns et des autres m'ont fait immensément plaisir : déguster l'intelligence d'autrui. Et puis, Jacques Le Goff écrivit dans les pages du Monde qu'il s'agissait d'une nouvelle voie pour l'histoire. Désormais, une référence. Je décidais quand même de continuer à travailler (l'angoisse sûrement).

2005

Etaix et Dubois
photo

Etaix et Dubois

2005
Pierre Etaix et sa compagne avec Philippe Dubois. Nous avons parlé Buster Keaton bien sûr sous des pierres de rêve chinoises et un bouclier africain. Etaix était étouffé par l'héritière de son producteur, bloquant la ressortie des films. Dubois, dont j'apprécie la belgitude et l'ouverture (dans des milieux cinéma assez clos, sectaires et se détestant les uns les autres, comme en histoire de l'art), nous parla Brésil, films expérimentaux, expos d'images animées. Nous nous étions retrouvés à Genève pour exposer sur ces sujets. Etaix, comme moi, comme Tati, garde un amour particulier pour le cinéma des années 1920, où tout s'invente.
Beaubourg Images
festival

Beaubourg Images

avril 2005
J'ai aidé mais cela n'a pas eu de suite. Pourtant, j'ai fait venir du beau monde... Louis Rollinde a monté une installation-stand de foire. Agnès Varda a parlé à la Maison européenne de la photographie de ses amours entre photograhie et cinéma, installations et récits. Cabu est venu signer et Rabaté, et mon ami photographe Jean-Hugues Berrou (Rimbaud, puis le "Che"), et Paella, et Gérard Rondeau arrivé de Reims très gentiment, et Jean-Luc Moulène, Ange Leccia et Patrick Tosani (pour leur "Grand Tour" chez le copain François Cheval), et Willem. J'ai fait aussi reconstitution de ligue dissoute avec Bazooka (grand moment pour ces personnages, que j'apprécie particulièrement). Et l'Oupeinpo était là (Carelman, Foulc, Bastit, Olivier O. Olivier, Vanarsky). De beaux moments où retrouver des amis. Christian Delporte faisait un grand colloque "Les médias et la Libération en Europe" dans la mairie du 3e.
Peintures château de Versailles
livre

Peintures château de Versailles

2005
Sorti au forceps, ce livre est le premier depuis le XIXe siècle à étudier d'un point de vue international la formidable collection de peintures du musée d'histoire de France à Versailles. Soutenu par Béatrix Saule, édité chez Robert Laffont, il m'a sauvé à sa signature en 2004 quand ma situation était fort précaire. Je suis très heureux de ce travail de fond, qui restera. J'ai longuement arpenté les lieux. De plus, la volonté du nouveau directeur du château, Jean-Jacques Aillagon, d'enfin redonner visibilité à un ensemble exceptionnel me permet de continuer à hanter de façon constructive cet incroyable réservoir d'images. Je fais par ailleurs partie des membres fondateurs du conseil scientifique du Centre de recherches.
Topor encore
livre

Topor encore

2005
Topor encore. Ne croyez pas que je cède à la facilité nécrophile : je ne touche rien sur ces livres --volontairement. Mais cela me faisait plaisir d'étoffer le dictionnaire Topor et de le rééditer pour les toporphiles désormais plus nombreux. Lancement chez Ribes au théâtre du Rond-Point et à Accatone chez Kazik Hentchel. Salut Roland, tu es là, souvent !
Piquez les vieux !
livres

Piquez les vieux !

2005
Voilà deux textes philosophiques et pamphlétaires qui se complètent. L'un, avec le goût de Jorn, explique la nécessité de repères. Il faut savoir aimer et respecter. Il faut savoir. Combat contre la croyance aveugle et l'ignorance. Défense des modèles nécessaires qui ne soient pas la richesse sans but, la vulgarité ou la bêtise. Respect pour la connaissance, l'intelligence, l'invention. L'autre vomit, de façon prémonitoire, la "fracture générationnelle" que je dénonçait à l'époque sur France Inter. Nous, la génération d'après 1968 en Europe, sommes la génération des crises et de l'incroyable longévité des générations précédentes. Nous subissons ainsi des modes de pensée en boucle depuis trente ans, de la part de personnages qui se sont généralement tout le temps trompés ou n'ont cessé de retourner leur veste pour lécher les bottes du pouvoir. Monopole d'une pensée sample, comme ces variétoches insipides ressuscitant les vioques liftés ou les morts. Coup de balai nécessaire. Je n'en peux plus.
HALTE AUX VOLEURS D'AVENIR !
livre

HALTE AUX VOLEURS D'AVENIR !

octobre 2005

Voilà une longue histoire. Ca mijotait depuis un bout de temps. Je me rendais bien compte que je faisais partie de la génération sacrifiée. Juste avant moi, il y avait eu les baby boomers triomphants des années 1960, qui avaient eu le fric, l'emploi, la croissance économique, la contestation, 68, puis les postes et le fric sous Mitterrand, qui tenaient la politique, les médias et l'économie, qui la ramenaient sans arrêt et qui n'en finissaient pas de finir, s'accrochant à tous leurs leviers de pouvoir, chassant en meute, écrasant tous les autres et ayant le culot d'imposer leur regard rétro, de nous bassiner de nostalgie, d'interdire tout futur en inventant cette notion pourrie de "post-modernisme" (du genre, on a tout fait, on a échoué, c'est pas la peine d'essayer autre chose, nous sommes nuls mais indépassables...).

Je ne me suis pas trompé. J'ai vécu L'ERE DE LA MEDIOCRITE, des incapables qui se perpétuent en ne comprenant rien, qui ne font rien (pas de vagues...) pour perpétuer les injustices et les mensonges qui les arrangent, qui déculturent les populations pour mieux les abreuver de publicités et de propagande massives appelées communication,  qui brandissent les mots "crise" ou "guerre" pour terroriser, qui vendent du gore et du sexe en jouant les déontologues effarouchés. Bref, on a beaucoup subi la concentration de l'argent, du pouvoir et des médias au détriment des habitants impuissants et décérébrés.

Mon mérite fut d'analyser très tôt ce vol du futur, de comprendre l'entourloupe en cours. Cela m'a conduit à parler publiquement de "fracture générationnelle" à la suite de l'incapable Jacques Chirac s'exprimant devant les "jeunes" à la télévision le 14 avril 2005. Cela m'a conduit à écrire le texte revigorant Bas les pattes sur l'avenir ! dans le livre-objet célébrant l'anniversaire des éditions Sens & Tonka, toujours en 2005.

Et puis, cette même année, j'ai poursuivi la réflexion à travers le livre Halte aux voleurs d'avenir ! J'y ai développé deux aspects : d'une part, suivant mon habitude constructive, quoi faire devant cette médiocrité injuste ; d'autre part, j'y ai étoffé une vision moins manichéenne d'un troisième âge uniformément égoïste et privilégié (il existe des précaires chez les retraités et aussi des solidaires intergénérationnels). Ce livre, qui avait circulé, a ensuite été publié gratuitement en 2010 sur le site www.fauteuiltronik.com de jeunes m'ayant contacté pour faire de l'édition en ligne (le site a fermé depuis). En 2015 enfin, sa dernière version est éditée sur papier et disponible sur gervereau.com. Le "signe" RARE est explicité et lancé dans ce livre. Il sert pour annoncer le 19 janvier 2016 mes 60 ans sur Facebook. Livre d'humeurs mais symbolique de mon parcours de résistance et de visions prémonitoires.

A partir donc de ce constat bouché de 2005, j'ai en effet décidé de contourner l'obstacle en développant des organisations à la base, de l'édition sans argent de livres ou de films, des solidarités qui agissent et se moquent des puissants, un respect nécessaire pour les créateurs et les savants comme modèles sociaux : la Résistance des savoirs et les Rencontres-Promenades "Histoires de Passages..." (elles apparaîtront 10 ans après, en 2015). Plutôt que de subir la marginalisation, je l'ai affirmée comme une force pour la liberté d'action. Et je n'ai cessé d'inventer, d'expérimenter.



2004

Erro et  Lebel
photos

Erro et Lebel

janvier 2004
Beaucoup de personnes sont venues (du facétieux Christophe Bourseiller à Alice Debord ou Marc Dachy). Ce furent de joyeuses conversations arrosées et ponctuées de cigares, au temps de résistance contre la norme (et avant que la police du corps --les médicos-- ne m'interdisent l'exercice). Jean-Jacques Lebel s'est bonifié avec le temps. Il est plus serein et s'impose moins un personnage. Nous évoquons happenings, joyeusetés et fantaisies de Yoko Ono jeune (je verrai une de ses actions au Ranelagh, se faisant dénuder progressivement par le public). Quant à Erro, il n'a jamais changé (c'est comme Willem). Je suis très content d'avoir parlé de lui avec Neyer à Hanovre, pour une exposition qui a circulé et provoqué celle du Jeu de Paume. Je suis heureux de l'avoir vu dans les années 1980 (et acheté une grande toile pour le Musée d'histoire contemporaine), quand c'était difficile. Il mérite son succès et le gère bien. J'aime Erro, tout Erro, personne et oeuvre. En 2000, lorsque mon livre Les Images qui mentent a été choisi pour faire la "une" du Monde des livres, une toile d'Erro reproduite en couleur l'a illustré. Fétiche Erro, longue vie à toi. A cette époque, comme dans les années 1970 avec les Stones en Belgique, Archie Shepp dans le Sud ou le Floyd au Marquee à Londres, je suis capable aussi (pour respirer et lutter contre la bêtise), de partir aux Vieilles Charrues en Bretagne sans billet avec ma fille voir Patti Smith et dormir sur un banc.
Willem, Medi, Cabu, Bramsen
photo

Willem, Medi, Cabu, Bramsen

mars 2004
Voilà quelques non mondains en promenade près des vignes de Montmartre. Ce sont de grands artistes, des personnes de culture, des graphomanes (Cabu et Willem), de grands inventeurs visuels, des caricaturistes époustouflants. Bramsen a édité les lithographies de Jorn (notamment en 1968) et de tout le monde (dont Topor). C'est un géant généreux. Medi réalise des oeuvres personnelles originales. Nous avons beaucoup ri ensemble. Je l'ai raccompagnée parfois à son hôtel dans des festivals de dessinateurs. Willem, je l'ai défendu depuis longtemps. Il n'a plus besoin de moi mais je garde une très grande amitié pour lui et il est toujours présent quand je le sollicite. C'est un roc prolixe. Cabu, nous avons travaillé ensemble (pendant un an pour un livre) et c'est toujours un immense plaisir de parler dessin ou peinture avec lui, même politique.
Le réel au cinéma
livre

Le réel au cinéma

juin 2004
La période la pire de ma vie. Le trou noir. Au lieu d'être récompensé de mes travaux scientifiques et muséologiques, j'ai trouvé pendant un an et demi des barrières partout dans tous les postes où je me suis présenté : Musée des Beaux-Arts de Nantes, Musée de Bordeaux, Monaco art et histoire, Inspection des musées d'histoire (DMF) avec une commission du ministère de la Culture osant me juger, moi, parce que venant de l'Education nationale et appartenant au "corps" des bibliothèques, inapte au métier muséologique, après des années de présidence d'une organisation mondiale de musées et tant d'expositions diverses. Un an et demi de chômage, pour finir sans droits et sans rémunération. Heureusement, je me suis battu, ai écrit, monté le projet européen imageduc, développé l'Association internationale des musées d'histoire et le Conseil européen. Il n'empêche que je décidais, en janvier 2004, de quitter la présidence (malgré des pressions en sens contraire). Je le faisais par souci de démocratie pour passer la main. Je laissais beaucoup d'argent dans les caisses pour une association internationale démarrée sans rien, que de l'énergie. Et le cauchemar commença. Aucun remerciement, de la suspicion. Il fallut plusieurs annnées et un audit pour s'en sortir. Je pris des kilos d'angoisse devant tant d'injustice. Voilà pourquoi je fus heureux de démarrer en mars 2004 un travail de direction des bibliothèques à l'Agro et de création du premier musée international sur l'écologie et le développement durable. Voilà pourquoi je suis si reconnaissant à Simone Blazy, directrice du Musée Gadagne, de m'avoir commandé une opération sur le "réel au cinéma", me permettant de toucher un peu d'argent, et me faisant confiance. Sur ce sujet important, en association avec l'Institut Lumière, et avant toute la mode documentariste postérieure, Ferro, Lindeperg, Bertin-Maghit, Véray, Abecassis, parlèrent et écrirent de façon passionnante et très amicale.
Photographier la guerre d'Algérie
livre et expo

Photographier la guerre d'Algérie

2004
Très belle expo avec des pièces rares à l'Hôtel de Sully. Nous nous retrouvons avec Benjamin Stora. C'est la seule exposition qui traite de la guerre pour l'année de l'Algérie. L'éditeur est au bord de la faillite et le livre, absent au vernissage et après, est très mal diffusé, malgré l'intérêt du public et des médias. Je vais en Algérie, fais des recherches et des rencontres avec ma compagne mi-kabyle. Pays passionnant. Par Benjamin, je travaille avec Merdaci à Constantine, qui oeuvre pour le Baromètre européen des médias. J'invite les musées dans mes congrès pour les sortir de leur isolement.
Cabu / Le monde des images
bande dessinée

Cabu / Le monde des images

2004
Voilà une bande dessinée atypique qu'il faudrait ressortir en poche pour les enfants et les familles, à l'heure où tout le monde veut décrypter les images. Au départ, cela devait être une collection associant un auteur et un éditeur (Daniel Arasse travaillant avec Claire Bretécher, par exemple). Mais, comme souvent, l'éditeur s'est défilé après avoir été enthousiaste. Tous les autres aussi. Finalement, j'ai travaillé seul avec Cabu à l'ouvrage générique et Robert Laffont le prit. Ce furent pour moi des moments merveilleux et Cabu, toujours flatteur, me traita de "Goscinny", compliment suprême. C'est dire mon attachement à ce petit livre que mit en couleurs délicatement Tran-Lê, la soeur de Mézières (Valérian).
Inventer l'actualité
livre

Inventer l'actualité

2004
Je rencontre François Gèze au festival de Blois et lui parle du très gros programme européen d'e-learning que je mets en place (site Internet IMAGEDUC), avec notamment le Baromètre européen des médias. De là naît ce livre pionnier qui montre, chiffres à l'appui, la structure de l'information télévisée, comparée à la presse. Peu d'échos, car les médias n'aiment pas être critiqués, mais un livre qu'un journaliste m'avoue avoir vu traîner dans beaucoup de rédactions. Les géo-caricatures et beaucoup d'autres notions influenceront le comportement des journalistes, tout en donnant des idées à des producteurs pour mettre en place des concepts d'émission prenant en compte la notion de point de vue, la diversité des perceptions planétaires, les repères dans le temps.
premier site d'éducation aux images pour enfants
site internet

premier site d'éducation aux images pour enfants

2004
Le site "primages" fut le premier site d'éducation aux images pour les enfants, aidé officiellement par le ministère de l'Education nationale. Travail énorme en amont avec des profs et des élèves. Il s'adressait aux enfants (5 à  8 ans, 8 à 12 ans et plus de 12 ans) et parents mais parallèlement aux enseignants. Nous fournissions des banques de données d'images et une panoplie d'animations sur tous les supports (tableaux, sculptures, films, photos, dessins, télévision, internet, jeux vidéos...) Des témoignages de créateurs complétaient le dispositif. Une totale interactivité (comme pour tous mes sites) permettait de valider réflexions et propositions des internautes. Le graphisme était gai et les réactions excellentes. Là encore, une aide seulement momentanée nous interdisit de continuer l'expérience. La perte de 3 gros sites internet --sans traces désormais-- reste pour moi une expérience très douloureuse et injuste. Il faudrait vraiment pouvoir rassembler toute cette formidable matière, ce que je tentais à nouveau avec "mondiovisio" (partenaires : ministère, google et association des maires de France).

2003

Ce matin
journal philosophique

Ce matin

2003

Le matin, je discute des personnes à engager pour développer le musée avec de grands amis que je tutoie. Le soir, on m'apprend que je suis viré. Méthodes à l'américaine pour la Cinémathèque française. Devant tant d'injustice, je décide de mener un journal pendant un mois. J'y développe ce que je défends depuis toujours : une philosophie de la relativité (pas du relativisme). Plus tard, tout cela sera rassemblé dans Fin des croyances. Pour une philosophie de la relativité. Chez moi, l'abattement, le désespoir, précède toujours la révolte. Je ne me reconnais pas, depuis 30 ans, dans les idées communes. De moins en moins. Elles me semblent répétitives et inadaptées.

François Caradec
photo

François Caradec

décembre 2003
François Caradec (derrière une bouteille d'eau) et son épouse à la maison, avec Jean-Jacques Lefrère (créateur notamment de la revue Histoires littéraires, dont j'ai soutenu l'apparition). A peine l'appartement enfin rangé, des amis sont venus aider à le baptiser. Il faisait froid. Caradec a pris un malt pour se réchauffer, arrivé sur la butte. Je le respecte infiniment. Il m'avait parlé de son parcours et de la création du Collège de 'Pataphysique, évoqués dans mon livre sur Jorn. Nous nous sommes retrouvés sur différents sujets, et malheureusement à la mort de Noël Arnaud avec Jacques Roubaud de l'Oulipo. Il venait du parc Montsouris où trônait une des dernières pissotières (vespasiennes) sous ses fenêtres, pleurée par toute une population lors de sa destruction. Je lui rappelais ses activités concernant Christophe,  l'auteur de La Famille Fenouillard.
Musées de ville dans la ville
colloque

Musées de ville dans la ville

juin 2003
C'était quand le Conseil français des musées d'histoire fonctionnait bien, parallèlement à l'Association internationale. Je portais tout cela à bout de bras. A Marseille, pour cette opération, Myriame Morel a fait un très gros boulot et Claudia Fonseca pour l'association. Je voyais les musées de ville comme la carte d'un territoire, avec des allers et retours constants entre les deux. Il est difficile pourtant de convaincre des élus qui n'ont aucun exemple probant à se mettre sous la dent. Le serpent se mord la queue : pas d'argent pour les musées d'histoire sauf monstre commémoratif et reproche de ne pas bouger. Nantes a réussi à émerger, Lyon combat, Londres avance. Il est temps d'aider ces institutions-repères à nous expliquer les mutations des villes.
déménagement
photo

déménagement

août 2003
Un séisme. Je hais les déménagements. Ils me furent toujours malheureux. Là, tout fut horrible : la recherche d'un appartement, l'achat pour être pris à la gorge financièrement, les tordus de déménageurs saoûls, les montagnes de livres. Sans compter qu'il s'agissait d'une rupture dans une vie paisible et familiale de plus de 25 ans. Mais j'avais trop peur du futur : abîmer ce qui fut heureux par des chemins qui s'écartaient. Je déteste les ruptures et les conflits, sauf lorsqu'ils m'apparaissent inévitables, incontournables, moins mauvaise solution. Je m'y résouds alors. Des voyages, mais plus de déménagement. Ou sans rien.
Deuxième Guerre mondiale
livre colloque

Deuxième Guerre mondiale

2003
Ma mère a eu lontemps une maison à Saint-Agrève. Ma famille, du côté protestant, a rôdé au Chambon-sur-Lignon près du Collège Cévenol. J'ai subi la burle et marché en raquettes. J'ai mangé du saucisson des fermes où tout sentait la vache. J'ai pêché les écrevisses dans l'Eyrieux. Alors j'ai accepté de conseiller ces villages qui ne sont pas arrivés à s'entendre. Nous avons bâti un solide colloque avec Patrick Cabanel, sur la Deuxième Guerre mondiale et sur les musées. J'ai défendu, contre les pressions américaines de l'histoire marketing, la rigueur de l'histoire, utile à tous, lieu d'échanges et acceptant la mémoire comme un document. Pas de tout mémoriel. Pas de spectacle d'une histoire instrumentalisée. Pas de leçons à posteriori. Pas de médaille à celles et ceux qui n'ont fait que leur devoir. Paul Ricoeur a bien voulu ouvrir cette manifestation. La suite des événements nous a donné raison, quand la concurrence de la victimisation communautaire devient source de déchirement du pacte républicain.
décrypter un film
animation sur site et cédérom

décrypter un film

2003
Lancé avec la Ligue de l'Enseignement, fruit d'une collaboration avec les réalisateurs de Ouagadougou et Christian-Marc Bosséno à Paris I/Panthéon-Sorbonne, c'est un travail repris et utile qu'il a fallu "tenir" jusqu'au bout. Le résultat est utile et, si un jour je peux enfin rassembler la matière de tous les sites Internet que j'ai composés et dirigés sur les images (imagesmag, imageduc, primages, multiroads, le projet mondiovisio), j'aimerais remettre en ligne ce travail. La mort --par manque d'argent, pour des sommes dérisoires-- de cet immense boulot, m'est très cruel.
Picasso et la caricature
exposition et livre

Picasso et la caricature

février 2003
Je pense depuis toujours que la recherche des limites de la lisibilité dans la déformation du corps, mise en évidence par Ernst Gombrich au sujet du procédé de la caricature, concerne l'ensemble de la démarche d'un Picasso passionné justement de caricatures. Voilà pourquoi j'ai proposé cette exposition à Brigitte Léal, alors qu'elle était encore au Musée Picasso. Elle partit alors pour le Centre Pompidou. Et que de difficultés pour monter une opération qui devait aller en Allemagne et au Musée Picasso à Paris... Finalement, elle a été sauvée par Brigitte Léal et Maria Teresa Ocana au Musée Picasso de Barcelone (sur 3000 m2 quand même). Mais ce travail fondamental n'a jamais eu l'écho qu'il méritait. J'en reste un des commissaires, avec un goût amer dans la bouche.
Comparare 3
revue multilingue

Comparare 3

octobre 2003
Eric Hobsbawn me faisait l'amitié d'ouvrir ce numéro --toujours format carré, que j'avais initié. Nous eûmes, avec lui et son épouse, des discussions passionnantes. Je ne partageais pas son marxisme, mais approuvais son indignation irrépressible et ancrée jusqu'à la mort, pour l'injustice. Je ne suivais pas son découpage temporel de l'histoire mais prenais plaisir à déjeûner et converser avec lui. Comme avec Michèle Bernstein (et d'autres), parler devient alors un vrai plaisir gastronomique, un potlatch (avec Haskell aussi).
La disparition des images
livre et exposition

La disparition des images

2003
Dernière exposition avec mon ami Christian/Louis Rollinde. Jour de grève des transports pour le vernissage. Pas de bol. Une expo belle, rigoureuse. Christian joue sur des projections à la limite de l'identifiable, très subtil. Je montre anonymement des oeuvres masquées, cachées, difficiles à voir. Joli livre où j'explique la nécessité de rendre l'image précieuse dans la pornographie du "tout voir" et l'obscénité du bombardement médiatique incessant. Je voudrais creuser la chose. Fréchuret était intéressé pour le CAPC par une expo sur cette disparition des images (mais il en est parti). Le Fondation Cartier a fait semblant de s'y pencher. Une manifestation avec des installations d'oeuvres diverses cachées, et découvertes rituellement, me tente.
Ces images qui changent le monde
livre

Ces images qui changent le monde

2003
Sorti au Seuil quand l'éditeur (Jacques Binstock) partait pour fonder Panama, ce livre n'a pas eu beaucoup de chances. En fait, il s'agit du pendant de l'histoire du visuel au XXe siècle, soit une histoire iconographique de la multiplication industrielle des images depuis le milieu du XIXe siècle, à travers une vingtaine de cas et de supports différents. Le travail sera prolongé par Une histoire mondiale du visuel.
Matthew Barney
entretien filmé

Matthew Barney

10-11 septembre 2003
En Norvège, tout coûte une fortune. Le pétrole dope artificiellement l'économie. Des rentiers peu nombreux. Arrivé là-bas, dans les rues désertes et glacées, tu te sens hors du monde. Rien ne peut se passer. Rien ne se passe d'ailleurs. Appelé par mon ami islandais Gunnar Kvaran, connu par Erro, alors directeur du musée d'art moderne Astrup Fearnley, je rencontre Matthew Barney en plein montage d'une très grande exposition. Nous dînons à trois sympathiquement. Je suis méfiant, détestant les jeunes loups à la "grosse tête" qui se la pètent en dollars. Mais Matthew se montre simple, assez timide. Nous évitons le sujet Bjork. Il évoque pourtant sa vie de famille, son enfance, ses études, le statut d'artiste international. Je lui parle de cinéma, de Henry Thoreau aussi, de cire, du Brésil où il va partir et me propose de filmer lors du carnaval (je ne pourrai pas malheureusement). Le lendemain, avec Gunnar, nous l'interviewons très longuement pour le site européen IMAGEDUC, que je dirige. Il nous explique patiemment son travail, en errant, pièce après pièce, dans l'exposition. C'est passionnant. L'ensemble sera monté et mis à disposition gratuitement sur le Net. J'ai toujours cet échange.
site medias et europe
site internet

site medias et europe

2003
Programme européen, le site imageduc fut pionnier (en langues diverses). J'y inventais le Baromètre européen des médias, mesurant de façon comparée images de télévision et presse. En pleine guerre d'Irak, hors Europe, nous comparions aussi l'info des Etats-Unis et de l'Algérie. Le château de Versailles et l'université de Constantine croisaient leurs regard avec Chantilly sur la prise de la Smalah par Horace Vernet (21,70 mètres). Grâce à nous la Pologne ou le musée national de Budapest offraient des analyses d'images avec le ZKM de Karlsruhe. Ce fut considérable. La Commission européenne me demanda même de réactiver le baromètre en 2004. Et, au lieu de se développer et de prospérer, nous subîmes une inquisition jusqu'en 2008 par l'administration communautaire, arrêtant là et site et développements. Ou comment dégoûter de toute initiative européenne, gâcher l'argent et l'énergie.
Badges, pin's et Histoire Européenne !
badges

Badges, pin's et Histoire Européenne !

septembre 2003
Ancrer une conscience européenne contre le choc délétère des nationalismes, cela passe par l'enseignement et la diffusion que nous avons faite d'une histoire croisée à partir d'images de tous pays et de toutes époques. Une chronologie forte, vivante. Cela passe aussi par des tentatives pour populariser cela, d'où l'édition de badges diffusés dans tous les pays avec une synthèse en images de cette histoire commune. J'ai opéré cette sélection à partir des pièces envoyées par mes collègues des musées européens grâce à l'action et au portail Internet EUROCLIO. Et on a fait du ludique (par rapport au canonique institutionnel d'une Europe réduite à ses institutions et à des bons sentiments langue de bois). Bref, ça a si bien marché qu'il ne me reste que cette planche de badges...

2002

Musées, médias et attractions touristiques
congrès et actes publiés en ligne

Musées, médias et attractions touristiques

mai 2002
Circonstances très particulières. La veille de ce congrès international, je me fais subitement licencier (pour raisons économiques...) de mon poste de Directeur du Musée du Cinéma à la Cinémathèque par quelques joyeux drilles, qui allaient tous avoir la tête coupée après. Quelle ambiance... Voilà, il me fallait tenir ce congrès mondial. Thème très actuel puisque j'insistais sur les médias et l'attractivité touristique. Lieu étonnant que ce musée de la radio et de la télévision, animé par deux merveilleux personnages. Kaurismaki planait. J'ai tenu et fini à la vodka en bateau sur les lacs.
Comparare 2
revue multilingue

Comparare 2

septembre 2002
Nous avons fait un colloque à Athènes et un autre à Turin. Le but fut de mélanger responsables de musées et scientifiques (pratique peu fréquente). Il consista aussi à faire se côtoyer le Réseau des musées de l'Europe naissant à Turin (institutions voulant se spécialiser sur l'Europe, sans hégémonie mais avec une concertation), que je présidais, et le Conseil européen des musées d'histoire, avec des musées anciens, prestigieux, se penchant sur l'Europe. J'ai toujours cherché à faire avancer de façon constructive, en équipe, plutôt que de favoriser les initiatives hégémoniques, solitaires, souvent irréfléchies. Je rencontrais alors Elie Barnavi (à Istanbul lors d'un congrès) et Benoit Remisch, les incitais à la coopération pour leur futur Musée de l'Europe à Bruxelles, Daniele Jalla à Turin, Michel Collardelle à Marseille, les Mazarakis père et fils et famille à Athènes. Ce fut passionnant. La France n'avait pas encore refusé la Constitution européenne.
décrypter la photographie
CDrom

décrypter la photographie

2002
Je crois que c'est une belle réussite. Il est toujours commandé. Francis Jolly a beaucoup oeuvré, avec Eric Mouton à la maquette. André Gunthert, à son habitude, n'a rien fait. François Cheval et le musée Nicéphore Niépce furent en revanche des aides matérielles décisives. Jean-Luc Monterosso (Maison européenne de la photographie) a généreusement accueilli le lancement et donné une très bonne interview. Le Musée national hongrois à Budapest fut un enthousiaste partenaire. De belles rencontres avec Willy Ronis (que j'ai retrouvé pour l'occasion), Cuchi White, John Morris, Jean-Luc Moulène, Elikia M'Bokolo, Clément Chéroux et des touristes japonais.

2001

L'Image "Borders/Frontières"
livre bilingue

L'Image "Borders/Frontières"

2001
Un thème essentiel, partout. Nous avons enjambé toutes les frontières physiques et mentales. Kosciwicz, Norman Klein, Sturani... Laurence Bertrand Dorléac s'entretrient avec Francis Haskell. Nous publions ce travail avec Laurence malheureusement après la mort si rapide et cruelle d'Haskell. Interview rare de Pontus Hulten. A Milan, j'erre avec Enrico Baj. Nous loupons Umberto Eco, que je louperai toujours. Peut-être vaut-il mieux. Mais je fais un entretien avec Arturo Schwarz, qui a tant promu Duchamp, chez lui. Long entretien qui ne sera jamais publié. Nous partons chez Baj, passer du temps à rire, manger, débattre de peinture et de généraux, de pataphysique, boire au jardin, discuter en famille, bref vivre.
Le Cap
photo

Le Cap

2001
Je pars du Cap en Afrique du Sud pour aller dans l'île où fut détenu Nelson Mandela. A ce moment, il inaugure un musée. J'ai le privilège de rencontrer cet homme d'exception, inflexible, au courage exceptionnel, et qui a su mener une révolution sans bain de sang : sacrée leçon pour nous autres Occidentaux. A la demande de l'ambassade de France, j'aidais à transformer les musées de ce pays en organisant un colloque de 3 jours. J'avais également le privilège de visiter les sites rupestres en crapahutant avec un jeune archéologue. Enfin, avec mon ami Ramzi du Slave Lodge, descendant d'esclaves asiatiques, nous fondions le réseau international sur les migrations anciennes ou récentes, volontaires ou forcées. Voilà une étape de mémoire, mais il y en eut beaucoup d'autres.
Comparare 1
revue multilingue

Comparare 1

septembre 2001
J'ai fondé cette première revue d'histoire comparatiste dans le cadre du programme EUROCLIO. Tous les numéros sont thématiques. Il m'a toujours semblé en effet indispensable de lier la recherche et les différents modes de diffusion du savoir. Beaucoup ont amicalement accepté d'entrer dans le comité scientifique et d'écrire : Le Goff, Hobsbawm, Geremek, Ginzburg, von Thadden... Jacques Le Goff acceptait d'inaugurer ce numéro avec un article sur "la ville européenne et les autres" au Moyen Age. Le comparatisme me semblait devenu un outil indispensable, d'un point de vue méthodologique. A chacun de s'y adapter et de décentrer son point de vue. 
Directeur du Musée du Cinéma
carte visite

Directeur du Musée du Cinéma

septembre 2001
Les Twin Towers s'effondraient et je me décidais à quitter après 23 ans le Musée d'histoire contemporaine. Ma passion pour le cinéma l'emportait. Je n'y passerait qu'un an mais ferai un énorme travail. Je rédigeais un rapport approuvé unanimement pour penser un nouveau musée et surtout inventer une politique culturelle. Je rencontrais des centaines de professionnels, sans clans et sans exclusive. Je préparais deux grosses opérations : sur le cinéma africain (en allant en Afrique du Sud, en Côte d'Ivoire, au Mali et au Burkina Faso) et sur le cinéma chinois (Pékin, Shangaï, Hong Kong, Taipeh). J'y trouvais des personnes qualifiées, savantes (Bénoliel, Mannoni ou Rauger) mais très séparées et me considérant hors de leur monde. A la faveur d'un changement de ministre, en 2002, ma tête fut coupée (avant d'ailleurs celle des autres responsables). J'en garde un sentiment d'inachevé mais des souvenirs forts de toute cette activité intense. Le cinéma a jalonné ma vie, soit pour y aller, soit pour créer des images, soit pour les analyser. Mais je l'ai toujours croisé avec d'autres passions. Nous nous retrouvons, retrouverons.
décrypter un timbre
CDrom

décrypter un timbre

2001
C'est Pierre Fresnault-Deruelle et ses étudiants qui ont beaucoup oeuvré sur cette seconde livraison de la collection [décrypter le visuel], avec le soutien de La Poste. Comment rendre intéressante une petite image du quotidien, certes collectionnée, mais souvent pas regardée ? Le site Internet imagesmag se développe avec des animations par tranches d'âges. J'analyse le 11 septembre. Les internautes réagissent; même depuis les Etats-Unis, en quasi direct.
Jeux d'images, codes, jeux de mots
livre

Jeux d'images, codes, jeux de mots

2001
C'est Gérard Aimé chez Alternatives qui a eu cette idée. J'ai travaillé sur tous les jeux d'images et images codées. A cette occasion, je retrouvais Véronique Willemin, future passionnée des anarchitectures, et bel esprit curieux, fouinant dans les marges, passionnée. Aucun lancement et très mauvaise diffusion à un moment difficile pour la maison d'édition. Bref, un livre mort-né, candidat à la résurrection car il est très sympathique et utile.
Ce livre n'est pas à lire
roman

Ce livre n'est pas à lire

2001

Une date. Mon premier ouvrage littéraire publié (par Sens & Tonka). Il s'agit d'un roman atypique, grand conte philosophique qui peut se prendre par des bouts et des tons divers (une écriture-réseau). Il a été choisi dans les 7 romans de la rentrée littéraire par France-Culture et Les Inrockuptibles (avec publication d'un extrait en encart spécial). C'est le résultat d'un travail de 20 ans. Il est le corps central d'une trilogie intitulée L'Homme planétaire, finie pendant 30 ans, expliquant nos nouvelles identités imbriquées, entre passé, présent et futur  : Défaut d'identité / Où suis-je ? / transplanet. J'ai rédigé une introduction à ce gros roman philosophique et poétique, fustigeant l'écriture confession et le bouquin-kleenex : Pourquoi écrire aujourd'hui ?

Jorn
livre (et expo)

Jorn

2001
Voilà la racine de mes appétences intellectuelles. Je ne suis pas un enfant des sixties, mais des fifties, de l'angoisse atomique, du jeu et de la reconstruction. J'aurais voulu (et ai proposé à Suzanne Pagé) monter enfin une belle expo sur les années 1950 (1946-1960), insistant sur la France existentialiste (et bien sûr l'Internationale lettriste ou le Collège de 'Pataphysique) et la Beat Generation aux Etats-Unis (et Robert Frank). Cinéma, littérature, peintres abstraits (Hartung, Soulages...), science-fiction (K. Dick et soucoupes volantes). A défaut, j'ai réuni dans ce livre sur Asger Jorn une toute petite partie de mes recherches. J'y ai dit, pour la première fois, mes amours intellectuelles. J'ai fait une enquête dans toute l'Europe sur les traces de Jorn, aussi bien avec ses épouses Matie (entretien filmé) ou Nanna, son galeriste van de Loo à Munich, son frère Nash à Orkeljunga, Andersen dans son musée à Silkeborg au Danemark, Constant à Amsterdam (je collaborerai à l'expo Constant au musée Picasso d'Antibes avec Maurice Fréchuret), ou Michèle Bernstein et Alice Debord en France. Et d'autres encore (Spur, Dubuffet, Arnaud, contact avec Vaneigem...). L'essentiel : tout cela s'est fait parce que Paul-Hervé Parsy, directeur alors du Musée d'art moderne de Strasbourg a accepté de monter avec moi l'exposition historique La Planète Jorn. Nous projetions de recommencer avec Richard Hamilton, mais son départ fut brutal.
Voir/ne pas voir la guerre
livre et exposition

Voir/ne pas voir la guerre

2001
Travail considérable. J'exposais pour la première fois, par exemple, les carnets de travail de Robert Capa saisis par la police française pendant la guerre et conservés aux Archives nationales. Mais, pour des raisons diplomatiques, je dus morceler l'opération avec ce lieu merdique qu'est le toit de la Grande Arche de la Défense. Critiques justifiées. Depuis, tout le monde s'arrache le livre et il a même été remis en place en librairie par l'éditeur au moment de la guerre d'Irak. Rencontres avec Riboud, Mc Cullin, Roger Thérond, Duncan, de Decker, Spengler... C'est, je crois, trace utile, bilan nécessaire.

2000

Une histoire sans limites ?
congrès et livre

Une histoire sans limites ?

2000
Congrès à Luxembourg avec la Commissaire européenne. Actes résumés avec intelligence par Corina Mersch. Au temps du monde fini et du post-modernisme, je lançais la piste d'une histoire démultipliée et vorace, utile à toutes et tous, partout, et concluais sur "La diversité, moteur d'une histoire commune", détestant les relents poujadistes de "l'exception culturelle". Je passais en Belgique voir le Daily Bul, André Balthazar, Anvers et quelques situationnistes avec Sylvia Kristel et Luc Van Malderen dans les passages de Bruxelles.
Chéops
photo

Chéops

août 2000
J'ai essayé de voyager en famille, chaque année en août, avec mes enfants quand ils ont grandi. Tout ce que je pouvais gagner par mes livres et activités externes servait à financer ces voyages (quitte à revenir sur la paille). Je ne regrette pas et n'oublierai jamais. Ainsi, nous avons vu le nord du Maroc, les champs de haschich dans les montagnes du Rif, Fez et la mer. Ainsi, je sors là de la pyramide de Chéops avec mon sac noir et mon chapeau, avant de descendre jusqu'en Nubie. Puis nous ferons un tour des Etats-Unis, conférence près de Boston, New York (et les grands yeux ouverts d'Antoine), Los Angeles, la route dans les parcs nationaux et les réserves indiennes, Las Vegas monstrueux. Enfin, Amorgos, une merveilleuse île grecque où Luc Besson a tourné Le Grand Bleu.
décrypter les images
CDrom

décrypter les images

2000/2001
A partir de 1999, je travaille à monter un site de décryptage d'images multilingue, intitulé "imagesmag". Il est aidé par le ministère de l'Education nationale et ouvre en 2000. Je récuse alors l'habitude sémiologique de la "lecture" d'images, car les images ne se réduisent pas à un langage, pour y préférer cette notion de "décryptage", c'est-à-dire l'analyse d'une certains nombre de messages contenu dans les images et leur contexte de production. Le mot fera florès. Aujourd'hui, tout le monde "décrypte", même pour ne rien dire. Le site Internet (très lourd) a malheureusement disparu, pour des raisons financières (l'Institut des Images n'a jamais été aidé que sporadiquement). Il en fut de même pour le site européen d'analyse des médias (avec le Baromètre européen des médias "imageduc" en 2003), ainsi que le site destiné aux jeunes, enfants, adolescents et enseignants, "primages" en 2004. Il reste la collection de cédéroms, soutenue par la Ligue de l'Enseignement. Voici le premier réalisé en 2001, avec les contributions amicales de Pétillon, Agnès Varda, Jean-Hugues Berrou, Daisy de Galard (créatrice de l'émission télévisée Dim-Dam-Dom, si novatrice).
Histoire du visuel
livre

Histoire du visuel

2000
Pierre Nora chez Gallimard a refusé ce livre, en m'expliquant qu'il n'y entendait rien aux images. Michel Winock l'a accepté au Seuil. Il fit la "une" du Monde des livres. Pas une ligne dans Libération, comme d'habitude. C'était un lourd testament rassemblant 20 ans de recherches. Il sortira en version augmentée et définitive : poche Points Seuil 2003, sous le titre Histoire du visuel au XXe siècle. En fait, il décrit, depuis le milieu du XIXe siècle, la multiplication industrielle des images. Pour beaucoup d'aspects, il s'agit d'une étape importante. Toujours pas traduit.
Manipulations par l'image
livre et expo

Manipulations par l'image

2000
Je choisis de commémorer ainsi le millénaire. Jaubert et Caujolle participèrent au livre. Je connaissais l'exposition de mon ami Schäfer à Bonn, mais voulais sortir de la seule problématique des photos truquées. Tout le monde (dans les médias) ne le comprit pas. La manifestation fut néanmoins un grand succès public. Le livre disparut dans les 15 jours des librairies mais l'éditeur ne voulut jamais le rééditer. C'est dommage. On me demanda de la faire itinérer. Le monde enseignant était passionné par tous les cas divers de manipulations soulevées. Il reste encore à la faire vivre. 
décrypter les images en ligne
site internet

décrypter les images en ligne

2000
Voilà le premier site internet que j'ai construit (avec toute une équipe). Préparé depuis 1998, il a été aidé par le ministère de l'Education nationale. Ce fut un travail important pour le grand public, les enseignants, les musées, sur le décryptage d'images. Bilingue, j'y ai reçu des analyses juste après le 11 septembre 2001 de l'Etat de New York. Il y avait une étude en images sur un tableau de Nicolas Poussin avec le Louvre, des références internationales, des animations sur la photo, des analyses d'actualité, des interviews de créateurs... J'aurais voulu le développer et y rassembler tous mes sites sur l'image. Mais la funeste phynance tuèrent net ce travail gigantesque.

1999

Crepax
dessin/poster

Crepax

1999
Je ne sais plus quand. Je vais voir Enrico Baj, exposé en 1992 et ami fidèle depuis. Rencontre Schwarz sur Duchamp. Erre dans Milan et vais voir Guido Crepax, alors oublié et assimilé à un illustrateur érotique de bas étage. Crepax fut un des dynamiteurs du récit et de l'organisation graphique en bande dessinée (comme Druillet, lui aussi exposé au Musée d'histoire contemporaine). C'est un des plus subtils peintres du désir. Homme simple, à vie de famille en appartement classique, passionné des batailles de l'Empire napoléonien, je voulais travailler à valoriser son formidable imaginaire. Généreusement, il me donne les premiers numéros de la revue Linus, des publications diverses et me dédicace cette composition. Il mourra trop tôt. Tous les soirs, tous les matins, je vois cette femme qui s'offre en face de mon lit. Chaque instant se brouille de sensations croisées, dans le temps et dans la perception. Et j'oublie tellement.
EUROCLIO
action européenne

EUROCLIO

1999
J'ai créé en 1999 le Conseil européen des musées d'histoire pour inciter des pays, isolés dans l'Union européenne, à travailler ensembles et à reconsidérer leurs collections sous l'angle de l'histoire collective. Ce fut une belle aventure. Il n'en reste rien mais des habitudes ont été prises. Nous avons été soutenus pour ce travail gigantesque à partir de 1999 par la Commission européenne et ensuite renouvelés sur trois ans, jusqu'en 2003. Souvent, tout n'a tenu qu'à un fil, tant les chicaneries et jalousies furent importantes. Mais nous avons bâti un grand site Internet, des expositions réelles et en ligne, une revue d'histoire comparatiste... Ce ne fut pas renouvelé malheureusement en 2004, malgré un dossier avec plus d'une quarantaine d'institutions majeures de tous pays. Nous avons néanmoins avancé sur de l'histoire européenne pluraliste, par l'objet ou l'image, avec une expo dans le Parlement européen et en ligne. Nous avons monté en 2002 une manifestation itinérante (avec Marie-Paule Jungblut) sur "Votre histoire est notre histoire" et en 2003 (avec Hermann Schäfer) "Chacun est un étranger quelque part". Fabienne Dumont et Claudia Fonseca ont beaucoup aidé à toute cette construction.
Palais de l'Image
projet, rapport

Palais de l'Image

février 1999
Voilà une autre baleine échouée. A la demande de Catherine Trautman, ministre de la Culture, j'ai phosphoré. Dès cette époque, je défendais un lieu sans collections, en réseau, pluridisciplinaire. Dès cette époque, en plein repli de "l'exception culturelle", je voulais promouvoir la défense de la diversité dans un monde multipolaire. J'écrivais aussi --toujours pour rien et sans être payé-- une note pour transformer le palais de la porte Dorée en Maison des cultures métisses, liant colonisation et immigration. La Cité de l'Immigration finira par y entrer et y parlera de colonisation. Je ferai partie de son conseil scientifique et aiderai à son développement, jusqu'à faillir y prendre un poste de responsabilité, se dérobant au dernier moment. Il ne faut pas avoir d'idées dans ce pays, cela terrorise les médiocres. Pour le Grand Palais, j'eus droit dans Le Figaro à un article truffé d'assertions erronnées, calomniateur, destiné à couler mon initiative parce qu'elle faisait peur à des fonctionnaires de la culture. J'hésitais à faire un procès. Je me tus, comme je le ferai toujours. J'eus sûrement tord.

1998

Musées et politique
congrès et livre

Musées et politique

1998
Voilà le temps de reconsidérer la fonction des musées pour cette 4e édition de nos rencontres au Musée de la Civilisation à Québec. Je posais en ouverture une question impertinente : "Les sociétés ont-ils besoin de musées ?". Patrimoine en partage, globalisation et rapport local-mondial, aspect social et moral, histoire et mémoire, besoin de repères, nous avons débroussaillé avec passion et générosité. Visites très intéressantes au Canada sur des exemples divers (et parfois critiquables). Amitiés durables, acquises déjà sur le terrain des arts.
Peut-on apprendre à voir ?
colloque et livre

Peut-on apprendre à voir ?

juin 1998
Colloque important où je lance cette formule : "apprendre à voir". Il y a pas moins de 75 spécialistes différents rassemblés. Souvent, ils ne se sont jamais rencontrés. Voilà une leçon d'humilité pour chacun. Pas d'OPA gouroumachique dans ce pays fasciné par les sémiologues ou les psychanalystes à vérité révélée. Chris Marker en couverture. Pierre Encrevé, conseiller de Catherine Trautmann, m'aide au ministère de la Culture pour imposer la manifestation, contre toutes les fâcheuses et les fâcheux occupés d'empêcher pour masquer leur inutilité. Alfred Pacquement nous accueille aux Beaux-Arts. Michael Baxandall me confie un texte qu'il ne peut lire. Impossible de citer chacune, chacun. Daniel Arasse brille et nous manque désormais. Un final terrible où Jean-Luc Godard m'annonce une heure avant son absence, alors qu'il doit dialoguer avec Pierre Soulages sous mon arbitrage. Pierre Soulages, soutenu par son épouse, décide de rester finalement. C'est un très bel esprit. J'appelle Philippe Dagen et affronte, seul, la bronca naissante. Nous dialoguons dans le calme revenu. J'écrirai à Godard pour lui dire sa grossièreté vis-à-vis de Soulages. Il me répondra, gêné, et ira voir le peintre dans son atelier pendant l'été.
Yougoslavie et Moebius
livre et exposition

Yougoslavie et Moebius

1998
100 ans d'histoire de l'espace yougoslave. L'idée était de Joseph Hue. Il a fallu crapahuter en voiture dans les cinq pays pour glaner des pièces historiques ou artistiques. Les massacres cachés par les uns, nous les montrions grâce aux autres. Sujet tellement difficile, alors que l'éclatement venait d'intervenir dans le sang. J'ai encore sur mon bureau un obus tombé dans le musée de Sarajevo. J'ai demandé à Moebius (que j'avais vu peu avant répondant à un journaliste pour un débat public, seul sous une tente déserte à la Bastille) de faire l'image sur le thème de la frontière. Il était sensible à ces événements et a créé une image exceptionnelle. Nous avons beaucoup parlé, chez lui, dans sa maison de banlieue, pour préparer, et puis il est venu signer très gentiment au vernissage. Vernissage où toutes les représentations diplomatiques étaient présentes : j'appréhendais. Mais en fait le catalogue épais et fort illustré comme toujours, s'est mieux vendu là-bas qu'en France, car cela permettait à chaque pays de retrouver des pièces disparues. Yves Tomic a beaucoup travaillé. Jean-Hugues Berrou a fait des reportages. J'ai essayé de montrer combien ces pays n'étaient pas des "barbares", mais étaient liés à toutes les avant-gardes européennes.
Histoire de l'immigration
livre et exposition

Histoire de l'immigration

1998
Voilà encore un sujet à hauts risques : 100 ans d'immigration en France. Il a fallu se battre. Pierre Milza trouvait l'image de Savignac "enfantine". J'avais passé du temps à Trouville avec ce grand monsieur. J'ai poussé à montrer sur 100 ans pour faire comprendre que le phénomène est ancien. J'ai refusé le misérabilisme utilisé par la Villette dans une sorte de jeu de rôles pour faire semblant d'être un immigré. J'ai voulu montrer les apports de l'immigration dans tous les domaines, par des gens célèbres ou inconnus, dans le sport, l'économie, la cuisine, la musique ou la littérature. Pour chaque manifestation, il faut ainsi se poser la question d'un message simple, premier. Ici, pas une immigration-problème, mais une immigration-chance. L'ouverture de l'exposition donnait à lire des mots de notre quotidien et leur étymologie étrangère. Des personnalités m'ont confié des objets sensibles et je les ai interviewées : la subtile Marina Vlady, Moustaki, Arias, Arrabal, Cavanna, Annie Cordy, Dibango, Khaled, Jazy, Lemarque, Uderzo, Manoukian, Rego, Velickovic, Bridgewater... Il y eut un comité de parrainage prestigieux avec aussi bien Edgar Morin que Robert Badinter (visiteur fidèle du musée). La France gagna la coupe du monde de football et Jacques Chirac m'envoya une lettre personnelle pour me féliciter.

1997

Lettre Chirac
correspondance

Lettre Chirac

février 1997
Jacques Chirac, Président de la République, soutient le projet de Musée du XXe siècle. Législatives. Cohabitation. Tout à recommencer. Mais Chirac soutient toujours, Jospin aussi, Trautman à la Culture également (malgré la Direction des musées de France qui rechigne), et enfin Allègre à l'Education. Le dossier est mis dans les mains de Claude Allègre, un conseiller est nommé pour le suivre, je le rencontre, ma lettre de mission est prête. Elle ne sera jamais signée. Je ne serai pas non plus nommé à la tête de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, tutelle du Musée d'histoire contemporaine. Je passe alors à autre chose et rassemble tous mes travaux pour écrire un gros ouvrage : Les Images qui mentent. Histoire du visuel au XXe siècle.
Histoire de la télévision
exposition et livre

Histoire de la télévision

1997
J'ai réussi à convaincre Francis Denel à l'INA. Jean-Noël Jeanneney nous a accompagnés. Il fallait vraiment défricher pour cette somme sur la télévision française. J'ai rencontré et fait des entretiens avec tant de personnalités fortes : Guy Lux avec sa gouaille (jadis aussi célèbre que le général de Gaulle), la merveilleuse intelligence de Pierre Dumayet, Tchernia, Averty bien sûr pour des séances épiques, Bluwal, Marcillac, Jacques Martin dans son théâtre de l'Empire désert, Georges de Caunes et Jacqueline Joubert qui se revoyaient grâce à moi, Pierre Bellemare, Collaro sur sa péniche au pied de TF1 pour ses marionnettes du Bébête-Show, et les premiers techniciens, décorateurs... Ce fut passionnant de suivre les débuts et l'invention de personnages qui bricolaient un nouveau medium. J'ai écrit particulièrement sur les variétés, qui me semblaient, avec le sport, un genre fondamental. C'est très français, mais c'est très affectif. Il était temps (après la destruction des Buttes Chaumont) de valoriser un temps particulier, qui disparaît dans l'ouragan du Net.

1996

Quel futur pour les musées d'histoire ?
congrès et livre

Quel futur pour les musées d'histoire ?

1996

J'ai accompagné Hermann Schäfer depuis les débuts de la Haus der Geschichte à Bonn, comme Christof Stölzl pour le Deutsches Historisches Museum à Berlin. Hermann a beaucoup oeuvré pour ce congrès où nous avons parlé tant virtuel que rôle social du musée, tant pluridisciplinarité que spectacles. Bref, à relire, car tous les bouleversements futurs y sont. Parallèlement, j'ai côtoyé Pontus Hulten et aimé l'indépendance d'esprit, je voyais Topor et Spoerri, écoutais du tango aux Trottoirs de Buenos Aires et Archie Shepp.

L'Image
revue livre

L'Image

mai 1996
La pauvreté, c'est l'exhibitionnisme de la souffrance, le commerce de la charité, l'obscénité du luxe, les géo-caricatures pour des populations entières... Jamais depuis, au temps des ONG concurrentes et du caritatif-masque obscène pour tout vendre, une telle réflexion ne s'est révélée aussi importante. Beaucoup de signatures prestigieuses et Béringer sur les architectures précaires. Moi encore devant la télé. Surtout, à cette occasion, j'erre dans Londres, vis chez Sarah Wilson du Courtauld Institute, croise des artistes du pop anglais et ai le privilège de faire un entretien avec le délicieux et subtil Ernst Gombrich, avec son épouse, un thé, son accent juif autrichien. Quelle merveille d'intelligence, de non-systématisme même s'il déteste Duchamp, d'agilité intellectuelle. Il accompagnera L'Image jusqu'à sa mort. Nous nous parlerons régulièrement et correspondrons. Il me promettra même un article pour l'exposition "Picasso et la caricature". Voilà des raisons de vivre.
L'Image "Le désir"
revue livre bilingue

L'Image "Le désir"

décembre 1996
Beau thème au temps de la radicalité porno ou de la censure religieuse. J'ai mis Bruno Schulz en exergue. Paul Ardenne nous parle de porno et Eyzikman de Doré. Beaucoup d'auteurs internationaux. De Baecque interviewe Jean Rouch. Je l'apprécie infiniment depuis Petit à Petit, ethnologie inversée, et le reverrai. Je m'entretiens avec William Klein.
40 ans
photo

40 ans

janvier 1996
J'ai fêté les dizaines, pour oublier collectivement et préparer la suite, la rémission. Voilà mes enfants dans l'atelier de Belleville où j'officiais avec Christian (Louis Rollinde) : nous avons le même âge. Des amies et des amis anciens s'y retrouvaient. Je suis sauvage et fidèle, distingue les relations, même sympathiques, et la connivence de longue durée. En revanche, des personnes rares, tôt entrevues, peuvent me sembler presque immédiatement proches. C'est ce qui arriva, par exemple, avec André Stas et Fanchon Daemers.
Musée du XXe siècle
Appel

Musée du XXe siècle

1996
J'ai toujours refusé la médiocrité. Aussi, quand il a été question d'envoyer au fin fond de Nanterre le Musée d'histoire contemporaine que je dirigeais, je me suis insurgé et ai lancé un appel pour faire un grand musée d'histoire du XXe siècle. Cela aurait été un succès public et nous aurait évité toute une dérive mémorielle, un semis d'initiatives diverses venant de pressions successives, sans lisibilité générale. Le musée, de plus, aurait pu exporter son travail. Jacques Julliard accepta de présider le comité de soutien. Je reçus des signatures prestigieuses, tant politiques, que des plus grands historiens. Président de la République, ministre de l'éducation donnèrent leur appui. Divers lieux furent envisagés. Les médias défendirent unanimement ce projet. Rappelons les membres du comité de soutien pour le Musée d'histoire du XXe siècle, présidé par Jacques Julliard : Maurice Agulhon, Jean-Pierre Azéma, Jean-Jacques Becker, François Bédarida, Serge Berstein, Jean-Denis Bredin, Jean-Marie Cavada, Alain Decaux, Marc Ferro, Robert Frank, René Girault, Alfred Grosser, Stanley Hoffmann, Jean-Noël Jeanneney, Jack Lang, Jacques Le Goff, François Léotard, Pierre Milza, Pierre Nora, Jean d’Ormesson, Pascal Ory, Mona Ozouf, Jack Ralite, René Rémond, Jean-Pierre Rioux, Michel Rocard, Sergio Romano, Henry Rousso, Hermann Schäfer, Philippe Séguin, Jean-François Sirinelli, Christoph Stölzl, Rudolf von Thadden, Hubert Tison, Maurice Vaïsse, Simone Veil, Michel Winock.
guide musées d'histoire
livre

guide musées d'histoire

octobre 1996
J'ai passé des moments merveilleux avec Marie-Hélène Joly (inspectrice à la Direction des musées de France) à faire cet inventaire des musées d'histoire en France. Ce fut un travail passionnant de réflexion, de définition. J'espérais qu'il en sortirait des propositions concrètes en terme d'aménagement du territoire, de suggestions aux élus locaux, plutôt que de se retrouver toujours en situation de gérer les désidératas des groupes de pression. Ce ne fut pas le cas. La France rata le grand renouvellement de ces institutions et, à nouveau, certains musées d'art, dotés de moyens, firent preuve de davantage d'originalité. De mon côté, j'allais aussi faire ici ou là des expos artistiques.
Ecrans
plexis peints et installations superposées

Ecrans

juin 1996
Grande installation au Kubus. Des vues superposées. De la profondeur de champ, du jeu virtuel sur le sens et la forme. Toujours les frontières. Ces grandes installations ont dû être détruites, malheureusement. J'avais fait aussi une très belle tour Eiffel pour un nouvel espace privé à investir (lié à Enrico Baj) près du Trocadero, flottant avec des bouts de touristes, des éléments visuels d'actualité. Destroyed. Restes précaires. Ecrans implosés, comme ceux des télévisions en réserve sous l'imprimerie La Ruche Ouvrière, feu et rien. Il m'est resté des dérives en 2006 chez Alice Debord (Champot) et Bernard Plossu à la Ciotat.
caricatures
livre et exposition

caricatures

mai 1996

Voilà ce que j'appelle une opération courageuse. Je savais que le succès ne serait pas au rendez-vous. Mais ces deux dessinateurs oubliés méritaient vraiment d'être mis en valeur. Le Canard Enchaîné fut partenaire. Philippe Séguin, alors Président de l'Assemblée nationale, préfaça le livre écrit avec Christian Delporte. Je suis passionné du surréalisme de Sennep et ai choisi avec Marie-Antoinette, sa fille, des merveilles de vivacité d'esprit. De droite, il fut fermement anti-allemand et anti-pétainiste pendant la guerre. Cabrol (je descendis à Pau organiser une donation avec sa fille) me paraît comme le caricaturiste le plus virtuose des années 1930. Hitler s'en fâcha. Je crois qu'avec Christian, nous avons vraiment fait oeuvre utile. Le livre devrait continuer à être diffusé. Il importe, dans les institutions, de construire une offre culturelle alternant les manifestations très grand public et des coups de projecteurs audacieux. Pour, parfois, avoir des surprises.

 

Vous connaissez Guernica ?
livre

Vous connaissez Guernica ?

1996
Ce livre, je l'ai vu en solde avant sa diffusion en librairie : ça vous met le moral. Il y avait une exposition Picasso au Grand Palais et il n'était même pas à la librairie. Voilà l'ère des bouquins kleenex. Ils ne sont pas lus. Seul compte le titre, l'auteur et la puissance marketing de l'éditeur. J'avais décidé d'appliquer scrupuleusement la grille d'analyse de Voir, comprendre, analyser les images. Ce livre est l'étude d'un cas particulier célèbre. Il le saisit différemment et dérangea les "picassiens". Pierre Daix, que je connaissais, ne daigna pas répondre. Ce fut d'ailleurs aussi le crime que je commis lors du colloque Picasso monté par mon amie Laurence Bertrand Dorléac. J'insistais sur le "conservatisme" de Picasso (refus de l'abstraction, du ready-made, des autres civilisations...) Que n'avais-je avancé. Là, le "bain visuel" de Guernica est scrupuleusement décrit (et reproduit) et je montre toute la construction progressive, jusqu'après la Deuxième Guerre mondiale, pour rendre célèbre ce tableau aux USA et dans le monde communiste, tableau qui alors immortalise ce qui ne fut qu'un épisode controversé de la guerre civile espagnole. Mais ce livre utile n'a pas été vendu. Il faudra lui donner une nouvelle vie.
Face à l'histoire
livre et exposition

Face à l'histoire

1996
Je dirigeais le Musée d'histoire contemporaine et refusais tous les ostracismes, notamment le mépris des historiens pour l'art. Je sortais de mes travaux sur Picasso, pistant toutes ces années 1930, où j'eus la chance notamment d'être en contact direct avec Dora Maar. Jean-Paul Ameline vint me voir et j'acceptais d'être conseiller sur cette opération. Elle était courageuse et montra des oeuvres fortes. Belle équipe, Ameline bien-sûr, mais la très scrupuleuse Brigitte Léal, Michel Frizot, Chris Dercon (et David Elliott d'Oxford, que je suggérais). Harry Bellet fit un boulot formidable sur le livre. Au temps où l'histoire revenait, ce fut une étape qui compta (bien plus que Les années trente au Musée d'art moderne de la ville de Paris).
Ost-West
livre objet trilingue

Ost-West

juin 1996
Mon ami Hans-Joachim Neyer à Hanovre nous aida pour cette opération au Kubus. Le directeur du Musée d'art moderne vint ouvrir la manifestation. Le livre-catalogue était un boitier de cartes. Ce fut l'ultime manifestation des Peintres d'histoire. Les derniers numéros de la revue-affiche, sur les frontières ou le son, sortirent alors : 1988-89 jusqu'à 1996. L'histoire et la vie quotidienne (l'intimité) devenaient des tartes à la crème pour tous les artistes. Il était temps d'arrêter. Chacun repartit sur sa route. J'entamais alors une longue période de repli sur l'écriture.
Affiches politiques mondiales
livre

Affiches politiques mondiales

octobre 1996
Ce fut une commande. Il y eut même une édition France Loisirs. J'étais très réticent, car je déteste revenir sur des sujets anciens. Pour écrire, j'aime être en danger et découvrir. Répéter m'use et peut me laisser totalement paralysé. Mais j'ai trouvé des pièces de tous les continents et j'aime bien un résultat qui n'a pas d'équivalent. Encore une fois, aucune traduction.
Les Sixties
livre et expo, France et Grande-Bretagne

Les Sixties

1996
J'étais en pleine campagne pour le musée du XXe siècle. La semaine avant le vernissage, le British Council m'annonce qu'il ne donne plus ses subventions. Il a fallu porter cette opération à bout de bras. Les Sixties n'étaient pas encore à la mode (considérées comme baba-cool ridicules). Je défendais le Pop Art anglais et particulièrement Hamilton, qui est un grand monsieur. Je défendais la figuration narrative française (Erro, Rancillac, Cueco, Klasen, Raysse, Fromanger, Monory...) Je défendais la bande dessinée française, Fred, Pellaert, Forest, Giraud-Moebius, Bretécher, Gotlib, Wolinski, Gébé, Reiser... Plossu me passait des photos de ses errances. Il y avait la moitié de spécialistes anglais, un livre en anglais, un festival à Londres et l'expo allait au Musée d'art moderne de Brighton. Je mêlais la musique, les Shadoks, Steadman, le mobilier de Panton, le feuilleton Le Prisonnier, Archigram, les happenings, Godard ou les photos de Blow-Up d'Antonioni. Il y eut une grande fête avec les artistes dans l'atelier de Belleville et à Brighton. Depuis, j'aime toujours ces personnages mais vomis la sous-sauce commerciale sixto-seventies qu'on nous sert. le Centre Pompidou se penchera avec retard sur le sujet.

1995

Où va l'histoire de l'art contemporain ?
colloque international et livre

Où va l'histoire de l'art contemporain ?

février 1995
Yves Michaud aux Beaux-Arts nous accueille. Laurence Bertrand Dorléac et Gérard Monnier ont l'idée de cette réflexion internationale. Serge Guilbaut à Vancouver nous aide. L'Image assure le suivi. Je me réjouis de montrer aux Nord-Américains des Africains qu'ils découvrent. Installation La Ronde de Nuit de Lewis Baltz en couverture. Des femmes, des Blacks, des Indiens, Pierre Restany et Michel Thevoz, Marcia Tucker ou Tomas Crow, Werner Hofmann ou Rosalind Krauss, Jorge Coli ou Yacouba Konate... Un sacré bilan à l'heure où la planète art explose.
Toporanapoli
exposition et livre

Toporanapoli

1995
J'étais révolté contre la condescendance française vis-à-vis de Roland Topor, vu comme touche-à-tout mineur (mieux apprécié en Allemagne). Cette exposition napolitaine m'a permis de passer des nuits et des jours avec Roland en fouinant dans tous les tiroirs de la rue Boulainvilliers. J'ai conçu (voir l'esquisse de maquette au-dessus des photos de nous deux à Naples) le concept d'un dictionnaire, pour affirmer tous les aspects de son travail. Je voulais agir avec sérieux pour défendre un esprit subtil, un personnage exigeant, un écrivain précis comme Kafka. Nous avons déjeûné de crèpes fines à la peau de canard laqué et de vin. Nous avons fini des nuits près du Cirque d'Hiver. Nous avons pensé le désordre avec les carreaux froids d'un Mexicain à 4 heures du matin. Par hasard, au vernissage de Naples, il y avait Jorge Semprun invité par Jean-Noël Schifano et, avec Topor (et Christian qui avait scénographié l'expo), nous avons parlé longuement de Picasso sur lequel je travaillais et dont j'avais entretenu le rugueux Pierre Daix. De camps aussi (c'était ma grande manifestation de l'année au Musée d'histoire contemporaine). Je présenterai, mais après sa mort, le travail graphique de Topor à Lisbonne, en écrivant un catalogue jamais paru. Michel Pierre, venu au vernissage, me parle d'Hugo Pratt, que je n'aurai jamais la chance de rencontrer, à mon grand regret et malgré plusieurs occasions successives. Retour amer à Paris avec Christian, où nous perdons à jamais des tirages photographiques grand format de nos installations scénographiques antérieures pour les Peintres d'Histoire.
L'Image "Les foules"
revue livre bilingue

L'Image "Les foules"

novembre 1995
Pourquoi "l'image" et pas "les images" ? A cause probablement de la force magique contenue dans ce mot générique. Image anagramme de magie. La revue sera diffusée par la SODIS (Gallimard) en France et Harvard aux Etats-Unis. Je l'ai voulue bilingue. Nous avons de beaux noms en parrainage (Agulhon, Debray, Ferro, Haskell, Hofmann, Jeanneney, Melot, Pomian...) J'ai une tendresse particulière pour Francis Haskell avec qui j'errerai, seuls avec son épouse, dans le cimetière aux sculptures des écuries du château de Versailles. J'aimais tant ses approches subtiles sur les modes du goût. Dans le comité éditorial, les amis fidèles : d'Almeida, de Baecque, Bertrand Dorléac, Buton, Delporte, Dogliani, El Kenz, Krumeich, Scott... Fréchuret nous parlait de Giacometti et Hofmann de Duchamp. Je travaillais sur de l'analyse télévisuelle concernant la fonction du public dans les émissions trash des Etats-Unis et en France. Montanari nous parlait des territoires virtuels. Pour la première fois, toute la production visuelle était envisagée, de plus avec pluridisciplinarité. J'ouvrais avec "Les images contre les images", stigmatisant déjà la circulation indifférenciée des icônes. Belle oeuvre en regard de Louis Rollinde sur le pélerinage à La Mecque.
plage anglaise
photo

plage anglaise

1995
Voilà une trace indéfinie. Plage anglaise probablement visitée avant ou après l'exposition sur les Sixties en 1996. Cela fait partie de ces très nombreux voyages entrepris depuis les années 1970, seul, en famille, avec Christian. Dérives dans de nombreux pays. Explorations proches ou lointaines, où le décalage peut être aussi brutal en faisant crisser du Stilton et des kippers entre les dents au breakfast à Whitby, que dans une fazenda brésilienne.
Déportation
livre et exposition

Déportation

1995
Voilà un moment important. J'ai eu le privilège de travailler avec François Bédarida, de parler avec Geneviève de Gaulle et Germaine Tillon, de retrouver le général Saint-Macary. Nous sommes allés en Allemagne avec Bédarida, avons organisé la première manifestation franco-allemande sur ce thème, visité des camps. Les survivants nous ont dit que le meilleur moyen de combattre le révisionnisme était de dire tout : l'horreur fut suffisante pour n'avoir besoin de rien cacher, ni d'augmenter les chiffres. Le temps de l'histoire était venu. Ainsi, nous avons parlé de la correspondance entre camps, nous avons dit que tous n'étaient pas des camps d'extermination. J'ai travaillé longuement sur les représentations contemporaines ou postérieures. J'interrogerai mon ami Boris Taslitzky. Simone Veil inaugurera la manifestation. Nous parlerons et je ne l'oublierai pas. A sa demande, plus tard, je ferai partie du Conseil scientifique de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Avec François Bédarida, nous aurons des discussions passionnantes et conniventes sur les dangers de l'instrumentalisation de l'histoire. Autant toute trace d'antisémitisme doit alerter, car c'est de toute façon le signe avant-coureur d'autres exclusions, autant tout communautarisme exclusif se servant d'un drame de l'histoire risque de se retourner contre ceux-là même qui en jouent. Je garde un grand respect pour Simone Veil et la rigueur intellectuelle de François Bédarida me manque (et son exceptionnelle épouse aussi). Il fera preuve ensuite de gestes d'amitié courageux envers moi et mes recherches, jusqu'à sa mort brutale.

1994

Rêver demain. Utopies, science-fiction, cités idéales
expo et livre

Rêver demain. Utopies, science-fiction, cités idéales

octobre 1994
Avec Thierry Paquot et Yolène Dilas, voilà une manifestation restée confidentielle. Et pourtant, elle vient du plus ancien de mes intérêts pour tous les utopistes du XIXe siècle : la prescience d'un temps libertaire inachevé, à remettre en route après les horreurs du XXe siècle. Claude Baillargeon invente l'image, qui dérange. Plus tard, j'aiderai l'exposition de la Bibliothèque nationale de France et de la New York Public Library sur les Utopies. Je visite le Familistère de Guise et aime les expériences qui fonctionnent (à Berlin ou au Danemark), les bâtisses (la Saline de Ledoux) qui s'érigent. Il faut remettre en route l'énergie quotidienne et la pensée mobilisatrice, sans illusions mais avec passion. Relancer le mouvement transformateur dans une atmosphère alors aberrante, "post-moderniste" de fin de l'histoire résignée. Personne ne s'y intéressa. Elle fut nécessaire, prophétique sûrement.
Affaire Dreyfus
exposition et livre

Affaire Dreyfus

avril 1994
C'est décourageant. Je fatigue. Il y a tellement de choses dans une année comme 1994. Sciant de se raconter et tant d'oublis aussi. J'ai connu mon affaire Dreyfus, quand le gouverneur des Invalides a interdit l'exposition en plein conseil d'administration du Musée de l'Armée, dont j'étais membre (nommé par Pierre Joxe, ministre de la Défense). Je pensais l'Affaire oubliée et m'intéressais à ce "tournant du siècle" si fertile avec mon ami Christophe Prochasson. Nous avions entraîné dans l'aventure (et dans le désordre) Michel Winock, Pierre Nora, Madeleine Rebérioux, Gérard Noiriel, Christophe Charle, Jacques Julliard, Pascal Ory, Maurice Agulhon, Pierre Birnbaum, Vincent Duclert, Philippe Dagen, et tant d'autres... Important ouvrage sur un moment si particulier (j'irai plus tard dans l'île du Diable). Joseph Hue, Directeur de la BDIC pendant toutes ces années, n'y croyait pas. Mais tout s'est vendu en 15 jours. François Léotard (ministre de la Défense alors), sentant le scandale, a limogé plusieurs militaires et le gouverneur en grande tenue était au vernissage. Conférence (pleine à craquer) au Musée d'Orsay sur dessin de presse et antisémitisme. J'avais demandé à mon ami Roman Cieslewicz de faire à nouveau une image pour le musée (Jean-Paul Bachollet, ex-Grapus, m'avais signalé sa situation financière difficile et son absence de commandes). J'aimais beaucoup Roman ce Kamikaze. Nous déjeunions rue du Dragon à l'italienne près de Penningen où il enseignait et fus dans le jury de sortie à sa demande. Une hémiplégie l'avait alors frappé mais il résistait avec Chantal à Malakoff. J'ai toujours aimé parler de choc d'images avec Roman.
analyses d'images
livre

analyses d'images

avril 1994
J'avais le choix : faire une thèse ou un livre. J'ai choisi le livre, même si Marc Ferro me poussait aussi à l'habiller en thèse. Ceci n'est pas la première édition (elle est enfouie chez moi et j'ai la flemme de chercher). On doit être à la cinquième version. L'éditeur y croyait moyennement (pas de filière, pas de public, pas de matière spécifique...) J'ai toujours fait des livres qui n'avaient aucun rayon en librairie. C'est terrible. Même mes amis n'en voyaient pas l'intérêt (pas chic, trop pédago et pratique...) Ce fut un très gros travail. J'ai fait des conférences aux Etats-Unis ou en Allemagne, où rien de semblable n'existe. Désormais, des traductions commencent. Mais être atypique et pluridisciplinaire se paie cher et longtemps. Par parenthèse, je proposais à Jean-Marie Cavada, président de La Cinquième (chaîne de télévision) naissante et censée être pédagogique, une émission de décryptage d'images de tous types. J'eus un coup de fil en mon absence (Noël 1994), puis plus rien et découvris "Arrêt sur images" de Daniel Schneiderman quelques mois après. J'écrivis à Cavada, pour recevoir une réponse embrouillée, gênée. Là, je compris la confiscation absolue par les journalistes de l'outil télévisuel. Deux autres expériences cuisantes, totalement semblables, suivirent à quelques années de distance. A la télévision désormais --contrairement aux débuts--, les journalistes parlent aux journalistes, même pour de la vulgarisation. Le spécialiste est un pantin non-payé, faire-valoir instrumentalisé et considéré comme emmerdant par principe. Nulle étonnement que la population, lorsqu'elle connait bien une question, soit totalement affligée par la manière dont elle est relatée.
Téléphagie touristes à Pompéi
peinture dans boite métal peinte

Téléphagie touristes à Pompéi

mars 1994
Pendant ces années, je m'enfermais dans mon bureau bouleversé avec des bâches et entrais en transes. Je me souviens de ces touristes égarés sous le soleil, venus, touche après touche, dans l'appartement silencieux vers 7 heures du matin. Soleil derrière les volets. Nuit de carnage et sommeil comateux. Ils étaient là et apparurent. Temps d'égarement arraché à l'accumulation des activités rationnelles et à une vie familiale posée, étroite, heureuse.
Peintres d'histoire Napoli
Photo sur 3 mètres

Peintres d'histoire Napoli

mai 1994
Là, il faut le reconnaître, mon ami Christian de Beaumont (Louis Rollinde) fut à l'origine de cette première exposition collective à Naples. Voilà la photo qui ornait, très grand format, l'entrée de l'Institut français de Naples. Jean-Noël Schifano a eu le mérite d'accueillir ce travail ambitieux, accompagné d'un catalogue-objet. Avec Christian, nous avons erré dans la ville, aimé ses recoins et légumes. Naples, excessive, nous a portés. Et des nuits.
Peintres d'histoire Paris
exposition

Peintres d'histoire Paris

octobre 1994
Galerie Pascal Gabert. J'ai fait un mur de "téléphagies". Près du Centre pompidou. J'aide l'expo sur la "Ville" au Centre, mais quelle ambiance (et il ne reste qu'un article signé par moi, sur la représentation des périphéries de villes)... J'avais prêté et aidé Paul-Hervé Parsy pour son expo de 1989 sur les situationnistes. Gabert très sympathique. Ghez a aidé amicalement à l'opération. On espère toujours plus de réactions. Je fais des séries photos d'images vidéo, d'images dans les images (pas présentées dans la revue-affiche). J'écris sur les expos. Debord se suicide. J'écris sur le temps.
Musées d'histoire en Europe
congrès et colloque

Musées d'histoire en Europe

1994
Paris, second congrès de l'Association internationale que je préside. Publié avec retard en 1997. Ouverture plein Est et un sacré bilan sur les frontières en tous genres. Mutations. Je fais l'oeuvre de couverture, qui est un jeu très grand format sur les transparences avec panneaux mobiles en plexiglas.

1993

Peintres d'histoire 13
revue-affiche

Peintres d'histoire 13

juillet 1993
Gilles Ghez nous avait rejoint avec son monde d'histoires en boîtes. Je travaillais sur la guerre en Irak. Le photographe des fentes de porte, Erich Salomon, était à l'honneur. Nous commencions à préparer une exposition à Naples.
Images et colonies
livre d'expo

Images et colonies

octobre 1993
Je voulais travailler sur l'exorisme et la question coloniale historiquement, car je ne me sens aucune culpabilité. De jeunes historiens avaient vu mon expo sur la propagande sous Vichy. Ils avaient décidé alors de travailler sur la propagande coloniale. Tout le monde me dissuadait de les associer à l'exposition. Je déteste le mandarinat. Mais ce fut un calvaire avec des spécimens qui en voulaient toujours plus. Le travail dans les réserves du Musée des arts d'Afrique et d'Océanie avec Dominique Taffin fut passionnant et à Boulogne avec Emmanuel Bréon. Je m'eforçais de ne tomber dans aucune vision simplificatrice (ni la repentance, ni la célébration). Le colloque de l'ICOM au Sénégal fut passionnant et je montais une déclinaison de l'exposition avec mon ami Abdoulaye Camara au Musée historique du Sénégal dans l¨île de Gorée. Ce sont les historiens africains qui expliquaient que la période coloniale faisait partie de l'histoire. L'art colonial apparut aussi comme une hybridation échappant au racisme et au ridicule. Bref, un travail tout en nuance qui n'excluait pas pour autant cette extraordinaire incapacité --longtemps pour les Européens-- à reconnaitre aux Africains une histoire et même le fait d'être humains.
Peintres d'histoire 12
revue-affiche bilingue

Peintres d'histoire 12

janvier 1993
Nous considérions installations et arte povera comme un nouveau "pompiérisme" fin de siècle. Non par refus de l'art dans l'espace (Boltanski) mais par lassitude du nouveau décor de musée. Et je lançais des maquettes de sculptures monumentales, toujours dans mes obsessions de peintures-sculptures (Océanie ou Moyen-Age européen) où être saisi, de nouvel espace de transes. Je hurlais et jouais faux du saxophone. Je chantais des voix de femmes et de baryton. Je voyageais car se transplanter, c'est toujours se repenser à travers les autres. 

1992

La Course au moderne
livre d'expo

La Course au moderne

octobre 1992
Voilà une vraie opération comparatiste, telles que je les ai initiées et pratiquées au Musée d'histoire contemporaine. Sur des années oubliées, de réconciliations et d'échanges franco-allemands. Un commissariat presque toujours partagé, ici avec mon ami Hans-Joachim Neyer et Robert Frank. La moitié de spécialistes allemands et la moitié de spécialistes français. Toujours de grands artistes/graphistes pour créer l'image générique : ici, l'Allemand Gunter Rambow. Des oeuvres et pièces venant des deux pays. Une interprétation libre de la scénographie dans chaque lieu. Paris, Musée d'histoire contemporaine, où je me suis battu pendant des années pour expliquer que ce n'était pas le Musée de l'Armée (nous dépendions de l'Education nationale) et, non, qu'on avait pas plus de place ni d'argent. Alors, nous faisions de vrais livres-bilans bourrés d'inédits et tentions d'innover sur les thématiques. Je découvrirai au Martin-Gropius-Bau une exposition totalement différente avec les mêmes éléments : quel plaisir, puis à Saarbrück. Mais quel trouble d'être si près d'un mur disparu dans une cité éclatée, sans centre, avec traces (exhumation de salles de torture). Je garde la mémoire d'un îlot hors du monde, avec une vie peu chère à l'Ouest, Kreuzberg et tous les amis alternatifs du Werkbund, les concerts dans les squatts et la peinture rageuse et tout le fonds de Herzfelde, éditeur frère de John Heartfield. Et le petit musée dans le métro du truculent dessinateur Heinrich Zille, fulgurant photographe du quotidien en petits clichés de 1900. La course au moderne, quand on voulait bâtir un monde neuf après 1918, des années 1920 oubliées, de cris d'abord et d'appels à la beauté moderne ensuite. Le temps-cinéma.
Matériaux
revue

Matériaux

juillet 1992
Encore un numéro spécial. Je faisais partie du bureau de cette revue depuis le début. Celui-ci, je le dirigeais avec Christian Delporte. Il avait le mérite d'être ouvert sur tous les continents. L'Europe, en effet, avait disséminé ses codes dans le monde. Presse, dessin de presse, formes de pouvoir, des monarques aux leaders,  tout circule. Voilà encore une réflexion sur la migration planétaire des icônes et les systèmes d'influences. Pour nous, il n'y avait pas de petites ou grandes images, de bonnes ou de mauvaises, mais des réceptions différenciées dans le temps et l'espace, des impacts variés et des hybridations.
Peintres d'histoire 11
revue-affiche bilingue

Peintres d'histoire 11

décembre 1992
Socles, cadres, espaces, installations. Ce numéro insistait sur des formules et des matériaux. Gros travail de Louis Rollinde qui avait, en parallèle, un atelier de création, de "couture sur mesure" pour intérieurs et musées. Là, nous cherchions sens et forme dans des dispositifs particuliers. Surprendre sans faire de la provocation éculée. La revue circulait dans le monde. Dominique de Menil s'y intéressait et nous envoyait un courrier très sympathique des Etats-Unis. De toute façon, beaucoup plus de réactions étrangères que françaises (Allemagne, Italie, Japon, Australie, Espagne...) : en France, il vaut mieux être un artiste étranger, c'est plus chic. Je songe à adopter l'accent argentin.
Peintres d'histoire 10
revue-affiche bilingue

Peintres d'histoire 10

juillet 1992
World music, world cuisine, net-écriture, on était très planétaires --déjà en 1992. En bas, un artiste chinois, Ye Xin, travaillait avec nous et nous avions plusieurs versions d'un même texte sur Pékin. J'écrivais beaucoup pour cette revue et rendais là hommage à ce fou d'Arno Schmidt. Autant j'apprécie la puissance imaginaire de la littérature dite populaire (Gaston Leroux ou Chester Himes), autant seuls les fous à l'oeuvre improbable m'intéressent en littérature (Flaubert, Joyce, Burroughs ou Rabelais). De l'exigence ou l'efficacité de l'imaginaire, pas le vômissement mou des confessions, le sketch pitoyable du téléfilm à thème, la provoc à la petite semaine résumée à un titre ou une 4e de couv.
History Museums and History in Museums
actes bilingues

History Museums and History in Museums

17 juin 1992
Ce colloque inaugural de l'Association internationale des musées d'histoire a été monté en un an avec l'aide de Jacques Sallois, directeur des musées de France. Il a mêlé des responsables des pays de l'Est (Moscou, Budapest), des historiens, des historiens d'art (au Musée de Londres), des musées de sociétés (Jean Guibal, à l'esprit vif, du Musée Dauphinois). Nichola Johnson a pris là son inspiration pour lancer un symposium sur les musées de ville un an après à Londres, réunion à laquelle je participais. Nous avions touché juste.
La France en guerre d'Algérie
livre d'expo

La France en guerre d'Algérie

avril 1992
Après Vichy, voilà encore un sujet difficile et une exposition qui fait date. Elle fait date aujourd'hui où tout le monde court après le livre (320 pages) dirigé avec Jean-Pierre Rioux et Benjamin Stora. En 1992, ce fut un bide complet, personne, tout juste un article assassin dans Le Monde par un stagiaire de passage trouvant que dans un lieu petit il ne fallait pas faire d'exposition ambitieuse (au lieu de souligner notre courage et de réclamer davantage de place...) Et pourtant, grâce aux relations de Benjamin avec Pierre Joxe, nous avons eu accès à tous les fonds photos alors sous embargo de l'armée, dont les photos censurées. Et le cinéma avec Godard (nous nous verrons) et Resnais (nous nous parlerons comme un long running gag et je finirai un film par un de ses messages). Et Paris-Match, Bardot, les yéyés. Et pourtant je montrais pour la première fois le grand tableau antifaciste saisi à milan (en plus aux Invalides). Et les généraux de mon ami Baj, et l'oublié Lapoujade apprécié de Sartre, et la torture par Cremonini, et les artistes algériens, et la France déchirée d'Hains et Villeglé, et Jean-Jacques Lebel, et Fougeron et Taslitzky et les situationnnistes, et Siné, Bosc, Hara-Kiri, Tim. Je serai présent à l'enterrement de Boris, choqué par la disparition subite d'Enrico, toujours content de croiser Jean-Jacques. Mais ce temps reste pour moi à jamais marqué par l'horreur absolue que vivait Benjamin, couchant à Villejuif avec se petite fille mourant d'un cancer.
L'Image fixe
revue bilingue

L'Image fixe

avril 1992
Voilà une date fondatrice : avril 1992. Après des années à travailler avec des chercheurs de différentes obédiences, je créais cette revue (un petit bulletin) avec des amis : Fabrice d'Almeida, Laurence Bertrand Dorléac, Philippe Buton, Christian Delporte, David El Kenz, Thomas Michael Gunther, Orsula E. Koch, Michael Nicolaïev, Sarah Wilson. Des gens bien. Je commençais par : "L'image fixe, ça fait un peu militaire". Laurence m'appelait "Idefix". Je voulais, par ce terme neuf, séparer images fixes et mobiles. Cela nous permettait de développer des points de vue internationaux et pluridisciplinaires, traitant de tous les supports (dessin de presse, affiche, peinture, photo...), en croisant les perspectives. La revue sortait 4 fois par an et dès le 20 juin, il y avait le premier séminaire au Musée d'histoire contemporaine (séance avec Christian Delporte). Fabrice d'Almeida écrivait le premier article long sur "La pieuvre, essai d'interprétation". Très vite, Michel Pastoureau venait nous séduire par sa gentillesse et l'intelligence de son travail sur les couleurs, et Antoine de Baecque nous rejoignait alors que nous décidions d'aller aussi vers les images mobiles. Plus personne ne peut imaginer le caractère pionnier de ce qui est devenu à peu près évident aujourd'hui, et paraissait alors totalement illégitime (pour les historiens) ou même scandaleux (pour les historiens d'art). Depuis, images fixes-images mobiles est devenu un lieu commun et j'ai gardé quelques idéfix...

1991

Peintres d'histoire 9
revue-affiche bilingue

Peintres d'histoire 9

décembre 1991
Texte, sous le signe de Panofsky, sur le retour du narratif dans le design et la création plastique. J'ai du mal à imaginer tout ce travail concomittant... C'est une période heureuse, féconde. Je, je, je, je, je, et encore je, voilà l'aspect fatigant de l'exercice : il faut dire soi, mais soi est en fait toujours en situation avec d'autres, soi existe avec ces autres, au nom desquels il est difficile de parler. Familialement, professionnellement, créativement, je existe grâce à ces quelques autres, je se plaint mais tient grâce à ces quelques autres, je n'est jamais seul, même si je parle seul ici des traces du je.
Association internationale des musées d'histoire
revue

Association internationale des musées d'histoire

octobre 1991
A peine devenu conservateur dans un musée sans salles permanentes et dans un lieu (les Invalides) identifié à l'armée, je décidais de créer deux réseaux pour appuyer nos activités, l'un visant les professionnels de musées, l'autre les chercheurs sur les images. Dans le "boom" des musées, il me semblait que les musées d'histoire manquaient d'une structure. Changements à l'Est de l'Europe, aspect encyclopédique des collections, transformations dans le traitement de l'histoire, enjeux politiques et de mémoire, on ne pouvait les mélanger à des "musées de société". Ils étaient un lieu passionnant de transformations, ayant même une influence sur les musées de beaux-arts et sur les musées d'ethnographie ou écomusées en crise. L'association internationale a commencé en France cette année 1991 grâce au travail inlassable de Fabienne Dumont, un ordinateur et un fax. Sans un centime, Hugues Hairy, Michèle Périssère, Elizabeth Pastwa et Hans-Joachim Neyer la fondaient avec moi. Dès le mois de décembre, nous sortions un second numéro. Il y en aura beaucoup, bilingues, pendant 10 ans.
Russie-URSS 1914-1991
livre d'expo

Russie-URSS 1914-1991

octobre 1991
Encore 304 pages. Un travail énorme avec Wladimir Bérélowitch : de la Russie tsariste au coup d'Etat contre Gorbatchev. L'exposition arrive de façon prémonitoire au coeur de l'actualité. Nous vendons même des poupées russes politiques et objets inusités de l'Armée rouge. Aucun succès, quasiment aucun article, pas de public, un livre qui n'a pas d'équivalent mais ne se vend pas. Une couverture du talentueux Michel Quarez, mais qui refuse de la rendre compréhensible (de bas en haut : le col de Nicolas II, la barbiche de Lénine, la moustache de Staline, les sourcils de Brejnev et la tâche de vin de Gorbatchev). Heureusement qu'il demeure des traces.
Peintres d'histoire 8
revue-affiche bilingue

Peintres d'histoire 8

septembre 1991
Un livre d'artiste à deux avec Louis Rollinde pris sur images à travers pare-brise et stations-service en août. Nous avions travaillé 15 ans avant sur un projet commun mythique : l'Amalthée. Là, le livre était lié à un texte sur le reportage et la volonté de faire un film d'un mois en station d'autoroute. Une trace précieuse de notre phalanstère.
La Propagande par l'affiche
livre

La Propagande par l'affiche

mars 1991
Mon premier livre. Une histoire de l'affiche politique en France. Mon ami André François accepte d'en faire l'image. Une expo au musée aussi avec la fille de Grandjouan qui vient et le délicieux affichiste anarchiste (FAI-CNT) catalan-espagnol Carles Fontsere avec sa femme.J'en ai porté des affiches, malgré mes hanches opérées... J'en ai rencontré du monde dans tous les partis, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, et tant de graphistes. J'ai hanté Forney, le musée de la publicité, les archives nationales, la BNF (estampes et réserve de Versailles), Chalons-sur-Marne, le collectionneur Alain Gesgon (qui m'a fait confiance, ce qui est rare de sa part). Un gros travail et une passion. J'introduis dans cette histoire de l'affiche politique systématiquement dans chaque partie un "Arrêt sur image", analyse ciblée d'une image exemplaire et expression qui aura le succès que l'on connaît.
Conservateur
photo d'identité

Conservateur

avril 1991
Je deviens par concours conservateur de musée, après en avoir fait le travail pendant 10 ans en étant payé comme magasinier. Je perds toute mon ancienneté et les syndicats trouvent cela normal : je n'avais qu'à faire un boulot de magasinier pendant tout ce temps. Les syndicats dans l'administration sont plus réacs que les patrons. Ils favorisent systématiquement les médiocres qui volent le contribuable, en glandant. Ils encouragent les pires injustices. J'ai le tort d'avoir surtravaillé, sans jamais prendre mes vacances. Bref, je suis ravi d'obtenir enfin ce poste. Cela me fait vraiment plaisir, même si cela n'était que justice. Voilà ma trombine à l'époque. J'ai l'air jeune et frais. J'ai toujours détesté avoir l'air jeune et j'étais angoissé de porter beaucoup de choses à bout de bras, en dépit des jalousies, de l'inertie, de l'incompréhension, de la méchanceté et de la bêtise. Je continuerai avec le soutien de proches. Il me faudra toujours passer plus d'obstacles que les autres. Je suis atypique et libre.

1990

Peintres d'histoire 7
revue-affiche bilingue

Peintres d'histoire 7

décembre 1990
Ca bosse, ça bosse. Rétrospectivement, quelle production : téléphagies, textes, objets et mobilier. Nous étions pourtant très critiques sur nous-mêmes et insatisfaits, ayant le sentiment de ne pas créer assez et de théoriser davantage. Pourtant, pourtant : Louis Rollinde au "quotidien à la loupe" (superbes) et avec "titres et dépêches" (sur la presse) et l'art comparé de Bodson ("Les styles de l'histoire"). Et moi, deux enfants et un livre sur l'affiche, refusé par l'éditeur avec qui j'avais signé un contrat. Il faudra changer d'éditeur. Rien ne me fut jamais simple.
Peintres d'histoire 6
revue-affiche bilingue

Peintres d'histoire 6

octobre 1990
Du cinéma dans ce numéro. Ma passion des années 1920 et, pour les récents d'alors : Almodovar, Greenaway, Gilliam... Nous n'avions pas trop mauvais goût. Nous séparions faire des films et faire du cinéma. Même avec un amour du minimal, nous défendions une pensée de l'image. J'exècre le téléfilm à l'écran, comme la pétarade saccadée incessante qui hurle.
La Propagande sous Vichy
livre d'expo

La Propagande sous Vichy

mai 1990
Encore un livre copieux-bilan, dirigé avec Denis Peschanski. J'ai, une fois de plus, pris des risques avec cette exposition. Les médias ont commencé à assassiner l'opération avant ouverture (parler de Vichy l'année de Gaulle, en plus aux Invalides...) Et puis ce fut la violation des tombes juives de Carpentras. Et là : "enfin, c'est essentiel, pourquoi n'avons-nous pas parlé de Vichy plus tôt..." L'exposition fait date. L'image de Baillargeon gagne des prix en France et à l'étranger. Je fais une grande étude sur la propagande pétainiste (et révèle le "fonds Pétain"), complémentaire des travaux de mon amie Laurence Bertrand Dorléac. Un grand succès public, livre épuisé. Mais je dois me battre pour expliquer le double langage du gouvernement de Vichy, prenant des mesures contre les Juifs dès 1940 de sa propre initiative, mais faisant une propagande rassembleuse, autiste, sur la France éternelle et la famille.
Peintres d'histoire 5
revue-affiche bilingue

Peintres d'histoire 5

avril 1990
J'écrivais un grand texte sur la photographie et commettais un reportage-constat du banal. Notre siège se trouvait dans une petite maison de banlieue (en fait du 13e arrondissement avant la BNF, celle du pont de Tolbiac de Léo Mallet, de la rue Watt glauque, des chiffonniers), chez Christian. Maison-atelier détournée partout par des oeuvres où, parfois, nous organisions des dîners. La figuration narrative était à la mode. Nous aimions Basquiat. Christian achetait un Speedy Graphito impressionnant (qu'il dut revendre).
Peintres d'histoire 4
objets et mobilier

Peintres d'histoire 4

mars 1990
Notre passion des oeuvres peintes était aussi une passion des objets et meubles. Nous avons même voulu en faire éditer certains (il y eut des promesses, mais rien au final). Il ne fallait pas des gadgets, ni du décoratif, ni de l'illustratif : alchimie difficile, plus ou moins réussie, mais donnant certaines pièces étonnantes.
Matériaux pour l'histoire
revue

Matériaux pour l'histoire

octobre 1990

Enquête avec Goudard, Missika, Bongrand, Paris-Clavel, Sarfis, articles nombreux sur toutes les périodes. Réfléchir sur la course à l'avenir dans un temps de doute, "post-moderne", qui croyait à une "fin de l'histoire", de sampling, baguette-rétro, nostalgie... Ouf. Il fallait saisir l'illusion du but mais sa nécessité. Face à l'écroulement.

1989

Couteau
livre

Couteau

février 1989
Ca bouillonne en cette année de bicentenaire. J'avais récupéré un fonds exceptionnel d'affiches du parti communiste. Avec Philippe Buton, sous la houlette de son ami François Besse aux éditions du Chêne, nous célébrons la guerre froide en images juste avant l'ouverture du mur de Berlin. C'était prémonitoire. Pour l'exposition, je demande à Roland Topor une affiche (formidable) et deviens ensuite ami avec Fabrice d'Almeida, son neveu, et toute la famille. Roland est un homme d'exception, alors mal reconnu en France et qui finira persécuté par le fisc. Il m'accompagne souvent, non par son fameux rire-masque, mais par sa haine du médiocre, sa peur de la bêtise et sa volonté de sans cesse découvrir.
Check Point Charlie Chair
meuble-sculpture

Check Point Charlie Chair

décembre 1989
J'ai beaucoup de tendresse pour ce meuble. Il a été conçu le soir même où s'ouvrait le mur à Berlin. J'écoutais les nouvelles. Je parlais à mon ami Hans-Joachim Neyer du Werkbund-Archiv. Je connaissais bien le Berlin du Mur. J'avais vu les Ecossais en kilt surgir dans la forêt, les Soviétiques, Berlin-Est. Cette pièce a été conçue avec Louis Rollinde dans la foulée. Elle exprimait la folie de la notion de frontière (je ferai une série d'oeuvres sur les frontières et un numéro de revue).
Peintres d'histoire 3
revue-affiche bilingue

Peintres d'histoire 3

septembre 1989
Un grand article sur le goût, un autre sur la vie quotidienne, un hommage à Pessoa (qui n'était pas encore devenu une tarte à la crème pour touristes). Villeglé, toujours généreux, fut un des premiers acheteurs de la collection dans un emboitage-objet d'histoire.
Peintres d'histoire 2
revue-affiche bilingue

Peintres d'histoire 2

mai 1989
Nous produisions beaucoup. Chaque numéro était thématisé, avec des textes d'analyse : ici objets, design et architecture. La revue était envoyée gratuitement dans le monde (quelle boulot ! avec ma petite fille Pauline sur les genoux ou perçant les nuits en bande studieuse rue Beaurepaire).
DE de Gaulle à Mitterrand, 30 ans de dessins d'actualité
livre d'expo

DE de Gaulle à Mitterrand, 30 ans de dessins d'actualité

décembre 1989
280 pages, 76 dessinateurs, une image inédite de Siné, un travail avec des Allemands. Je réalisais un grand historique et imposais un texte sur Willem, le premier du genre car il était alors assez méprisé (assez vite ensuite, il reçut prix et hommages, avant d'intéresser même aujourd'hui les historiens d'art). Je savais son rôle jeune dans le mouvement Provo à Amsterdam et je l'incitais à donner un ensemble important de revues de contre-culture au Musée d'histoire contemporaine. Le dessin d'actualité, comme la bande dessinée et le graphisme, m'ont toujours paru des formes d'expression essentielles. J'avais et j'ai des relations d'amitié avec André François, Cabu, Plantu, Wolinski, Willem,Siné ou Tim. J'apprécie des personnalités plus marginales comme Nicoulaud ou Montellier (et beaucoup d'autres...)

1988

68
expo et livre

68

3 mai 1988
Pas moins de 304 pages. Là encore, le travail fut pionnier. Personnellement, de 1968, j'ai la mémoire de la 2CV de ma prof d'anglais qui nous amenait clandestinement à Paris, des boutiques dans Versailles pillées en sucre et pâtes par une population terrorisée et de l'ordre moral difficile à imaginer aujourd'hui (je lisais Sade grâce à Pauvert et Barbarella grâce à Losfeld). En 1988, dans les années gauche caviar et Bernard Tapie, ce fut le rejet des baba cools. Les maos étaient dans la presse ou la pub. 1968 n'était pas du tout à la mode et nous fûmes les seuls courageux à faire ce gros travail. J'insistais pour appeler cela "mai-juin 68", car en fait toutes les images produites, ou presque, datent de juin. Avec Geneviève Dreyfus-Armand (ex trotskyste de la LCR, qui avait vécu les événements), on s'est partagé le travail. J'ai enquêté sur l'aspect culturel, rencontré et interviewé les créateurs d'affiches ou les activistes, croisé Debord alors à Paris par Merri Jolivet, vu Rancillac, Fromanger, Rougemont, Paris-Clavel... Grapus nous a donné tout son fonds et fait l'affiche de la BDIC. François Le Quernec a inauguré une politique d'images de grands graphistes pour chaque manifestation. Siné, Wolinski ou Cabu devenaient des amis. On installait avec François Miehe un atelier de sérigraphie dans nos salles des Invalides et les visiteurs sortaient avec "La police vous parle tous les soirs à 20h".
OULIPO
photo

OULIPO

1988
En 1988, toujours magasinier en faisant un boulot de conservateur, je déménageais rue Beaurepaire, entre la place de la République et le canal Saint-Martin (grâce à mes parents, car je fais partie de la génération de la crise, qui a toujours tiré la langue). C'était populaire, avec plein de grossistes en tapis, des vieux alcoolos au bar prenant des blancs secs bombés dès l'aube. Avec mon ami Christian, on investira davantage le quartier en trouvant un atelier de couture très grand vers Belleville. On y tentera une aventure de phalanstère artistique débouchant sur créations et manifestations collectives. Dans le même temps, des amitiés, comme ici à Penne-du-Tarn avec Noël Arnaud, encore entouré de ses livres et oeuvres, à parler des Réverbères et de Dada, de la Résistance, de Picasso, Eluard (il avait le manuscrit original de "Liberté") et La Main à Plume, du surréalisme révolutionnaire, de Jorn et Dotremont avec Cobra, de Queneau, de Dubuffet et Jorn faisant de la musique, de Vian, de Debord et leur conférence en 1957, de Wolman, de Caradec, de Jarry, de Prévert, de Pérec et de l'OULIPO, de nos rires, de nos nuits assoiffées et du Jorn qui me réveillait dans la chambre, près de la terrasse aux cactées. Des morts vivants et des vivants défiant la mort.
Les Peintres d'histoire
revue-affiche bilingue

Les Peintres d'histoire

novembre 1988

Voilà. Avec mon ami Louis Rollinde (Christian de Beaumont), nous voulions relancer une production artistique avec du SENS, sans pour autant retomber dans l'art militant. Clairement, dès le premier numéro de notre revue-affiche bilingue, nous avons affirmé la nécessité de traiter de l'histoire en général et de l'histoire intime, quotidienne. Nous avons ainsi anticipé, tant le retour des plasticiens vers l'événement après la chute du mur de Berlin, que l'intérêt des musées pour les rapports entre art et histoire. Je serai d'ailleurs en 1996 conseiller de l'exposition Face à l'histoire au Centre Pompidou à Paris, tandis que Londres faisait Art and Power, Berlin Berlin-Moscou, et Paris encore Les Années trente en Europe. Quand au retour de l'intime, avec la webcam, il est devenu partout proliférant, jusqu'au dégoût.

Téléphagies
peintures dans boites noires

Téléphagies

octobre 1988
J'en avais assez de l'art formel des années 1980, des installations, grands décors abscons. La télévision régnait sans partage. Aussi, je commençais alors une longue série de vues critiques d'après des images arrêtées de télévision. L'étrangeté des vues brutes était pour moi matière à interprétations. Je pensais, pendant ces années-là, à de la peinture de résistance, dans un temps où la mode était à son abolition. Mais une peinture sur nos réalités quotidiennes et imaginaires. Ces téléphagies étaient montées dans des boites noires en relief, présentées de façon unique ou en mur d'images.

1987

Première Guerre mondiale
livre

Première Guerre mondiale

juin 1987

Un tournant. Un an de travail avec Christophe Prochasson sur cette année charnière (1917) et cette période charnière dans une institution référence (qui s'était créée par et pour le conflit). J'ai fait parallèlement un mémoire sur toute la propagande par l'image en France (1914-1918), repris dans le livre. Ce fut la guerre également avec l'Historial de Péronne naissant qui voulait annexer tout le fonds du musée. J'ai dû passer ma vie à me battre... Des ressources très importantes ont été exhumées à cette occasion, à la grande jalousie des auteurs français et étranger postérieurs qui omettent toujours cette manifestation, maintenant que la Première Guerre mondiale est devenue très à la mode. C'est là que j'ai montré le basculement des images en 1916-1917. Nathalie, ma compagne enceinte de Pauline, tapait à la maison le mémoire sur notre seule petite table. Elle accouchait le 31 mai et je lui apportais le livre-catalogue. Pauline naissait ainsi l'année des révolutions russes et avait Aisha (morceau de John Coltrane, princesse du désert) comme troisième prénom.

1986

Histoire immédiate
livre

Histoire immédiate

3 juin 1986
J'ai tout fait pour cette expo. C'était une expérience incroyable : récupérer à chaud toutes les affiches de la campagne électorale et les analyser en les présentant au musée un mois après l'élection. C'était le moment où je passais des heures dans tous les partis, chez les collectionneurs, pour rapporter des rouleaux énormes d'affiches, faire des pochettes, les classer, avec mes hanches opérées. L'expo a inspiré le livre La Politique à l'affiche de Jean-Marc, Philippe Benoit et Jean-Marc Lech et l'expo que j'ai montée ensuite au musée sur l'affiche politique de 1958 à 1986. C'était le plein triomphe de la publicité politique et du marketing. J'écrivais déjà sur le financement des partis politiques et sur la dépolitisation, dans ce livre préfacé par René Rémond. C'est à ce moment-là que j'ai incité à changer le nom du musée en Musée d'histoire contemporaine et joué un rôle de conservateur tout en étant magasinier (très mal payé, vivant dans un studio avec un enfant). Dans ce pays bloqué, j'ai dû reprendre des études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales avec Marc Ferro, tout en travaillant, et fêté mes 30 ans sur une péniche canal Saint-Martin.

1985

Matériaux affiches
revue

Matériaux affiches

avril 1985
J'ai co-fondé cette revue dirigée par Stéphane Courtois au sein de l'association présidée par Daniel Mayer. Là, je rendais hommage à l'affichiste Paul Colin, rencontré à Nogent, et interviewais Villemot --même sur sa production pétainiste. Peinture ("cadrages") et écriture clandestines d'un côté et mise en valeur de l'affiche politique et des musées d'histoire de l'autre, le programme était chargé. En plus, un enfant était né et dormait dans la baignoire les soirs où les cigares envahissaient des nuits bruyantes et alcoolisées d'ami(e)s cinéastes, vidéastes, écrivains, peintres, ou menuisiers et magasiniers.

1984

expo intégrale
livre

expo intégrale

juin 1984
L'initiative est de Véronique Blum, relayée par Joseph Hue. Mon ami Philippe Buton la mène, mais j'interviens lourdement pour que l'iconographie soit très présente et qu'elle puisse être analysée. Je commets un article timide sur la production culturelle. A côté des grandes manifestations comparatistes lancées par Pontus Hulten au Centre Beaubourg (Paris-Berlin, Paris-Moscou...) et avec des moyens sans comparaison, voici le début d'une autre conception de l'exposition d'histoire où l'image n'est pas juste l'illustration d'un discours historique. Comme au Centre, nous faisons des livres et pas des catalogues, dont j'accompagne toute la maquette. Je me bats pour montrer des affiches en nombre (comme des dessins de presse ou des photos), car elles ont un sens dans la propagande et occupent l'espace public et les mémoires. Mon petit Antoine nait cette année-là, l'année d'Orwell. Ses deux autres prénoms sont un hommage à Victor Serge.

1982

Intersigne
revue

Intersigne

décembre 1982
Tout le travail de cette revue éphémère est dû à François Leperlier (qui a depuis redécouvert la photographe Claude Cahun). J'ai écrit un grand article sur la BD ("La bande dessinée, bulles, bangs et cases en question") et un petit papier de fin sur le musée d'Ennery, qui se terminait par "N'allez pas au musée d'Ennery", car je voulais en protéger la muséographie totalement désuette qui était une oeuvre en elle-même.J'ai beaucoup apprécié François, ses frères (spécialistes de la pâte de verre) et Karina. Il y avait des surréalistes très honorables comme Péret ou Benoit, même si ce n'était pas ma tradition (j'allais quand même chez Losfeld dans les années 1970, rue de Verneuil et aidais parfois un clochard céleste qui habitait en face, Serge Gainsbourg). J'ai rencontré alors le punk rocker-cinéaste Ossang (et nous continuons à nous voir), Jimmy Gladiator et Le Goff (nous avons dérivé avec sa fille Alice, ma compagne Nathalie enceinte et les surréalistes tchèques dans la bière et dans Prague tenue par les communistes, où Kafka était banni).
Russie
livre

Russie

1982
C'est vers 1981-82 que j'ai compris qu'il était impossible de passer tant d'heures dans ce qui était nommé "travail", sans tenter d'en faire quelque chose d'intéressant. Prendre la formule de Guy Debord au sens propre (lui qui travaillait tant pour faire la revue de l'Internationale situationniste) : ne plus avoir le sentiment de travailler, même dans une activité salariée. Les musées ont été ma passion. J'ai, dès mon entrée le 1er octobre 1978, été fasciné par les collections de ce "Musée des deux guerres mondiales" dépendant de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine, qui débordaient largement les deux guerres. J'ai compris aussi combien souvent les petits documents largement diffusés avaient autant sinon davantage d'importance que des peintures vues par personne à l'époque. Là, pour ce fonds d'affiches russes, l'initiative est dûe à Stéphane Courtois et Véronique Blum et tout le commissariat à Wladimir Bérélowitch. J'ai oeuvré matériellement et intellectuellement avec Wladimir pour sélectionner et tout encadrer. C'est, après diverses expositions et manifestations personnelles ou collectives artistiques, la première exposition historique que je montais après celle sur les gravures chinoises de Laure Barbizet.

1980

Ma trombine
Carte orange métro

Ma trombine

1980
C'est drôle. Je jetais mes carnets et toutes les vieilleries en ces années de "tortue", où il fallait résister à une morosité générale. Voici ma trombine je ne sais plus quand (entre 1977 et 84 probablement). Nous circulions beaucoup, marchions dans la ville, et puis le métro. Billets de train pas cher pour l'étranger (des heures sous la chaleur pour la Sicile). 2CV d'un ami pour l'Espagne et le Portugal. Et ma trombine que je n'aimais pas : trop jeune, trop tendre, fallait faire pousser la barbiche. Et ces cheveux abondants et fins qui faisaient des anglaises avec quelques reflets roux (d'un ancêtre irlandais cap-hornier). Mélange d'Anglais, Ecossais, Basque, Espagnol, Suisse, Béarnais, Charentais..., on m'appelait "le chinetoque" à l'école.
cadrage : danse métisse
peinture à l'huile sur panneau de bois

cadrage : danse métisse

1980
Voilà, c'est la movida, Almodovar et Mariscal à Barcelone, le Palace d'Emaer à Paris, le nouvel Actuel de Bizot. Je fais des "cadrages" grand format peints sur cette société. Personne ne les voit. Je suis dans la rue à la Bastille le 10 mai 1981, après avoir peint et mangé de la glace orange-cannelle avec du mezcal et hurlé avec les voisins. Sans illusions mais de bon coeur. Je suis magasinier après avoir réussi brillamment le concours. Je pense encore que la vie se fait en dehors du travail. Je produis des oeuvres clandestines (tableaux, photos, écrits), des ratures de vie. J'aime Artaud, pas le fric factice des nouvelles apparences.
cadrage : les restes, hommage à Spoerri
photo

cadrage : les restes, hommage à Spoerri

1980
J'ai connu Spoerri par Roland Topor. Bien avant, depuis les années 1970, je faisais des photos du rien quotidien, des plans ou gros plans de l'intime. Je continuerai jusqu'au milieu des années 1990, quand cela deviendra trop commun (ne parlons pas d'Internet aujourd'hui). Ces cadrages devaient aussi à l'objet chez Hitchcock, toute l'étrangeté plastique du commun. J'kiffais Erro (délicieux). Comme Alain Weill ou Orson Welles, que j'eus la chance de rencontrer avec son cigare et sa faconde brillante, j'aime déguster des plats et, dans ces années-là, inventer des recettes, passer des heures en dégustations pantagruéliques arrosées de vins, d'alcools et de trouvailles verbales. Mais pas de systématisme. Je hais les addictions. De l'eau tous les jours. Et de la fatigue. Mélanger les cuisines de tous les continents. Des visitrices/teurs venant de partout pour hanter une planète de quelques mètres carrés.
semainier
agenda

semainier

1980
Voilà des traces écrites (un carnet de 1989, je les ai jetés avant). J'écrivais beaucoup : un gros roman intitulé alors (commencé en 1974) L'Homme relatif et qui, fini, sera publié partiellement en 2001 sous le titre Ce livre n'est pas à lire (L'Homme planétaire dans sa version complète). J'écrivais d'abord à la main, comme ces griffures de carnet, puis je tapais sur une vieille machine. Dans les années 1990, j'ai basculé sur un Mac. En 1980, je rencontrais souvent Michel Lebrun (auteur de L'Almanach du crime), lisais Manchette et Philippe K. Dick. Pour moi, il n'y a jamais eu ni d'art parallèle, ni de littératures parallèles. Je regardais vers les autres continents, d'autres regards.

1979

Poubelles 13
revue

Poubelles 13

décembre 1979
Dernier numéro de la revue. J'y lançais rien moins qu'un texte "où il est TRAITE DE LA VIE" et y plaçais une vue de la petite chambre de vie à deux avec un grand tableau qui inaugurait la série des "cadrages" en couleur après les "apparitions" en noir et blanc. Il était ésotérique. Un autre fut volé dans un déménagement. Je stigmatisais la colonisation muée en "très habile colonisation économique" et m'occupais aussi du devenir individuel : "Le mort-vivant voit la vie avec son charme de réalité éphémère". Chacun partit de son côté. Des années de transition difficiles, sous l'édredon, en résistance, dans l'anonymat total.
Poubelles 11 et 12
revue

Poubelles 11 et 12

juillet 1979
La "Destruction de Paris" était pointée dans ce numéro, alors que nous habitions dans des quartiers périphériques. On rasait pour cher et pour des tours du style international (Montparnasse). On liquidait les marchandes de quatre saisons rue du Faubourg du Temple où j'avais travaillé comme guichetier (ouvrant une agence en face du Prisunic devenu Monoprix). On cassait les cafés pour faire des MacDo. On fermait Bercy et son vin où avait travaillé Dubuffet. Habitant rue Taine, faisant de la cuisine à l'époque dans un studio pas cher loué à une famille chaleureuse, je réalisais des reportages sur ces traces perdues, tout en m'intéressant à Constant, Archigram, le revue Utopie de Tonka. Pas de condamnation de la "modernité" en tant que telle, mais cette modernité mortifère qui supprime et monte des uniformes pour une société de la rentabilité.
Poubelles 10 (et fin)
revue

Poubelles 10 (et fin)

mars 1979
"L'honnête homme de l'ère de la radioactivité". J'ai conçu ce dernier numéro amovible avec nos hantises dans l'ère nucléaire française. Je faisais mon travail épisodique de musée, précaire, devenant gardien pour survivre. "N'ayant jamais rien eu à dire et n'ayant plus envie de le dire, nous nous tairons" ponctuait, désespérément, sur papier noir le coeur de ce numéro à couverture intérieure. Jamais je n'ai été aussi fatigué, vide, que lorsque j'attendais dans mes salles de surveillance le passage d'un temps qui ne passait pas. Il est chic d'en parler quand on en est sorti, mais on n'est pas sûr d'en sortir. Glauque. Néant.

1978

Spécial art (7)
revue, invitation, affiche

Spécial art (7)

juin 1978
Un détournement de lieu. Une exposition-fantôme avec invitations, affiches dans la rue, catalogue. "Avez-vous jamais vu une exposition où il était dit que "tout et n'importe quoi" était des chefs-d'oeuvre, parce que les chefs-d'oeuvre ne sont que les chefs-d'oeuvre que l'on fait ?" J'y stigmatisais violemment tous ces plasticiens résumés à leur image de marque, PME de l'art, se répétant pour un public de gogos. Voilà l'esprit de cette action : une critique de la surmatérialisation de l'art, de la surenchère des commentateurs, des excès du marché. Un air frais.
Poub 5 et 6
revue

Poub 5 et 6

Mars 1978
Ca c'est du Guy Bodson (pour nous aider à souffler financièrement) : une parodie de numéro de l'Internationale situationniste. Je co-dirigeais avec lui la revue (et avais trouvé le titre). Nous avons été ivres morts au rhum blanc dans un grenier de la rue de l'Annonciation à l'annonce de l'échec de la gauche aux législatives. Sans illusions mais aussi sans espoir.
Poubelles 8 et 9
revue

Poubelles 8 et 9

décembre 1978
A afficher dans toutes les rues. Voilà ce que je publiais contre la pollution touristique, alors que je quittais un bon salaire à la banque pour un emploi précaire de sous-bibliothécaire vacataire au Musée des Deux Guerres mondiales (aux Invalides à Paris). Mais le monde des musées m'a toujours fasciné. Et les touristes me font vomir. Ils arrivent à détruire les sites les plus fascinants, les populations les plus sereines. Bien sûr, j'abhorre le terrorisme et --faut-il le dire ?-- n'ait jamais touché un touriste. J'abhorre aussi profondément leur bêtise replète de crétins irrascibles, collages intempestifs, meute bêlante, exotique dans l'exotisme créé pour eux.

1977

Aux poubelles de la Gloire 1
Revue

Aux poubelles de la Gloire 1

mars 1977
Cette revue de 1977, au titre éloquent, était notre rejet punk à nous de l'ambiance délétère des années Giscard (crise, centrales atomiques, train-train après les espoirs post-68). Sous influence pataphysique (le côté volontairement éculé et désuet de la maquette) et situationniste, nous correspondions à la Chaumine (Nogent-sur-Marne) chez Jean-Pierre Hamon, sous les auspices de la Pelforth brune, du Braniff, de Watteau suicidé et des guinguettes. Les anarchistes espagnols de la CNT nous imprimaient à la Ruche ouvrière (rue de Montmorency, dans un Marais d'artisans parisiens), dont nous sortions avec de lourds sacs de clichés typographiques en métal montés sur bois.
Poubelles 4
revue

Poubelles 4

Décembre 1977
Voyages, lectures, fêtes de la chandelle verte, plongée près des volcans, amours des sauvages. Nous rééditions le texte de Jorn sur l'aspect religieux de la pataphysique, lui qui participait à l'IS et au Collège. Nous parlions --je parlais-- de jeu et d'illusion, de n'importe quoi et de théorie. Je dessinais des cérémonies improbables, des apparences. Et je terminais ces bouteilles à la mer qui nous coûtaient cher par : "Tout cela en sorte, cher lecteur et en guise de conclusion à ce rapport qui se voulut sciemment sommaire et grossier, qu'étant bien évidemment le produit de notre époque, nous ne soyons décidément pas de notre temps". Un rejet de tout sauf du plaisir, un refus même de la punkitude et de ses uniformes. Un appel au divers. Je n'ai pas beaucoup changé et confirme mes intuitions de très petit enfant, développées là comme jeune adulte et rabâchées par le grisonnant que je suis devenu.
Poubelles 2 et 3
revue

Poubelles 2 et 3

juin 1977
Cette métaphore sanglante du rejet d'une société de la frustration et de l'apparence montrait déjà le refus de toutes les croyances (la "chiennerie gouroumachique") et la mise sur le même pied de tous les totalitarismes (Hitler ou Staline). Ayant lu Voline ou Orwell, je n'ai en effet pas attendu les nouveaux philosophes du 6e arrondissement pour savoir à quoi m'en tenir sur l'URSS et sur les partis communistes. C'est tout de suite que nous essayions de bouger ("la révolution ne peut être que la révolution du plaisir et de la jouissance"), comprenant par ailleurs que l'économie allait unifier le monde (et faire sauter le rideau de fer) : "Le développement économique occidental s'est répandu et a contaminé le globe entier". Mais ces intuitions sont restées confidentielles, dans un temps qui ne pouvait pas les écouter (le clash au salon de la Jeune peinture eut lieu en 1975-76 à cause de la toile de Guy Bodson Totalitarismes égalitaires).
No future
revue

No future

Mars 1977
Nous étions une génération de l'après-68. On nous serinait que tout avait été fait et que rien ne pouvait changer. Nous, les libertaires, nous changions déjà notre manière de vivre, crachions sur les saloperies des militants encartés qui justifiaient tout au nom du parti et du grand soir à venir. Nous n'avions aucune illusion sur la fonction mercantile de l'art dans la société. Notre production, c'était notre vie. Nous faisions des petits boulots pour découvrir des moments rares : Brest au petit matin après avoir roulé et bu, comme le Louvre au Pavillon de Flore pour des discussions passionnées devant Goya et des pieds croisés ou Loth et ses filles.

1976

Toulouse-Lautrec (apparence)
Encre de Chine sur papier

Toulouse-Lautrec (apparence)

1976-77
J'ai beaucoup écrit (articles, roman, réflexions philosophico-politiques), alors que mes études à Sciencepo me permettaient de rencontrer des personnes atypiques (les animateurs du fanzine Falatoff), de passer chez José Artur dans le Pop Club avec Claude Mauriac, de frôler de délicieuses copines, de rencontrer un ami artiste et d'apprendre des méthodes et du droit constitutionnel (que j'aimais beaucoup, contrairement au droit civil fait de "par coeur" sans vraie réflexion). Je me laissais entraîner par mes parents à faire du droit (à Assas, quelle horreur sinistre) pour suivre les cours de l'Ecole du Louvre (trop classique à mon goût alors et où je détonnais en faisant un décryptage sous divers critères de la Baigneuse dite Valpinçon d'Ingres). Puis, je largai tout, parents, famille, études pour travailler dans une librairie, puis une banque et vivre dans une chambre de bonne avec une amie (petit lit, lavabo, réchaud sur table d'écolier, tournedisque à enjamber pour entrer et grandes toiles en cours, mais liberté et beaucoup d'amis). Là, ce brave nabot de Lautrec dessiné pour une chronique d'expo.
'Pataphysicien
Carte de membre

'Pataphysicien

1976
Tout mon salaire de vendeur de journaux en centre commercial est passé à acheter les publications du Collège de 'Pataphysique, dont je devenais membre, après l'avoir côtoyé plusieurs années. Je n'ai jamais été membre d'autre chose que de cette société parodique (celle de Peillet, Queneau, Duchamp, Dubuffet, Miro, Ionesco, Vian...), ayant des amitiés libertaires fidèles et très proche des situationnistes. Je deviendrai aussi un ami  étroit de Noël Arnaud et d'Eva (réalisant même 4 jours d'entretiens filmés avec lui), personnage secret revivifiant avant-guerre Dada avec Les Réverbères, tenant un surréalisme de Résistance dans La Main à plume, ouvrant la voie à Cobra avec le surréalisme révolutionnaire, accompagnant le Collège de 'Pataphysique et Dubuffet ou Boris Vian, conférant avec Debord, soutenant le FLN, futur président de l'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle)...
Exclure le Salon de la Jeune Peinture
Détail d'un panneau avec collages

Exclure le Salon de la Jeune Peinture

1976
Joyeux amusements contre la production artistique militante ou commerciale (réévoqués récemment avec Roger Langlais vers l'Himalaya). Voilà un bout de panneau-collage qui m'est resté de notre intervention. J'ai en effet participé au Salon de la Jeune peinture et claqué la porte de l'édition 1976 avec des amis néo-situationnistes (Guy Bodson et Roger Langlais), contestant l'obligation de produire des oeuvres collectives. Pourquoi interdire la subjectivité individuelle ? Nous avons aussi occupé alors les bureaux provisoires du Centre Beaubourg, futur Centre Pompidou, craignant une machine à produire de l'art officiel. La police nous avait relachés. Et, sans hésiter, notre haine à la fois des groupuscules marxisants et des petits artistes vendeurs de leur image de marque, nous fit rejeter en bloc tout le Salon. Texte du tract :

» Considérant l'arbitraire séparation en collectifs du salon de la J.P. ;

» Considérant la surabondance des idéologies qui en découle et de

leur illusoire unification sous le sigle de la jeune Peinture (J.P.) ;

» Considérant l'extravagante prétention de ce conglomérat à

représenter un avant-gardisme révolutionnaire – ce qui au mieux,

ne constituerait qu'une nouvelle couche idéologique – ;

» Considérant les rapports claniques du comité et d'une fraction

au stalinisme dissimulé de la J.P., et l'illusoire opposition de celle-ci

à la misère néo-trotskyste-léniniste, – tous victimes de la fausse

conscience de leur opposition – ;

» Considérant le refus fondamental d'une libre esthétique individuelle

– au pire, la seule qui nous importe encore quelque peu,

les soussignés déclarent se désolidariser dorénavant à compter

de ce jour de toute activité placée sous le sigle “J.P.”

» Paris, le 1er juin 1976

» Pour le collectif 76 : Bodson, Gervereau, Hamon, Langlais. »

Et vlan.

1975

Psychodrame (apparence)
Techniques mixtes

Psychodrame (apparence)

1975
Ma haine du monde réel était totalement influencée par Dada (manifestes de Tzara, Courrier Dada de Raoul Hausmann), par l'Internationale situationniste et Guy Debord (je ferai une exposition sur Asger Jorn), par la musique (Dylan, Stones, Beatles, Velvet, Syd Barrett...) et tout le cinéma en marge (mais j'adorais et adore les années 1920 dans leurs dérapages inventifs : Caligari, Lang, Vertov, Stroheim...) L'activité plastique était pour moi totalement non commerciale, conçue pour des événements et liée à d'autres types d'expressions. Je jouais et réalisais de petits films prétentieux, jusqu'à me voir en grand écran à la Cinémathèque et à être terrorisé.
Incendie
Tract poésie

Incendie

juillet 1975
Incendie. Tout brûler. On partait en 2CV aux frontières marines de la Hollande, dormant sur les sièges, mettant Dylan ou Coltrane à fond. A vrai dire, je ne supportais pas André Breton et son aspect pontifiant, ampoulé. Par amitié, j'ai fait paraître ce texte "surréaliste", alors que je me promenais mentalement avec Kerouac ou Mekas, faisait de la psychogéographie rétrospective aux côtés de l'Internationale lettriste (dont j'appréciais le sens de la dérision, comme Michèle Bernstein) et suivais la dérision d'André Balthazar et du Daily Bul, en allant au carnaval de Binche avant que les touristes japonais n'en polluent l'atmosphère villageoise. Mais pas de secte : les yeux ouverts. Ai-je déjà dit (ou cela fait trop midinette) que je croisais, par exemple, à la galerie Claude Bernard dans ces années, en fin de matinée, un Francis Bacon à la tête de chou, décomposé, en débâcle de banquise, vert et rose suivant les endroits, et bleuet aussi, survivant, me faisant songer qu'il n'y avait évidemment aucun mérite à l'auto-destruction (je déteste particulièrement l'artiste alcoolo-aigre-abruti, clodo de ses ratages) mais qu'une pareille incubation existentielle ne pouvait être foncièrement néfaste. Il bougea. Je ne lui dit rien. Il sortit quelques mots techniques à l'assistante, blême et rèche, désagréable, et finit par croiser mon regard pour une torsion minimale de la commissure gauche de la lèvre. Cette connivence nous suffit. Je partais, heureux.
Classe (apparence)
Techniques mixtes

Classe (apparence)

1975
Ma haine du système scolaire fut totale. Brillant étant jeune, je ne supportais pas l'injustice dans l'autorité. Très solitaire bien que participant à des aventures de groupe, je faisais ma deuxième exposition personnelle à Versailles, remarquée du seul Jean-Luc Moulène --que je devais retrouver plus tard. Il s'agissait d'un travail entre abstraction et réalisme (des "apparences") sur des situations-signes de la vie quotidienne. Travaillé avec furie dans des transes alcoolisée cigare au bec (comme toute ma production plastique), de jour comme de nuit, certaines scènes en noir et blanc étaient lacérées, parfois jusqu'à me blesser.

1974

Association d'artistes
feuille ronéotée

Association d'artistes

18 décembre 1974
Ayant à peine 18 ans, je devenais trésorier de cette association basée au théâtre du Ranelagh (qui avait accueilli Wagner et était aussi devenu en 1931 une salle de cinéma art et essai avant-gardiste), emmenée par Maurice Rapin et Mirabelle Dors, amis de Magritte et des surréalistes belges (Marcel Mariën). Là, j'ai longuement bavardé avec le délicieux Philippe Soupault, exposé avec Alfred Courmes et Clovis Trouille, présenté une manifestation végétale d'Isidore Isou, Maurice Lemaitre et du groupe lettriste, aimé la subtilité de Gil Wolman, regardé les films de Georges Méliès avec délices.

1973

Identité
carton d'invitation

Identité

1973
J'avais trouvé ce nom "identité" pour un groupe aux influences hybrides, avec des passionnés de Lou Reed dans une vieille usine abandonnée de bord de Seine. Burroughs nous motivait et, dans cette librairie où Joyce bruissait près de l'adorable George Whitman, j'avais conçu des installations en relief pour poèmes et dessins. L'affiche, pas abus de shit du sérigraphe, ne sortira jamais à temps. Elle n'est toujours pas sortie et j'en ai gardé une haine des shiteux mous.

1972

sans
peinture à l'huile sur toile

sans

1972

Encore des essais préhistoriques. Du vertige optique qui part en délire, car rien n'est vraiment droit.

En hommage à Stanley Kubrick, alors que j'allais souvent 4 fois par jour au cinéma et m'écrabouillais à la grille de la Cinémathèque à Chaillot pour me retrouver près de la petite Lotte Eisner en milieu de salle devant un film expressionniste : 2001, odyssée du malaise en 1972, où je marchais dans les rues, tête baissée en kabig crevant sur le trottoir.

ville végétale
peinture à l'huile sur toile

ville végétale

1972

Encore une trace préhistorique.

Une ville en feu, gagnée par la végétation menaçante, entre pollution et écologie. Toutes ces toiles ont été exposées dans ma première manifestation publique en 1972 à Versailles (où j'habitais, détestant profondément ce lieu mort, moi qui venais de Bobigny, banlieue ouvrière pavillonnaire à l'époque). Nom de l'expo : "Angoisses". La journaliste, terrorisée par ma violence, n'a jamais fait paraître son article.

1971

Cortalide trente-neuf
peinture à l'huile sur toile

Cortalide trente-neuf

1971
Voilà de l'archéologie picturale. Et un titre mystérieux dont j'ai oublié le sens. Je regardais avec passion Jackson Pollock en transes. Cela correspondait à mes angoisses profondes d'adolescent : l'impression de ne pas être.

1967

BD de bébé
dessin

BD de bébé

1967

Des traces plus anciennes, il y en a, notamment des textes, des rédactions, des poêmes, des débuts de romans, des réflexions diverses... Et aussi des journaux d'infos dont j'écrivais tout le contenu ou des bouts de théâtre joués avec d'autres enfants (j'adorais me déguiser, entrer dans des rôles).

En image, voilà une des choses qui m'a beaucoup passionné après le stade des dessins d'enfant : la bande dessinée. J'étais abonné à Pilote et passionné de bulles et cases. Ce qui est drôle dans cette planche, c'est que le héros s'appelle Laurent, est barbu et fume la pipe (j'ai commencé ensuite à fumer en fumant la pipe et suis devenu barbu).